2004
Cahiers de psychologie clinique
Thème en préparation
Le symptôme
Alors qu'à l'heure actuelle l'efficacité et surtout l'immédiateté sont prônées comme valeurs et le bonheur et la santé des droits sinon des exigences, il nous paraît important de réviser le concept de symptôme, dans ses différents aspects, ses différentes causalités et ses différentes fonctions.
Il importe aussi de revoir le rapport qu'entretiennent aujourd'hui avec lui les diverses psychothérapies et la psychanalyse qui, dès Freud, s'est démarquée d'une pratique de la guérison à « courte vue ».
Les états du symptôme de nature ou d'origine psychique sont multiples et notamment parce qu'ils s'inscrivent dans diverses organisations : névroses, psychoses, états limites... et parce qu'ils émergent dans divers contextes : couple, famille, école, travail,...
Les causalités des symptômes elles aussi sont multiples et variées, qu'elles soient d'origine traumatique ou non, conscientes ou inconscientes, psychologiques ou somatiques voire biologiques, individuelles ou familiales, culturelles ou sociales.
Que les causalités soient linéaires ou circulaires elles apparaissent le plus souvent multifactorielles et méritent d'être débattues.
La question des fonctions du système est riche d'intérêt elle aussi. Indice d'un traumatisme, message du sujet à son entourage, témoin, compromis voire solution même douloureuse à une problématique personnelle ou familiale, signal d'alarme, appel à l'extérieur...
Ces fonctions peuvent être, elles aussi, diverses et nombreuses et ne manquent pas d'être source de questionnement pour le clinicien.
Quoiqu'il en soit, le symptôme, objet d'une demande, constitue la porte d'entrée, la voie d'accès au sujet pour l'aide que l'on peut apporter à sa souffrance.
Que nous dit le symptôme ?
Quel usage peut-on en faire dans notre pratique clinique, du diagnostic à la thérapie ?
Que nous dit aussi la disparition du symptôme ?
Suffit-elle à témoigner de la « guérison » du sujet et de la réussite d'une thérapie ?
Voila autant de questions qui montrent la complexité de ce concept. Sans oublier, on le sait bien, que la lecture que l'on fait d'un symptôme est étroitement liée à l'école de pensée du clinicien et que la confrontation de différentes lectures ne peut qu'enrichir la compréhension qu'on peut en avoir.