2003
Carrefours de l’éducation
La professionnalisation du corps enseignant secondaire au Brésil (1940-1963)
Paula Perin Vicentini
universidade de São Paulo (USP).
Ce texte analyse
comment s’est
organisé profes-sionnellement
le corps enseignant secondaire au Brésil,
de 1940 au
début de 1960, à partir des cas de
São Paulo et Rio de Janeiro – capi
tale à cette époque. En effet, les
traits de l’enseignement secondaire
particuliers à ces États ont des
répercussions sur les conditions de
travail des professeurs dans l’enseignement public et privé et permettent des comparaisons intéressantes. Dans l’État de São Paulo, il
y a une expansion des lycées
publics, tandis qu’à Rio, le système
public d’enseignement secondaire
reste minoritaire. De ce fait, les problèmes considérés comme prioritaires sont différents ici et là,
comme on peut le voir à travers le
dépouillement des revues des associations professionnelles et de la
grande presse. On peut ainsi approcher le «processus de professionnalisation», pour suivre Nóvoa, du
corps enseignant au Brésil. Il se
marque par l’institution, depuis
1931, d’un registre ouvert par le
ministère de l’Éducation pour
chaque professeur et par l’exigence
de diplômes universitaires spécialisés, aussi bien que par des luttes
pour améliorer le statut professionnel des enseignants du secteur
public de São Paulo. En revanche,
les revendications des professeurs
du privé à Rio portent sur les
salaires et la réglementation des
contrats de travail. Cependant, dans
les années cinquante, la dévalorisation salariale conduit les professeurs du public et du privé des
deux entités politiques à adopter
des pratiques revendicatives plus
agressives, notamment, la grève.
The text analyses how the secondary
teaching profession has organised
itself professionally in Brazil, from
1940 to the beginning of 1960, in
the cases of Sao Paolo and Rio de Janeiro –
the capital at that time. Indeed, the features
of the secondary education specific to these
states have ramifications on the working conditions of the teachers in public and private
education, and give rise to interesting comparisons. In the State of São Paolo, there is an
expansion of public upper schools, whilst in
Rio, the system of secondary public education remains in the minority. Because of this,
problems considered as priority are different
from one place to the other, as can be seen
through the studying of the professional association reviews and of the general press. One
can therefore draw near to the “process of professionalisation”, to quote Nóvoa, of the teaching profession in Brazil. It has been marked
since 1931 by the establishment of a register
opened by the ministry of Education for each
teacher, and by the demand for specialised university diplomas, as well as by the struggles to
raise the professional status of the teachers of
the São Paolo public sector. In contrast, the
demands of the teachers in the private sector
in Rio are concentrated on salaries and the regulation of contracts of employment. However, in
the 1950s, the depreciation of salaries led the
teachers in both the public and private sectors in
both political entities to adopt more agressive
protest measures, specifically strike action.
Der vorliegende Text analysiert anhand
der Fälle São Paulo und Rio de Janeiro
(der damaligen Hauptstadt), wie sich die
Lehrerschaft aus dem
Sekundarstufenbereich zwischen 1940 und Anfang
der 60er Jahre körperschaftlich organisiert hat. Die
Merkmale des Schulsystems im
Sekundarstufenbereich, wie sie diese beiden Staaten
kennzeichnen, wirken sich auf die Arbeitsbedingungen
der Lehrer im öffentlichen und privaten Sektor aus
und ermöglichen interessante Vergleiche. Im Staat
São Paulo gewinnen die öffentlichen Einrichtungen
an Boden, während das staatliche Schulsystem im
Sekundarstufenbereich in Rio weiterhin minoritär ist.
Deshalb unterscheiden sich auch die in den beiden
Staaten als vorrangig eingestuften Ziele voneinander. Das zeigt sich beispielsweise, wenn man die
Verbandszeitschriften und die Landespresse auswertet. So lässt sich der von Nóvoa so genannte
“Professionalisierungsprozess” der Lehrer untersuchen. Kennzeichnend dafür war das 1931 von dem
Erziehungsministerium für jeden Lehrer eingerichtete Register und der Besitz eines speziellen
Hochschulabschlusses sowie die Kämpfe zur
Verbesserung des Lehrerstatus im öffentlichen Sektor
von São Paulo. Demgegenüber betreffen die
Forderungen der Lehrer in den Privatschulen die
Gehaltsfrage und die Reglementierung der
Arbeitsverträge. In den 50er Jahren veranlasst jedoch
die Abwertung der Gehälter die Lehrer aus dem
Staatsdienst und aus dem Privatsektor beider politischen Staatsgebiete zu aggressiveren
Forderungspraktiken wie dem Arbeitsausstand.
Ce texte se propose d’analyser comment s’est organisé professionnellement
le corps enseignant secondaire au Brésil des
années 1940 au début des années 1960, à partir de l’étude des
cas des États de São Paulo et la ville de Rio de Janeiro – à
l’époque capitale de la République. Avec la fin de la Seconde
Guerre mondiale, ce niveau d’enseignement connaît une
expansion et commence à être consideré par les couches
moyennes comme une condition de succès sur le marché du
travail brésilien, en transformation suite au développement urbain et industriel
du pays, accentué à partir des années cinquante. En effet, les traits de l’enseignement
secondaire particuliers à ces deux États ont des répercussions sur les conditions
de travail des professeurs dans l’enseignement public et privé et permettent
des comparaisons intéressantes. Le tableau ci-dessous montre la croissance du
nombre des enseignants secondaires à São Paulo et à Rio de Janeiro aussi bien
que la différence entre ces deux États par rapport à la proportion des professeurs
de l’enseignement public et du privé
[1].
Enseignants secondaires dans les États de São Paulo et de Rio de Janeiro (1940-1964)
São Paulo Rio de Janeiro
Public Privé Total Public Privé Total
1940* 5464 3315 3315
1945* 10799 6291 6291
1952 6373 7840 14213 1262 5067 6329
1955 8577 10647 19224 2530 5229 7759
1961 12899 14160 27059 3686 7372 11058
1964 17678 14925 32603 6708 7445 14153
Sources: Anuário Estatístico do Brasil. Rio de Janeiro: IBGE, 1946, vol. 6-7; 1954, Ano XV; 1955, vol.
16; 1961, Ano XXII; 1966, vol. 27.
(*) Absence de données sur les professeurs de l’enseignement public et du privé.
Dans l’État de São Paulo, le nombre des lycées publics passe de 42 en 1945 à 561
en 1962, dépassant le nombre d’établissements privés, tandis que, dans le district
fédéral, le système public d’enseignement secondaire connaît une croissance certaine mais reste minoritaire. En effet, le gouvernement ayant choisi d’aider l’enseignement privé en accordant systématiquement aux étudiants défavorisés des
bourses pour y étudier, ce dernier a continué à prédominer. De ce fait, les problèmes
considérés comme prioritaires sont différents ici et là, comme on peut le voir à
travers les actions des associations professionnelles (les fonctionnaires du service
public ne pourront être syndiqués avant 1988). Dans l’État de São Paulo, il s’agit
de l’APESNOESP (Association des professeurs de l’enseignement secondaire et
normal officiel de l’État de São Paulo) – fondée en 1945 – et, dans celui de Rio, du
Syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire de Rio de Janeiro, créé en
1931 et encore en activité. Alors que le syndicat, qui ne concerne que le privé,
est la principale association d’enseignants, à l’époque étudiée, à Rio de Janeiro,
l’APESNOESP, à São Paulo, représente les professeurs de l’enseignement public,
tandis que le Centre du professorat Paulista (CPP), créé en 1930, représente surtout les instituteurs des écoles publiques également. Il s’agit de l’association d’enseignants la plus importante de l’État de São Paulo à cette époque
[2].
J’ai donc dépouillé, d’une part, les revues publiées par ces deux organisations –
le
Boletim do Sindicato dos Professores do Ensino Secundário, Primário e de Artes do Rio
de Janeiro (1944-1945), la
Folha do Professor (1959-1974) – elle aussi publiée par
le syndicat – et la
Revista APESNOESP (1961-1963); d’autre part, la grande presse
afin de voir comment y étaient présentés les conflits concernant les conditions
d’exercice de cette profession
[3]. La presse se fait également l’écho des luttes pour
améliorer le statut professionnel, si bien que, si l’on suit
Nóvoa, on peut approcher
le « processus de professionnalisation » du corps enseignant secondaire au Brésil.
Selon
Nóvoa, ce concept est utile
« pour éclairer les processus de promotion du statut
des enseignants (mise en forme de savoirs spécialisés, revendication d’une plus grande autonomie professionnelle, définition de règles éthiques et déontologiques, amélioration des
niveaux salariaux, etc.), mais aussi pour comprendre la réorganisation des dispositifs
de contrôle et de régulation de la profession enseignante » (
Nóvoa, 1995, p. 3). En ce
qui concerne le processus de professionnalisation du corps enseignant secondaire
brésilien, il sera d’abord question des enjeux qui marquent la délimitation de son
espace professionnel au cours des années quarante. En second lieu, on s’intéressera aux luttes salariales engagées à partir des années cinquante dans les États de
São Paulo et à Rio, en mettant en évidence la spécificité des revendications liées aux
différences de statut professionnel entre enseignants du public et du privé.
L’espace professionnel des enseignants secondaires
Ce processus se caractérise par l’institution, dès 1931, d’un registre ouvert par le
ministère de l’Éducation : tout professeur est tenu de s’y faire enregistrer pour exercer légalement son activité. De plus, ce registre prévoit l’exigence d’une licence
d’enseignement obtenue à la faculté de philosophie (créée en 1934 à São Paulo et
en 1939 à Rio) sitôt que ses premiers étudiants auraient obtenu leurs diplômes.
L’exigence de ce diplôme universitaire spécialisé occasionne un conflit entre les
« anciens professeurs » – dont la culture intellectuelle relève de formations diverses
(dans les facultés de droit, de médecine, dans les grands séminaires, etc.) plutôt que
d’un cursus spécialisé – et les ex-étudiants de la faculté qui entrent dans le « champ
éducationnel » brésilien (selon la conception de Bourdieu) à partir des années quarante. Le Syndicat des professeurs de Rio de Janeiro prend parti pour les « anciens
maîtres » défendant leur autodidaxie et leur expérience professionnelle car, selon
le syndicat, il est injuste que des professeurs ayant plusieurs années d’expérience
dans l’enseignement secondaire aient un registre provisoire (registre provisoire et
registre définitif désignent les positions d’enseignants auxiliaires ou intérimaires
et titulaires NdT). Cette « injustice » est réparée par le décret n° 8777 (24.01.1946)
qui leur concède le registre définitif sous réserve de trois ans d’exercice effectif
dans la carrière (Coelho, 1988, p. 78-80).
Cette mesure ne résout pas le conflit à São Paulo parmi les professeurs de l’enseignement secondaire public car la réalisation du concours d’entrée et de mutation de poste occasionne une grande controverse. Les professeurs intérimaires des
établissements secondaires publics craignaient de perdre leur travail au profit des
diplômés de la faculté de philosophie, de sciences humaines et de lettres de l’USP,
car ces derniers se trouvaient favorisés à cause de leur entraînement universitaire
à la passation des trois épreuves de sélection de ces concours : l’épreuve écrite,
l’épreuve pédagogique et celle d’érudition. Ces concours étaient extrêmement
rigoureux et les taux d’échec étaient élevés. De la sorte, et bien que cette mesure
ait barré toute interférence politique dans la nomination des professeurs et ait
constitué l’aspect fondamental du processus de professionnalisation des enseignants secondaires, elle signifiait aussi une menace pour ceux, nombreux, qui
exerçaient la profession sans la formation exigée. L’État de São Paulo avait mis en
place un concours d’entrée pour les professeurs secondaires seulement en 1931 et
en 1943. Mais la résistance est grande et même l’APESNOESP s’y oppose quand
l’État tente en 1948 de rendre régulière cette pratique. Ce n’est donc qu’à partir de
l’année suivante que le concours devient annuel. Cinq ans après que cette institution
soit devenue régulière, le taux d’échec de 73 % des candidats, en 1954, donne
une idée de l’impact causé par cette mesure au sein du corps enseignant secondaire,
surtout si l’on considère l’existence dans la grande presse d’articles (voire d’éditoriaux) demandant une dispense pour les professeurs refusés qui continuaient
toutefois à travailler dans les lycées publics
[4].
On peut donc affirmer que, dans les années quarante, l’exigence d’une formation universitaire spécifique, ainsi que la mise en place de concours pour l’accès
au corps enseignant secondaire public ont contribué à la délimitation de l’espace
professionnel des professeurs du secondaire. Et ceci, malgré l’hétérogénéité qui
caractérisait encore cette catégorie d’enseignants. À cette époque-là, les luttes pour
améliorer le statut professionnel portent donc sur les déroulements des carrières
dans le cadre de la fonction publique, dans le cas de São Paulo : la mise en place
de concours pour lutter contre les interventions politiques relatives à la sélection
et à l’établissement de critères de rémunération. En revanche, les revendications
des professeurs du privé à Rio portent sur la formule du calcul d’une base de
« salaire digne » ainsi que sur la réglementation des contrats de travail et des conflits
entre le ministère de l’Éducation et le ministère du Travail à l’occasion de divers
procès d’enseignants du privé contre les propriétaires d’établissements. Dans les
années cinquante, la dévalorisation des salaires conduit cependant les professeurs
du public et du privé de ces deux entités politiques à adopter des pratiques revendicatives plus agressives : la grève, jusqu’alors interdite aux enseignants. La grande
polémique qui s’en suit dans les journaux donne une idée des réactions partagées
à l’égard de comportements considérés ou non comme « acceptables » pour des professeurs de l’enseignement secondaire. Ce fait devient évident lorsque survient la
première grève mentionnée dans le cadre de mes recherches dans la grande presse.
Revendications salariales des enseignants secondaires du
privé
La première grève des professeurs du privé a lieu en octobre 1956 dans l’État
de Rio. Elle est organisée par le syndicat des professeurs du district fédéral suite au
conflit entre le ministère de l’Éducation et le ministère du Travail à propos de la grille
des salaires en vigueur. Ce mouvement provoque un débat sur le droit de grève des
professeurs et sur les « entreprises patronales d’enseignement » que sont les établissements scolaires privés. Les journaux sont partagés selon leur orientation politique. O Globo et O Correio da Manhã, opposés à la grève du syndicat, critiquent les
leaders syndicaux et remettent en cause leur représentativité, affirmant que la plupart des enseignants ne suivent le mouvement que par solidarité. Ils accusent les
grévistes de faire l’école buissonnière, rappellent le privilège enseignant des grandes
vacances et contestent que les salaires soient insuffisants. Última Hora soutient en
revanche, la décision du syndicat et souligne la patience d’un corps discipliné et laborieux, qui attend depuis trop longtemps la revalorisation de son salaire tandis que
les profits des propriétaires des établissements secondaires sont exorbitants.
Les photos donnent à voir ces prises de position contradictoires. O Globo ne
publie aucune photo du mouvement, O Correio da Manhã symbolise la grève par
la photo d’une salle de cours vide. Ses lecteurs avaient déjà pu voir, avant la manifestation, la photo d’une classe avec trois élèves sans professeur, assortie de la
légende « École : l’absent est cette fois le professeur »; le lendemain de la manifestation, le même journal montre un tableau noir et un pupitre vides, avec la
légende « École buissonnière : après les enfants, les professeurs ». Dans Última
Hora, favorable au mouvement, des photos de lycées vides soulignent au contraire
le grand succès de la grève. On voit donc que la même représentation (des photos d’écoles et de salles de cours vides) peut selon la légende et le commentaire,
souligner le mauvais exemple que les professeurs donnent à leurs élèves ou, au
contraire, témoigner de la force collective d’un mouvement qui réunit l’ensemble
de la catégorie en lutte pour de meilleurs salaires.
Le gouvernement fédéral institue alors, en 1954, le Fonds national de l’enseignement moyen (FNEM). Son objectif est de compléter le salaire des enseignants
des établissements secondaires privés, viabilisant ainsi la subvention officielle de
l’initiative privée. Mais le FNEM, loin de porter solution au problème des maigres
salaires de la catégorie, mène les professeurs de São Paulo à faire un jour de grève
en 1956. Ils menacent de faire une autre grève en 1958 en raison du non-paiement
de leur subvention de l’année antérieure. En cette occasion, les deux principaux
journaux de São Paulo – O Estado de S. Paulo et la Folhada Manhã – publient une
photo de la manifestation, organisée par le syndicat des professeurs de l’enseignement primaire et secondaire de l’État de São Paulo (donc de l’enseignement
privé), devant le monument d’Anchieta, dans le centre-ville de São Paulo.
Dans le cadre du dépouillement effectué, c’est bien la première fois que l’on
voit des professeurs en costumes et cravates porter des banderoles et des pancartes. Dans la Folha, l’image montre un professeur (homme) se détachant dans une
foule composée d’hommes exclusivement portant des pancartes. Les uns ont les
bras croisés; les autres, le visage fermé, comme s’ils étaient contraints à cette extrémité. Dans la légende, le journal pointe les brassards de deuil attachés à leur
manche, deuil de la subvention non versée par le FNEM. L’un des slogans sur
une banderole affirme « La subvention est un droit, non une aumône ». O Estado,
en revanche, ne montre que les banderoles des manifestants. En plein centre de
la photo, on ne voit que des mains brandissant d’autres banderoles et la proclamation
suivante « Les professeurs ne revendiquent rien, ils exigent seulement l’accomplissement de la loi ».
La question de la subvention officielle des établissements privés est reprise par
la grande presse en 1959, lorsque le député Carlos Lacerda présente une nouvelle
proposition de loi sur les Leis de Diretrizes e Bases da Educação (LDB), ce qui permet, au nom de la « liberté de l’enseignement », de subventionner l’initiative privée avec les deniers de l’État. Le syndicat des professeurs de Rio de Janeiro s’engage en l’occasion dans la défense de « l’école publique, démocratique et accessible
à tous ». Il rejette ainsi « l’exploitation de l’enseignement pratiquement monopolisé
par les entrepreneurs et les groupes privés ». Le journal Última Hora appuie cette
campagne et dénonce les abus de ce que l’on qualifie « l’industrie de l’enseignement »;
il alerte aussi contre les bénéfices exorbitants des propriétaires des établissements
qui augmentent continuellement les écolages. De plus, le syndicat dénonce les bas
salaires des professeurs, ce qui les oblige à travailler dans plus d’un établissement;
il montre aussi les très mauvaises conditions de travail : bâtiments non fonctionnels
et en mauvais état, classes trop nombreuses.
Dans la
Folha do Professor – organe informatif lancé en 1959 – le syndicat présente la diffusion de l’enseignement public comme étant la condition de l’amélioration des salaires de la catégorie, comme l’attestent certaines formulations : « L’école
publique seule est capable d’améliorer les conditions de vie et de paie des professeurs », « Nulle réforme de l’enseignement ne pourra être mise en
Å“uvre sans la solution du problème des salaires des professeurs ». En 1960, le Tribunal fédéral
suprême suspend le décret qui réglementait les honoraires de l’enseignement privé
et qui avait provoqué la grève de 1956 : il n’existe plus de barème pour les augmentations de salaire octroyées au bon plaisir des propriétaires d’établissements.
Ce fait mène la profession à solliciter auprès du pouvoir législatif une loi lui garantissant « un salaire professionnel », mais sans succès
[5].
Revendications salariales des enseignants du secondaire public
Vers la fin des années cinquante, l’APESNOESP lance des campagnes contre la
dévaluation des salaires des professeurs des lycées publics, suite à l’augmentation
du coût de la vie. Les enseignants se mobilisent lors d’actions publiques : manifestations et concentrations devant le Palais du Gouvernement et de l’Assemblée législative. À ces campagnes, se joignent d’autres organisations telles que le CPP regroupant les instituteurs, secteur majoritaire du corps enseignant à cette époque. Mais
les professeurs secondaires présentent des revendications spécifiques relatives à
leur régime de travail (tout à fait différent de celui des instituteurs) concernant les
cours ordinaires et les cours supplémentaires (ultérieurement dénommés excédants). Ces derniers cours n’étaient pas payés durant les vacances ni pris en compte
pour la retraite. De plus, la principale revendication de l’APESNOESP était le
« niveau universitaire » – institué par le gouverneur Lucas Nogueira Garcez le
29.12.1952 (loi nº 2124) – pour les professeurs de l’enseignement public. Cette
association menace donc de décréter la grève en 1961, mais l’État se refuse à donner suite à cette revendication alléguant que les professeurs de dessin et de travaux
manuels n’avaient pas de formation supérieure. Ceci mène donc l’APESNOESP à
lancer une nouvelle campagne pour la création de cours de ces disciplines à la
faculté de philosophie
[6].
De plus, le gouvernement affirme que le professeur du secondaire a une charge
trop réduite en heures de cours (12heures hebdomadaires) pour intégrer le corps
de fonctionnaires avec le « niveau universitaire ». L’APESNOESP argumente que le
travail professoral ne se restreint pas à la présence en classe mais inclut aussi « la
préparation, la correction des examens et l’amélioration de la culture » ajoutant que,
durant les examens oraux, d’admission ou de « vestibulaire » (examen d’entrée à
l’université), les professeurs ne suivent plus d’emploi du temps fixe et travaillent
selon la nécessité de l’établissement scolaire. Le gouverneur d’alors, Carvalho
Pinto, envoie à l’Assemblée législative en 1961 le projet nº 1048 selon lequel le
nombre d’heures de cours ordinaires passerait de 12 à 18 par semaine et de 50 à
81heures mensuelles. Ce projet est extrêmement mal reçu par l’association qui organise une manifestation devant l’Assemblée législative où les professeurs viennent
avec des banderoles et des pancartes. La
Revista APESNOESP, lancée aussi en 1961,
a publié plusieurs articles critiquant ce projet. Tout d’abord, l’association souligne
que le projet attribue aux enseignants du secondaire « le niveau 53, sans la spécification de début des carrières universitaires » et ne garantit donc pas « le droit de
s’aligner sur les autres carrières universitaires lorsque ces dernières obtiendraient
une nouvelle référence »
[7].
Ensuite, l’APESNOESP dénonce que ce changement du nombre d’heures de
cours ordinaires n’implique pas l’augmentation des tâches des professeurs. Il représente aussi une réduction de la valeur de l’heure de travail. Argino da Silva Leite,
dans un article publié dans la
Revista APESNOESP, démontre que, tandis que le reste
de la fonction publique recevrait 30 % de correction salariale en janvier 1962, les
professeurs n’auraient que 14,8 % à cause de l’altération du total d’heures mensuelles. Dans un autre article de cette même revue, Alberto de Mello dénonce « la
situation de perte progressive du prestige du corps enseignant secondaire et normal de l’État en raison de la constante indifférence gouvernementale face au problème des émoluments de cette classe ». Il a recours pour ce faire à une étude
publiée dans un grand quotidien pauliste, dans les pages spécialisées. Selon cette
étude, en 1935, le professeur secondaire recevait 1000,00 Cr$ – ce qui correspondait au salaire du chef de service, à celui des biologistes (1100,00 Cr$) et à celui
des commissaires de police (1300,00 Cr$). Le salaire du professeur s’élevait à
1300,00 Cr$ en 1945 et 1800,00 Cr$ en 1950. Il avait aussi droit à une gratification spéciale d’enseignant (400,00 Cr$) par quinquennat ce « qui élevait ses
émoluments en comparaison de ceux des fonctionnaires mentionnés ». Cependant,
sous le gouvernement de Carvalho Pinto et après la disparition de cette gratification, le professeur recevait 23050,00 Cr$; le chef de service, 24000,00 Cr$; le biologiste et le commissaire, qui avaient le droit au « niveau universitaire », gagnaient
33800,00 Cr$
[8].
En plus, la proposition de Carvalho Pinto présente aussi des changements quant
aux cours excédants qui constituent une part significative du salaire des professeurs.
Ces cours ne furent incorporés aux salaires des vacances qu’en 1958; cependant,
en 1962 encore, les émoluments liés à ces cours n’étaient pas pris en considération pour le calcul de la retraite. Ce qui met en difficulté les professeurs qui partent à la retraite. De plus, l’APESNOESP lutte pour l’équivalence entre cours ordinaires et cours extraordinaires (heures supplémentaires) qui représentaient 0,20
du salaire alors que le projet de loi nº 1048 en admet 0,10. Raul Schwinden (le
président de l’APESNOESP à l’époque), discutant la question avec le gouverneur,
fait observer que telle distinction n’existe pas dans l’enseignement privé et que, dans
l’enseignement public, les cours sont donnés dans les mêmes conditions malgré
l’existence de cette « injuste discrimination sur la feuille de paie »
[9].
Enfin, le projet prévoit encore la limite de 36 heures hebdomadaires incluant aussi
les cours donnés dans les établissements privés, obligeant ainsi le professeur à
exercer des activités sans rapport avec l’enseignement afin de subvenir aux besoins
de sa famille. De plus, la loi exige que les professeurs donnent six heures supplémentaires par semaine, contrariant la loi nº 5053, sanctionnée par le gouverneur
Jânio Quadros le 23.12.1958, qui a exempté les professeurs de l’obligation de les
réaliser, vu qu’il s’agissait d’un travail facultatif en fonction de leur nécessité économique et de leur disponibilité. L’APESNOESP publie un communiqué affirmant que ces deux restrictions portent préjudice aussi bien aux professeurs fatigués, malades ou qui, pour raisons de famille (professeurs femmes enceintes ou
ayant des enfants en bas âge), ne peuvent réaliser ces heures supplémentaires,
qu’aux maîtres qui doivent boucler leur budget en travaillant dans des établissements privés à cause de « leur famille nombreuse et de leurs charges élevées »,
aggravées par « l’instabilité du coût de vie ». Selon l’association, « limiter leur travail, serait les faire mourir de faim, sans compter les problèmes créés dans l’enseignement privé dont la plupart des professeurs viennent de l’enseignement
public »
[10].
Malgré les critiques de l’APESNOESP, ce projet donne naissance à la loi nº 6805,
sanctionnée en 1962, sous la gestion de Carvalho Pinto encore. Cette loi peut être
considérée comme un événement dans l’histoire de la professionnalisation des
enseignants secondaires, car elle transforme leur régime de travail en vigueur
depuis les années quarante en leur concédant le « niveau universitaire », malgré l’imprécision du texte légal. Notons cependant que, malgré le conflit entre licenciés et
non-licenciés qui caractérise le début de la période étudiée, il y a croissance du
nombre de diplômés de la faculté de philosophie au sein du corps enseignant
secondaire public à cause des concours régulièrement réalisés à partir de 1949. Ceci
provoque, d’une part, un nouveau type de polémique parmi les professeurs, partagés entre professeurs titulaires (ceux qui ont été approuvés sur concours) et professeurs intérimaires (embauchés de façon provisoire et qui parfois n’avaient pas
la formation requise pour réussir au concours) et, d’autre part, la croissance du
nombre des professeurs titulaires dans l’enseignement secondaire public permet
une amélioration du statut professionnel de cette catégorie d’enseignants. Ainsi, dans
les années cinquante, la licence d’enseignement obtenue à la faculté de philosophie
– dont l’exigence avait causé une grave résistance dans les décennies antérieures
– oriente les revendications salariales du corps enseignant secondaire qui sollicite
l’adoption du « niveau universitaire » pour la grille des salaires des fonctionnaires
publics. Cependant, et malgré le nombre croissant des diplômés, l’expansion
désordonnée et précaire du réseau public d’établissements secondaires mène à
l’intensification de l’embauche de professeurs intérimaires; ce qui aggrave leurs
conditions de travail et fait que leurs revendications salariales gagnent plus de
visibilité dans les années soixante.
En octobre 1963, six mois environ avant le coup d’État de 1964, l’accélération
de l’inflation amène les professeurs secondaires à participer à la première grève
générale du corps enseignant (primaire et secondaire; public et privé) à São Paulo,
ce qui provoque un écho considérable dans la presse. O Estado et la Folha de
S. Paulo appuient la grève et en attribuent la responsabilité à l’attitude du gouverneur Ademar de Barros qui, ayant refusé toute discussion avec les enseignants,
les a acculés à cette décision extrême. Les deux journaux soulignent l’ordre et la
discipline du mouvement. Dans son éditorial, O Estado dit que les enseignants se
sont conduits magistralement, « comme des maîtres », jusqu’à la grève. La Folha
couvre largement l’événement, publiant tous les jours des manchettes et des articles
à la une. Mais la grande presse souligne surtout la participation des institutrices du
primaire dans ce mouvement aussi bien dans les manifestations que dans les
concentrations. Après une semaine de paralysie, les enseignants du primaire obtiennent les 60 % de réajustement salarial revendiqués alors que les professeurs du
secondaire, eux, ne sont pas satisfaits des résultats obtenus et désirent poursuivre
la grève. Ils critiquent donc leurs collègues du primaire, les accusant de les avoir
« lâchés » seuls dans cette lutte.
Ainsi, le corps enseignant secondaire au Brésil des années 1940 au début des
années 1960 s’est affirmé comme un élément représentatif de la profession en
mettant en évidence les spécificités de son statut professionnel dans un moment
d’expansion de ce niveau d’enseignement. Pendant cette période, les professeurs
du public ont connu une amélioration des conditions d’exercice très courte, parce
que la croissance rapide et désordonnée des lycées publics qui marque le début des
années 1960 est à l’origine d’une détérioration des formes de recrutement et de
rémunération dans le service public. En revanche, les professeurs du privé ont vu
l’affaiblissement de leur mouvement à cause de la suspension de la formule de
calcul d’un salaire décent, qui a représenté une victoire pour les propriétaires des
lycées, en soulignant dans leur discours l’exploitation qui caractérisait les conditions de travail au privé. Ainsi, les rapports établis dans les différents systèmes
d’enseignement (public et privé) en fonction de la forme de recrutement et de la
nature de l’institution ont constitué plusieurs statuts professionnels à l’intérieur du
corps enseignant secondaire, partagé entre fonctionnaires du service public, eux-mêmes différenciés en professeurs titulaires et intérimaires, et employés soumis à
des employeurs recherchant uniquement le profit.
Après le coup d’État des militaires en 1964, la persécution politique des responsables du syndicat des professeurs de Rio de Janeiro ainsi que les retards de paie
des professeurs intérimaires de l’État de São Paulo font l’objet, cette année-là, de
publications dans la grande presse sur le corps enseignant secondaire. S’ouvre
ensuite une période pendant laquelle les professeurs du privé et ceux des établissements publics sont dans l’impossibilité de protester contre la dévaluation de
leurs salaires et contre leurs très mauvaises conditions de travail. En raison du
début d’une intense persécution politique contre ses dirigeants, l’action de
l’APESNOESP se restreint à des procès judiciaires individuels pour récupérer les
pertes salariales, tandis que le syndicat des professeurs de Rio de Janeiro se consacre
à célébrer des accords avec l’organisme qui représente les propriétaires des établissements privés pour définir l’indice de réajustement de leur salaire. Toutefois,
vers la fin des années soixante-dix, les professeurs du secondaire de l’enseignement public de l’État de São Paulo lancent, toujours sous la dictature, des grèves
qui marquent le mouvement d’organisation des enseignants brésiliens et qui ont
une signification importante dans le processus en marche vers le recouvrement
des libertés politiques à la fin du régime militaire dans les années quatre-vingt.
·
AZEVEDO (Fernando). A Transmissão da Cultura : 3° parte da obra A Cultura Brasileira. Brasília/São
Paulo, INL/Melhoramentos, 1976.
·
BEISIEGEL (Celso de Rui). Estado e Educação Popular. São Paulo : Pioneira, 1974.
·
BOURDIEU (Pierre). Esquisse d’une théorie de la pratique. Paris : Seuil (Points Essais), 2000.
·
BOURDIEU (Pierre). O Poder Simbólico. Rio de Janeiro/Lisboa : DIFEL/Bertrand Brasil, 1989.
·
BOURDONCLE (Raymond). « La professionnalisation des enseignants : les limites d’un mythe ». Revue
française de pédagogie, nº 105, octobre-novembre-décembre 1993, p. 83-119.
·
COELHO (Ricardo), MARQUES (B.) O Sindicato dos Professores e os Estabelecimentos Particulares de Ensino
no Rio de Janeiro (1931-1950). Niterói : UFF, 1988, mestrado.
·
COSTA (Ernestina da Silva), CAMARINI (Florinda), ÁLVARES (Luiz Roberto Leão) & UGAYAMA (Pio
Masami). « A mobilização dos agentes educacionais do sistema educacional : breve histórico ». Cadernos
de Pesquisa, São Paulo : Fundação Carlos Chagas, mai/1982, (41): 49-63.
·
ENGUITA (Mariano F.). « A ambigüidade da docência : entre o profissionalismo e a proletarização ».
Teoria & Educação, Porto Alegre, 1991, n° 4, p. 41-60.
·
FASSONI (Laurita Fernandes). A APEOESP – oponente ou proponente ? Um estudo sobre a contribuição do
Sindicato dos Professores na construção de uma escola pública de qualidade para a classe trabalhadora. São
Paulo : PUC, 1991, Dissertação de mestrado.
·
JOIA Orlando & KRUPPA Sonia (org.). APEOESP 10 Anos (1978-1979): memória do movimento dos professores do ensino público estadual paulista. São Paulo : CEDI, 1993.
·
LAWN (Martin). « Os professores e a fabricação de identidades ». NÓVOA (A.) & SCHRIEWER (J.). A
difusão mundial da escola. Lisboa : EDUCA, 2000, p. 69-84.
·
LAWN (Martin) & OZGA (Jenny). « O trabalho docente : interpretando o processo de trabalho do
ensino ». Teoria & Educação, Porto Alegre, 1991, nº 4, Dossiê : interpretando o trabalho docente,
p. 140-158.
·
NADAI (Elza). A educação como apostolado : história e reminiscências (São Paulo 1930-1970). São Paulo :
FEUSP, 1991, livre-docência.
·
NÓVOA (António). « Para o estudo sócio-histórico da gênese e desenvolvimento da profissão docente ».
Teoria & Educação, Porto Alegre, 1991, nº 4, Dossiê : interpretando o trabalho docente, p. 109-139.
·
NÓVOA (António). La profession enseignante en Europe : analyse historique et sociologique. Documento
provisório relativo à pesquisa Les images, les cultures et les politiques d’éducation dans le contexte européen,
1995, Mimeo.
·
NUNES (Clarice). «O velho e bom ensino secundário : momentos decisivos ». Revista Brasileira de
Educação, ANPEd, maio-ago/2000, nº 14, p. 35-60.
·
Romanelli (Otaíza de Oliveira). História da Educação no Brasil (1930-1973). Petrópolis : Editora Vozes,
1998,20ª ed.
·
SANT ’ANA (Ruth Bernardes de). Professores de 1° e 2° graus : representação social e mobilização coletiva. São Paulo : FFLCH/USP, 1993, Dissertação de mestrado.
·
SOUZA (Aparecida Neri de) « Estratégias de luta sindical dos professores públicos do ensino básico
no Brasil ». Texto apresentado na 19° Reunião da ANPEd, Caxambu, set/1996, Mimeo.
·
Sposito (Marília Pontes). O Povo vai à Escola : a luta popular pela expansão do ensino público em São Paulo.
São Paulo, Edições Loyola, 1984.
·
VICENTINI (Paula P.). Um estudo sobre o CPP (Centro do Professorado Paulista): profissão docente e organização do magistério (1930-1964). São Paulo : FEUSP, 1997, mestrado.
·
VILLALOBOS (João Eduardo Rodrigues). Diretrizes e Bases da Educação : ensino e liberdade. São Paulo :
Livraria Pioneira Editora/EDUSP, 1969.
·
WEFFORT (Francisco Correia). O Populismo na Política Brasileira. Rio de Janeiro : Paz e Terra, 1978.
[1]
Cette étude est inspirée d’une thèse de doctorat, intitulée
Imagens e Representações de Professores na
História da Profissão Docente no Brasil (1933-1963). São Paulo : Faculdade de Educação da Universidade
de São Paulo, 2002. Elle ne porte pas sur l’ensemble de l’État de Rio mais sur la ville, district fédéral à
cette époque et constituée en unité autonome.
[2]
Je sais qu’à l’époque, il existait des associations du corps enseignant public de Rio de Janeiro – l’une
représentant les instituteurs et l’autre, les professeurs –, mais malheureusement je n’ai trouvé aucune
publication ni documentation provenant de ces deux associations. Aujourd’hui, le corps enseignant
public du Rio est représenté par le Syndicat Estadual de Professionnels d’éducation de Rio de Janeiro
(SEPE/RJ), qui a été transformé en 1989 en syndicat à partir d’une association qui existait depuis 1977.
L’APESNOESP est devenue ensuite l’APEOESP, puis le syndicat des enseignants de l’État quand la
Constitution de 1988 a permis aux fonctionnaires du service public d’être syndiqués (alors que les lois
du travail des années trente leur ont interdit d’être syndiqués).
[3]
Dans le cas de la grande presse, comme un dépouillement exhaustif était impossible, j’ai dépouillé
une semaine par année, celle du 10 au 17 octobre. C’est la semaine de la Fête de l’Enseignant (
Dia do
Professor), célébrée le 15 octobre, aussi bien dans le primaire que dans le secondaire. Quant à São
Paulo, j’ai retenu les deux principaux journaux d’actualité de l’État –
O Estado de S. Paulo (fondé en 1875
sous le titre
A Província de S. Paulo) et la
Folha da Manhã (1925-1960) devenue
Folha de S. Paulo – et le
Diário de S. Paulo (1929-1979). En ce qui concerne Rio de Janeiro, j’ai examiné
O Globo (fondé en
1925 et encore en circulation), le
Correio da Manhã (1901-1974) et l’
Última Hora (1951-1971).
[4]
Sur la résistance aux concours, se reporter au témoignage de Raul Schwinden (membre de la direction de l’APESNOESP depuis 1958; puis son président entre 1960 et 1978) concédé à S. M. P. Kruppa
et O. Joia le 5.04.1989 (Joia et Kruppa, 1993, p. 21). Voir aussi le témoignage de Sólon Borges dos Reis
(membre de la direction de celle même organisation début des années cinquante) à R. S. G. Lugli et à
moi-même le 7.11.1996 (Vicentini, 1997, vol. II, p. 16-23).
[5]
« Lei de Diretrizes e Bases da Educação » (« Lois des Directrices et des Bases de l’Éducation »). Folha
do Professor, Rio de Janeiro, Ano I, nº 1, p.3. « O ensino público, a verdadeira solução » (L’enseignement
public, vraie solution)». Folha do Professor, Rio de Janeiro, Ano I, nº 1, p. 1 e 3. « Professores em
campanha pelo salário-profissional » (« Professeurs en campagne pour le salaire professionnel »). Última
Hora, 10/15/1960. « Professores cariocas : salário profissional » (« Les professeurs carioques : salaire
professionnel »). Última Hora, 12.10.1961, Primeiro caderno, p. 12. « Professores querem salário profissional » (« Professeurs demandent un salaire professionnel »). Última Hora, Manchete à la Une,
12.10.1961.
[6]
« Empenha-se o professorado na luta em defesa de melhores vencimentos » (« Les professeurs luttent en
défense de l’amélioration des salaires »).
Revista APESNOESP, Ano I, nº 1, p. 7.
« Da necessidade da formação universitária do Professor de Desenho e a defesa da escola pública » (« De la nécessité de la formation
universitaire du Professeur de Dessin et la défense de l’école publique »).
Revista APESNOESP, Ano I,
nº 1, p. 20-21.
[7]
« As nossas lutas » (« Nos luttes »).
Revista APESNOESP, Ano I, nº 1, p. 44.
« Críticas ao Projeto de Lei
nº 1048 » (« Critiques au projet de loi nº 1048 »).
Revista APESNOESP, Ano II, nº 2, p. 35-36.
« APES-NOESP sugere emendas ao projeto que concede aumento aos professores » (« APESNOESP suggère amendements au projet qui concède une augmentation aux professeurs »).
Revista APESNOESP, s/nº, p. 4950.
[8]
Leite, Argino da Silva « Aumento para o professor secundário : 14,8 %» (« Augmentation pour le professeur
secondaire : 14,8 »).
Revista APESNOESP, Ano II, nº 2, p. 23-25. MELLO, Alberto
« Vencimentos do
Professor Secundário » (« émoluments du professeur secondaire »).
Revista APESNOESP, Ano II, nº 2,
p. 63-64.
[9]
« Críticas ao Projeto de Lei nº 1048 », op. cit.
« APESNOESP sugere emendas ao projeto que concede
aumento aos professores »,
op. cit.
[10]
« Críticas ao Projeto de Lei nº 1048 », op. cit.
« APESNOESP sugere emendas ao projeto que concede
aumento aos professores », op. cit.