2002
Carrefours de l’éducation
Entre logique de transformation de l’école et logique corporatiste : la fusion des intérêts
Une analyse du discours de la presse du SNUipp
Patrick Borowski
Professeur des écoles, INRP
De quelle manière
et dans quel but
(fenêtres sur
cours), organe de
presse du
S N U i p p ,
recourt-il au discours de la
recherche scientifique ? La première
partie de l’article propose une pré
sentation de la revue en regard du
contexte dans lequel elle est apparue. La seconde partie associe les
procédés discursifs d’insertion du
discours scientifique aux visées
poursuivies. Se dégagent ainsi trois
axes d’utilisation de la recherche :
une revendication en besoin de formations de haut niveau, un argument d’autorité à opposer au discours institutionnel, une médiation
entre chercheurs et praticiens. Les
deux dernières sections s’attachent
quant à elles d’une part à exposer le
statut réservé aux savoirs dans
(fenêtres sur cours) - la mobilisation militante des connaissances -
et d’autre part à montrer comment
la recherche et ses produits servent
de moyen de défense des intérêts
des élèves autant que ceux des
enseignants.
In what way and with what aim does
the SNUIPP’s press organ resort to the
discourse of scientific research? The
first part of the article proposes a
presentation of the magazine with regard
to the context in which it appeared. The
second part associates the discursive processes
of insertion of scientific discourse with the
aims that are pursued. Three lines of research
are thus brought out: a demand for high level
training, an argument of authority in
opposition to the institutional position,
mediation between researchers and
practitioners. The last two sections set out to
expose on the one hand the status reserved
for knowledge in the magazine - the militant
mobilisation of knowledge - and on the other
hand to show how research and its productions
serve as a means of defence of the interests of
pupils as much as those of teachers.
Wie und mit welchem Ziel benutzt das
Presseorgan der französischen
Einheitsgewerkschaft des Primär- und
Sekundarstufenbereichs SNUipp,
(fenêtres sur cours), wissenschaftliche Inhalte und
Methoden? In dem ersten Teil des Artikels wird die
Revue mit Blick auf den Kontext vorgestellt, in dem
sie entstanden ist. Im zweiten Teil werden die
diskursiven Methoden zur Einbeziehung
wissenschaftlicher Diskursformen mit den verfolgten
Zielsetzungen gekoppelt. Daraus ergeben sich drei
Formen der Nutzung wissenschaftlicher Forschung: als
Forderung nach einer notwendigen
Qualitätsausbildung, als bestärkendes Argument gegen
die öffentliche Sprachregelung; als Vermittlung
zwischen Theorie und Praxis. Die beiden letzten
Abschnitte befassen sich ihrerseits mit der Frage,
welchen Status dem Wissen in (fenêtres sur cours)
zukommt: Wissen als Mitgliedermobilisierung. Zum
anderen soll gezeigt werden, wie die Forschung und
die Forschungsergebnisse als Mittel zur Vertretung
sowohl der Schüler- als auch der Lehrerinteressen
dienen.
La question de la professionnalité enseignante est un enjeu majeur
pour les syndicats de cette corporation. Selon A. Robert
[1], la
confiance dans le syndicalisme a partie liée à la capacité des syndicats
à proposer et à imposer une conception ambitieuse de la professionnalité
enseignante. Une telle réflexion ne peut cependant s’engager
sans tenir compte de deux facteurs concomitants, la montée
en puissance des didactiques et la place, nouvelle, accordée à la
science dans nos sociétés démocratiques. Convoquer la science et
le discours tenu en son nom pour expliquer, arbitrer et discuter événements politiques
et questions sociétales est devenu aujourd’hui une pratique bien établie.
Nous voudrions à cet effet interroger le SNUipp (Syndicat national unitaire des instituteurs,
professeurs des écoles et professeurs d’enseignement général des collèges),
à travers son organe de presse, (fenêtres sur cours) (désormais FSC), sur la
relation qu’il entretient avec les savoirs savants et plus précisément avec les savoirs
produits par la recherche en éducation. La presse syndicale a en effet ceci de particulier
qu’elle s’adresse à un public bien ciblé, les adhérents de l’organisation, et
qu’elle peut s’afficher d’emblée sur le terrain militant et revendicatif. Ce contexte
spécifique ne peut qu’indubitablement marquer le discours et les liens qu’il tisse
avec le discours scientifique.
Après une présentation succincte de la revue, nous analyserons les visées discursives attribuées au discours de la science puis nous discuterons les fonctions que
jouent les référents aux savoirs savants dans le discours syndical en relation avec
les valeurs que le syndicat prétend défendre.
Analyse sémiotique de la revue
FSC est une revue que l’on peut qualifier de récente dans le paysage syndical.
Le premier numéro apparaît à la rentrée de septembre 1992 à la suite de conflits
internes qui vont bouleverser la plus importante fédération syndicale enseignante.
Paradoxe ou évolution prévisible, le projet de recomposition syndicale entamé
par la FEN à partir de 1986 aboutira en 1992 à l’exclusion du courant Unité et
Action. Si le processus de rupture engagé par la FEN conduit à la création d’un nouveau syndicat, le SE (Syndicat des enseignants), le SNI-PEGC, dans un premier
temps, ne disparaît pas pour autant. Les membres de la tendance minoritaire Unité
et Action, dans leur désir d’en préserver l’unité, maintiennent son existence jusqu’au congrès de la FEN de Perpignan du 6 décembre 1992. Pour diffuser leur
volonté unitaire, ils se dotent, dès septembre 1992 d’une revue :
(fenêtres sur cours).
Afin de se préserver des recours en justice conduits par le SE qui cherche à leur
interdire l’usage du sigle SNI-PEGC, les élus de ce dernier décident lors du congrès
de Saint-Denis du 16 décembre 1992 de se réunir sous le nouveau sigle de SNUipp.
Dans un premier temps, la mention
Unitaires du SNI-PEGC apparaîtra, adjointe à
SNUipp à la une de la revue
[2], avant de disparaître pour laisser place uniquement
à SNUipp en mars 1993. Loin d’être neutre et anodin, le choix du nom de la revue
est révélateur d’un positionnement et de choix éditoriaux.
De la cassure à l’action
Inévitablement, FSC ne peut que rappeler le titre du film d’Hitchcock Fenêtre sur
cour dont il constitue un emprunt et une citation détournés. On pourra certes
nous rétorquer que c’est le caractère notoire du film qui a prévalu à la sélection du
titre de la revue. Il n’en reste pas moins que les fondateurs de ce qui allait devenir le SNUipp n’ont pas décidé de dénommer leur hebdomadaire Les risques du
métier. Nommer une revue (fenêtres sur cours) est donc indubitablement porteur de
sens. Le parallélisme des deux titres est d’ailleurs évocateur du contexte dans
lequel la revue voit le jour et des objectifs qu’elle se fixe.
En effet, tout comme B. Jefferies, le héros du film d’Hitchcock immobilisé par
une jambe plâtrée, les militants de la tendance Unité et Action se trouvent en septembre 1992 dans une situation critique. Sans vouloir pousser trop loin l’analogie avec le film, on observe qu’à la manière du héros hitchcockien, l’adversité
conduit les militants du SNI-PEGC, non pas à la passivité, mais à déjouer la conjuration dont ils auraient pu être les victimes. Exclus de la FEN par le SE, privés
parfois des décharges de service et écartés dans certains départements des instances paritaires, les membres du SNI-PEGC n’en affirment pas moins leur détermination à lutter contre la division de leur syndicat et à rechercher l’unité au sein
d’une FEN en plein éclatement. Corrélativement à ces préoccupations destinées à
préserver et à conserver l’appareil syndical et fédéral, le SNI-PEGC entend bien continuer à occuper le terrain et rappelle ses engagements à l’égard de la profession :intervenir pour dénoncer des problèmes personnels, résoudre des situations difficiles, obtenir
gain de cause face à l’administration
[3].
Pour l’enseignement
La variation en nombre du titre du film d’Hitchcock donne à la revue une orientation, à son tour, plurielle. Le [s] à fenêtres induit une multiplicité d’ouvertures,
de points de vue à partir desquels les faits seront observés. Sans aucun doute,
faut-il y voir la volonté pluraliste qui anime les militants d’Unité et Action.
Le [s] à cours suggère quant à lui une définition à tiroir des faits à observer.
Cours désigne-t-il, par rapprochement avec la cour du film, les cours de récréation et par-delà les préoccupations et problèmes propres au quotidien des enseignants ? L’accent est alors mis sur les questions corporatives attachées au métier d’enseignant.
Faut-il y voir une analogie avec le cours entendu au sens de leçon dispensée ou
de degré d’études suivies ? L’accent porte ici sur les dimensions pédagogique et
didactique.
Cours doit-il s’entendre enfin au sens de mouvement, de déplacement dans le
temps ? L’acception devient plus large et recouvre les problèmes d’ordre politique,
économique et social.
Davantage qu’un choix à opérer parmi elles, ce sont ces trois entrées qui sont à
considérer simultanément.
Un espace (p)réservé
Plus singulière est la présence de parenthèses qui encadrent le nom de la revue.
Dans le fil d’un discours, l’énoncé compris entre parenthèses peut se lire, selon
A.-M. Loffler-Laurian, à un double niveau :un
niveau de lecture superficiel où la
parenthèse peut être négligée, et un
niveau réflexif, conscientisé, « en creux », en
« double »
[4] dans lequel la parenthèse inscrit une énonciation sur l’énonciation déjà
produite, une interpellation du lecteur. Marquent-elles dans
FSC la volonté de la
rédaction de créer un espace dialogique privilégié avec le lecteur, à la manière des
clins d’
Å“il au théâtre ou au cinéma ? Témoignent-elles du souhait de tisser une
relation énonciative de l’ordre de la confidence, de l’aparté, d’un discours
à part?
Hétérogénéité des discours et visées discursives
Convoquer le discours de chercheurs et recourir aux résultats de la recherche
pédagogique ne constitue pas une pratique totalement nouvelle pour le SNUipp.
Cette organisation s’inscrit en effet en continuité avec les pratiques de la tendance
Unité et Action dont elle est issue et qui s’appuyait déjà comme le souligne B.Geay
sur les recherches pédagogiques et les déclarations de « grands intellectuels » pour exiger les moyens d’une véritable transformation de l’école
[5]. Si le SNUipp fait à son tour
de la transformation de l’école son principal mot d’ordre, reste à savoir maintenant
comment le discours scientifique ou de scientifiques sert cette visée revendicative
et comment il s’inscrit sur un plan discursif dans
FSC.
La visée du discours induit fortement les marques de surface de ce dernier. Il n’est
pas ainsi surprenant de constater que le discours scientifique et le discours de
vulgarisation scientifique dont les objets sont respectivement la diffusion des
savoirs savants aux pairs et la médiation entre la science et le grand public privilégient la citation, la paraphrase et la reformulation comme modes d’évocation du
dialogisme intertextuel. La vocation première du discours de la presse syndicale
est la propagation des idées et des valeurs produites par le syndicat
[6], non pas la
transmission de savoirs savants. Si le discours scientifique peut être idéologique,
le discours syndical n’a pas à être scientifique. Nous voudrions dans cette section
catégoriser les modes d’évocation et d’intégration du discours de la recherche en
éducation dans le discours syndical et dégager les visées discursives attribuées au
discours de la science. Le discours syndical est en effet un discours prosélyte.
L’obstacle pour lui consiste à lier deux dominantes
a priori antagonistes :la production d’opinions et de croyances vs l’intégration de connaissances.
Pour mener à bien cette étude, nous avons constitué, à partir de la lecture analytique de 211 numéros de
FSC
[7], un corpus de 70 textes. La mention des termes
recherche(s) et
chercheur(s), la citation de noms de chercheurs dans le corps du
texte, en notes de bas de page ou en références bibliographiques, la présence dans
le texte de discours écrits ou tenus par des acteurs de la recherche en éducation
ainsi que l’allusion à des travaux de recherches ont servi de critères à la composition du corpus.
L’analyse fait observer une grande hétérogénéité des discours contenant une
référence au discours scientifique. Nous les avons répartis en trois types.
De la recherche de formation à la formation à la recherche
Un premier type comporte les discours contenant une simple allusion à la
recherche au moyen essentiellement d’occurrences du type :
les travaux de recherche
ou
les recherches pédagogiques, sans précision aucune des domaines concernés,
sous-entendu tout domaine. On relève encore parfois l’occurrence suivante
les
recherches disciplinaires, didactiques et pédagogiques qui, si elle élargit le champ des
recherches en éducation, n’induit chez le SNUipp aucun domaine de prédilection. Toute recherche semble
a priori intéresser l’organisation syndicale même si
l’analyse des domaines qu’elle aborde effectivement montre un intérêt particulier
pour les questions liées aux demandes sociales, aux projets ministériels ou aux
conditions d’exercice du métier d’enseignant
[8].
Dans le discours du SNUipp, le substantif
recherche désigne autant l’activité
scientifique mise en
Å“uvre par des chercheurs que les produits qu’elle génère. S’il
y est fait référence, c’est parce que le SNUipp considère que l’accès aux résultats
de la recherche est un vecteur essentiel de la formation professionnelle et une
condition première de l’évolution du métier d’enseignant. Transformer l’école,
c’est changer, améliorer, perfectionner son activité professionnelle et cela ne peut
se réaliser qu’à la condition d’élever le niveau de formation des enseignants, tant
en formation initiale qu’en formation continue. Ce facteur est essentiel et omniprésent dans la démarche syndicale du SNUipp et explique la détermination de ce
dernier à créer des liens entre syndicalistes, syndiqués et chercheurs. Tisser des liens
entre recherche et pratique, c’est aussi et déjà se constituer un réseau de chercheurs qui contribue à former syndicalistes et syndiqués. Cependant ce rapprochement de la recherche à la pratique doit également se concrétiser par une ouverture de la recherche aux praticiens. Si le SNUipp affirme sa volonté de voir les
enseignants accéder aux résultats de la recherche, il importe également en contre-partie que ceux-ci puissent devenir à leur tour acteurs de la recherche en éducation et producteurs de savoirs et de connaissances. On a accès ici à la conception
de la professionnalisation telle que peut l’entendre le SNUipp. Être mieux formé
pour mieux s’adapter à la diversité des élèves et garantir la réussite du plus grand
nombre, sinon de tous, mais également pour permettre une plus grande diversification de la tâche enseignante et une plus grande implication dans les enjeux
éducatifs, en premier lieu participer et agir sur la recherche en éducation. Cette
volonté de participer à la recherche n’est pas opportuniste. Elle part d’un constat
établi par le syndicat sur la désaffection des chercheurs pour l’école primaire
[9]. À
terme, se professionnaliser, c’est, entre autres, à la fois en aval, être acteur sur le
terrain de la classe et en amont, être acteur (pas seul car il ne s’agit pas d’exclure
les chercheurs patentés !) d’une recherche qui contribue à améliorer les conditions d’enseignement.
Le discours de la recherche :un argument d’autorité
Le second type regroupe les discours citant des discours ou des résultats produits
par la recherche. L’objet des discours cités est de deux ordres. Il est tantôt à dominante éminemment polémique et argumentative, tantôt à dominante explicative.
Polémiques, les discours de la science cités viennent s’inscrire en opposition avec,
globalement, la politique ministérielle. Cela peut concerner une initiative ministérielle bien circonscrite. C’est le cas par exemple lorsque
FSC commente le livret
intitulé
La maîtrise de la langue à l’école diffusé par le ministère auprès des enseignants de l’école primaire et conteste la conception de l’acte de lire qui est préconisée
[10]. La revue s’appuie sans nuance sur les thèses développées autour de
J. Foucambert, prenant ainsi implicitement parti dans un débat complexe où l’unanimité ne règne pas, même (et surtout) parmi les chercheurs.
L’insertion de discours issus de la recherche peut servir encore d’étayage à un argumentaire destiné à apporter la controverse à une déclaration du ministre de tutelle.
Lorsque F. Bayrou, nouvellement nommé, déclare ne pas
accepter qu’à l’entrée en
sixième, un enfant sur trois ne sache pas lire, le SNUipp y voit une mise en accusation directe de la responsabilité des enseignants et répond d’une part en replaçant l’évolution de la demande sociale en lecture dans une perspective historique
et d’autre part en redéfinissant ce qu’il faut entendre par
lecture à l’aune de la
recherche
[11]. Comme dans l’exemple précédent cependant,
FSC fait référence,
même si elle ne les cite pas explicitement, aux seuls travaux de J. Foucambert et
de l’AFL (Association française pour la lecture).
Toujours avec une visée polémique,
FSC s’appuie sur le discours scientifique
pour contester la politique gouvernementale en matière éducative. J.-M. Evanno
recourt ainsi aux travaux de sociologues (F. Dubet, J.-L. Derouet…) pour dénoncer le XI
e plan et les effets pervers qui, selon l’auteur de l’article, en découleraient :
concurrence et compétition entre établissements, soutien et encouragements du secteur privé, partenariat avec les collectivités et les entreprises, rémunération et carrière
individualisées selon le mérite […] abandon du principe démocratique d’égalité
[12]. Les
analyses sociologiques citées contribuent en outre à exposer et à affirmer les valeurs
que le syndicat défend. En citant les travaux de F. Dubet et R. Ballion, J.-M. Evanno
montre l’opposition du SNUipp à voir l’école s’inscrire dans une logique de marché et en citant J.-L. Derouet, il rappelle la volonté du syndicat de lutter contre le
consumérisme éducatif.
Les références à un discours produit par la recherche et à vocation explicative
sont quantitativement nettement moins fréquentes. Sur un plan strictement discursif, le SNUipp opère une distinction bien marquée entre, d’une part, la citation
et la reformulation de savoirs savants en tant qu’elles constituent des arguments
d’autorité utiles à l’étayage des valeurs défendues par le syndicat et d’autre part, la
transmission des savoirs qui fait l’objet d’un dispositif discursif autre et que nous
analyserons ci-après. Notons cependant que les rares occurrences de citations ou
reformulations à valeur explicative concernent des discours tenus par des chercheurs
appartenant au réseau constitué par le syndicat. Lorsque le Conseil de l’évaluation préconise une refonte du dispositif d’évaluation des élèves de CE2 et de
sixième, le discours rapporté de P. Meirieu
[13], très souvent invoqué par
FSC (et bien
que cela ne soit pas dit explicitement, membre de ce conseil), vient appuyer et
expliquer l’intérêt de ce nouveau projet.
Discours syndical et discours scientifique :
la question de la distance
Le troisième type de discours rassemble des articles faisant état de rencontres avec
des chercheurs. De la même manière qu’ils donnent accès au réseau de chercheurs
que le SNUipp s’est constitué, ils témoignent également de la détermination du syndicat à créer des lieux où théorie et pratique se croisent. Aux entretiens réalisés spécialement par et pour
FSC s’ajoutent débats, congrès et colloques organisés par
le SNUipp et qui trouvent un écho dans
FSC. Il en résulte la production d’une
grande diversité de discours. Les plus concis font simplement mention des chercheurs invités, soit par le terme générique de chercheurs, soit par la spécification
de leur champ d’appartenance du type des
sociologues, soit encore en nommant les
intervenants et leurs titre et fonction
[14]. D’autres articles proposent un compte
rendu lapidaire de la rencontre organisée, associant à chaque conférencier un
énoncé synthétique du propos qu’il a tenu
[15]. Lorsque le compte rendu
[16] est plus
dense il s’apparente au discours indirect libre. Outre le fait qu’il est difficile de
savoir s’il propose une synthèse exhaustive ou des extraits retenus par le rédacteur
de l’article, on se trouve ici en présence d’un discours de traduction qui ne présente
aucune équivalence possible au niveau de la forme entre le discours tel qu’il a été
produit et la manière dont le locuteur le restitue.
À côté de ces discours signés par un membre du comité de rédaction de la revue,
existent d’autres discours où la présence de la rédaction est plus ténue. Les entretiens relèvent de la première catégorie. La rédaction pose des questions et restitue
les réponses du chercheur interrogé, réponses proches du discours direct, dont la
question à la fidélité a fait l’objet de nombreux débats
[17]. Le discours direct présente en effet pour particularité de permettre au locuteur de ne pas prendre position par rapport aux paroles prononcées tout en donnant au discours rapporté
une objectivité apparente. En fait, généralement, intégré à une nouvelle situation
d’énonciation, l’énoncé rapporté sert la finalité poursuivie par le locuteur du discours intégrateur. Appartiennent à la seconde catégorie les numéros spéciaux de
FSC pour lesquels la revue ouvre et offre ses pages en donnant la parole aux chercheurs invités
[18]. Ce qui relie l’ensemble de ces discours, c’est l’absence de positionnement du journal. Seuls les numéros spéciaux justifient dans leur éditorial l’ouverture des pages de
FSC aux chercheurs. Il ne s’agit pas alors de prendre position
par rapport au discours tenu par chacun de ces derniers mais d’expliquer la
démarche retenue par le SNUipp qui ressent comme impérieuse la nécessité de
prendre part au débat sur l’évolution de l’école de manière à défendre une école
assurant la réussite scolaire de tous. Se faire entendre pour éviter de se faire confisquer la parole par des politiques qui ont, selon le SNUipp, une conception par
trop élitiste et libérale du système scolaire.
Quant aux autres articles, ils se justifient par leur appartenance à des dispositifs
spécifiques de structuration de l’information. Regroupés avec d’autres articles et
images sur plusieurs pages, ils appartiennent au dossier; bornés par la double page,
ils relèvent de l’hyperstructure
[19]. Ces dispositifs présentent l’intérêt de proposer une
pluralité du
nombre d’entrées possibles dans le sujet traité, une
réduction de la longueur
moyenne des articles et une division en genres mieux marquée
[20]. Se trouvent ainsi juxtaposés un article témoignant d’une pratique professionnelle, un autre centré sur
les revendications syndicales et un troisième rapportant la position d’un chercheur.
Ce procédé rédactionnel, outre qu’il permet au lecteur de sélectionner le ou les
articles qu’il veut lire, évite le mélange de genres discursifs variés. Il permet encore
au syndicat de maintenir une distance entre les deux instances, syndicales et scientifiques. Plusieurs points de vue sont pris en considération, mais l’amalgame n’est
pas possible. Reste à savoir quelle hiérarchie le lecteur établit entre ces multiples
modules et l’impact de ce procédé rédactionnel sur le lectorat.
Statuts des savoirs :entre recherche et expertise
En demandant à des chercheurs de venir présenter et expliquer leurs travaux,
puis en diffusant le plus largement possible auprès des enseignants les communications exposées lors de ces rencontres, le SNUipp poursuit un double objectif.
Il s’agit pour l’organisation d’une part de contribuer à l’élévation du niveau de formation des enseignants
[21] et d’autre part de se doter des outils conceptuels et des
derniers savoirs savants produits à même de constituer une réflexion indispensable au dialogue avec les politiques. Avoir accès aux savoirs disponibles ne constitue donc pas uniquement un facteur de professionnalisation. Il est encore un élément déterminant pour qui veut pouvoir négocier à égalité avec le ministère et la
noosphère
[22].
Nous le soulignions dans notre introduction, science et scientifiques sont de
plus en plus souvent sollicités, invités à venir s’expliquer sur la place publique. Cette
tendance répond à des exigences politiques (mais également économiques et culturelles) et il est devenu désormais habituel de faire appel à des scientifiques au titre
d’« experts » avant de prendre ou afin d’orienter des décisions politiques. Le ministère de l’Éducation nationale ne procède pas autrement. On comprend dès lors
la nécessité pour une organisation syndicale telle que le SNUipp de répondre au
discours ministériel produit par des experts par un autre discours à référence
scientifique, sous peine de se voir opposer la science comme moyen de
dire aux non-scientifiques que leurs savoirs sont pleins de préjugés, d’illusion et de passions
[23]. Ce
constat appelle trois remarques.
D’une part, un syndicaliste ne peut pas devenir spécialiste de tous les domaines
dont dépend notre système éducatif. Il ne peut pas détenir des compétences et
des connaissances identiques à celles d’un chercheur. Tous deux exercent dans
des lieux sociaux
[24] différents et, même si les centres d’intérêt peuvent à un moment
donné se croiser, ils poursuivent les finalités propres à leur sphère d’appartenance.
La rareté des articles de
FSC intégrant dans le fil du discours des référents issus de
la science peut probablement s’expliquer par le défaut de formation scientifique
des rédacteurs de la revue. Le procédé, dans l’écriture scientifique, qui consiste à
exhiber l’interdiscours à partir duquel on écrit ne vaut que si l’on possède une
culture scientifique de référence. Sans aucun doute trouve-t-on ici une raison au
choix d’inclure dans les dossiers et hyperstructures des textes satellites exposant
la parole donnée à des chercheurs.
Seconde remarque, discours de chercheur et discours d’expert ne sont pas synonymes. Là encore, ils apparaissent dans des contextes de production et dans des
lieux sociaux différents. Le spécialiste d’un domaine ne peut pas, par rapport à
ses propres travaux, tenir le même discours selon qu’il occupe l’une ou l’autre
position. D’une part parce qu’il y a une différence fondamentale entre recherche
et expertise. Ensuite parce que le chercheur et l’expert poursuivent des objectifs
dissemblables
[25]. Si le chercheur s’emploie à répondre à une question relative à un
problème de son choix, la fonction de l’expert est d’apporter une solution au problème particulier pour lequel il a été retenu. Lorsque le chercheur est à la quête
de conclusion, l’expert se doit de fournir des éléments contribuant à une prise de
décisions et le résultat de l’expertise se jugera à la hauteur de la crédibilité qui lui
sera accordée. C’est d’ailleurs sur ce point, discréditer le discours ministériel, que
FSC s’emploie en se référant au discours de la recherche
[26]. A d’autres moments,
c’est le statut d’
expert attribué aux membres des commissions ministérielles qui est
remis en question. Ainsi le rédacteur du compte rendu du colloque sur le thème
« Difficultés des élèves, enfants en difficultés » oppose les
chercheurs invités par le
SNUipp et dont la rencontre a offert
une nouvelle occasion de prendre du recul aux
pseudo-experts
[27] des commissions ministérielles où l’élément pseudo- connote
d’une manière péjorative le lexème
expert. Ce positionnement axiologique ainsi
marqué dans
FSC entre le statut de chercheur et d’expert semble ne pas tenir
compte de la réalité de l’activité scientifique du spécialiste d’une question donnée qui peut tour à tour intervenir au titre de chercheur dans son laboratoire puis
au titre d’expert dans une commission.
De ce qui précède nous pouvons encore tirer une dernière remarque. La diffusion n’est pas l’unique vocation des savoirs savants cités par
FSC. On se trouve
également en présence de ce que J.-C. Beacco appelle la
mobilisation militante des
connaissances
[28]. Ce n’est pas un hasard si les deux domaines faisant l’objet du
plus grand nombre de références sont les recherches portant sur la lecture et la socio-logie. Deux champs qui cristallisent depuis près de trois décennies les questions
de l’échec
vs la réussite scolaires. Même si, depuis les thèses de P. Bourdieu sur la
reproduction des inégalités sociales et celles, actuelles, de M. Durut Bellat sur la
notion et les enjeux de la démocratisation de notre système éducatif, les questions
relatives à l’égalité/l’inégalité scolaire ne se posent plus dans les mêmes termes,
notre système scolaire n’en reste pas moins considéré comme inégalitaire. De la
même manière, et bien que la didactique de la lecture ait connu des avancées
considérables durant les années quatre-vingt, la question du « savent-ils lire »
revient régulièrement. Pour répondre à ces deux problèmes sensibles dans l’opinion publique, le ministère propose mesures et actions. Le SNUipp émet commentaires, critiques et propositions. Le but ? Montrer aux militants qu’il y a d’autres voies
et d’autres logiques à celles proposées par le ministère. Lorsque
FSC fait référence
aux recherches de F. Dubet (pour analyser les conditions de réussite au collège),
c’est pour affirmer qu’il serait nécessaire de tirer quelques enseignements de ces
travaux en matière de « mode de commandement » des collèges, en matière d’aide
au travail intellectuel, en matière de réflexion sur nos choix éducatifs
[29]. Ainsi
lorsque
FSC ouvre ses colonnes à J.Fijalkow, c’est pour apporter une critique à la
première mouture de refonte des programmes
[30] :dénoncer le rôle prépondérant
accordé aux activités de décodage dans l’apprentissage de la lecture et mettre en
regard les recherches conduites par J. Fijalkow.
Élèves et enseignants :des destins liés
Après la sociologie et la lecture, les Sciences de l’éducation constituent le troisième champ le plus souvent cité ou évoqué :évaluation (des élèves et des enseignants), rythmes scolaires, travail d’équipe, polyvalence, contenus d’enseignement, sens de l’école… Deux autres domaines font l’objet de plusieurs
occurrences :le conseil en organisation et l’économie de l’éducation. Enfin langues
vivantes, neurologie, psychanalyse, psychologie et mathématiques n’apparaissent
pas plus de une ou deux fois.
Bien que toutes les disciplines relevant de l’enseignement à l’école primaire ne
soient pas couvertes, on peut noter une grande diversité des champs traités, témoin
de l’éventail des questions que le SNUipp propose à la réflexion des destinataires
de la revue. Il ne faudrait cependant pas en conclure que
transformer l’école (l’un
des principaux slogans de l’organisation) passe pour le SNUipp uniquement par
une démarche d’acculturation et une demande de formation universitaire des
enseignants. Une telle politique s’affronterait probablement à un objectif important du syndicat : le maintien de l’unité de la profession. B. Geay fait en effet
remarquer au sujet de la tendance Unité et action qu’il s’agit d’un
groupe syndical
pédagogiquement très diversifié auquel appartiennent des praticiens les plus traditionnels aux militants engagés dans la recherche
[31]. Diversité des profils accrue par le
recrutement depuis 1991 d’enseignants détenant une licence universitaire ou une
équivalence. Se côtoient dans la même cour des professeurs des écoles recrutés
avec un BAC + 3, des professeurs des écoles intégrés par concours interne ou par
liste d’aptitude et des instituteurs en attente d’intégration. Profession morcelée
par le statut (les déroulements de carrière sont différents selon la catégorie de
fonctionnaire à laquelle l’enseignant appartient) et par la formation (à l’école normale pour les uns, à l’IUFM pour les autres), les centres d’intérêt sont loin d’être
tournés d’une manière univoque vers la recherche en éducation. Les travaux de C.
Etévé et C. Gambart
[32] avaient déjà montré la désaffection des enseignants pour les
lectures professionnelles et théoriques. L’étude de lectorat de
FSC propose dans ses
recommandations que
les axes de développement (de la revue) soient
tournés vers le
« terrain », les lecteurs et la pédagogie de façon à développer une meilleure réponse aux
préoccupations professionnelles des lecteurs et à mieux incarner la vie de l’école au quotidien
[33]. Le quotidien de la classe et les conditions de son exercice figurent bien
parmi les préoccupations premières des lecteurs de
FSC. Enrichir la réflexion et les
connaissances dans le but de
redonner des couleurs à l’école ou de
transformer l’école
doit également être accompagné de revendications liées aux conditions d’exercice
de la profession enseignante. Pour le SNUipp, la transformation de l’école nécessite l’octroi de moyens supplémentaires Ainsi, les articles citant chercheurs et travaux de recherche concluent-ils par des demandes en temps de concertation, en
équipements, en poste et en moyens budgétaires.
Le SNUipp se montre également très critique à l’égard de recherches dont il
perçoit qu’elle pourrait faire l’objet d’une division de la profession. Les recherches
sur
l’effet maître font ainsi l’objet d’une défiance très marquée. L’organisation syndicale craint en effet que l’institution ne s’appuie sur des corrélations établies entre
réussite des élèves et compétences spécifiques de certains enseignants pour conduire
une gestion néo-libérale du personnel et instituer un salaire au mérite
[34]. Cette
opposition au concept
d’effet maître constitue au demeurant un exemple éclairant
de ce que peut être également la mobilisation militante des savoirs. Pour répondre,
non pas tant aux travaux conduits autour d’A. Mingat, mais aux risques présupposés de leur utilisation par l’institution, le SNUipp se trouve à l’initiative d’objets
de recherche. Il propose d’une part une recherche menée en collaboration avec
l’INRP sur la polyvalence
[35]. L’analyse des objectifs énoncés par l’INRP et par le
SNUipp éclaire les finalités poursuivies par chacune des institutions. Pour le directeur de la recherche, G. Baillat, il s’agit d’interroger les effets et les limites de la polyvalence, alors que pour D. Czalcynski, alors membre de la rédaction de
FSC, il
s’agit d’expérimenter un autre fonctionnement de l’école, avec des équipes volontaires, incluant des maîtres supplémentaires pour un meilleur enseignement
[36].
On se trouve ici en présence d’une revendication récurrente au SNUipp, selon
laquelle il suffirait de plus de maîtres par classe pour que le travail en équipe s’accomplisse et pour que l’aide individualisée aux enfants se réalise efficacement.
Parallèlement, le SNUipp a engagé une réflexion concernant le travail en équipe
[37]
à laquelle est associé M. Crozier, sociologue des organisations, et J.-C. Merlane,
consultant au Groupe-Merlane, une société toulousaine de conseil en management. Il peut paraître surprenant de la part d’un syndicat de la fonction publique
(qui ne manque pas de dénoncer les pratiques du secteur privé lorsqu’elles nuisent aux salariés) de s’attacher les compétences d’une société de conseil de dirigeants
d’entreprises en matière de ressources humaines. Qu’elle aurait été la répartie du
syndicat si le ministère de l’Éducation nationale avait pris une telle initiative ?
Les interrogations sociales sur l’efficacité du système éducatif couplées à la montée en puissance des didactiques ne pouvaient, indubitablement, qu’amener les
syndicats à se tourner vers le discours de la recherche scientifique. Pour le SNUipp,
il s’agit certes de se former pour permettre la réussite du plus grand nombre
d’élèves. Mais il s’agit encore et surtout de se former et de travailler avec les chercheurs pour être présent dans les lieux décisionnels et faire entendre la voix du syndicat; ne pas laisser le ministère seul maître d’
Å“uvre. Cela signifie également anticiper les objectifs ministériels de manière à devancer les intentions de l’institution
pour mieux y répondre, en fonction, bien sûr, de la représentation que le syndicat se construit des buts poursuivis par le ministère. Transformer l’école ne peut
se réaliser pour le SNUipp que par une évolution des pratiques éclairées par les résultats de la recherche et que par une modification des conditions d’exercice du
métier d’enseignant. Bref, par une révision et une redéfinition de la professionnalité enseignante. La science constitue un des vecteurs des changements attendus.
Reste que la question du mode d’intégration du discours scientifique au discours
syndical demeure. La portée de ce dernier en dépend pourtant. Citons ici A.Prost :«
Au service de leurs stratégies, les acteurs sociaux et politiques, hommes, groupes de pression, syndicats, etc., mobilisent des ressources inégales et changeantes. […] Il ne suffit pas
qu’un des acteurs ait clairement identifié ses objectifs pour qu’il puisse conduire une stratégie efficace. Il lui faut encore mobiliser les bonnes forces en temps utiles
[38]. »
LISTE DES SIGLES UTILISÉS
AFL : Association française pour la lecture
FEN : Fédération de l’Éducation nationale
FSC : (fenêtres sur cours)
INRP : Institut national de recherche pédagogique
IUFM : Institut universitaire de formation des maîtres
SE : Syndicat des enseignants
SNI-PEGC : Syndicat national des instituteurs professeurs d’enseignement général de collège
[1]
A. Robert,
Le syndicalisme des enseignants. Paris : La Documentation française, 1995, p. 125.
[2]
Du n° 12 du 14/01/93 au n° 18 inclus du 11/03/93.
[3]
Éditorial,
(fenêtres sur cours) n° 2 du 22 septembre 1992, p. 1.
[4]
A.-M. Loffler-Laurian, Parenthèses et guillemets, enfants maudits de la ponctuation. Vers une typologie de leur usage en vulgarisation scientifique,
Liaisons HESO, n°13,1985, p. 40.
[5]
B. Geay,
Profession : instituteurs. Mémoire politique et action syndicale, Coll Liber, Paris : Seuil, 1999,
p.153.
[6]
J.-C. Beacco, Ecritures de la science dans les médias,
Les carnets du Cediscor, n° 6,2000, p.22.
[7]
Du n° 1 du 22/09/92 au n° 211 du 20/09/01, exception faite des textes de congrès et des numéros
spéciaux qui feront l’objet d’une analyse ultérieure.
[8]
Voir ci-dessous, sections 3 et 4.
[9]
N. Geneix, Développer formation initiale et continue dans une même dynamique,
(fenêtres sur
cours), n° 150,31/03/98, p. 15.
[10]
S. Zafari, Plan lecture : une nouvelle fois, avant même les enseignants, l’opinion publique via la
presse a eu la primeur de l’information,
(fenêtres sur cours), n° 12,14/01/93, p. 10-11.
[11]
D. Czalczynski, Lecture,
(fenêtres sur cours), n° 27,10/06/93, p. 10-11.
[12]
J.-M. Evanno, L’école est devenue un marché,
(fenêtres sur cours), n° 22,21/04/93, p. 11.
[13]
Un nouveau processus d’évaluation ?,
(fenêtres sur cours), n° 183,18/01/00, p. 9.
[14]
Colloque,
(fenêtres sur cours), n° 93,30/01/96, p. 9.
[15]
Rencontre pour l’école
(fenêtres sur cours), n° 37,30/11/93, p. 7.
[16]
Si on parlait de l’école maternelle. Avec les chercheurs,
(fenêtres sur cours), n° 49,06/06/94, p. 4-5.
[17]
J. Authier; Les formes du discours rapporté, DRLAV, n° 17,1978, p.1-88.
[18]
Enseigner : une prise de risques,
(fenêtres sur cours), n° 114,29/11/96 et Le SNUipp en université,
(fenêtres sur cours), n° 216,27/11/01, p. 9.
[19]
L’hyperstructure est un élément de structuration de l’information, intermédiaire et facultatif, situé
entre le journal et l’article. Elle trouve son origine dans un processus d’éclatement ou de réunion et est
formée d’un regroupement d’articles et d’images graphiquement et thématiquement liés, bornés par la
double page. Ce regroupement, qui doit être à l’origine d’un dédoublement symbolique et non seulement indiciel, aboutit à un processus de scénarisation de l’information. J.-M. Adam et G. Lugrin,
L’hyperstructure : un mode privilégié de présentation des événements scientifiques,
Les carnets du
Cediscor, n° 6,2000, p.138.
[21]
Cette volonté était déjà affichée par le SNI lors du congrès de Lille de juin 1987. B. Geay,
op. cit.,
p. 191.
[22]
Y. Chevallard désigne sous le terme de noosphère,
ceux qui, aux avant-postes du fonctionnement
didactique, s’affrontent aux problèmes qui naissent de la rencontre avec la société et ses exigences ; là se développent les conflits, là se mènent les négociations, là mûrissent les solutions. Y. Chevallard,
La transposition
didactique. Du savoir savant au savoir enseigné, La Pensée Sauvage, p. 24.
[23]
I. Stengers,
Sciences et pouvoirs, la démocratie face à la technoscience, Paris : La Découverte, 1997, p.16.
[24]
J.-P. Bronckart définit le lieu social comme la formation sociale, l’institution ou plus généralement le mode d’interaction dans lequel le texte est produit. J.-P. Bronckart,
Activité langagière, textes
et discours. Pour un interactionisme socio-discursif, Lausanne-Paris : Delachaux et Niestlé, 1996.
[25]
D’après les travaux de Nadeau, cité par J. Sanchez dans L’évaluation entre la recherche et l’action,
Cahiers du CTNRHI, n° 28,1984.
[26]
Voir l’exemple que nous donnions en 22. Le discours de Foucambert sur la lecture en réponse au
discours de
La maîtrise de la langue à l’école.
[27]
Lille : nouveaux regards ?,
(fenêtres sur cours), n° 181,30/10/99, p. 6.
[28]
J.-C. Beacco, op. cité, p. 24.
[29]
Le « bon collège », c’est quoi ?,
(fenêtres sur cours), n° 128, p. 6.
[30]
Jacques Fijalkow : « une conception minimaliste de l’enfant »,
(fenêtres sur cours), n° 183,18/01/00,
p. 14.
[31]
B. Geay,
op. cit., p. 152.
[32]
Étévé C., Gambart C.
Que lisent les enseignants ? Lectures et diffusion des connaissances en éducation,
Paris : INRP, 1992.
[33]
La lettre du SNUipp,
op. cit., p. 32.
[34]
Du côté de la Direction des Ecoles,
(fenêtres sur cours), n° 32 du 24/09/93, et Evaluation des enseignants, post-inspectum, animal triste,
(fenêtres sur cours), n° 139 du 27/11/97.
[35]
Polyvalence : une recherche INRP,
(fenêtres sur cours), n° 99 du 06/05/96, p. 4-5.
[37]
Travail en équipe, qu’est-ce qui pousse, qu’est-ce qui freine ?,
(fenêtres sur cours), n° 180 du
09/11/95 et Les quatre phases du travail en équipe,
(fenêtres sur cours), n° 211 du 20/09/01.
[38]
A. Prost,
Éducation, société et politiques. Une histoire de l’enseignement de 1945 à nos jours, Paris :
Seuil, 1992/1997.
Cet article s’inscrit dans la recherche INRP 20507 dirigée par André Robert, intitulée
L’utilisation de la
recherche en éducation par les enseignants : rôle et fonction des associations professionnelles et des organisations syndicales.