Cahiers de psychologie clinique
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-4183-7
236 pages

p. 231 à 234
doi: en cours

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Thème en préparation

no 21 2003/2

2003 Cahiers de psychologie clinique Thème en préparation
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Le désir

Le désir a des ailes, nous montrait le cinéaste Wim Wenders, car il propulse la vie psychique de l’être humain. Sur son chemin, alors qu’il se voyait atteindre les étoiles, il rencontre obstacles, douleurs, frustrations ; il rencontre la sexualité.
Voici de que nous dit le Dictionnaire historique de la Langue Française, dans le vif de notre sujet :
« Désirer provient du mot latin desirare qui signifie littéralement « cesser de contempler l’étoile, l’astre », d’où moralement constater l’absence de, avec une forte idée de regret. Mais l’idée première « regretter l’absence » a tendu à s’effacer derrière l’idée positive et prospective de « chercher à obtenir, souhaiter », déjà usuelle en latin et qui correspond au sémantique astral (demander la lune etc.) C’est ce sens qui est passé en français spécialisé pour aspirer aux faveurs d’une femme, dans un contexte galant, ce type de contexte étant plus nettement différencié pour désir »
Le désir pourrait donc être considéré comme l’agent et l’indice continuel du travail de transformations psychiques. Il est en quête de retrouvailles avec ce que nous avons perdu à tout jamais : la première expérience de satisfaction pulsionnelle. S’il est donc voué à cette première expérience et à l’excitation qui en résulte, il prend forme gràce aux signes qui réveillent cette situation de satisfaction du besoin.
Pour Freud le désir est inconscient et nous mène sur les traces de l’infantile, de la sexualité infantile. Il tend donc à s’accomplir et à se réaliser ; c’est pourquoi il est étroitement lié au travail du rêve, à la théorie du refoulement et du fantasme.
Nos désirs voyagent dans le temps tout à la fois tournés vers les traces mnésiques de nos expériences premières et ouverts sur l’objet, sur l’autre, sur l’inconnu. Ils sont ainsi étroitement liés au travail de deuil.
Pour Lacan, le désir naît de l’écart entre le besoin et la demande (demande d’amour adressée à autrui). Ancré dans la vie fantasmatique il est désir du désir de l’autre en tant qu’il cherche à être reconnu absolument par lui.
Le désir part en quête d’un objet qui fasse signe et qui se prête à être connu. Il devient alors désir de découverte de l’inconnu en soi et en l’autre. Il pousse à la recherche de signification de ce qui s’est absenté et de ce qui manque. C’est ainsi qu’il se décline en une diversité de figures qui jalonnent la vie de l’être humain : désir sexuel, désir de connaître, désir d’enjeux, désir d’écrire etc.
Les enjeux du désir de révèlent au sein de toute relation objectale. L’objet restera à jamais énigmatique à connaître et à déchiffrer.
Tel est le voyage psychique auquel nous sommes conviés.
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