2003
Carrefours de l’éducation
Rencontre avec...
Viviane Isambert-Jamati
Pouvez-vous rappeler comment
vous avez été amenée aux
sciences de l’éducation et plus
spécifiquement à la sociologie de
l’éducation ?
Pouvez-vous retracer votre itinéraire intellectuel ?
Née à la fin de 1924, et ayant suivi
des études de philosophie à la
Sorbonne jusqu’au diplôme
d’études supérieures (la maîtrise
d’alors), j’ai été, après deux ans de
lectures sociologiques, recrutée à la
rentrée 1947 comme chercheur au
CNRS en sociologie, sous la direction de Georges Friedman, et affectée au Centre d’études sociologiques (qui existait depuis l’année
précédente).
Ma « vocation » pour la sociologie
était due d’abord aux remarquables
cours de Maurice Halbwachs suivis en 1942-1943, l’année même
où il fut arrêté pour mourir
quelques mois plus tard en camp
de concentration. Mais aussi,
quoique ce soit d’un autre ordre, à
mon intérêt pour la classe ouvrière
et pour le travail ouvrier (« fraternité de la Résistance »? fréquentation et proximité d’amis communistes ? Je ne pourrais pas exactement
dire). Intérêt pour le travail industriel intensifié en tout cas par la lecture et la rencontre de Friedman.
Donc, avec un apprentissage du travail empirique un peu tâtonnant, j’ai
enquêté d’abord sur le travail des
hommes et des femmes dans l’industrie
horlogère de la région de Besançon (un
ouvrage aux PUF, 1954) puis, avec ma
collègue Madeleine Guilbert, sur le travail
des femmes à domicile dans la confection parisienne (un ouvrage cosigné aux
éditions du CNRS, 1956).
Mes recherches sur le travail féminin
se sont poursuivies, et j’étais préoccupée
par le constat selon lequel les femmes se
soumettaient davantage que les hommes
aux exigences du patronat, en une
période où le syndicalisme était pourtant
puissant. Bien sûr elles avaient moins de
temps que les hommes pour militer dans
un syndicat; elles étaient aussi moins
qualifiées, se trouvaient devant un éventail d’emplois plus limité, et travaillaient
plus souvent dans de petites entreprises.
Mais je voulais aussi questionner la
fameuse « éducation à la soumission »
dont les milieux plus ou moins féministes
parlaient déjà. D’où l’initiative d’une assez
vaste enquête sur l ‘éducation des filles
dans les familles, comparée à celle des
garçons, et notamment sur le degré d’ambition scolaire et professionnelle suscité
chez les uns et chez les autres. Mais l’interprétation de ces nombreux entretiens
m’a fait prendre conscience que je
connaissais très mal les rapports à l’école
des familles, mais aussi plus généralement les aspects sociaux du système scolaire lui-même. J’ai renoncé à publier un
ouvrage à partir de cette enquête parce
que sa problématique était trop floue, et
j’ai décidé de prendre en face, toujours en
sociologue bien sûr, les questions de
l’éducation.
J’appréciais évidemment les ouvrages
de Durkheim sur l’éducation, ainsi que
ses contributions au Dictionnaire de
Pédagogie de Ferdinand Buisson; mais
au tout début des années soixante, le terrain paraissait presque délaissé par la
sociologie.
L’époque était alors relativement faste
au CNRS, et, après les avoir rémunérés
(faiblement) sur de petits contrats, j’ai
pu, en quelques années, faire entrer
comme chercheurs plusieurs anciens étudiants de sociologie pour travailler sur
ce vaste terrain, chacun ayant choisi un
type de problème. Je n’insiste ni sur les
personnes ni sur les recherches en question; en 1964, nous avons évidemment
lu Les héritiers avec grand intérêt, et en
1967 j’ai dirigé avec Bourdieu un gros
numéro spécial de la Revue française de
sociologie où les chercheurs de chaque
groupe de recherches (celui de Bourdieu
et le nôtre) ont livré une première publication de leurs travaux.
En 1965, m’intéressant aux professeurs du secondaire, j’ai commencé une
recherche sociologico-historique sur les
fins qu’au cours du temps ces derniers
avaient déclaré poursuivre en enseignant.
D’où le choix d’une analyse de contenu
sur les valeurs formulées au long d’un
siècle (1860-1960) dans les discours de
distribution de prix des lycées : corpus
bien conservé, homogène sur la période
dans sa fonction, et propre à des déclarations téléologiques. Pour comprendre
pourquoi de telles déclarations avaient
évolué, je me suis efforcée de les mettre
en relation non seulement avec les éventuellestransformations des programmes
et surtout du public des lycées, mais aussi
avec les grandes tendances de la société
française. Cela a donné une thèse d’État
(1969) et un ouvrage aux PUF (1970).
Vous voyez que jusque-là nous sommes,
sans le moindre doute, dans le cadre de
la discipline de recherche « sociologie ».
J’étais en 1969-1970 ce qu’on appelait
« maître de recherches au CNRS », notre
groupe étant membre du Centre d’études
sociologiques, laboratoire du CNRS.
Quant à l’institution universitaire des
sciences de l’éducation, et quant à – plus
particulièrement – l’unité d’enseignement
et de recherches de l’université Paris V,
elles ne m’avaient pas attendue pour exister, à partir de 1967, avec Maurice
Debesse, Georges Snyders, Antoine Léon,
Janine Filloux et quelques autres. J’en ai
connu l’existence à la rentrée 1969,
quand mon ami Joffre Dumazedier, lui
aussi jusqu’alors responsable d’un groupe
de recherches au Centre d’études socio-logiques, a rejoint cette UER comme professeur, pour y enseigner la sociologie de
l’éducation des adultes. Au cours de l’année 1970, connaissant ma thèse, ces collègues ont souhaité que je les rejoigne
(après avis des diverses instances de
l’époque, évidemment) pour enseigner, à
partir de la rentrée soixante-dix, la socio-logie de l’école.
Faut-il donc préciser que l’ordre
chronologique suggéré par votre question a donc été inverse dans le déroulement historique ?
Vous appartenez aux pionniers qui
ont contribué à la naissance des
sciences de l’éducation en France.
Rappelez-nous dans quel contexte s’est
effectuée cette naissance.
Comme je viens de le relater, j’ai en
réalité trouvé la tâche toute faite lorsque
j’ai été sollicitée pour entrer dans ce type
d’institution. Pour l’histoire de cette création, on peut lire E. Plaisance et
G. Vergnaud, Les sciences de l’éducation
(La Découverte, 1993); Bernard Charlot
et al., Les sciences de l’éducation, un enjeu,
un défi (ESF, 1995); Mireille Froment,
Michel Caillot et Michel Roger (dir.), 30
ans de sciences de l’éducation à Paris V,
(PUF, 2000) ou d’autres ouvrages plus
anciens. Sans oublier de prendre connaissance, bien qu’il s’agisse d’une création
de cours universitaires assez différents
institués dès 1882 sous le nom de
« science de l’éducation », de 1’ouvrage
passionnant de Jacqueline Gautherin,
Une discipline pour la République. La science
de l’éducation en France 1882-1914, (Peter
Lang, 2002).
En ce qui me concerne, ma position
a toujours été très nette au sujet de ce
type d’enseignement : dans un département de sciences de l’éducation, chacun
doit enseigner sa discipline (sociologie,
psychologie, philosophie, etc.) avec pour
objet l’éducation, et doit poursuivre ses
recherches dans sa discipline; et chacun
doit fonder son enseignement pour une
part appréciable sur ses propres
recherches, voire associer ses étudiants
à celles- ci. L’exposé rigoureux d’une
palette de disciplines, lorsqu’elles prennent pour objet l’éducation, constitue
une culture qu’il est très souhaitable de
proposer à un certain nombre de professionnels : les enseignants, en plus de
leur discipline d’enseignement s’ils travaillent au collège ou au lycée, les chefs
d’établissement, les divers éducateurs et
animateurs; enfin si des étudiants en formation initiale, sans se destiner à l’une
de professions sus-nommées, optent pour
ces enseignements et ces diplômes, rien
ne s’y oppose évidemment. Des diplômes
assez difficiles à obtenir doivent en effet
sanctionner le travail qui correspond à
ces enseignements. Ma position est un
peu raide, je le reconnais, par rapport à
ce que serait (mais c’est aujourd’hui très
rare dans le milieu) une conception de
« la science de l’éducation », s’inspirant
seulement vaguement des diverses
sciences humaines existantes, et espérant
en faire une synthèse dont je prétends
qu’elle ne peut être qu’un magma : il n’y
aurait aucun corps théorique, aucune
épistémologie propres à cette « science ».
Le livre de Jacqueline Gautherin cité ci-dessus analyse fort bien ce que fut en
France « la science de l’éducation » à la
charnière du XIXe et du XXe siècle : un édifice certes intéressant, mais composite,
dont l’ambition était politico-morale, et
notamment laïque, en une « époque
enchantée ».
Quelle vous semble avoir été la
contribution majeure de la sociologie de
l’éducation comme sociologie critique
au débat sur l’école après 1968, notamment en ce qui concerne la question de
la réussite scolaire ? Comment voyez-vous votre contribution propre ?
Je ne peux pas facilement répondre à
cette question, d’abord parce qu’il me
semble que, aussi bien avant qu’après
Mai 68, il y a plusieurs contributions
importantes, et que je n’ai pas envie de les
hiérarchiser. Ensuite parce que, treize
ans après mon départ à la retraite, je ne
me tiens pas au courant de tout ce qui
se publie en sociologie de l’éducation,
souhaitant souvent profiter de ma liberté
pour lire des ouvrages portant sur
d’autres objets, revenant par exemple
volontiers à la sociologie du travail, mais
aussi lisant de la sociologie politique
concernant par exemple le Moyen-Orient, ou encore lisant de l’ethnologie,
ou (pourquoi pas ?) de la littérature.
Pour ce qui est de la sociologie de
l’éducation, j’avoue ne pas me sentir dans
la position du sage qui voit les choses de
haut et qui les synthétise. Position que
je ne réprouverais nullement, bien au
contraire, mais pour laquelle je ne me
sens pas aujourd’hui de capacités particulières. J’aime mieux, quitte à vous décevoir, ne pas sortir de grand topo qui serait
à coup sûr vaseux.
À la période d’optimisme relatif
quant à l’éradication de l’échec scolaire
a succédé un désenchantement non
moins relatif. Peut-on attendre quelque
chose des paradigmes proposés par la
sociologie de l’éducation ?
Forcément, il faut comprendre ma
réponse en fonction de mes propos ci-dessus. Mais je ne veux pas me dérober
devant toutes vos questions, sinon à à
quoi bon répondre à cet interview ?
D’abord, à mes yeux la sociologie ne
vise pas d’abord la remédiation sociale. Sa
tâche est d’expliquer les phénomènes
sociaux, de saisir comment ils se rattachent les uns aux autres, donc de faire
avancer une compréhension globale des
sociétés. Si, avec nos cadres de pensée et
nos méthodes, nous faisons progresser
la connaissance des faits sociaux d’éducation, à nous de faire connaître nos
interprétations, de les mettre à la disposition des agents de l’éducation, qui peut-être s’en serviront pour remédier. Cela
ne veut pas dire qu’à titre de citoyens
nous soyons neutres, mais je crois vraiment que des résultats de recherches
sociologiques ne dictent jamais une solution et une seule. Me suis-je toujours
comportée en fonction de ce principe, je
n’en suis pas sûre, mais cela ne signifie
pas que j’ai eu raison.
De plus, si importante que soit la
question de l’inégalité sociale de la réussite scolaire, elle n’est pas, vous le savez
comme moi, l’alpha et l’oméga de ce qui
doit retenir l’intérêt des sociologues de
l’éducation.
Y- a-t-il, selon vous, une sociologie
de l’éducation de gauche, une sociologie
de l’éducation de droite ?
C’est une bonne question, mais elle
est embarrassante, elle aussi. Bien sûr
J’aimerais en un sens vous dire « non, un
travail scientifique n’est ni de droite ni
de gauche ».
Et pourtant, je crois qu’à plusieurs
égards on ne peut pas renoncer à une
réponse positive, même si auprès de certains elle nous disqualifie comme scientifiques ». Cette question de la neutralité
en sociologie n’est pas simple.
Malgré tout, si tel sociologue est de
gauche, lorsqu ‘il publie les résultats d’un
travail empirique, ils doivent être réplicables, avec les mêmes instruments, par
un sociologue de droite : à cet égard nous
avons les mêmes exigences quelles que
soient nos positions politiques. Mais ceci
n’implique pas une posture totalement
positiviste, proclamant une neutralité
axiologique. C’est le choix des objets de
recherche, me semble-t-il qui marque ce
qui est important aux yeux de chacun,
et le sens dans lequel il veut voir évoluer
la société. Le livre assez récent de Beaud
et Pialoux, La nouvelle classe ouvrière, par
exemple, n’aurait pas pu être écrit par
des hommes de droite, même s’il ne comporte aucune référence doctrinale à Marx.
C’est dans un tel exemple qu’on trouve,
comme vous y faisiez allusion plus haut,
une véritable sociologie critique. On
pourrait naturellement en citer en socio-logie de l’éducation.
Pourtant, certaines observations vont
dans le sens du « non ». Ainsi c’est Alain
Girard, démographe et sociologue, qui
le premier en France (dès la deuxième
moitié des années cinquante, puis très
largement dans les années soixante) a
publié des résultats d’enquête montrant
les extraordinaires inégalités sociales de
fréquentation de l’enseignement secondaire, de longueur des études, de résultats scolaires. Or Alain Girard, mort
depuis longtemps maintenant, n’était
absolument pas de gauche. Tel autre
sociologue, que tout le monde sait de
gauche, a consacré bien des années à travailler sur la sociabilité privée des enfants
de la classe moyenne entre eux; ce n’est
pas du tout sans intérêt, mais rien ne correspondait là à ses options politiques.
Autrement dit, il n’y a pas de nécessité
absolue : même le choix de ses objets
n’est pas inéluctablemement lié au projet social auquel adhère le sociologue.
En matière de théorie, ce n’est pas
plus simple : Durkheim, avec sa « solidarité organique », était à certains égards
assez proche du solidarisme, ce qui n’était
pas une doctrine de gauche; mais en
même temps il a été un dreyfusiste militant, et surtout il a appartenu au Parti
socialiste de Jaurès. Au contraire un Le
Play, avec son moralisme et son familialisme était certes très manifestement de
droite. Bref, ma réponse à votre question
est tendanciellement positive, mais sans
simplisme. Cela demanderait une
réponse très longue et très argumentée,
mais je m’en voudrais en tous les cas
d’avancer un classement de tous les écrits
sociologiques en deux catégories : droite
et gauche. De nouveau, c’est aux hommes
et aux femmes « d’action » de faire usage
de nos travaux s’ils leur paraissent aller
dans le sens pour lequel ils militent.
Que pensez-vous des orientations
actuelles de la sociologie de l’éducation
en France ? Quelles vous semblent être
ses tâches pour demain ?
Ma réponse à votre troisième question explique ma réserve pour vous
répondre ici. Cependant un petit livre
paru récemment sous la plume de Franck
Poupeau, Une sociologie d’Etat. L’école et
ses experts en France (Raisons d’agir éditions, 2003) est très sévère pour ces
orientations actuelles. De façon très
imparfaite, mais franche, je viens d’adresser un compte rendu réponse sur ce livre
à la Revue française de pédagogie. Ceux
que cela intéresse pourront le lire quand
il paraîtra, si toutefois ils ont lu le livre en
question.
Dans quelle mesure peut-on dire que
la sociologie de l’éducation, en un temps
donné, est liée au contexte socio-histo-rique et au politique ?
Ici aussi, le contexte ne modifie pas
fondamentalement les hypothèses socio-logiques, les façon de les tester, etc. Mais
les « questions vives », comme on dit parfois, autrement dit celles que l’actualité
socio-historique et politique met à l’ordre
du jour, inspirent des objets de
recherche. Je ne sais pas, par exemple,
si sans les manifestations de 1983-1984
Langouët et Léger auraient eu l’idée de
consacrer une part appréciable de leur
activité de recherche à la question publicprivé, même si leurs recherches n’ont pas
immédiatement suivi les événements
Savary. Quant à la fameuse « violence
dans les quartiers », elle n’a évidemment
pas suffi à décider nombre de chercheurs
à travailler sur « L’école de la périphérie » (excellent titre d’un ouvrage d’Agnès
Van-Zanten), mais elle y a contribué.
C’est par commodité que je prends ces
exemples autour de moi, mais ceci n’est
pas une particularité de la sociologie de
l’éducation. Si Durkheim a théorisé les
formes de Solidarité, c’est pour une part
le reflet des préoccupations de son
temps : à la fin des années 1880 et dans
les années 1890, la République n’était
pas encore pleinement assurée.
À une époque où l’on parlait peu de
relations internationales en matière de
recherche, vous avez guidé les travaux
de nombreux étudiants étrangers, parfois exilés, dont un certain nombre ont
eu ensuite une influence décisive sur les
orientations de la recherche dans leur
pays. Comment voyez-vous l’évolution
des relations internationales en
recherche en sociologie de l’éducation
dans un monde dominé par le paradigme de la « mondialisation »? Quelles
vous semblent être les obstacles
majeurs à cette réalisation ?
Au fond, je ne vois pas d’époque « où
l’on parlait peu de relations internationales en matière de recherche ». La première revue de sociologie scientifique en
France, L’Année sociologique, créée en
1898, était bourrée de compte rendus
d’ouvrages étrangers, lus dans la langue
d’origine par Durkheim et ses collaborateurs. Plus près de nous, et simplement
à titre d’exemple, l’Association internationale de sociologie s’est mise dans les
années cinquante à publier des Trends
Reports internationaux par champs. J’en
ai moi-même élaboré un avec
J. Maucorps, sur la sociologie de l’éducation en 1969 (paru en 1972).
Cependant les prises de connaissance des
travaux étrangers ne sont jamais suffisantes, entre autres raisons parce que les
Français ne sont pas champions en
langues étrangères (et les Américains
encore moins…). Dans le domaine de
l’éducation, il faut tenir compte de
lœuvre de Le Than Khoi qui, sous le nom
d’éducation comparée, a fait connaître en
France les problématiques de nombreux
pays. Franchement lors de ma vie active,
peut-être ai-je été naïve ou peu au courant, mais il ne me semble pas que la «
mondialisation » ait posé pour nous les
questions sous un nouveau jour. Quant
à la liberté de recherche, il me semble
que, même lorsque nous avions besoin
de contrats, nous avions davantage les
coudées franches qu’aujourd’hui, du
moins d’après les échos que j’en ai.
Guider dans leur apprentissage de la
recherche de nombreux étudiants étrangers a été pour moi très gratifiant. Mais il
ne faut pas oublier que traditionnellement il vient à la Sorbonne des étudiants
d’un peu partout. Ce n’est pas une caractéristique qui m’est propre, même si je
leur ai consacré, persuadée que cela faisait partie de ma fonction, beaucoup de
temps et d’efforts. Ces efforts sont récompensés aujourd’hui par la fidélité que me
témoignent de très nombreux universitaires étrangers.