Carrefours de l'éducation
Université de Picardie

I.S.B.N.sans
200 pages

p. 64 à 76
doi: en cours

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n° 13 2002/1

L’Église s’est-elle ralliée à la laïcité ?

Étude d’un « paradigme » le discours de l’épiscopat français sur la liberté d’enseignement

Marc Andrault
L’épiscopat f r a n ç a i s accepte-t-il aujourd’hui sans réserve la laïcité? Son discours à propos de la liberté de l’enseignement entre 1981 et 1994 ne permet pas de répondre affirmativement. Sur ce sujet, il entend parler d’une seule voix. Lorsqu’il définit la laïcité, il oscille entre un véritable pluralisme et une conception qui justifie ses prérogatives. Celles-ci le font récuser a priori la compétence des sciences humaines s’agissant de l’institution qu’il dirige. Il renvoie le législateur aux textes internationaux qui accordent à tous la liberté de l’enseignement, mais raisonne souvent comme s’il était seul concerné. Cette attitude se retrouve lorsqu’il interprète la loi Debré, qui officiellement ne le connaît pas; en même temps, il lit à la lumière de sa propre doctrine l’obligation qu’elle fait aux écoles d’accueillir les élèves sans distinction de convictions et de respecter leur liberté de conscience. Il est vrai que les textes et surtout la pratique se sont progressivement infléchis dans le sens qu’il désirait. Enfin, il met en avant la rigueur de son argumentation et le sentiment majoritaire de la nation, mais reprend spontanément à l’égard des élus la posture du magistère qui s’adresse aux fidèles. En définitive, l’obligation de composer avec la laïcité ne lui fait pas oublier sa mission divine. Mi-inconsciente mi-stratégique, cette ambiguïté se retrouve sur d’autres sujets, et apparaît structurelle. Does the French episcopacy today accept secularity unreservedly? Its position on freedom of education between 1981 and 1994 does not allow us to give an affirmative answer. It intends to speak on this subject with a single voice. When it defines secularity it vacillates between a genuine pluralism and a conception that justifies its prerogatives. The latter lead it to challenge the competence of the human sciences regarding the institution it leads. The episcopacy refers the legislator back to international texts which give freedom of education to everyone, but often reasons as if it was the only one concerned. We find this attitude again when it interprets the DebrÈ law which officially does not recognise it; at the same time it reads in the light of its own doctrine the obligation that the law imposes upon schools to receive pupils with no distinction of beliefs and to respect their freedom of conscience. It is true that the texts, and especially practice, have progressively leaned in the direction desired by the episcopacy. Finally, it puts forward the rigour of its arguments and the majority feeling of the nation, but with elected representatives it takes the posture of the master addressing the faithful. At the end of the day, the obligation to come to a compromise with secularity does not lead it to forget its divine mission. Partly unconscious and partly strategic, this ambiguity is found in other areas and seems structural. Akzeptiert das französische Episkopat heute die Trennung zwischen Staat und Kirche? Angesichts seiner Stellungnahmen zur Schulwahlfreiheit in den Jahren 1981 bis 1994 lässt sich darauf keine eindeutig positive Antwort geben. Die französischen Bischöfe wollen in dieser Frage geschlossen auftreten. Bei der Definition der Laizität schwanken sie zwischen einem wirklichen Pluralismus und einer Konzeption, die ihre Vorrechte begründet. Im Namen dieser Privilegien erteilen sie den Geisteswissenschaften eine prinzipielle Absage, wenn es sich um die von ihnen geleitete Institution handelt. Das Episkopat verweist den Gesetzgeber auf die internationalen Gesetzestexte, die eine allgemeine Schulwahlfreiheit gewähren. Gleichzeitig wird oft so argumentiert, als wäre das Episkopat allein betroffen. Dies zeigt sich z.B. bei der Interpretation der so genannten loi Debré, in der es überhaupt nicht erwähnt wird. Dennoch interpretiert das Episkopat die in diesem Gesetz enthaltene, für die Schulen verpflichtende Forderung, Schüler ohne Unterschied ihres Glaubens aufzunehmen und deren Gewissensfreiheit zu respektieren, im Lichte der Kirchendoktrin. In der Tat weisen die Gesetzestexte und vor allem die Alltagspraxis eine progressive Entwicklung im Sinne des Episkopats auf. Abgesehen davon verweist das Bischofskollegium auf die Stringenz seiner Argumentation und das nationale Mehrheitsgefühl, verfällt allerdings gegenüber den Volksvertretern spontan in den Kanzelton des Predigers vor seinen Gläubigen. Alles in allem lässt sich sagen, dass die französischen Bischöfe trotz der Notwendigkeit, sich mit der Laizität abzufinden, nicht ihre göttliche Mission vergessen. Diese halb unbewusste, halb strategische Ambivalenz zeigt sich auch in anderen Bereichen und scheint struktureller Natur zu sein.
Religion, sociologie et laïcité
Laïcité et discours épiscopal, essai de définition
Une enquête légitime ?
Liberté de l’enseignement et laïcité
Les fondements de la liberté de l’enseignement
La mise en œuvre de la liberté de l’enseignement
La défense de la liberté de l’enseignement
Conclusion


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