2001
Carrefours de l’éducation
Conceptions et usages de la pratique réflexive dans un réseau européen de formation d’enseignants
Brian L. Clarke
University College, Worcester (Royaume-Uni)
Philip A. Chambers
[1]
University College, Worcester (Royaume-Uni)
L’article analyse comment
la pratique
réflexive est justifiée,
conceptualisée et mise
en oeuvre dans un
échantillon d’instituts
de formation d’enseignants
en Europe. Un
questionnaire a permis aux participants
de donner du sens et d’établir
une mise en oeuvre par rapport à leur
conception de la pratique réflexive.
Les concepts de base de « domestication
» et de « libération » sont utilisés
pour cerner les buts auxquels
la pratique réflexive s’applique dans
chaque institution. Une autre exigence
s’impose : le besoin d’évaluer
quelles différences se dessinent chez
les individus et dans les écoles
concernant la qualité de l’enseignement
fourni, à la suite de l’adoption
d’une approche de pratique réflexive.
Une visée en termes de « systèmes »
et de «personnes » sert de structure
de base pour ces indicateurs. Dans
l’étude des résultats du sondage sur
les conceptions de la pratique
réflexive, l’efficacité technique semble
prédominer, pour ce qui concerne la
formation initiale de l’enseignant, tandis
que pour ce qui est de la formation
continue, la catégorie dominante
est la catégorie « délibérative ». Pour
ce qui concerne les buts de la pratique
réflexive, les résultats révèlent
que l’accent est mis sur l’orientation
vers des pratiques quotidiennes dans
la formation initiale de l’enseignant.
En revanche, pour la formation continue,
il semble que l’accent porte surtout
sur une orientation plus ouverte.
Il apparaît également clairement que
la pratique réflexive entraîne une différence
tant aux niveaux personnel
que professionnel. En conclusion,
l’article souligne l’importance de la
pratique réflexive dans l’introduction
de changements et d’améliorations
aussi bien en formation initiale qu’en
formation continue des enseignants.
The purpose of the paper is to
enquire into how reflective practice
is justified, conceptualized and
implemented in a range of
European teacher education institutions. A
questionnaire is used to elicit data in this
survey, allowing participants to establish
meanings and applications in relation to their
conceptions of reflective practice. The
organizing concepts of “domesticating” and
“liberating” are employed to clarify the
purposes to which reflective practice are put
in individual institutions. A further
requirement is the need for indicators to judge
what differences has occurred to individuals
and schools regarding the quality of
educational provision, consequent upon
adopting a reflective practice approach. A
“systems” and “people” orientation is used as
an organizing framework for these indicators.
In the results of the survey of conceptions of
reflective practice, technical efficiency seems
to predominate within initial teacher education,
whilst in in-service education the dominant
category is the deliberative one. Regarding the
purposes of reflective practice, the results
indicate a greater emphasis upon the
domesticating orientation in initial teacher
education. In contrast, within in-service
education there appears to be a greater emphasis
placed upon the liberating orientation. There is
also clear evidence that reflective practice does
make a difference at both the personal and
professional level. In its conclusion the paper
stresses the importance of reflective practice in
bringing about change and improvement in both
initial and in-service teacher education.
Gegenstand des vorliegenden Artikels ist
die Art und Weise, wie die reflexive
Praxis in ausgewählten pädagogischen
Einrichtungen in Europa gerechtfertigt,
konzeptualisiert und angewendet wird. Zur Erhebung
der Umfragedaten wird dabei auf einen Fragebogen
zurückgegriffen, mit dem die Teilnehmer ihrer
Vorstellung reflexiver Praxis Sinn geben und ihre
Vorstellung der Anwendungsmöglichkeiten darlegen
können. Die grundlegenden Konzepte von
«Aneignung» und «Umdeutung» kommen dabei zum
Einsatz, um so die Ziele näher zu bestimmen, zu der
die reflexive Praxis in den jeweiligen Institutionen
Anlass gibt. Eine weitere Voraussetzung: Die
Indikatoren müssen anzeigen, welche Unterschiede
sich bei den Individuen und in den Schulen hinsichtlich
der gebotenen Lehrqualität infolge des Umstiegs auf
einen Ansatz reflexiver Praxis abzeichnen. Eine
system- bzw. personenbezogene Zielsetzung dient den
Indikatoren dabei als Grundstruktur. Bei der
Untersuchung der Umfrageergebnisse hinsichtlich der
Konzeptionen von reflexiver Praxis scheint die
alltagsbezogene Effizienz im Bereich der
pädagogischen Lehrergrundausbildung ein
Hauptanliegen zu sein, während bei der
Lehrerfortbildung die «reflexive» die dominante
Kategorie darstellt. Im Hinblick auf die Zielsetzungen
der reflexiven Praxis zeigen die Ergebnisse, dass der
Ausrichtung auf die Alltagspraxis in der pädagogischen
Grundausbildung ein Hauptaugenmerk zukommt.
Demgegenüber liegt der Schwerpunkt bei der
Fortbildung vor allem auf einer offeneren Ausrichtung.
Darüber hinaus wird deutlich, dass die reflexive Praxis
sich sowohl in persönlicher als auch beruflicher
Hinsicht unterscheidet. In der Schlussfolgerung des
Artikels wird auf die Bedeutung der reflexiven Praxis
für die Einführung von Veränderungs- und
Verbesserungsprozessen im Bereich der pädagogischen
Lehrergrundausbildung und-fortbildung hingewiesen.
Cet article rend compte d’une enquête sur la conceptualisation
et l’application de la pratique réflexive dans des centres
de formation initiale et continue d’enseignants en Europe.
Elle est centrée sur l’aspect institutionnel et questionne les
conceptions, les buts et les actions liés à la pratique réflexive
dans la formation des enseignants d’institutions membres du
sous-réseau F du TNTEE (Thematic Network on Teacher
Education in Europe/Réseau thématique de formation des
enseignants en Europe)
[3]. Cette enquête s’insère dans un projet de recherche plus
large sur la promotion de la pratique réflexive dans les centres de formation d’enseignants
en Europe.
Compte tenu du thème du sous-réseau F du TNTEE – « Développer une “pratique réflexive” du métier d’enseignant et de la formation par des partenariats
entre chercheurs et praticiens » – la notion de partenariat est représentée fortement
en articulation avec celle de pratique réflexive.
Deux aspects du partenariat apparaissent ici.
D’abord, il y a la collaboration entre les douze institutions du sous-réseau F du
TNTEE impliquées dans cette recherche, dont la liste sera donnée ci-après. Les
responsables de formation, par leur participation à la recherche, discutent et partagent leurs perceptions et leurs idées sur la conceptualisation, les buts et les applications de la pratique réflexive. Des échanges électroniques ont lieu régulièrement, et, en juillet 1998, le compte rendu de l’avancement de la recherche a été
soumis à la critique des membres du sous-réseau F présents au séminaire organisé
par le centre de Rennes de l’IUFM de Bretagne.
Deuxièmement, ce qui a peut-être été plus important pour la réalisation de nos
buts, c’est le fait que la conceptualisation de la pratique réflexive a impliqué un partenariat entre les praticiens dans les classes et les formateurs travaillant dans les systèmes universitaires européens. Cet aspect est exploré grâce aux données des institutions de formation d’enseignants sur la manière dont elles perçoivent leurs
rapports avec les écoles et l’utilisation des expériences des écoles afin de développer la pratique réflexive. L’intention est de stimuler plus de discussions, notamment sur ce qui peut être considéré comme constituant les « meilleures pratiques »,
en vue de définir les rôles et l’expertise apportés par les uns et par les autres à
l’entreprise collective de la pratique réflexive.
En terme de méthodologie d’enquête sur les institutions européennes de formation d’enseignants dans le sous-réseau F du TNTEE, le choix d’un questionnaire a été décidé.
Cet outil présentait, en effet, un double avantage :
- permettre aux participants d’exposer leurs idées et leurs applications de la
pratique réflexive;
- être facilement exploité par courrier électronique à un coût et à un effort minimum mais avec un nombre maximum de participants.
La première phase a consisté à élaborer le cadre conceptuel structurant le projet de questionnaire. Nous avons retenu les traits suivants dans la définition de la
pratique réflexive (nous ne revenons pas sur les différents sens donnés à la pratique
réflexive qui sont largement exposés dans les articles de Danielle Zay et Christopher
Day).
- Elle a un rôle à jouer dans le développement professionnel des enseignants
comme outil critique pour analyser, évaluer et tirer les conséquences des actions
entreprises dans un cadre professionnel. Ceci diffère de la réflexion comme justification de soi-même et des actions que l’on accomplit (Bright, 1995).
- Elle implique la production et l’usage d’un savoir spécifique pour le développement professionnel. Celui-ci est vu comme étant d’ordre génératif, constructiviste et se développant à partir d’expériences contrôlées, en accord avec le travail
de Kolb (1984) sur l’apprentissage expérientiel. Il se distingue des conceptions
positivistes du savoir en tant que simple application des théories élaborées par
d’autres dans certaines situations.
- Elle est d’ordre praxéologique. Elle implique un paradigme d’amélioration
de l’action.
- Elle n’est pas un concept unitaire. Il semble y avoir un continuum de significations s’étendant d’une pratique réflexive fonctionnelle à une pratique réflexive
créative. Les paramètres de ce continuum paraissent embrasser une extension et
un affinement des processus du curriculum d’apprentissage et d’enseignement,
qui se situent entre deux pôles opposés, l’un dans une perspective fonctionnaliste, l’autre dans une visée créative liée au développement des recherches dans la
classe. Le but d’une approche fonctionnelle de la pratique réflexive paraît être
d’accroître l’efficacité de la réalisation du curriculum. Le but de la pratique réflexive
créative semble être d’encourager l’enseignant à entretenir sa propre compétence
en engendrant à la fois une liberté, mais aussi une responsabilité professionnelle.
Notre prise de position nous amenait à nous centrer davantage sur la pratique
réflexive mise en Å“uvre plutôt que d’explorer les sens génériques et théoriques.
Notre principale préoccupation était d’ordre institutionnel. Quels étaient les rapports de la pratique réflexive avec la formation pédagogique dans des institutions
particulières et comment devenait-elle une réalité pour les enseignants en formation initiale et continue ?
L’enquête a couvert cinq domaines, à savoir :
- Détails institutionnels.
- Conceptions de la pratique réflexive dans la formation pédagogique.
- But de la pratique réflexive dans la formation pédagogique.
- Mise en place de la pratique réflexive dans la formation pédagogique.
- Preuve que la pratique réflexive apporte aux individus et aux écoles une différence de qualité dans l’éducation.
Ce plan de travail a soulevé un nombre important de problèmes. Premièrement,
supposer qu’il y a un choix de significations et d’applications de la pratique réflexive,
rend primordial de définir cette démarche de manière plus précise dans le continuum « fonctionnelle-créative ». Le travail de Wellington et Austin (1996) a été utilisé ici.
Ils ont catégorisé cinq orientations de la pratique réflexive :
- Immédiate – met l’accent sur une agréable survie.
- Technique – se centre sur le développement et le perfectionnement de méthodologies d’instruction qui augmentent la réalisation efficace et effective des fins
éducatives prescrites.
- Délibérative – se centre sur la découverte, l’évaluation et l’attribution d’un
sens personnel à l’intérieur d’un discours éducatif. « Sens personnel » doit être
compris comme le désir d’aller plus loin que la simple salle de cours, de négocier
à l’intérieur des cadres admis sur les fins de l’apprentissage et de l’éducation, d’accentuer une communication effective et de considérer comme importants les attitudes et les sentiments des élèves.
- Dialectique – revendique la libération politique. Les praticiens rejettent les
limitations des structures établies et ne sont pas à l’aise en travaillant avec elles. Ils
remettent en question les fins, les contenus et les moyens éducatifs définis par
l’institution. Leurs centres d’intérêt sont la justice et l’équité.
- Transpersonnelle – s’oriente sur la libération universelle et personnelle. Les
praticiens tendent à se centrer sur eux-mêmes et sur le développement de soi. La
pédagogie est typiquement individualiste et holiste (Wellington et Austin, 1996)
Deuxièmement, il y avait une demande de critères d’élaboration des buts dans
lesquels la pratique réflexive était mise en place dans des institutions particulières.
Ensuite, si le terme allait être appliqué à un continuum, les buts devaient être également variés et sujets à un continuum d’applications. Nous avons, ici aussi, repris
la distinction de Wellington et Austin (1996) entre des concepts qualifiés de
« domesticateurs » (domesticating), qui définissent une éducation utilisée aux fins
de reproduire une culture dominante, et des concepts dits « libérateurs » (liberating), à travers lesquels l’éducation est considérée comme un processus de transformation.
Nous avons décliné les deux concepts à partir des critères suivants :
Buts « domesticateurs »
I.Rassembler les réactions immédiates en résolvant les problèmes pédagogiques
au jour le jour.
II. Répondre aux demandes pédagogiques externes ou nationales du gouvernement et autres institutions.
III. Améliorer la capacité d’évaluer les actions dans la classe, en vue de répondre
aux prescriptions officielles.
Buts « libérateurs »
IV. Améliorer l’engagement personnel dans les prises de décisions professionnelles
à l’intérieur d’une école.
V. Améliorer la pratique existante à l’école et dans la classe en application des
normes officielles, grâce à une analyse systématique de l’enseignement et de l’apprentissage, ainsi que des contextes dans lesquels ceux-ci ont lieu.
VI. Initier les changements constitutionnels externes aux écoles grâce à la remise
en question des valeurs et des croyances établies.
Cette technique a permis une bonne mise au point de l’exploration des buts à
l’intérieur d’un continuum. Ainsi, les buts domesticateurs se regroupaient autour
du nÅ“ud fonctionnaliste, alors que les buts libérateurs reflétaient une position
plus créative.
Troisièmement, on avait besoin de quelques indicateurs pour juger des preuves
que la pratique réflexive engendrait une différence en termes de qualité des ressources éducatives chez les individus et dans les établissements scolaires. La source
de ces indicateurs a été le travail de Hextall et al. (1991). Afin d’adapter cette
vision d’un modèle de pratique réflexive comme paradigme d’amélioration fondé
sur un continuum, les indicateurs furent regroupés sous les deux catégories d’effets sur les systèmes et d’effets sur les « gens » (people), toutes deux encore empruntées à Wellington et Austin (1996). Cette distinction permet de repérer celles
introduites sur les actions par des buts visant l’efficacité et la structure organisationnelle ou par des buts orientés sur le sens et la pertinence pour la personne.
Nous avons retenu les indicateurs suivants :
Orientation sur les systèmes
Dans quelle mesure l’enseignant a-t-il amélioré la classe en :
I. Traitant l’enseignement comme un processus expérimental, en admettant la
nécessité de transformer la réflexion en action, en choisissant entre certaines alternatives et en évaluant d’un Å“il critique le processus ?
II. Prenant en compte les valeurs, les croyances et les pratiques dans le cadre de
la classe, de l’école et du contexte politique ?
III. Mettant en Å“uvre un processus de changement dans l’école même ?
Orientation individuelle
Dans quelle mesure l’enseignant s’améliore-t-il
IV. en articulant et en défendant ses propres objectifs d’enseignant et en les rattachant à sa vision professionnelle ?
V. en donnant la preuve qu’il mène en classe des actions cohérentes avec sa
position personnelle et professionnelle ?
VI. en étant capable de réviser et modifier ses valeurs et ses convictions, pour améliorer le cadre professionnel ? (Hextall et al., 1991).
Le questionnaire a été soumis à trois groupes cibles, à savoir des enseignantschercheurs en éducation, spécialistes de la pratique réflexive au « collège » universitaire
de Worcester, des formateurs de Worcester, et des partenaires du sous-réseau F
du TNTEE. La dernière enquête a été réalisée par courrier électronique.
En dépit du soin apporté au questionnaire, ses auteurs en ont reconnu les limites.
Le fait que quelques explications et indications soient rédigées en français a accentué les incompréhensions et suscité des difficultés de conceptualisation par rapport à une terminologie quelque peu complexe. La longueur du questionnaire,
axé autour de cinq thèmes, a pu inquiéter de prime abord. Cependant, étant destiné à collecter un premier jet de réponses et perceptions institutionnelles, on le
garda tel quel.
Une réunion intermédiaire des groupes cibles permit d’identifier d’autres problèmes découlant du questionnaire même. On suggéra d’inclure des synonymes
pour l’expression « pratique réflexive », notion moins connue en France et en Italie
que dans d’autres pays européens
[4]. L’essentiel était que les groupes soumis au
questionnaire se rendent compte s’ils étaient engagés dans les démarches ici qualifiées de pratique réflexive, quels que soient les vocables sous lesquels ils désignaient ces démarches
[5]. On cita les termes de « recherche-action » et de « métacognition ».
Dans la mesure où le questionnaire demandait une réponse sur les pratiques
dans l’institution à laquelle appartenaient celui, celle ou ceux qui répondaient (et
non pas sur les leurs), il a posé problème à ceux qui le recevaient. Quelqu’un a
déclaré que c’était une démarche ambitieuse, car il fallait rassembler trop d’idées
différentes et cela prenait trop de temps. Certains, directement impliqués soit dans
la formation continue, soit dans la formation initiale, ont préféré évoquer les positions institutionnelles à partir de leur propre vision de la mise en Å“uvre de la pratique réflexive. Cette position étant assez représentative de celle des auteurs du questionnaire, on en a conclu que la difficulté de réponse à la fois institutionnelle et
individuelle, posait finalement le vrai problème. De ce fait, on a admis que la
recherche active des concepts individuels par opposition aux concepts institutionnels inclurait une majorité des données à recueillir dans une autre phase du
projet, ce qui conduirait à une approche plus ethnographique de la collecte des données et permettrait une triangulation avec celles déjà recueillies sur les concepts institutionnels.
Les réponses au questionnaire
Douze établissements ont répondu :
l’IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) de Bretagne (France),
l’IUFM de Créteil (France), la Katholieke Hogeschool Leuven à Louvain (Belgique),
l’Université J.-Fournier à Grenoble (France), l’université de Gênes (Italie), l’université
de Gothenburg (Suède), l’université Hallam Sheffield (Royaume-Uni), l’université
de Klagenfurt (Autriche), l’université de Linköping (Suède), l’université de Montfort
Leicester (Royaume-Uni), l’université de Nottingham (Royaume-Uni) et l’université de Worcester, y compris le « Worcester College » (Royaume-Uni).
Sur les douze établissements, dix avaient à la fois des programmes de formation initiale et de formation continue. Le onzième n’était concerné que par la formation initiale, le douzième par la formation continue.
Les concepts de pratique réflexive
dans la formation des enseignants
En formation initiale, cinq établissements ont identifié comme catégorie dominante la catégorie « technique » (Wellington et Austin, 1996), « qui vise au développement et au perfectionnement des méthodologies de passage des consignes,
pour une meilleure efficacité dans la réalisation des objectifs éducatifs attendus ».
En formation continue, la catégorie dominante est la catégorie « délibérative » qui
« met l’accent sur la découverte, l’appropriation et la réussite de l’intention personnelle, dans un contexte éducatif » et où l’« intention personnelle est d’aller audelà de la classe, de négocier dans les limites acceptées les objectifs d’apprentissage et de formation, d’accentuer la communication effective et de donner de
l’importance aux sentiments et aux attitudes des étudiants ». Le concept de pratique réflexive décliné de plusieurs manières s’est retrouvé dans toutes les catégories
de la formation initiale et dans toutes moins une (l’approche immédiate) de la formation continue. Ce résultat confirme l’étendue et la complexité des modes de
conceptualisation de la pratique réflexive dans le contexte international.
Les objectifs de la pratique réflexive
dans la formation des enseignants
Les objectifs reconnus de la pratique réflexive dans la formation initiale recouvrent toutes les catégories :ses caractéristiques propres et ses tendances sont apparues peu à peu. Dans un exemple en Angleterre, la démarche de pratique réflexive
dans des domaines disciplinaires, tels que ceux des mathématiques, de l’anglais,
des langues vivantes, a été décrite comme conduisant les enseignants en formation
à passer d’une culture « d’asservissement » à une culture « de libération ». Dans un
autre exemple, l’auteur de la réponse a déclaré avoir identifié une certaine tension entre ses collègues sûrs d’agir dans le modèle de « libération », alors que lui-même trouvait qu’ils agissaient dans le modèle d’« asservissement ». D’autres, par
contre, estimait-il, essayaient réellement « de faire tout leur possible pour parvenir au niveau de libération ».
Malgré la grande variété des réponses, l’accent a été mis sur le concept d’asservissement en formation initiale. Cependant, les réponses de deux établissements
(sur trois) en France se distinguent des autres dans la mesure où le but de la pratique réflexive n’a été perçu que comme « libérateur ». L’un d’entre eux a décrit ce
but en ces termes :« en premier lieu, aider les futurs enseignants à développer leur
capacité à devenir de véritables éducateurs, c’est-à-dire aptes à amener leurs élèves
à se comporter en êtres humains curieux, équilibrés, créatifs et autonomes, capables
de pensée critique, de générosité et d’enthousiasme ». De plus, les étudiants ont
été vivement encouragés à « remettre en question le schéma préalablement accepté »
et à « décider par eux-mêmes quand ils peuvent éventuellement désobéir aux
ordres de l’institution. » L’université italienne fait écho à ce point de vue :les étudiants sont incités à « acquérir des capacités leur permettant d’affronter le monde
réel et de finalement le modifier. » Le troisième établissement français a adopté une
approche plus problématique en identifiant la coexistence des deux objectifs « d’asservissement » et de « libération » dans l’institution :« les deux objectifs coexistent et c’est peut-être cette tension qui est facteur de progrès ». Il est intéressant
de noter que les établissements anglais se sont révélés les moins prêts à adopter la
pratique réflexive dans son aspect provocateur et même « perturbateur ». (Somekh,
1993). Deux d’entre eux signalèrent que les tendances « instrumentales et utilitaires »
du Programme National avaient un effet de plus en plus inhibiteur sur la pratique
réflexive. L’article de John Coldron et de Robin Smith confirme ce point de vue d’une
théorie instrumentalisée par les pouvoirs publics en Grande-Bretagne.
En formation continue, les objectifs de la pratique réflexive recouvrent aussi
toutes les catégories, mais l’accent a plus porté sur les concepts de « libération »
que sur ceux « d’asservissement ». Cela s’est avéré particulièrement vrai dans les
établissements du Royaume-Uni. Apparemment quelque peu bridés par les
contraintes du programme national en formation initiale, ils sont encore plus actifs
à encourager les stagiaires en formation continue à questionner et remettre en
cause toutes leurs valeurs et croyances. Un des établissements anglais a déclaré
que ce qui était essentiel à ce niveau était que « le développement des étudiants
accroisse une pratique professionnelle mieux située dans le cadre des valeurs professionnelles qui sont les leurs. » Une telle déclaration est tout à fait dans la ligne
de pensée de Dewey (1933,1938), selon laquelle la démarche d’appropriation
(empowerment) et d’émancipation de l’enseignant est primordiale dans la pratique réflexive.
L’enseignement de la pratique réflexive
dans la formation des enseignants
On a souvent mentionné la recherche-action comme élément essentiel de la
pratique réflexive, à la fois dans la formation initiale et la formation continue, et
plusieurs auteurs les considèrent même comme équivalentes (Kolb, 1984; Kemmis,
1985; Bright, 1995; Ghaye, 1997). L’exemple fourni par un des établissements
illustre la nature du lien entre recherche-action et pratique réflexive. Cet établissement autrichien a estimé à la fois que le « but premier de la recherche action »
est d’aider « à la réflexion individuelle sur le rôle des enseignants » (Brunner et
al., 1996) et que la fonction et le but du concept de pratique réflexive sont centrés sur la résolution de problème (Stenhouse, 1997; Kemmis et Mc Taggart,
1981), sur le développement de savoir-faire transférables dans la pratique réflexive
et, enfin, sur le partage des résultats avec les collègues, sous forme de retombées
en cascade. Un établissement anglais a fait référence à l’utilisation d’un projet de
recherche-action à l’école, alors que les autres établissements signalaient l’usage
d’agendas et de cahiers de bord comme moyens pour les enseignants de consigner les divers aspects de leurs expériences. Dans l’un des établissements suédois,
on a demandé aux étudiants de « rédiger un document décrivant leur rôle d’enseignant, basé sur une recherche concernant l’activité professionnelle, les programmes et leur expérience personnelle ».
En formation initiale, sont cités de nombreux exemples d’acquisition de la pratique réflexive par l’intermédiaire de l’expérience de l’école. Des comptes rendus
réflexifs des cours donnés et observés, quelquefois présentés comme des évaluations, ont été considérés comme fondamentaux pour développer la pratique
réflexive, bien que, toutes les institutions, sans exception, aient souligné que le
lien entre la pratique réflexive et l’expérience de l’école allait bien au-delà de cela.
Un des établissements suédois a illustré ce point de vue en notant :« les étudiants
sont incités à réfléchir à la tâche qui les attend dès le début des cours théoriques
aussi bien que pratiques. Il faut aider les étudiants non seulement à développer leurs
connaissances mais aussi à réfléchir à toutes les situations et à savoir les maîtriser.
Cela signifie qu’ils doivent se servir de leur connaissance du sujet, développer leur
compétence sociale, leur savoir-faire professionnel et leur capacité de travailler
avec les autres ». Un établissement anglais a également adopté cette approche
holistique :« La pratique réflexive rentre dans la structure de tous nos cours de
licence en éducation (B. Ed.) et d’année professionnelle (PGCE)
[6], et toutes les
évaluations sont organisées pour mesurer le degré de réflexion. On encourage les
étudiants à réfléchir tout en tenant leur journal de bord. L’enseignement sert à
stimuler les techniques de questionnement dans le domaine des aspects fondamentaux de la pratique et de la politique éducatives. On met l’accent sur la théorie aussi bien que sur les connaissances et les expériences pratiques. Les formateurs
doivent articuler leurs positions et les soumettre à l’analyse ». La vision générale
des établissements suédois et britanniques de l’enseignement de la pratique réflexive
montre l’importance de la notion de collaboration :« Tout le travail est effectué en
collaboration, ce qui permet aux enseignants en formation d’être confiants et de
pouvoir agir à leur rythme, tout en étant encouragés à devenir des présentateurs
compétents de matériaux, approches et idées, à être très capables d’écouter et de
négocier ». De telles approches sont en harmonie avec le concept de praticien
réflexif, selon lequel le professionnel utilise son lieu de travail comme son laboratoire
(Harris, 1983, Harter, 1986, Philips, 1989). Elles préparent le terrain efficacement pour ce concept de recherche basée sur le lieu de travail, préconisé au
Royaume Uni par Hargreaves (1996) et l’Agence de formation des enseignants.
Elles sont tout à fait mises en évidence dans les rapports sur la formation continue
présentés ci-après.
Un des traits caractéristiques tout à fait courant dans le contexte international
de la formation initiale est que, si la pratique réflexive est perçue comme faisant
partie de la formation, il n’existe aucun programme explicite et formel pour l’enseigner. Elle repose plutôt sur un modèle d’imprégnation et se fonde sur une
approche interrogative de tous les domaines disciplinaires ou questions abordés.
Quatre questions sont formulées par un correspondant, concernant la formation
initiale :
- Que désirons-nous savoir ?
- Comment savons-nous ?
- Que savons-nous ?
- Que pouvons-nous faire pour savoir davantage ?
Cette approche interrogative est typique de Whitehead (1989) et reprise par les
six questions d’Ashton (1980):
- Qu’ont réellement fait les élèves ?
- En quoi consiste leur apprentissage ?
- En quoi était-il valable ?
- Qu’ai-je fait ?
- Qu’ai-je appris ?
- Qu’ai-je l’intention de faire maintenant ?
Bien que ce type d’interrogation ne puisse résoudre les équivoques sur la pratique réflexive, qu’illustre Bright (1995) en aidant les enseignants à reconnaître
le « ce qui est » du « ce qui n’est pas », les questions commencent à mieux cerner
les mots « ambigus » de pratique réflexive.
L’apprentissage de la pratique réflexive en formation continue est apparu comme
beaucoup plus systématiquement organisé que l’acquisition informelle des connaissances à travers des expériences en formation initiale. On a cité des exemples de
modules sur des actions liées étroitement à la recherche sur le lieu de travail et avec
l’objectif d’amélioration du travail; un établissement a caractérisé tout le travail
de développement professionnel comme étant conduit sur le modèle du praticien
réflexif. Dans cet établissement britannique, toute la formation continue des diplômés (postgraduates) n’avait qu’un objectif :« le développement d’une attitude plus
critique et plus réflexive vis-à-vis de la pratique » et « l’adoption d’une approche
basée sur la recherche pour parvenir au développement personnel et organisationnel ».
En dépit d’une convergence des méthodes institutionnelles d’enseignement de
la pratique réflexive, on note de grandes différences entre un établissement et un
autre, ce qui reflète la diversité d’approches d’une définition de la pratique réflexive.
En France, par exemple, on a répondu que l’expression « pratique réflexive » n’apparaissait jamais dans la documentation de l’établissement, et qu’il n’était donc
pas simple du tout de pouvoir identifier comment on l’enseignait.
Ce point de vue est partagé par l’établissement italien. Il a ajouté que l’expression « pratique réflexive » demandait à être explicitée, pour pouvoir la relier à
d’autres concepts et reconnaître ainsi qu’« elle est pratiquée même si elle n’est pas
nommée ». Ces réponses étaient vivement contrastées avec celle de l’un des établissements britanniques décrivant l’enseignement de la pratique réflexive en formation continue :« selon notre définition (inclusive) de la pratique réflexive que
nous qualifions de procédurale, holistique, dialogique et immédiate, tout notre
enseignement vise à la réflexion, tout particulièrement dans les évaluations de
cours et de façon tout à fait explicite dans la programmation des tâches et l’approche
pédagogique des matières ».
Les différences éventuelles d’interprétation des questions selon les traditions
culturelles des pays considérés, par exemple, entre l’Italie et la France, d’une part,
et, le Royaume-Uni et la Suède, d’autre part, pourraient poser problème par rapport à la validité des résultats. Nous avons déjà indiqué comment nous avions
tenté d’éviter ce biais en définissant précisément, y compris avec les participants
à l’enquête, les démarches que nous prenions en compte pour définir la pratique
réflexive. Nous reviendrons sur ce problème en conclusion.
L’influence de la pratique réflexive sur l’amélioration
de la qualité des prestations éducatives de l’individu
et de l’école
Nous avons rassemblé ici les réponses correspondant aux indicateurs que nous
avons précédemment définis par rapport à l’orientation sur les systèmes et à l’orientation individuelle.
Tous les enquêtés déclarent que la pratique réflexive, tant en formation initiale
que continue, modifie les comportements aux niveaux personnel et individuel.
En ce qui concerne le premier critère, d’après lequel la pratique réflexive fait
de l’acte d’enseigner un processus expérimental, ils disent que cela a été confirmé
par les étudiants en formation initiale et les enseignants en formation continue. On
peut en déduire, qu’en théorie au moins, il y a une prise de conscience de la nécessité d’intégrer la réflexion à l’action. Toutefois, bien que mise en relation avec le
lieu de travail, la pratique réflexive n’est pas nécessairement assortie d’une intervention pratique. Ceci n’est pas non plus considéré comme empêchant celui qui
s’initie à la théorie de la pratique réflexive restrictive d’en devenir un « connaisseur »
(Eisner, 1985). Cette démarche théorique permettrait à l’apprenant d’acquérir un
meilleur niveau de compréhension avant de la mettre en Å“uvre.
Le même raisonnement serait applicable au second critère qui relie l’amélioration du lieu de travail à une prise en compte des valeurs sous-tendant l’action.
C’est ce que déclarent 50 % des réponses en formation initiale et continue.
La réponse au troisième critère, de portée nettement plus générale, puisqu’il se
réfère à la mise en Å“uvre directe du changement à l’école, a été traitée de façon beaucoup plus brève. Il semble que ce critère s’appliquait plus aux enseignants qu’aux
étudiants et concernait surtout la formation continue. Mais une exception apparut, car un établissement britannique identifia trois champs disciplinaires (anglais,
mathématiques, langues vivantes) où le changement s’appliquait vraiment dans
le contexte scolaire.
Les réponses fournies par rapport aux trois critères suivants, relatifs aux catégories
d’orientation des individus par opposition aux systèmes, furent tout à fait variables.
Deux établissements, au Royaume-Uni, ont identifié la préoccupation commune
des étudiants en formation initiale et des enseignants en formation continue comme
étant l’amélioration des enseignants, à travers l’articulation et la défense de leur
propre position, par contre d’autres établissements n’ont pu apporter aucune identification de la pratique réflexive. Même absence d’informations sur le cinquième
critère, relatif à la production de comptes rendus écrits en cohérence avec la position personnelle et professionnelle. Une autre phase du projet visait à revenir sur
les difficultés de faire vivre ses valeurs personnelles sur le lieu de travail et sur ce
phénomène de contradiction intrinsèque quand on passe des conceptions institutionnelles aux conceptions individuelles.
Tous les établissements, sans exception, ont identifié le dernier critère dans la
totalité de la formation continue, et dans une grande majorité de la formation initiale. Cette capacité de remettre en question et de modifier les valeurs et les convictions pour amener le changement du lieu de travail constitue en théorie un précédent remarquable au problème du comment faire vivre ses valeurs et au
phénomène de la contradiction intrinsèque.
Cette enquête a révélé encore plus de difficultés que nous n’en avions prévues
au départ. Si l’administration de l’enquête par questionnaire s’est effectivement
avérée rapide et économique, comme on l’espérait, elle ne permet que d’avoir un
aperçu limité sur ce que les formateurs d’enseignants pensent et disent de l’usage
de la pratique réflexive dans leurs institutions respectives.
Un premier doute sur les résultats de l’enquête a déjà été évoqué à propos des
divergences des réponses entre pays du sud et du nord de l’Europe représentés dans
l’échantillon.
Comment comparer les réponses si les enquêtés ne donnent pas le même sens
aux questions ? Ces divergences d’interprétation de la pratique réflexive ont déjà
été évoquées dans ce numéro (cf. les articles de Danielle Zay dans ce numéro de
Carrefours de l’éducation) et transparaissent dans les points de vue exprimés par les
auteurs des différents articles.
Toutefois, comme nous l’avons déjà indiqué, nous avons tenté d’éviter ce biais
en précisant les critères par lesquels nous définissions ce que nous entendions
par pratique réflexive. La première partie de cet article a justement développé ce
point pour le rendre explicite au lecteur. Les échanges que nous avons eus avec les
participants à l’enquête, par messagerie électronique et au séminaire qui nous a
réunis à Rennes, ont permis de décrire des « pratiques » relevant de la pratique
réflexive, de telle sorte que, même dans les pays où il n’est pas ou peu fait référence
à ce concept, on puisse reconnaître ce qu’il recouvre. En dépit des doutes exprimés par rapport à l’absence de référence à la pratique réflexive dans les textes circulant sur la formation des enseignants en France et en Italie à l’époque, les ressortissants de ces pays ont néanmoins identifié des pratiques en relevant dans leur
institution d’appartenance.
Il n’en reste pas moins, comme nous l’avons nous-mêmes reconnu, qu’une
deuxième phase d’enquête de type ethnographique apparaît nécessaire, la première phase conduite par questionnaire ne permettant qu’un repérage des perceptions des formateurs sur les pratiques en vigueur dans leur institution. Comme
cela a été indiqué dans l’éditorial de ce numéro, les études de cas menées parallèlement par d’autres membres du sous-réseau F ont déjà apporté des éclairages
dont les résultats ont fait l’objet de communications dans les colloques de plusieurs associations
[7].
D’ores et déjà, nous pouvons relever, par rapport aux descriptions des pratiques,
une opposition comparable à celle apparue dans les mouvements de conceptualisation de la pratique réflexive entre les pays du nord et du sud de l’Europe.
- La pratique réflexive fait partie du vocabulaire usuel des formateurs et des
textes sur la formation en Autriche, au Royaume-Uni ou en Suède, mais elle n’est
pas une référence dans les institutions ayant participé à l’enquête en France et en
Italie.
- Toutefois, l’approche de la réalité par une enquête ethnographique, comme par
les études de cas déjà menées, pourrait révéler qu’elle est plus complexe qu’il n’y
paraît au premier abord.
En effet, si les textes officiels, comme les formateurs, préconisent l’usage d’une
pratique réflexive au Royaume-Uni, les seconds se disent brimés par les premiers,
qui, de fait, instrumentalisent la formation et visent la production d’un praticien
techniciste bien plus que réflexif. Au contraire, les formateurs français, qui déclarent ne trouver aucune trace de référence à la pratique réflexive dans les IUFM
(Instituts universitaires de formation des maîtres), décrivent un éventail de pratiques
qui, sans en porter le nom, sont tout à fait dans l’esprit de ce que les théoriciens
décrivent sous ces termes (cf. l’article de Marie-France Mailhos).
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[1]
Nous remercions Danielle Zay pour sa collaboration à la version française de cet article.
[2]
Cet article utilise, avec un certain nombre de modifications, la communication présentée au
symposium du sous-réseau F du TNTEE (
Thematic Network on Teacher Education in Europe),
« Conceptualiser une pratique réflexive en partenariat :Perspectives européenne », au colloque de
l’EERA (
European Educational Research Association), l’ECER 98 (
European Conference on Educational
Research) à Ljubjlana, Slovénie, 17-20 septembre 1998 et le texte publié en 1999 dans la revue
Pedagogy,
Culture & Society, vol. 7, n° 2.
[3]
Cf. la note 1 de l’éditorial de ce numéro sur le TNTEE,
Thematic Network on Teacher Education in
Europe/Réseau thématique de formation des enseignants en Europe, et son sous-réseau F « Développer
une “pratique réflexive” du métier d’enseignant et de la formation par des partenariats entre chercheurs et praticiens ».
[4]
L’enquête date de 1998. La situation a évolué depuis (note de D. Zay).
[5]
Cf. l’article de Marie-France Mailhos, qui décrit des démarches de formation françaises du type
de celles relevant de la pratique réflexive et qui existaient déjà avant la pénétration de cette terminologie en France.
[Un mouvement comme celui de Media-Formation, expérimentation ministérielle lancée en 1979
et née d’initiatives prises dans les écoles normales françaises réunies, dès 1973, dans le CCEN (Comité
de coordination des écoles normales), a orienté la formation d’instituteurs sur l’analyse des pratiques
dans la classe par les enseignants eux-mêmes, à l’aide de la vidéo, en référence au microenseignement et non au courant de pensée en gestation aux États-Unis depuis l’ouvrage d’Argyris et Schön
(1974) jusqu’à sa formalisation par Schön en 1983. Ce mouvement a été très différent de celui du
micro-enseignement aux États-Unis. L’analyse des séquences d’enseignement par les futurs enseignants
ou par les enseignants eux-mêmes, à l’aide de la vidéo, a souvent inclus des dimensions personnelles
et critiques par rapport au contexte institutionnel, qu’on retrouve dans la pratique réflexive (
cf. Zay,
1983; Mottet, 1997 et l’article de D. Zay dans ce numéro). (Note de D. Zay).]
[6]
B.Ed. :
Bachelor of Education:diplôme exigé pour devenir enseignant, qui correspond à la licence
en France. — PGCE :
Post Graduate Certificate in Education:année de formation professionnelle qui
suit la licence et qui donne la qualification d’enseignant.
[7]
Ces colloques sont ceux de l’AERA (
American Educational Research Association), en avril 1999 à
Montréal (Québec, Canada), du TNTEE (
Thematic Network on Teacher Education in Europe), en mai 1999,
à Lisbonne (Portugal), de l’EERA (
European Educational Research Association), en septembre 1999, à
Lahti (Finlande).