Carrefours de l'éducation
Université de Picardie

I.S.B.N.sans
200 pages

p. 50 à 63
doi: en cours

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n° 13 2002/1

2002 Carrefours de l’éducation

Le budget de l’Instruction publique d’Amiens de 1880 à 1940

Anthony Feuilloy université de Picardie, Jules-Verne
L’un des aspects fondamentaux, car déterminant dans la réussite de tous projets, et, pourtant trop souvent négligé dans les études en histoire de l’éducation, concerne le financement. En effet, on ne peut mener à bien une politique ambitieuse sans avoir un minimum de crédits à lui allouer. Et l’Å“uvre scolaire des républicains de la Troisième République fait partie de ces politiques ambitieuses, même si pour certains d’entre eux, les projets qui leur tenaient à cÅ“ur ne se concrétisaient pas aussi vite qu’ils le souhaitaient. Nous nous proposons d’examiner en détail le budget de l’enseignement primaire de 1880 à 1940 dans la commune la plus importante du département de la Somme: Amiens. Ville républicaine dès les années 1870, elle a pu mettre en place en toute quiétude les projets des républicains en matière scolaire, les adapter aux réalités locales. Cela s’est ressenti sur la place accordée à l’Instruction publique et, plus particulièrement à l’enseignement primaire, dans le budget communal tout au long de notre période. L’effort consenti par les municipalités, que ce soit pour les dépenses courantes ou pour la construction d’écoles ou de groupes scolaire, jusqu’à la Première Guerre mondiale a été constant et ne s’est jamais démenti. Ensuite, l’Instruction publique a été quelque peu délaissée bien que les élus se soient toujours inquiétés du sort des élèves et aient essayé de répondre au mieux à leurs besoins. Funding is one of the fundamental and determining aspects in terms of success but is also too often neglected in studies of the history of education. Indeed, it is not possible to carry through an ambitious policy without at least a minimum of funding. And the educational work of the men of the Third Republic is one of these ambitious policies even if, for some of them, the projects they held so dear took longer to realise than they would have liked. We propose to examine in detail the budget for primary education from 1880 to 1940 in the most important town of the Somme department, Amiens. As a republican town of the 1870’s, it was able to set up republican projects in the educational field with no worries and to adapt them to local realities. This could be seen in the importance given to education, and more particularly to primary education, in the communal budget throughout this period. The efforts made by the town councils up to the First World War, whether for everyday expenditure or for the building of schools, were constant and undeniable. Subsequently, education was somewhat neglected, although councillors remained preoccupied by the fate of pupils and always tried to respond to their needs as best they could. Bei der erfolgreichen Durchführung jedweden Projekts betrifft einer der grundlegenden, weil ganz entscheidenden Aspekte – der gleichwohl in den bildungshistorischen Studien allzu oft zu kurz kommt – die Finanzierungsfrage. Eine ehrgeizige Politik lässt sich nämlich nicht umsetzen, ohne ein minimales Kreditvolumen zu bewilligen. Das schulpolitische Vorhaben der republikanischen Politiker der Dritten Republik gehört zu diesen ehrgeizigen Politiken, selbst wenn in den Augen mancher von ihnen die Projekte, die ihnen am Herzen lagen, sich nicht so schnell verwirklichen ließen wie erhofft. In dem vorliegenden Artikel wollen wir das Volksschulbudget von 1880 bis 1940 in der größten Gemeinde des Departement der Somme unter die Lupe nehmen. Amiens ist seit den 1870er Jahren eine republikanische Stadt und hat in aller Ruhe die schulpolitischen Vorhaben der Republikaner verwirklichen und den Gegebenheiten vor Ort anpassen können. Das schlug sich auch in der Bedeutung nieder, die dem Schulwesen und insbesondere der Volksschulbildung in dem Gemeindebudget im Verlauf des genannten Zeitraumes beigemessen wurde. Die Anstrengungen seitens der Stadträte sowohl zur Deckung der laufenden Ausgaben als auch zum Bau von Schulgebäuden bzw. -komplexen bis zum Ersten Weltkrieg war stets gleichbleibend hoch. In der Folgeperiode wurde das Schulwesen ein wenig vernachlässigt, auch wenn die Stadträte stets das Wohlergehen der Schüler im Blick hatten und, so gut es ging, auf ihre Bedürfnisse einzugehen versuchten.
L’école primaire sous la Troisième République est un sujet récurrent en histoire de l’éducation. Elle fait l’objet de nombreuses études où les thèmes abordés sont aussi variés que nombreux. Parmi les plus courants, citons entre autres, les disciplines scolaires et leur mode d’évaluation, les instituteurs, la laïcité et l’institution scolaire en elle-même [1]. D’autres travaux s’inscrivent dans une problématique plus large et analysent le système scolaire dans son ensemble (primaire, secondaire et supérieur) sur une période s’étalant parfois sur plusieurs siècles [2]. Aussi, ils ne nous offrent que des informations partielles sur l’objet de notre étude, c’est-à-dire le financement de l’instruction publique et en particulier de l’enseignement primaire au niveau communal.
Pourtant, l’étude des budgets, qu’ils soient locaux (commune, département) ou national (État) ne doit pas être négligée car elle nous permet de savoir plus précisément quelle importance était réellement accordée à l’enseignement. Car, même si tout un dispositif législatif est mis en place, ses effets sont inefficaces si des moyens financiers, proportionnels aux attentes, ne sont pas octroyés à tous ceux chargés de répercuter les lois sur le terrain. Et à cette époque, les Républicains ont mis beaucoup d’espoir en l’école, notamment pour consolidé la République.
Se pencher plus précisément sur le niveau communal nous paraît être une démarche pertinente car, il ne faut pas perdre de vue que les principales fonctions et obligations d’une commune en matière d’enseignement primaire consiste justement à le financer, l’État, lui, se chargeant, pour l’essentiel, de légiférer et d’imposer ses décisions à l’ensemble des acteurs (enseignants, élèves, parents, administration scolaire et, bien sûr, commune). Néanmoins, cette dernière peut si elle le désire, et si elle a des moyens financiers conséquents, mettre en place des projets para et périscolaires.
Nous avons porté notre étude sur une grande ville, en l’occurrence Amiens. En effet, elle a encore à cette époque toutes les caractéristiques d’une ville importante tant sur le plan économique, démographique que culturel, même si son rayonnement et son influence commencent à décliner. En outre, alors que la République s’installe difficilement en France à la fin du XIXe siècle, Amiens a à sa tête une municipalité républicaine dès 1874.
Nous allons donc nous pencher sur le budget de l’enseignement primaire de cette ville, de 1880 à 1940. Analyser le financement scolaire suppose d’étudier les politiques municipales en la matière car on ne peut s’intéresser aux finances locales sans s’interroger sur les municipalités en place, à leurs attitudes et opinions vis-à-vis, ici, de l’enseignement primaire. Cette étude monographique nous permettra donc, comme le souligne Maurice Crubellier, « de noter les inflexions locales du processus général [3] » c’est-à-dire de connaître avec précision l’histoire locale pour la comparer à l’histoire générale dans le but de dégager et d’expliquer les différences et/ou les ressemblances entre les deux niveaux. Nous verrons, donc, si ces politiques ont contribué à devancer, à orienter ou à freiner les politiques nationales ou bien si elles étaient tout simplement en phase avec celles-ci et avec d’autres municipalités en France.
 
Le budget de l’Instruction publique
 
 
Nous avons utilisé uniquement les comptes administratifs, édités au premier semestre de l’année suivante, pour dresser un tableau détaillé du financement de l’enseignement primaire et non pas les budgets primitifs et supplémentaires qui ne donnent qu’une idée approximative des dépenses de la Ville puisqu’ils sont susceptibles d’être modifiés au cours de l’année [4].
L’Instruction publique entre dans les dépenses ordinaires du budget comme de nombreuses autres sections telles que « les frais d’administration et personnel » ou « secours aux institutions de bienfaisance ».
Comme nous le montre le tableau 1, les dépenses de l’Instruction publique ont occupé une place importante, tout au long de notre période, dans le budget municipal puisqu’elles se situent au troisième rang sur neuf sections, puis quatorze. Cela n’est pas spécifique à la municipalité républicaine amiénoise. En effet, Patrice Grévet constate aussi au niveau national « une augmentation sensible des dépenses d’enseignement essentiellement pour le primaire, le supérieur et le secondaire fille [5] »de 1870 à 1913. Ensuite, au cours des années trente, elles sont reléguées à la quatrième place et sont largement dépassées par la section « bienfaisance » qui arrive en tête des dépenses à la fin des années trente. La part de l’Instruction publique dans les dépenses ordinaires n’a cessé de diminuer passant de 22,79 % en 1880 à 8,48 % en 1940. La baisse, voire la chute, à 8 % (19,7% en 1910 contre 11,7% en 1920) de ces dépenses se produit pendant la Première Guerre mondiale.

Tableau 1.
Part des dépenses de l’Instruction publique dans les dépenses ordi-
Agrandir l'image Année Budget de l’Instruction publiq...
Année Budget de l’Instruction publique dans les dépenses ordinaires Part en % Rang 1880 22,8 3 1890 19,1 3 1900 21,8 3 1910 19,7 3 1920 11,7 3 1930 9,9 3 1940 8,5 4 Tableau 1. – Part des dépenses de l’Instruction publique dans les dépenses ordinaires à Amiens de 1880 à 1940

Cette évolution n’est pas propre à Amiens. À Nantes, « la part des dépenses scolaires dans le total des dépenses ordinaires, qui était d’un peu plus de 15 % entre 1880 et 1890 retombe aux alentours de 12 % après la fin de la guerre et semble se maintenir à ce niveau jusqu’en 1940 [6] ». On constate cependant une différence entre ces deux villes dans la mesure où, d’une part, Amiens consacre un budget beaucoup plus important pour l’enseignement primaire et, d’autre part, la baisse est nettement plus significative.
Un réel désintérêt pour les questions scolaires se dessine dès les années vingt. En effet, dans le programme électoral de Lucien Lecointe pour les élections municipales du 3 mai 1925 [7], l’Instruction publique occupe une place secondaire. Les deux points concernant l’enseignement primaire, « installation de services de salubrité et de propreté dans les écoles »et « développement des colonies scolaires de vacances et des Å“uvres postscolaires » arrivent respectivement aux treizième et quatorzième places. Les grandes questions scolaires de la fin du XIXe et début du XXe siècle ne sont, dorénavant, plus à l’ordre du jour, elles ont été remplacées par des problèmes socio-économiques, conséquences directes de la guerre et de la crise économique : reconstruction, chômage, inflation.
Le tableau 2 vient compléter l’analyse et nous permet de bien cerner l’évolution qui s’est opérée pendant ces soixante années à Amiens.

Tableau 2.
Les dépenses ordinaires en 1880 et 1940
Agrandir l'image 1880 1940 
SECTIONS % SECTIONS % 
Fr...
1880 1940 SECTIONS % SECTIONS % Frais d’administration 34,88 Administration 26,33 et personnel Propriétés communales, 24,70 Bienfaisance 24,65 voies publiques Instruction publique 22,79 Voirie, service hydraulique 17,80 Établissements de charité, 7,02 Instruction publique 8,49 secours aux institutions de bienfaisance et Beaux-Arts Beaux-Arts 4,93 Pensions et secours viagers 7,52 Défense militaire, 2,94 Propriétés communales 6,74 sûreté et salubrité publiques Dépenses imprévues 1,70 Service des incendies 2,78 Fêtes publiques 0,96 Plantations, boulevards, promenades, jardins publics, 1,54 marais Cultes 0,08 Musée, bibliothèques, 1,49 théâtres Abattoir, halles, marchés, foire, 1,42 conditionnement et pesage Dépenses imprévues 0,64 Défenses militaires 0,36 et défenses passives Subventions à diverses 0,22 Å“uvres et associations Fêtes publiques, 0,02 courses, jeux 100 100 Tableau 2. – Les dépenses ordinaires en 1880 et 1940

En 1880, le budget de l’Instruction publique est très important, il arrive en troisième position. À cette époque, la politique des républicains amiénois (aide matérielle aux élèves les plus démunis, gratuité pour la quasi-totalité des élèves avant 1881, combat contre l’absentéisme) est de faire de l’enseignement une priorité et ils allouent environ 23 % des dépenses ordinaires à l’Instruction publique. Leur objectif est, entre autres, de lutter contre l’enseignement privé assez influent à Amiens. En effet, dès leur arrivée à la tête de la municipalité, ils ont laïcisé les écoles publiques de garçons puis celles de filles. Les congréganistes ont répliqué par l’ouverture d’écoles privées qui ont attiré à elles un grand nombre de garçons (30% en 1891 les fréquentent contre 9,3 en 1871 8) et ont gardé presque la moitié des filles (40,6 % en 1891 contre 46,8 en 1871). Malgré un financement considérable en faveur de l’enseignement primaire public, ce sont les lois anticléricales de 1904-1905 qui ont fait péricliter l’enseignement congréganiste et non pas les politiques parfois acharnées des républicains amiénois. En 1940, même si l’Instruction publique occupe encore une place privilégiée au sein des dépenses, le Bureau de bienfaisance, débordé à cause de la crise économique, arrive au deuxième rang des dépenses (24,65 %), quant à celles de l’Instruction publique, elles sont tombées à 8,49 %:
«[…] le contexte économique se dégrade; la grande crise de 1929 touche la France à son tour et génère en 1931 la fermeture d’entreprises amiénoises du textile, du bâtiment, la réduction du temps de travail, une baisse des salaires, des traitements et la reprise du chômage. En 1932, Amiens totalise mille chômeurs à temps complet et sept mille cinq cents à temps partiel. Lecointe et le conseil municipal doivent faire face à des dépenses imprévues en créant une caisse de secours pour le chômage partiel, en distribuant des bons d’alimentation, de chauffage aux familles nécessiteuses […]. Pour résorber le chômage, il choisit de poursuivre la politique des chantiers municipaux chargés d’entretenir la voirie […]. L’aggravation de la crise engendre la misère et grève le budget municipal [9]. »
Cette situation n’est pas propre à Amiens. À Nantes, le Bureau de bienfaisance représente, lui aussi, un budget important et occupe systématiquement le troisième rang devant l’Instruction publique [10]. Les dépenses publiques de ces deux sections budgétaires de la Ville d’Amiens ont eu une évolution parallèle à celles de l’État :
« De 1877 à 1930, les dépenses d’enseignement et d’assistance passent de 2,1 % à 12,6 % du total des dépenses étatiques. Dans cette croissance importante, c’est l’enseignement qui se taille d’abord la part du lion puisqu’à lui seul, il représente la totalité de la croissance jusqu’en 1905, sa part étant alors dix fois plus importante que celle de l’action sociale […]. Ensuite jusqu’aux années trente, c’est l’inverse le développement de l’assistance qui assure la croissance de la part relative de la dépense démopédique dans l’ensemble de la dépense étatique […]. Dans cette période républicaine, il convient de distinguer trois phases. La première qui va jusqu’au milieu des années 1890 est celle du développement de l’enseignement public élémentaire; elle voit une croissance forte et continue tant en volume qu’en poids relatif dans les dépenses publiques de la dépense démopédique à mettre à l’actif exclusif de celui-ci. On retrouve là la période de consolidation de la république par les « opportunistes » qui ont à leur tête Jules Ferry [11]. »
Le budget « Instruction publique »représente un vaste ensemble composé essentiellement de l’enseignement primaire mais aussi secondaire et supérieur : « enseignement supérieur », « écoles préparatoires de médecine et de pharmacie », « lycées », « écoles primaires », « écoles maternelles », « école régionale des Beaux-Arts », « cours communaux et enseignement gratuit des sciences et arts », « école nationale de musique ». Certaines de ces sections se sont scindées pour en former d’autres : « caisse des écoles », « cours communaux » ou « conférences scientifiques ».
La section « écoles primaires [12] » est la première en terme de financement. À elle seule, elle utilise plus de la moitié des crédits. Ceux-ci ont varié au cours des décennies, et on peut constater une certaine évolution. Ils ont, tout au long de notre période, baissé passant de 74,77% en 1880 à 58,07 % en 1940. On peut distinguer cinq grandes phases : 1880 à 1889,1890 à 1914,1915 à 1919,1920 à 1929 et enfin la dernière 1930 à 1940. Pendant la première, les dépenses de l’enseignement primaire sont élevées. Les taux tournent autour de 75 %. La municipalité, depuis peu républicaine, fait donc un effort en faveur des écoles primaires, d’autant plus qu’elle a laïcisé toutes les écoles primaires publiques. Elle a sur ce point anticiper la politique nationale. À partir de 1890, les dépenses d’enseignement primaire sont légèrement en baisse puisqu’on arrive à des taux qui tournent autour de 65 %. Les effets de la loi du 19 juillet 1889 [13] sont très nets, le budget municipal voit ses dépenses d’enseignement réduites grâce à la prise en charge par l’État du traitement du personnel de l’enseignement primaire. Néanmoins, la Ville continue à verser aux instituteurs et institutrices une indemnité de résidence et un supplément de traitements, ce qui représente une somme importante. De 1915 à 1919 – la troisième phase –, les dépenses d’enseignement croissent et dépassent la barre des 70 %. En effet, la ville a réduit son budget de l’Instruction publique (enseignements primaire, secondaire et supérieur) sans pour autant diminuer les dépenses de l’enseignement primaire, aussi davantage de crédits sont affectés à cette catégorie. En 1920 et jusqu’en 1929, les dépenses se stabilisent autour de 64 % pour connaître, à nouveau, une baisse lors de la cinquième phase et arriver dans les 58%. Cette diminution profite, d’abord, aux écoles maternelles qui voient leur budget augmenté d’année en année (3,98 % en 1880 et 14,12 % en 1940), et un peu à l’école régionale des Beaux-Arts (3,27 % en 1880 et 5,33 % en 1940). L’enseignement secondaire est, quant à lui, très peu aidé. Les dépenses en sa faveur ont toujours été faibles et tendent même depuis les années vingt à baisser. Les municipalités ne se sont jamais intéressées, contrairement à celles de Nantes, à cet enseignement alors que les écoles de médecine et de pharmacie se sont toujours vues créditées entre 12 et 15 % des dépenses de l’instruction publique. Les différentes municipalités amiénoises ont donc développé une politique en faveur de l’école maternelle et de l’enseignement supérieur fréquentés pour la première par les couches populaires et pour la seconde par les classes aisées.
Toutes ces dépenses sont à la seule charge du contribuable amiénois. De plus, la municipalité républicaine n’hésite pas à augmenter les dépenses car elle n’a pas attendu la loi du 16 juin 1881 [14] pour établir la quasi-gratuité dans ses écoles communales. En effet en 1880 [15], seuls 4 % des garçons et 2 % des filles fréquentant l’école publique communale doivent s’acquitter d’une contribution. C’est un résultat qui est bien meilleur qu’au niveau national puisque selon Antoine Prost [16] : en 1880, « six élèves sur dix ne payent déjà plus l’école », la loi de 1881 « achève donc, en accélérant une évolution séculaire ». Comme on peut le constater, quelques différences existent entre Amiens et le reste de la France. L’attachement des républicains amiénois à l’instruction publique, en particulier à l’enseignement primaire, s’est donc vérifié de par les politiques engagées.
Toutes les municipalités amiénoises, républicaines avant 1914, socialistes après la Première Guerre mondiale, ont donc eu à l’égard de l’enseignement primaire beaucoup de considérations en consentant un effort financier important qui a profité largement aux classes populaires et moyennes seules utilisatrices des écoles maternelles et primaires. Une grande part des dépenses du primaire concerne les frais de fonctionnement (chauffage et éclairage), la distribution de fournitures et de prix aux élèves et la caisse des écoles. Ces municipalités se sont également attachées à accueillir le mieux possible les élèves en construisant de nombreuses écoles primaires.
 
Les constructions scolaires
 
 
Une dépense financièrement importante et spécifique mérite d’être étudiée en détail, il s’agit des constructions scolaires. Elle reflète, elle aussi, l’orientation et la volonté politique des municipalités en matière d’enseignement, car selon Jean Peneff «[les communes] ont participé pleinement au développement de la scolarisation à travers la création de bâtiments scolaires [17] ». Tout au long de notre période, les différentes municipalités, qui se sont succédé à la tête de la Ville, ont essayé de répondre au mieux aux besoins en locaux scolaires et entre1880 et 1940, ce sont quatorze nouvelles écoles qui ont été construites.
Comme nous le montre le tableau 3, un effort particulier a été fourni avant la Première Guerre mondiale puisque la plupart des écoles ont été construites avant ce conflit.

Tableau 3.
Liste des écoles construites entre 1880 et 1940
Agrandir l'image NOM DE L’ÉCOLE ANNÉE DE LA RÉCEPTION...
NOM DE L’ÉCOLE ANNÉE DE LA RÉCEPTION TYPE D’ÉCOLE COÛT (EN FRANCS ) Longpré 1885 Garçon 22975,45 Notre-Dame 1886 Groupe scolaire 195850,71 Saint-Roch 1897 Garçon 80719 Saint-Leu 1898 Fille 37463,08 Boutillerie 1899 Mixte 22606,30 La Vallée 1900 Fille 146780,66 Saint-Germain 1902 Garçon 53710,77 La Vallée 1905 Garçon 178062,29 Châteaudun 1906 Groupe scolaire 137826,97 Saint-Leu 1909 Garçon 86 253,15 Rue Jules-Lefebvre 1920 Groupe scolaire 127829,05 Rue des Capucins 1924 Garçon 115840 Saint-Roch 1926 Fille 701500 Rue de Mercey 1934 Fille 775056,36 Tableau 3. – Liste des écoles construites entre 1880 et 1940

Le coût de construction d’une école primaire étant à la seule charge de la commune [18], elle est donc la seule à pouvoir décider d’engager ou non les travaux. La procédure mise en place est toujours la même. Tout d’abord, le conseil municipal doit décider par une délibération du bien-fondé du projet. Puis, une commission est chargée de l’étudier, parfois l’avis de l’inspecteur primaire est demandé et pris en compte. Ensuite, la municipalité achète les terrains et immeubles qui se situent à l’emplacement, préalablement choisi, pour ériger la future école ou groupe scolaire. À ce niveau, deux choix s’offrent aux propriétaires : se faire expulser ou trouver un accord avec la Ville (c’est le cas le plus fréquent). Une fois les opérations immobilières effectuées, les plans et devis soumis et adoptés par le conseil municipal et les subventions demandées à l’État, la construction en elle-même peut commencer. La dernière étape à franchir est la réception définitive :
« Le bâtiment achevé, ont lieu les réceptions des travaux, en présence de l’architecte et des entrepreneurs, mais aussi du Conseil de l’architecture. Durant la première, dite provisoire, sont émises les réserves concernant les travaux réalisés, visant particulièrement des malfaçons du second-Å“uvre. Puis la seconde dite définitive, les travaux accomplis sont vérifiés et approuvés; le bâtiment est accepté par l’administration, il est prêt à l’usage. Il est produit, quelques mois plus tard, un état récapitulatif des dépenses, où sont précisés, par lot, les montants des travaux autorisés et effectués, les sommes dépensées en us et les boni, et enfin, les sommes restant à payer [19]. »
Peu de réceptions définitives ont posé problème. On n’en relève que quelques-uns. Ainsi, M. Dutilloy, conseiller municipal, annonce, dans la séance du 26 avril 1899 à propos de la toute nouvelle école mixte de la Boutillerie, qu’il est « regrettable de voir certains travaux exécutés par le service d’architecture sans aucune autorisation du Conseil ou de l’administration ». Il est indigné par « une dépense de trois à quatre mille francs s’appliquant à des travaux exécutés sous le seul contrôle et par la seule décision du service de l’architecture, sans qu’aucun membre des commissions compétentes ait même été prévenu ». Mais selon le maire, cette situation s’est imposée car les travaux « présentaient un caractère tout particulier d’urgence ».
Toute cette procédure est longue ; aussi, entre le projet de construction et la réception définitive de l’édifice, de longues années se sont écoulées.
Construire une école n’est pas, du fait des fonds engagés, une entreprise insignifiante. Pour qu’un tel chantier puisse être engagé et aboutisse, il faut qu’il y ait de réels problèmes à résoudre. Une typologie des différents cas de figure rencontrés pour la construction d’une école peut être dégagée : raisons pratiques, surcharges des classes, acquisition des locaux, décisions nationales.
L’argument le plus souvent émis est la distance parcourue par bon nombre d’élèves qui se rendent, à leur école, à pied. Les conseillers municipaux dénoncent la fatigue engendrée par cette marche forcée et les dangers de la rue, dus entre autres aux automobiles. En 1925, M. Leclerc, conseiller municipal, s’inquiète du sort des jeunes enfants du quartier Saint-Acheul :
« Dans le quartier Noyon-Saint-Acheul, il manque une école de filles. Il n’y a que deux écoles de filles contre quatre de garçons.
Il n’existe pas d’écoles de filles depuis la rue Jean-Macé jusqu’à la Neuville. L’école de cette section reçoit tous les gosses des habitants de la rue de Mercey à la rue de Boutillerie. Vous voyez ainsi que des mères sont obligées de porter des gosses de deux ans et demi pendant tout ce parcours.
Il y a encore des habitations en perspective, une cité ouvrière… Une école de filles serait nécessaire. Il ne manque pas d’écoles de garçons, il y en a quatre contre deux. Il en existe une rue Rigollot, il y a ensuite l’école annexe, l’école Bapaume, l’école de La Neuville [20]. »
Le maire, Lucien Lecointe, promit à M. Leclerc de demander à l’Inspection primaire d’examiner cette question. En 1934, l’école de filles est construite et en 1941, c’est celle des garçons. Le groupe scolaire est achevé seize ans après la première demande de M. Leclerc. Demande renouvelée régulièrement par ce dernier qui tenait particulièrement à la réalisation de ce projet. Le principal obstacle rencontré par les élus est le financement. Le maire, Lucien Lecointe, souligne qu’il y a à cette époque des dépenses, sans préciser lesquelles, plus urgentes à réaliser [21].
Deuxième cas de figure : la construction d’un groupe scolaire ou d’une école peut, aussi, survenir après l’insistance longue et répétée de l’inspection académique ou d’un conseiller municipal dénonçant des classes surchargées. En effet, avec l’expansion démographique de certains quartiers (Saint-Pierre, Saint-Maurice, Saint-Roch…), les écoles construites pour un certain effectif ne suffisent plus à accueillir de façon satisfaisante tous les élèves. Parfois, la municipalité, soit pour retarder la construction d’un établissement (les finances municipales ne le permettant pas) soit pour pallier un manque, dû à une situation d’urgence, ne crée que quelques nouvelles classes. Mais tôt ou tard, la construction d’une nouvelle école s’impose. C’est une décision parfois difficile à prendre tant le coût financier est important. Aussi, il arrive qu’il y ait des dissensions au sein du conseil municipal. C’est le cas en 1908. En effet, celui-ci se demande s’il faut créer une autre classe à l’école de garçons de Saint-Pierre ou construire une nouvelle école. M. Lecointe (alors conseiller municipal) opte pour la création en urgence d’une septième classe car l’école doit déjà refuser des enfants, les effectifs étant trop importants (trois cents présents). Le maire, Alphonse Fiquet, est d’un autre avis : « si vous construisez une classe au faubourg Saint-Pierre et si vous êtes amenés à construire peu après au boulevard de Beauvillé, il y aura eu dépense faite inutilement [22] ». Finalement, la question est renvoyée devant une commission et en 1909, une septième classe est créée à l’école de garçons de Saint-Pierre.
Une troisième situation impose la construction d’école : dans les années 1880 et 1890, la ville a encore un certain nombre de maisons d’écoles louées à des particuliers. Quelques années avant que la fin du bail n’arrive, elle s’interroge sur la possibilité de construire une école ou s’il est préférable de renouveler le contrat. Dans sa séance du 21novembre 1894, le Conseil décide l’acquisition d’un immeuble rue de la Dodane pour construire une nouvelle école de filles à Saint-Leu. La ville est déjà propriétaire de terrains acquis en 1877 et 1880 en prévision de cette construction. L’actuelle école « ne répond pas aux besoins d’une école de filles ». Deux ans plus tard, dans la séance du 25mai 1896, la ville décide de ne pas renouveler le bail qui se termine le 31 décembre 1897. D’une part, la location est trop onéreuse, et d’autre part, les conditions d’hygiène sont mauvaises : « classes mal aérées, insuffisamment éclairées et la salubrité en est douteuse ».
Enfin, la prolongation de la scolarité jusqu’à quatorze ans, décidée par le Front populaire en 1936, n’a pas été sans conséquences d’un point de vue matériel pour les communes. Amiens est consciente de l’effort financier qui lui serait demandé au cas où la loi serait effectivement promulguée. Dans la séance du 24juin 1936, M. Devillers annonce : « on va bientôt décider la prolongation de la scolarité »et le maire d’ajouter : « j’espère que celui qui prendra cette décision aura à cÅ“ur de construire des écoles et de ne pas laisser ce soin aux communes. On a mis l’enseignement primaire à la charge des communes, c’est celui qui coûte le plus cher. L’État faillit à tous ses devoirs, il n’y a pas de raisons qu’il soutienne les enseignements secondaire et supérieur et ne s’occupe pas de l’enseignement primaire. Il me semble que son devoir est également de soutenir l’enseignement primaire. Vous savez dans quelles conditions il le fait ».
On retrouve un certain nombre de ces situations dans d’autres villes, comme à Nantes :
« L’augmentation des dépenses du primaire à Nantes est liée à plusieurs phénomènes que la ville ne maîtrise pas. D’une part, l’accroissement de la population scolaire oblige à agrandir son parc d’écoles et à créer de nouvelles structures là où la ville s’étend. D’autre part, l’amélioration des conditions de la fréquentation scolaire, que ce soit avec l’organisation de cours supérieurs ou l’allongement de la durée de la scolarité obligatoire en 1936 entraîne une utilisation plus grande des équipements et rend plus aigus les problèmes de place [23]. »
Ainsi, entre 1870 et 1900, « la ville de Nantes tente de rattraper un retard considérable dans la prise en charge du primaire dans une conjoncture politique favorable aux républicains qui se montrent particulièrement zélés sur le terrain – les attaques les plus courantes des élus conservateurs contre l’administration de Lechat, pendant et après ces mandats, portent sur l’ampleur et le coût de ses programmes de construction [24] ». À Angers, autre ville de l’Ouest de la France et elle aussi ayant des républicains à sa tête, consent, en 1889, un effort particulier envers l’enseignement primaire : « la politique municipale va se trouver modifiée : libérée d’une partie de la charge importante que constituaient les traitements, la ville va pouvoir achever la mise en place d’écoles ». Mise en place qui « a été lente, très lente, d’abord jusqu’en 1869, plus active depuis l’installation de la IIIe République, même si elle a été irrégulière [25] ». À Amiens, le coût des constructions scolaires n’est réellement abordé dans les réunions du conseil municipal qu’à partir de la crise économique des années vingt et trente. Mais les débats restent néanmoins sereins, et que ce soit au sein du Conseil lors des délibérations ou dans la presse, on ne trouve aucune polémique à cet égard. L’administration communale, consciente de la situation économique et sociale, se voit dans l’obligation de faire des choix et en l’absence de réel programme, les actions menées ne visent qu’à couvrir le plus urgent. Elle ne peut, donc, pas contenter tous les besoins des quartiers en matière de nouvelles classes ou de nouvelles écoles. Et, contrairement, par exemple, aux laïcisations ou à la gratuité, les politiques mises en place au niveau des bâtiments scolaires ne précèdent ni la demande en effectifs ni les politiques nationales.
 
Conclusion
 
 
Les républicains de la fin du XIXe siècle ont profité de leur accession au pouvoir pour mettre en pace une politique forte en matière scolaire. Afin que leurs projets aboutissent, ils n’ont pas hésité à augmenter de façon conséquente les dépenses d’enseignement. Leurs collègues amiénois, en phase avec les idées de leur mouvement, ont soit précédé les politiques scolaires engagées au niveau national, comme ce fut le cas par exemple pour la gratuité ou les laïcisations, soit suivi la même politique scolaire : donner à l’Instruction publique, et principalement à l’enseignement primaire, le maximum de moyens afin qu’elle progresse et se développe… en conformité avec les idées républicaines et au détriment de l’enseignement congréganiste. Les dépenses engagées sont, donc, importantes jusqu’à la Première Guerre mondiale. Ensuite, d’autres problèmes relèguent l’Instruction publique à l’arrière-plan. La guerre, la crise économique ont appauvri les Français et ont obligé l’État mais aussi les Villes à secourir de plus en plus la population. L’action sociale prend, ainsi, toute son ampleur à cette époque et passe devant l’enseignement au niveau des dépenses. C’est une évolution générale que l’on retrouve à Amiens.
À cette époque, aussi, un peu partout en France, se construisent des bâtiments scolaires. Amiens en est l’exemple typique. Avant la guerre, le parc scolaire s’enrichit de nombreuses maisons d’écoles. Il ne semble pas qu’il y ait eu la mise en place d’un réel programme de construction. Elles se sont faites pour bon nombre d’entre elles selon les besoins des quartiers, lorsque, la demande (en place) dépassant largement l’offre, il devenait impossible de repousser une fois encore la construction d’une école ou d’un groupe scolaire. Ces causes ne sont pas propres à Amiens. On les observe dans d’autres villes qui ont à résoudre des problèmes similaires, le plus récurrent d’entre eux étant le développement démographique de certains quartiers.
Dépenses d’enseignement croissantes puis stagnation voire une baisse, constructions scolaires sont autant de caractéristiques qui se retrouvent dans d’autres villes françaises à cette époque. Mais ce qui fait l’originalité d’Amiens, c’est la force avec laquelle les républicains ont voulu faire de l’enseignement primaire une priorité en accordant des crédits très conséquents et en investissant dans les bâtiments scolaires qui répondaient, ainsi, en tout point aux prescriptions ministérielles de l’époque sur l’hygiène et le confort.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  BINOT Jean-Marc, Lucien Lecointe : itinéraires d’un élu de la Troisième République, Amiens : Encrage, 1995.
·  BUCHER Henri, Une aventure, installer des écoles pour tous, Angers : Paquereau éditions, 1993.
·  CHATELET Anne-Marie, La naissance de l’architecture scolaire. Les écoles élémentaires parisiennes de 1870 à 1914, Paris : Honoré Champion, 1999.
·  DELAFOSSE Christophe, La vie municipale à Amiens de 1936 à 1939, DES d’histoire, dir. Mlle Daumard, université de Picardie, 1984.
·  FEUILLOY Anthony, L’école primaire élémentaire à Amiens de 1880 à 1940, DEA en sciences de l’éducation, dir. B. Poucet, université de Picardie Jules-Verne, 2000.
·  GREVET Patrice, Besoins populaires et financement public, Paris : Éditions Sociales, 1976.
·  HUBSCHER Ronald et al., Histoire d’Amiens, Toulouse : Privat, 1986.
·  LAINÉ Michel, Les constructions scolaires en France, Paris : PUF, 1996.
·  MAYEUR Françoise, Histoire générale de l’enseignement et de l’éducation en France, T.3. De la Révolution à l’école républicaine (1789-1930), Paris : Nouvelle Librairie de France, 1981.
·  PENEFF Jean, Écoles publiques, écoles privées dans l’Ouest, 1880-1950, Paris : L’Harmattan, 1987.
·  PROST Antoine, Histoire générale de l’enseignement et de l’éducation en France, T. 4. L’école et la famille dans une société en mutation (1930-1980), Paris : Nouvelle Librairie de France, 1981.
·  PROST Antoine, L’enseignement en France, 1800-1967, Paris : Armand Colin, 1968.
·  SUTEAU Marc, Une ville et ses écoles. Nantes, 1830-1940, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1999.
·  THÉRET Bruno, « Les dépenses d’enseignement et d’assistance en France au XIXe siècle : une réévaluation de la rupture républicaine », Annales ESC, n° 6,1991.
 
NOTES
 
[1]Citons, entre autres, les études de Jacques Ozouf, Nous, les maîtres d’école, autobiographies d’instituteurs de la Belle Époque, Paris : Gallimard, 1973; Claude Carpentier, Histoire du certificat d’études primaires, textes officiels et mise en Å“uvre dans le département de la Somme (1880-1955), Paris : L’Harmattan, 1996; Brigitte Dancel, Enseigner l’histoire à l’école primaire de la IIIe République, Paris : PUF, 1996; Jean Peneff, Écoles publiques, écoles privées dans l’Ouest, 1880-1950, Paris : L’Harmattan, 1987; Jean-François Chanet, L’école républicaine et les petites patries, Paris : Aubier, 1996; Jacques Gavoille, L’école publique dans le département du Doubs, 1870-1914, Paris : Les Belles Lettres, 1981; Histoire de l’éducation, n° 66, mai 1995.
[2]Signalons, entre autres, les travaux de Claude Lelièvre, Histoire des institutions scolaires, Paris : Nathan, 1990; Histoire générale de l’enseignement et de l’éducation en France, Paris : Nouvelle Librairie de France, 4t., 1981, Antoine Prost, Histoire générale de l’enseignement en France, 1800-1967, Paris : Armand Colin, 1968, Marc Suteau, Une ville et ses écoles. Nantes, 1830-1940, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1999.
[3]« Où en est l’histoire de l’école primaire ?», Histoire de l’éducation, n° 14, avril 1982, p. 10.
[4]Les comptes administratifs reprennent les dépenses et les recettes effectivement réalisés au cours de l’année écoulée contrairement aux budgets primitif et supplémentaire. Ceux-ci sont votés en début d’année, pour les premiers, et en cours d’année, pour les seconds. Il s’agit uniquement de prévoir les recettes susceptibles de rentrer et des dépenses à réaliser.
[5]Patrice Grevet, Besoins populaires et financement public, Paris : Ed. Sociales, 1976, p. 350.
[6]Marc Suteau, Une ville et ses écoles. Nantes, 1830-1940, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1999, p. 159.
[7]Jean-Marc Binot, Biographie de Lucien Lecointe (1867-1940). Du syndicalisme à l’homme politique, maîtrise Histoire, dir. M. Hubscher, université de Picardie, 1987, p. 195.
[8]Archives municipales d’Amiens (AM), série L, rapport annuel de l’inspecteur primaire, 1890-1891.
[9]Jean-Marc Binot, Lucien Lecointe : itinéraires d’un élu de la Troisième République, Amiens : Encrage, 1995.
[10]Marc Suteau, Une ville et ses écoles. Nantes, 1830-1940, op. cit. tableaux 21, p. 122 et 26, p. 160.
[11]Bruno Théret, « Les dépenses d’enseignement et d’assistance en France au XIXe s. : une réévaluation de la rupture républicaine », Annales ESC, n° 6, novembre-décembre 1991, p. 1340-1341.
[12]Afin de faciliter la comparaison des données, nous avons regroupé sous un même vocable, « l’enseignement primaire », l’enseignement primaire proprement dit mais aussi la caisse des écoles, les fournitures, les mobiliers et matériels scolaires. Selon les décennies, ces différentes catégories sont divisées ou rassemblées entre elles. De toutes façons, elles concernent uniquement les élèves de l’école primaire. Il faut également ajouter que les frais de fonctionnement des écoles primaires supérieures de garçons (qui a pris le nom d’Auguste-Janvier) et de filles sont compris dans cette catégorie. Ces frais représentent peu de choses dans les dépenses de l’enseignement primaire.
[13]Loi du 19 juillet 1889, article 2 : « Sont à la charge de l’État : 1° les traitements du personnel des écoles élémentaires et des écoles maternelles créées conformément aux articles 13 et 15 de la loi organique du 30 octobre 1886 » in Octave Gréard, La législation de l’instruction primaire en France depuis 1789, Paris : Delalain, 1901, t. 6, p. 162.
[14]Loi du 16 juin 1881, article 1 : « Il ne sera plus perçu de rétribution scolaire dans les écoles primaires ni dans les salles d’asile publiques » in Octave Gréard, La législation de l’instruction primaire en France depuis 1789, Paris : Delalain, 1898, t. 5, p. 261.
[15]AM, I-R-3-2, « an 10-1917, fréquentation, divers », rapport de l’inspection primaire pour l’année 1880-1881.
[16]Antoine Prost, Histoire de l’enseignement en France, 1800-1967, Paris : Colin, 1968, respectivement p. 105 et p. 95.
[17]Jean Peneff, Écoles publiques, écoles privées dans l’Ouest, 1880-1950, Paris : L’Harmattan, 1987, coll. « Logiques sociales », p. 74.
[18]Lois Guizot du 28 juin 1833 et Falloux du 15 mars 1850.
[19]Anne-Marie, Châtelet, La naissance de l’architecture scolaire. Les écoles élémentaires parisiennes de 1870 à 1914, Paris : Honoré Champion, 1999, p. 209.
[20]AM, délibération du conseil municipal, 6 février 1925.
[21]AM, délibération du conseil municipal, 28 août 1928.
[22]AM, délibération du conseil municipal, 27 mai 1908.
[23]Marc Suteau, op. cit. tableaux 21, p. 122 et 26 p. 175.
[24]Marc Suteau, op. cit. p. 97.
[25]Henri Bucher, Une aventure, installer des écoles pour tous, Angers : Paquereau éditions, 1993, p. 266 et 285.
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