Les élèves de LP à l’épreuve des savoirs : une articulation entre l’histoire biographique et le contexte scolaire
Aziz Jellab
Les élèves de lycée
professionnel font
souvent l’expérience
d’une rencontre avec
des savoirs d’une
nature protéiforme.
Ils sont confrontés à
des contenus relevant de la forme scolaire classique
et définissant à leurs yeux
« l’école » et à des apprentissages
professionnels censés les préparer à la vie active. Cette dichotomie entre les savoirs généraux et
les savoirs professionnels définit
la spécificité du LP et oblige les
apprenants à un effort constant
visant à donner cohérence aux
savoirs, sinon à en définir les finalités (sens et usage). À partir
d’une recherche menée auprès
d’élèves préparant un CAP ou un
BEP, cet article vise à soulever la
question du sens conféré aux
savoirs, en posant pour postulat
princeps que l’expérience scolaire
s’apprécie à partir de rapports
complexes engageant l’histoire de
l’élève et les contenus scolaires à
finalités complexes. Les manières
de définir l’apprendre et la façon
dont on se mobilise sur les savoirs
procèdent des rapports construits
au quotidien avec l’institution scolaire et de l’histoire socio-subjec-tive des apprenants.
Pupils in vocational schools often
experience a protean encounter
with knowledge. They are faced
on the one hand with contents
that belong to the classic school context and
define «school» in their eyes, and on the other
hand with professional learning which is
supposed to prepare them for working life.
This dichotomy between general and
professional forms of knowledge defines the
specific nature of vocational schools and forces
learners to make constant efforts to give
coherence to this knowledge or at least to
define its goals (meaning and use). Based on
a study conducted with pupils preparing
vocational exams, this article aims to raise
the question of the meaning that is given to
knowledge, putting forward the premise that
the school experience is assessed on the
complex links concerning the pupil’s personal
history and the school curriculum with complex
goals. The ways of defining the act of learning
and the way in which motivation is created on
knowledge proceed from relationships built on
a daily basis with the school and from the socio-subjective history of the learners.
Die Schüler der Berufsschulen erfahren oft
eine Begegnung mit mannigfaltigen
Wissensinhalten. Sie werden mit Inhalten
konfrontiert, die der klassischen
Schulform entstammen und in ihren Augen « die
Schule « definieren, aber auch mit einer Ausbildung,
welche sie auf das Berufsleben vorbereiten soll. Diese
Dichotomie zwischen allgemeinem Wissen und
Berufswissen macht das Spezifische der Berufsschule
aus und zwingt die Lernenden zu einer ständigen
Bemühung, den Wissensinhalten einen
Zusammenhang zu verleihen, wenn nicht gar deren
Zweckbestimmtheit (Sinn und Gebrauch) zu
definieren. Ausgehend von einer Untersuchung, welche
bei ein CAP (Lehrabschlußzeugnis) oder einen BEP
(Berufsfachschulabschluß) vorbereitenden Schülern
durchgeführt wurde, stellt dieser Beitrag die Frage
nach dem Sinn, der den Wissensinhalten beigemessen
wird ; Hauptpostulat ist dabei, daß die schulische
Erfahrung anhand komplexer Verhältnisse bewertbar
ist, welche die Geschichte des Schülers und die
schulischen Inhalte mit komplexer Zweckbestimmtheit
mit einbeziehen. Die verschiedenen Möglichkeiten,
das Lernen und die Art der Mobilmachung in Hinsicht
auf das Wissen zu definieren, gehen aus den täglich
aufgebauten Beziehungen zu der schulischen
Institution hervor, sowie aus der soziologischsubjektiven Geschichte der Lernenden.
• Une mise en perspective du cadre théorique
• Une approche sociologique de l’élève comme sujet :
contexte de scolarisation, expérience scolaire et formes
de rapport aux savoirs
— La forme scolaire en LP : entre décontextualisation et usages
des savoirs
— Scolarité et formes de rapport aux savoirs
• Une première analyse empirique
— La tension apprendre pour maintenant, apprendre pour
plus tard
— Pourquoi aller à l’école ?
• L’enseignement des entretiens : régularités et singularités
des formes de rapport aux savoirs
— Altérité et sens de l’expérience scolaire : élèves, enseignants,
famille et camarades
— Connaissances et savoir : entre apprendre un métier et
apprendre en classe
— Apprendre, c’est travailler de ses mains : une forme oralepratique aux savoirs ?
— La classe, la pratique et la légitimité des savoirs
— Tableaux de quelques apprenants
• Conclusion
• BIBLIOGRAPHIE