Cahiers de psychologie clinique
De Boeck Université

I.S.B.N.9782804154226
220 pages

p. 275 à 278
doi: en cours

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Thème en préparation

no 28 2007/1

2007 Cahiers de psychologie clinique Thème en préparation

Séparations

Les séparations font partie de notre vie à tous. Elles sont inhérentes au processus même de la vie. En effet, de la naissance à la mort, à chaque étape de la vie, il y a à se séparer : quitter l’état précédant pour devenir autre, grandir, se développer, quitter les autres, se séparer d’eux en s’en différenciant.
Il y a les séparations naturelles telles que la naissance, où la mère comme le nourrisson ont à se séparer l’un de l’autre pour que l’attachement puisse advenir et l’enfant devenir une personne, et lors de l’adolescence où le jeune a à s’éloigner du cocon familial pour se trouver de nouvelles appartenances et préparer ainsi son départ prochain dans la vie. Et encore quand la mort survient et nous confronte à la séparation inéluctable et définitive.Il y a aussi les séparations accidentelles telles que les séparations de couple et le divorce par exemple.
Quelle que soit la séparation il y a brisure et perte, il y a douleur et en cela, toute séparation exige un travail de deuil. Et lorsque le travail ne peut se faire, lorsque la séparation ne peut être élaborée, lorsqu’elle est traumatique, elle peut-être alors à l’origine d’une souffrance pathologique et de l’apparition de symptômes.
De même lorsqu’une séparation qui devrait pouvoir se faire ne se fait pas, la pathologie aussi peut se développer et parfois jusqu’à se transmettre de génération en génération comme on peut le voir dans certaines familles.
Toute séparation place l’individu au bord d’un gouffre et laisse des traces qu’elle ait été élaborée ou non. Et certaines davantage que d’autres.
Dès lors, toutes aussi touchent à l’identité du sujet, à son narcissisme, à commencer par la séparation d’avec soi. On peut citer Pontalis, dans Le dormeur éveillé : « Se séparer de soi : tâche aussi douloureuse qu’inéluctable et même nécessaire pour qui ne consent pas a rester sur place et que porte le désir d’avancer, d’aller au devant de ce que, n’étant pas soi, a des chances d’être à venir. » Si toutes les séparations sont difficiles à élaborer, il en est qui libèrent et soulagent. Et toutes participent d’une manière ou d’une autre à l’évolution de l’individu.
Enfin chaque type de séparation représente quelque chose de spécifique, toutes les pertes ne sont pas identiques.
Il nous semblait intéressant de consacrer un prochain numéro de la revue à ce thème tant dans sa dimension théorique que dans ses aspects cliniques, voire sociologiques. Enfin, il n’est pas non plus de psychothérapie sans travail de séparation, et l’expérience de thérapeutes peut nous apporter d’intéressantes réflexions.
Date limite pour la remise des articles : janvier 2008.
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