Garçons et filles de classes terminales : le filtre sexué des représentations du cursus et des intentions d’orientation post-baccalauréat
Marie-Hélène Jacques
Cet article part
d’une enquête
menée auprès
de 720 lycéens
de terminale. Il
développe certains résultats
relatifs à l’aspect sexué du parcours scolaire
secondaire et des représentations
d’avenir post-bac. Tout d’abord, il
existe une forme sexuée de l’auto
évaluation du potentiel scolaire.
Avec une bonne valeur scolaire, les
filles sont plus modestes que les
garçons de même niveau pour s’engager dans la prestigieuse section
S et pour estimer leurs chances de
réussite au baccalauréat; issues de
milieu social défavorisé, elles sont
également plus prudentes que les
garçons de même milieu pour gérer
leur scolarité et formuler des pronostics. Les intentions post-bacca-lauréat sont également nettement
sexuées. Généralement, les filles
envisagent des études plus longues
que les garçons, plutôt en université et écoles spécialisées, les
filières technologiques supérieures
courtes et les classes préparatoires
étant à dominante masculine. Or,
à section égale, les filles prévoient
des durées d’études inférieures à
celles des garçons, avec des visées
diplômantes plus modestes. Enfin,
la différence entre les sexes quant
aux représentations de la vie adulte
est mise en évidence. Les stéréotypes traditionnels de sexe demeurent, les filles étant plus préoccupées par leur rôle social ou familial
et les garçons par leur fonction économique. L’article conclut sur le
fait que le genre constitue une ligne
de partage nette au sein des usages
de la scolarité secondaire et des
orientations post-baccalauréat, aux
détriments des filles, état de fait qui
offre un terrain de recherche et d’action dans le domaine de l’éducation
à l’orientation.
This article takes as a starting point
a survey of 720 pupils in their final
year of secondary school. It
develops certain results concerning
the sexual aspect of secondary schooling and
the post-school future representations.
First of all, there is a sexual form of pupils
assessment of their own school potential.
Girls with a good educational level are less
ambitious than boys of the same level when
it comes to committing themselves to
prestigious science and maths studies and to
assessing their chances of passing the
baccalaureate.; those girls from a
disadvantaged background are also more
cautious than boys from the same background
in terms of organising their schooling and
forecasting their results.
Post-baccalaureate intentions are also clearly
gender-biased. Generally, girls envisage longer
studies than boys and at university rather than
in a specialised school, shorter higher education
and specialised courses in the technological
field being dominated by boys. And yet, within
an equal section, girls plan on shorter studies
than boys and aim for lower qualifications.
Finally, we show the difference between the
sexes in terms of representations of adult life.
The traditional sexual stereotypes are still there,
girls being more concerned by their social or
family role, and boys by their economic function.
The article concludes with the fact that gender
constitutes a clear dividing line within the uses
of secondary schooling and post-baccalaureate
plans to the detriment of girls, a fact which offers
an area for research and action in the field of
education for career plans
Auf der Grundlage einer Befragung von
720 Schülern aus Abiturklassen befasst
sich der vorliegende Artikel mit einigen
Ergebnissen, die die Geschlechtsspezifik
des Schulweges im Sekundarstufenbereich und der
Vorstellungen über die Zukunft nach dem Abitur
betreffen. Ein erster Befund lautet, dass es eine
geschlechtsspezifische Selbstwahrnehmung des
schulischen Leistungsvermögens gibt. Mädchen mit
guten Schulleistungen schreiben sich seltener in den
prestigeträchtigen Abigang der section S (Schwerpunkt
Mathematik) ein als Jungen mit demselben
Leistungsniveau. Auch hinsichtlich ihrer
Erfolgschancen beim Abitur äußern sie sich
vorsichtiger. Mädchen aus einem sozial schwachen
Milieu sind auch bei der Gestaltung ihrer schulischen
Laufbahn zurückhaltender als Jungen mit demselben
sozialen Hintergrund. Sie formulieren vorsichtigere
Prognosen.
Auch die Intentionen für die Zeit nach dem Abitur
sind eindeutig geschlechtsspezifisch geprägt. Im
Allgemeinen rechnen Mädchen mit einem längeren
Studium an Universitäten oder in Fachhochschulen als
Jungen. Die kürzeren technischen Fachrichtungen
und Vorbereitungsklassen sind mehrheitlich in
männlicher Hand. Bei gleichem Abiturschwerpunkt
planen Mädchen ein kürzeres Studium mit
niedrigerem Abschlussniveau als ihre männlichen
Mitschüler. Außerdem haben die Geschlechter auch
unterschiedliche Vorstellungen vom Erwachsenenleben.
Die traditionellen Geschlechterstereotypen bestehen
weiter. Schülerinnen beschäftigen sich mehr mit ihrer
Rolle in Gesellschaft und Familie, Jungen mit ihrer
ökonomischen Rolle. Der Artikel schließt mit der
Einsicht, dass das Geschlecht eine Trennungslinie
zuungunsten der Mädchen innerhalb des
Sekundarstufenbereichs und für die Orientierungen
nach dem Abitur darstellt. Dieser Umstand bietet ein
Forschungs- und Aktionsfeld in den Bereichen
Erziehung und Berufsberatung.
• Une auto-évaluation sexuée
— la valeur scolaire subjective
— Une sensibilité au milieu différente à l’approche
du baccalauréat
— Bilan
— Sexe et intentions post-baccalauréat
— Les filières envisagées
— Le déroulement prévu des études
— Bilan
• Expression d’un rôle social sexué
— Le mode de vie envisagé
— Bilan
• Conclusion
• BIBLIOGRAPHIE