Cahiers du monde russe
Editions de l’E.H.E.S.S.

I.S.B.N.2713220556
456 pages

p. 251 à 264
doi: en cours

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Autour de la monarchie

Vol 46 2005/1-2

Princes, parents et seigneurs

Loyautés et crime contre le souverain en Europe centrale ou occidentale et en Moscovie xive-xviie siècle

ANGELA RUSTEMEYER
Princes, parents et seigneurs. Loyautés et crime contre le souverain en Europe centrale ou occidentale et en Moscovie (xvie-xviie siècle).
Le crime n’est pas seulement un fait social, mais aussi une construction culturelle. Sa répression reflète les valeurs et les craintes des élites et parfois aussi celles du peuple. De plus, la définition de ce qui est criminel ne fait jamais complètement abstraction de l’ordre politique : le crime de lèse-majesté en témoigne. Les historiens ont été conscients de l’importance des procès de crime de lèse-majesté pour leurs recherches sur l’autocratie moscovite, mais ils se sont peu intéressés au contexte européen de ces procès et à l’histoire du droit pénal dont ils font partie. En conséquence, l’étude de ces procès n’a fait que consolider la réputation de la Russie moscovite comme civilisation à part, soumise à un pouvoir despotique, qui transforme jusqu’aux idées de ses sujets en matière de loyautés communautaires et familiales en mécanismes de répression. En élargissant la perspective, la présente esquisse tente de modifier cette image.
Princes, family and lords. Loyalty and crime against the sovereign in central or western Europe and in Muscovy (from the fourteenth to the seventeenth centuries).
Crime is not only a social reality, it is also a product of culture. The prosecution of the criminal mirrors the values as well as the fears of the elite, and sometimes also those of the people. Moreover, as the prosecution of lese-majesty shows, the definition of crime is influenced by political order. Historians dealing with Muscovite autocracy have been aware of the importance of the trials against persons accused of lese-majesty, but have shown little interest for the European context of these trials and the history of criminal law to which they belong. Consequently, their studies have tended to show that Muscovite Russia was an isolated civilization under the rule of a despot who used his subjects’ conceptions of loyalty to the community and the family to oppress them even harder. This brief communication proposes reconsidering the trials from a broader perspective in order to modify this image of Muscovy.
• 1. Le poids spécifique d’un crime suprême
• 2. La trahison et la lèse-majesté dans le tissu des relations sociales
— 2.1. Le crime contre le souverain est-il un crime contre Dieu ?
— 2.2. Les crimes contre ses maîtres et ses proches
• 3. Le « sang coupable » du traître
• Conclusion


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