2004
Cahiers de psychologie clinique
Thème en préparation
Croyance
Peut-on ne pas croire ? La croyance est définie dans le petit Robert (1982) comme « l'action, le fait de croire une chose vraie, vraisemblable ou possible ». Les champs de la croyance sont donc vastes, de la conviction paranoïaque au postulat scientifique, en passant par la confiance, la superstition et l'espoir. Qu'y a-t-il de commun entre la foi inébranlable en l'existence de Dieu, « la croyance dans l'absurdité de l'existence » (A. Camus), et « la croyance qu'on pourra revenir vivant du combat » (M. Proust). La croyance est-elle consubstantielle à la pensée ? Ses formes diverses ne sont-elles que les expressions des rapports entre réalité psychique et réalité externe, des modes d'être au monde ? Existe-t-il des croyances individuelles, ou bien le propre de la croyance est-elle d'arrimer l'individu au groupe, à travers les constructions idéologiques inhérentes aux mythes, aux religions et aux sciences ? Qu'est-ce qui détermine le caractère aliénant ou subjectivant d'une croyance, au niveau des individus, des groupes et des sociétés ?
En quelles réponses nos pratiques cliniques et nos modèles théoriques nous amènent-ils à croire ?