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S'inscrire Alertes e-mail - Cahiers de psychologie clinique Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultez« Je vous appelle car ma fille de 6 ans n’arrive pas à se séparer de moi... »
AuteursZoé Rosenfeld[*] [*] Psychologue, Assistante au service de Psychologie du Développement...
suitedu même auteur
En tant que psychothérapeutes nous sommes fréquemment amenées à rencontrer des enfants souffrant de ce qu’on qualifie de « trouble de l’attachement ». En regardant de plus près l’histoire familiale de ces enfants on y décèle souvent des liens d’attachement perturbés, des blessures et des traumatismes dont les traces restent visibles à travers la transmission trans-générationnelle et dont l’enfant se retrouve parfois porteur. La situation que nous souhaitons développer ici, suivie par l’une d’entre nous, en est un exemple.
2 Mme H. nous appelle concernant sa fille Ambre, âgée de 6 ans.
3 Il y a 6 mois, Mme H. a dû être hospitalisée pour la première fois en unité psychiatrique : fort nerveuse et irritable, elle avait manqué pousser sa fille dans les escaliers. Effrayée par ses pulsions agressives envers sa fille, elle avait demandé à être hospitalisée. Quelques semaines après sa sortie, un incident du même type se produisit, entraînant une nouvelle hospitalisation. C’est à ce moment que fut posé le diagnostique de « trouble bipolaire ».
4 La maman nous raconte que les séparations « forcées » successives liées à ses hospitalisations auraient été mal vécues par sa fille. Ambre ne supporte plus que sa mère s’éloigne car elle a « peur qu’elle ne revienne jamais ».
5 La séparation physique ne paraît pas trouver de relais dans l’espace psychique de l’enfant. Ainsi, pour Ambre, s’éloigner semble comporter un risque important : celui de mourir ou en tout cas de disparaître.
6 Avant d’aller plus loin dans l’analyse de cette situation, il convient d’avoir à l’esprit quelques éléments de l’histoire familiale de Mme H et de sa fille.
7 Mme H. est issue d’une famille assez conflictuelle, fort déliée. Elle est enfant unique. Ses parents se séparent peu de temps après sa naissance. Suite à cette séparation, Mme H. a été élevée par sa grand-mère maternelle qui est également sa marraine.
8 « J’étais l’image de l’échec du couple de mes parents, c’est pour ça qu’il n’ont plus voulu de moi… ».
9 Les premiers symptômes de Mme H. apparaissent dans l’année qui suit la mort de sa grand-mère. Elle nous dira avoir eu la sensation de voir tous ses repères voler en éclats lorsque son « Dieu » a disparu.
10 Mme H dit provenir d’une filiation de femmes où les hommes sont écartés. Elle argue l’idée d’un matriarcat, au niveau de ses deux lignées, maternelle et paternelle.
11 A plusieurs reprises Mme H. évoquera son impression de ne pas appartenir à sa famille d’origine : « J’ai vraiment l’impression de provenir d’une autre planète qu’eux… C’est vraiment des gens qui n’arrivent pas à exprimer leurs émotions, et moi je fais tout pour que ma fille ne soit pas bloquée affectivement comme eux… ».
12 Malgré ce sentiment de désappartenance, Mme H. emprunte des chemins de vie l’apparentant fortement à sa filiation.
13 Ainsi, par exemple, en quittant le papa de sa fille peu de temps après la naissance de celle-ci Mme H. ne s’inscrit-elle pas inconsciemment dans le prolongement du matriarcat familial originaire ? De fait, la figure paternelle n’apparaît que très rarement dans le discours de Mme H et de sa fille ; il est comme symboliquement absent. Cette particularité traduit probablement des aspects de délégation et de loyauté invisible (Boszormenyi Nagy I., 1973) reliant Mme H. à sa filiation d’origine.
14 Mais on peut également se demander si l’écartement du père n’a pas aussi eu pour fonction d’empêcher la répétition de l’histoire ? La naissance d’un enfant paraît en effet avoir été associée à un vécu traumatique pour Mme H puisqu’elle est à l’origine de l’éclatement du couple parental et de son « abandon » peu de temps après…
15 Depuis 4 ans elle entretient une relation amoureuse avec un homme qu’elle et sa fille surnomment « Palou ».
16 Ambre ne semble quand à elle en souffrance que dans son lien à sa mère. C’est une petite fille vive, disposant de beaucoup d’humour et de répartie. Elle paraît avoir grandi sans problème majeur, elle a toujours bien réussi à l’école. L’indication d’une thérapie individuelle nous semblait donc injustifiée. Nous avons alors proposé une thérapie mère-fille dans laquelle un travail du lien pouvait se réaliser.
17 Selon nous, cette « difficulté à s’attacher » dont elle nous faisait part, méritait avantageusement d’être envisagée dans sa dimension trans-générationnelle. A l’écoute du récit de vie de Mme H. on est en effet frappé par le grand nombre de séparations. A y regarder de plus près, on remarque que celles-ci sont bien souvent suivies d’une rupture définitive du lien (du moins symbolique).
18 Tout se passe comme si le « contenant groupal familial » (Benghozi P., 2006) n’était pas suffisamment solide pour permettre de penser la séparation autrement que par la rupture.
19 Se séparer ce serait donc un peu risquer de perdre l’autre.
20 Au cours du troisième entretien nous avons proposé à Ambre de réaliser une « sculpture vivante » représentant sa relation avec sa maman.
21 La « sculpture vivante » est un outil systémique développé par Rey Y. et Caillé P. (1994). Cet outil fait partie des « objets flottants » : il va permettre, dans un travail de co-création engageant le(s) patients(s) et le thérapeute, une exploration de type analogique – et donc essentiellement non verbale – du vécu de chacun(e). Les « objets flottants » permettent d’introduire le « hors parole », l’informulable, dans l’espace de la relation thérapeutique. Dans le cas de la « sculpture vivante », ce qui est sculpté sera cette entité invisible, « cette image qui existe dans le miroir, mais se dérobe quand on veut la saisir » (Rey Y., Caillé P., 1994, p. 80).
22 Ainsi, notre objectif était de mettre en place une aire transitionnelle permettant à Ambre et sa maman de mieux se (nous) représenter le vécu de chacune. Par ailleurs, la sculpture est aussi un dispositif de changement qui est susceptible de sécuriser le lien pour permettre un certain travail de différenciation.
23 Dans sa première sculpture, Ambre choisit d’accroupir sa mère. Elle va ensuite la basculer sur le côté de façon à ce qu’elle ne soit retenue que par ses phalanges. Pour terminer, Ambre va s’asseoir sur les genoux de sa maman, rendant on ne peut plus explicite le caractère insécurisant et fragile de leur situation actuelle. De fait, si Mme H. tombe, sa fille tombera avec elle. L’indifférenciation psychique mère-fille se retrouve dans le sort commun qui semble sur le point de se produire devant nos yeux : (la chute de Mme H. entraînera celle de sa fille de façon quasi simultanée.)
24 Cette première sculpture traduit bien l’insécurité des liens d’attachement que l’on retrouve chez Ambre et sa maman.
25 Les travaux de Ainsworth M. et Main M. (1985) sur l’attachement ont permis de constater qu’il existait un rapport entre la qualité d’attachement d’un enfant et la qualité d’attachement de ses parents. Ainsi, aux enfants dits « secure » correspondent des figures parentales libres et autonomes ; aux enfants « insecure évitant » correspondent des figures parentales détachées vis-à-vis de leurs propres expériences d’attachement ; aux enfants « insecure ambivalent » correspondent des figures parentales préoccupées. Une autre catégorie d’attachement de l’enfant a ensuite été déterminée, il s’agit de la catégorie d’attachement dit « désorganisé » correspondant chez les parents à la catégorie « non résolue », en lien avec un deuil ou un traumatisme laissé en suspens, évoquant la situation clinique d’Ambre et sa maman.
26 En ayant à l’esprit la proximité temporelle entre le décès de sa grand-mère et la décompensation de Mme H., on se rend compte de la « porosité » des psychismes de chacune. La mort physique d’une de ces entités semble tellement impensable qu’elle va induire le fantasme d’une « impossible survie » pour les autres.
27 Cette indifférenciation des psychismes peut se retrouver à plusieurs endroits, notamment au niveau de la configuration spatiale de l’appartement de Mme H. et de sa fille. Au cours des entretiens, nous apprendrons qu’il y a peu, Ambre ne disposait pas d’un espace propre dans l’appartement familial. Elle dormait dans la chambre de sa maman. Mère et fille partageaient d’ailleurs le même lit. L’éthique relationnelle, à laquelle nous a sensibilisée Boszormenyi- Nagy I. (1987), nous incite à ne surtout pas juger cette situation. Au contraire il s’agit ici de dépasser nos représentations énonçant la souffrance et les failles intra-psychiques individuelles. Ceci afin de souligner les potentialités de changement du système. On constate en effet que l’installation récente du compagnon de Mme H. a permis l’aménagement d’une chambre pour Ambre. Cette pièce n’est cependant pas un espace neutre puisqu’elle servait de « chapelle ardente » au souvenir de la grand-mère de Mme H. Ce « mausolée » fut préservé suite à l’installation de l’enfant dans ce lieu, de même que le rituel qui lui est relié. Ainsi, chaque soir, avant le coucher de l’enfant, des bougies sont allumées autour de la photo de la défunte.
28 En ayant accès à l’agencement spatial du lieu de vie d’une famille on perçoit ses limites, ses contours. La maison est un modèle de contenant psychique (Didier Anzieux, 1987). Il existe une analogie entre l’investissement de l’espace d’habitation d’une famille et « le corps psychique groupal » (Benghozi P., 2006). Cet « isomorphisme » se retrouve également à un niveau individuel.
29 Aussi les angoisses d’anéantissement de l’enfant traduisent probablement une « incorporation » (Abraham N. et Torok M., 1978) du fantôme de son arrière grand-mère dont la mort n’a pas pu être élaborée psychiquement par le groupe familial.
Evolution du dessin de la famille au cours des entretiens
30 Le dessin de la famille nous permet d’avoir accès à la façon dont un enfant se représente ses liens familiaux. De plus cette activité est un bon outil médiateur facilitant l’entrée en relation. Le dessin repris ci-dessous est un dessin qu’Ambre aura fait évoluer au cours des différents entretiens successifs.
31 Au cours du premier entretien Ambre représente sa famille uniquement à travers deux visages flottants, sans corps. Un des deux visages n’a pas de traits, c’est celui de sa mère (celui de gauche). Cette absence de traits traduit peut-être le caractère imprévisible des émotions de sa maman ces derniers temps. Toutefois, l’hypothèse d’une dépression maternelle du post-partum peut aussi être évoquée compte tenu du diagnostique de bipolarité posé chez la mère. Le dessin d’une mère sans expression évoque l’expérience du « Still-face[1] [1] « Visage impassible » ...
suite » de Brazelton T.B. (1974), c’est-à-dire le visage impassible de la mère comme paradigme du regard maternel vide quand la mère est aux prises avec une souffrance dépressive.
32 Le deuxième visage dessiné représente Ambre (celui de droite). Elle y ajoute deux yeux et une bouche. Ambre n’ira pas plus loin dans sa création lors de cette séance. Elle s’arrête donc en laissant deux visages flottants et un soleil dans le coin gauche de la feuille.
33 Au deuxième entretien Ambre reprend son dessin et le continue.
34 Elle commence par ajouter des corps en dessous des deux visages laissés flottants au dernier entretien. Lorsque sa maman évoque son trouble bipolaire, Ambre dessine une croix noire représentant son propre corps. On peut supposer que cette association représente « l’incorporation » du fantôme de son arrière grand-mère que nous évoquions plus haut. Au cours de l’entretien, Ambre dessine des traits au visage de sa maman. Elle finit cependant par les recouvrir de rose avant la fin de l’entretien laissant à nouveau un visage maternel « vide ».
35 Au troisième entretien Ambre ajoute des traits au visage de sa maman. Elle lui appose également deux chaussures de couleur différente traduisant peut être l’instabilité de cette figure ainsi que sa « folie ». Le deuxième personnage qui la représentait initialement « devient » finalement Palou, son beau-père. Ambre n’est donc plus représentée dans la version finale de son dessin de la famille.
36 Le processus engagé dans le dessin de la famille signe plusieurs aspects importants.
37 D’une part, il semble venir souligner un désir de différenciation et d’émancipation de l’enfant. En positionnant Palou près de sa mère, Ambre se dégage d’une position pesante comprenant notamment l’« incorporation » (croix) du fantôme de son arrière grand-mère
38 Ce remplacement montre également la difficulté de l’enfant à se représenter une relation triangulaire. La relation ne semble encore envisageable que de façon exclusive : ainsi, « la famille » ne peut comporter que deux personnes. De fait, au cours des entretiens, Ambre exprima à plusieurs reprises son désarroi face aux rapprochements de sa maman et de Palou. « Quand je les vois s’embrasser ou quoi je me sens mal, j’ai besoin que maman me prenne dans ses bras ».
39 On peut également émettre l’hypothèse qu’à travers son éviction progressive du dessin, Ambre rejoue l’expulsion de sa mère par le couple parental. L’impensable, associé au traumatisme lié à l’abandon de Mme H dans les premiers mois de sa vie, pourrait avoir été légué voire délégué à Ambre. Et si l’enfant portait l’angoisse de sa mère dont les remparts se sont effondrés suite au décès de son unique figure d’attachement ?
40 Au cours du troisième entretien, Ambre nous demanda si Palou, présent dans la salle d’attente, pouvait participer à nos séances. Nous décidons d’accepter, voyant dans ce souhait l’opportunité de mettre un peu de « tiers » dans la relation mère-fille. De plus il s’agit d’une occasion pour Ambre de nous présenter une autre figure d’attachement que sa maman, indiquant la possibilité de « trouver créer » dans son entourage des « personnes ressources » alternatives.
41 Au cours de cet entretien, nous avons alors demandé à Ambre de réaliser une « sculpture vivante » incluant Palou. A partir de cette consigne, elle décida d’asseoir Palou et sa mère sur deux chaises, côte à côte. Elle s’introduisit ensuite entre eux, (mal) assise sur les deux accoudoirs de ses « parents » qui la (re)tenait uniquement par la taille.
42 Ici encore, l’instabilité de la position exprimait bien le vécu d’insécurité du lien. Si Mme H et Palou ôtaient leur bras, l’enfant glisserait et tomberait à terre.
43 Ambre décida ensuite d’ajouter une petite chaise pour elle entre eux, mais cet ajout ne l’empêcha pas de glisser de la chaise. La fillette paraissait comme aspirée par le sol.
44 A ce moment une image rejaillit à nouveau en nous : Ambre rejouant le rejet de sa maman par ses parents. Comme dans le dessin de la famille, tous les éléments du traumatisme étaient représentés : le couple parental séparé par l’enfant (Ambre sur sa petite chaise au milieu de Mme H et de Palou) ainsi que « l’expulsion-abandon » de l’enfant par le couple parental. En effet, malgré la chaise, Ambre glisse… et se retrouve à terre !
En guise de conclusion
45 La création d’un espace intermédiaire nous semble avoir permis l’accès à une partie de l’indicible lié à l’« abandon » de Mme H. par ses parents dans les premiers mois de sa vie.
46 Cette situation montre combien il est important de prendre en considération le contexte familial de l’enfant qui nous est amené en consultation. En effet, il arrive parfois qu’un enfant manifeste à travers ses symptômes, des blessures et des traumatismes qui ne lui appartiennent pas vraiment. Aménager un cadre thérapeutique adapté – ni trop rigide, ni trop pré-établi – aura comme avantage de dégager l’enfant de sa fonction de « porte symptôme ». Il convient donc d’instaurer un espace thérapeutique sécurisant incluant le ou les parents que l’on suppose actif(s) dans la création ou le maintien des symptômes de l’enfant. Cet espace aura pour fonction de contenir les résidus traumatiques qui pourront ainsi être travaillés et pensés.
47 Dans la situation clinique présentée ici, il s’agira de penser (panser) ensemble le vécu d’abandon de Mme H. et de le différencier progressivement du vécu de sa fille. Toutefois, ce travail de différenciation ne sera rendu possible que par la sécurisation préalable du lien mère-fille. Il nous semble important d’avoir à l’esprit que si le symptôme rappelle l’histoire du groupe dans sa verticalité (Duret I, Jacques A., 2005), la manière dont la maman formule sa demande[2] [2] « Je vous appelle car ma fille de 6 ans n’arrive pas...
suite contient, quant à elle, sa propre difficulté à se dégager d’une histoire qui lie sa naissance à l’obligation de se séparer. Son hospitalisation récente pour trouble bipolaire renvoie très probablement à ce deuil initial non résolu, réactualisé par le décès de sa principale figure d’attachement. La répétition du traumatisme exprimée à travers le dessin de la famille et la dernière « sculpture vivante » de l’enfant, vont servir de levier pour exprimer une partie de l’indicible séparation dont Ambre semble la « déléguée ». Dans un même temps, la mort impensable de la grand-mère de Mme H. pourra progressivement être évoquée et pensée dans un espace thérapeutique « suffisamment bon » et soucieux que les liens du passé ne détricotent pas ceux qui se tissent autrement dans le présent.
48 « Ça fait du bien de venir ici… » conclut Ambre après avoir réalisé la « sculpture vivante » incluant Palou.
Bibliographie
Bibliographie
Abraham n., M. Torok, (1978), L’écorce et le noyau, Aubier Flammarion, Paris.
Ainsworth Msd., Bleaher M., Waters E., Wall S., (1978), Pattern of attachment : a psychological study of the strange situation, Erlbaum, Hillsdale, NJ.
Anzieux D., (1987), Le groupe et l’inconscient, L’imaginaire groupal. Dunod, Paris.
Benghozi P., (2006), « Le spatiogramme en thérapie psychanalytique de couple et de famille », In Revue Dialogue n° 172, Erès éditions, France (p. 5-24).
Boszormenyi-Nagy I., Spark G., (1973), Invisible Loyalties, reciprocity in intergenerational family therapy, Harper and Row, New York.
Boszormenyi-Nagy I., (1987), Foundations of contextual therapy: collected papers of Ivan Boszormenyi-Nagy. Brunner/Mazel, New York.
Brazelton T.B., Koslowski B., Main M., (1974), “The origins of reciprocity, the early mother-infant interaction”. In M. LEWIS and ROSENBLUM L.A. (Eds.) The effect of the infant on its caregiver, New-York : Wiley (p. 49-76).
Caille P., Rey Y., (1994), Les objets flottants, ESF éditeur, Paris.
Duret I., Jacques A., 2005, « L’enfant ancêtre ou l’incroyable légèreté de la filiation » In Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, n° 35, De Boeck, Bruxelles, (p. 147-156).
Main M., Kaplan N., Cassidy J., (1985), “Security in infancy, childhood, and adulthood: a move to the level of representation” In I. Bretherton & E. Waters (Eds.). Growing points of attachment theory and research. Monographs of the Society for research in child development, 50, 1-2 (p. 66-104).
Notes
[ *] Psychologue, Assistante au service de Psychologie du Développement et de la Famille, Université Libre de Bruxelles, exerce à l’Espace Thérapeutique Enfants-Adolescents-Parents, 24 rue Ketels, 1020 Bruxelles. Université Libre de Bruxelles, 50 avenue F. Roosevelt, CP 122, 1050 Bruxelles, Belgique. zoe.rosenfeld@ulb.ac.be
[ **] Pédopsychiatre, psychothérapeute analytique et systémique. Professeur à l’Université libre de Bruxelles, exerce à l’Espace Thérapeutique Enfants-Adolescents-Parents, 24, rue Ketels, 1020 Bruxelles.
[ ***] Docteur en Psychologie, Professeur à l’Université Libre de Bruxelles, responsable du Service de Psychologie du développement et de la famille de l’ULB, psychothérapeute et formatrice à la thérapie familiale systémique à Forestière Asbl, Bruxelles et à l’Université Libre de Bruxelles, 50 avenue F. Roosevelt, CP 122, 1050 Bruxelles, Belgique.
[ 1] « Visage impassible »
[ 2] « Je vous appelle car ma fille de 6 ans n’arrive pas à se séparer de moi… »
Résumé
La situation clinique présentée ici montre que l’enfant amené en consultation psychologique est parfois porteur de symptômes qui ne lui appartiennent pas directement. Ainsi, les angoisses de séparation d’Ambre, 6 ans, semblent avant tout faire écho à l’abandon dont fut victime sa maman dans les premiers mois de sa vie. Le décès de l’unique figure d’attachement de la maman d’Ambre va réactiver l’impensable lié au traumatisme originel, que l’on retrouve dans les symptômes de l’enfant. La création d’un espace intermédiaire au sein duquel l’enfant donne une représentation métaphorique de sa famille (dessin et « sculpture vivante ») favorise l’accès à l’indicible lié au traumatisme. L’instauration d’un espace thérapeutique sécurisant – incluant le ou les parents que l’on suppose actif(s) dans la création des symptômes de l’enfant – permet avantageusement de faire émerger et de contenir les résidus traumatiques pouvant ainsi être travaillés et pensés. L’histoire d’Ambre et de sa maman montre combien l’éclairage tri-générationnel des troubles dits de l’attachement est porteur de sens et de différenciation.
Mots-clés
séparation, abandon, traumatisme, trouble de l’attachement, bipolarité, lien, filiation, transmission trans-générationnelle, enfant « porte symptôme »The clinical situation here presented reveals that a child seen in psychological counselling sometimes shows symptoms which aren’t really its own. Some ‘attachment disorders’ should rather be viewed in a trans-generational perspective. For instance, the separation anxiety disorder displayed by Ambre (6) seems to be an echo of the abandonment of her mother in the first months of her life. The creation of an intermediary space (drawing and ‘living sculpture’) permits the access to unconscious and unrepresentable part of her mother’s trauma history. It is therefore important to create a therapeutic space which includes the parent(s) who is/are assumed to be active in the creation of the child’s symptoms. The purpose of this space will be to contain the traumatic remnants, which can thus be worked on and thought about.Keywords
separation, abandonment, trauma, attachment disorder, bipolar disorder, link, filiation, trans-generational transmission, “symptom carrier” child
PLAN DE L'ARTICLE
POUR CITER CET ARTICLE
Zoé Rosenfeld et al. « « Je vous appelle car ma fille de 6 ans n'arrive pas à se séparer de moi... » », Cahiers de psychologie clinique 2/2008 (n° 31), p. 11-23.
URL : www.cairn.info/revue-cahiers-de-psychologie-clinique-2008-2-page-11.htm.
DOI : 10.3917/cpc.031.0011.






