2003
Carrefours de l’éducation
Pédagogie muséale et enseignement du volcanisme à la Réunion
Azzedine Si Moussa
université de la Réunion, chercheur associé à l’IREDU-CNRS.
Nadine Deurveilher
Stella Matutina.
Les recherches sur la
pédagogie muséale
mettent en évidence
la double transposi-
tion des principes
théoriques de la
médiatique des
sciences et de la psychopédagogie. L’enjeu est de com
prendre pourquoi et comment les
élèves peuvent construire leurs
apprentissages scientifiques en
milieu muséal. La présente contribution propose une réflexion sur
cette problématique à partir de
l’exemple de l’enseignement du volcanisme à l’île de la Réunion.
L’analyse d’entretiens menés avec
des professeurs des écoles, de collèges et de lycées montre dans
quelle mesure les élèves bénéficient
d’un impact pédagogique significatif dans le cadre des visites effectuées dans un musée dédié au Piton
de la Fournaise. Les résultats montrent que les enseignants, au-delà
d’objectifs d’acquisitions de
connaissances simples, mettent en
évidence des apports non négligeables au plan de la communication et de la socialisation. Mais la
perception d’un enseignement de
la géologie relativement complexe à
mettre en œuvre questionne la
place de la pédagogie muséale, en
tant que complément ou support
décisif, au regard des représentations des attentes des professeurs
et des aptitudes des élèves.
Research into pedagogy in muse-
ums underlines the double trans-
position of the theory principles of
the science media and of psycho-
pedagogy. At stake is understanding why
and how pupils can build their scientific
learning in a museum environment. This
present contribution will propose a reflection on this issue based on the example of the
teaching of volcanism on Réunion Island. The
analysis of interviews conducted with teachers in first schools and secondary schools
shows to what extent the pupils benefit from
a significant pedagogical impact in the framework of their visits to the thematic museum
in Piton de la Fournaise. The results show
that the teachers, going further than the objectives of the acquisition of simple skills, make
significant contributions regarding communication and socialisation. But the perception of
a teaching of geology, which is relatively complex to implement, questions the place of pedagogy in museums as a decisive complement
or support, in the view of the expectations of
the teachers and the aptitude of the pupils.
Forschungen im Bereich der
Museumspädagogik zeigen, dass hierbei
sowohl die theoretischen Prinzipien der
Wissenschaftsmediathek als auch die der
Psychopädagogik umgesetzt werden. Dabei geht es
um ein besseres Verständnis dafür, warum und wie
die Schüler im Museumsmilieu wissenschaftliche
Kenntnisse entwickeln. Der vorliegende Beitrag bietet anhand des Beispiels des Vulkanismus als
Unterrichtsthema auf der Île de la Réunion eine
Reflexion zu dieser Problematik. Die Analyse von
Interviews mit Lehrern aus dem Primär- und
Sekundarstufenbereich zeigt den erkennbar pädagogischen Nutzen, den die Schüler aus Besuchen in
einem Museum rund um den Vulkan Piton de la
Fournaise ziehen. Die Ergebnisse verdeutlichen, dass
die Lehrer über die einfache Stoffvermittlung hinaus
auf beträchtliche Kommuniktations- und
Sozialisationsgewinne verweisen. Die
Wahrnehmungen eines relativ kompliziert zu gestaltenden Geologieunterrichts wirft jedoch die Frage auf,
ob die Museumspädagogik angesichts der
Erwartungshaltungen der Lehrer und der Fähigkeiten
der Schüler als Ergänzung oder aber entscheidendes
Vermittlungsmedium zu betrachten ist.
Depuis plusieurs décennies, les enseignants sont amenés à
«ouvrir l’école vers l’extérieur » en organisant les visites extrascolaires.
En France, le ministère de l’Éducation nationale et
de la Culture a créé en 1982 la mission Musée afin de dynamiser
les musées de province, créer de nouveaux établissements
et veiller au développement d’un réseau national de
structures locales regroupant les centres de culture scientifique
et technique, et améliorer les rapports entre ces structures
muséales et le monde scolaire
[1]. Selon Guichard et Martinand (1999), les musées
et les expositions scientifiques et techniques cherchent de plus en plus à tirer leur
légitimité d’un objectif éducatif ; d’autre part, le système éducatif éprouve le besoin
de s’ouvrir vers l’extérieur et en particulier d’utiliser les expositions comme des ressources
pédagogiques.
Le développement du lien musée-école
Nous proposons ici une contribution sur une partie des enjeux pédagogiques de
cette rencontre école musée. Il s’agit plus particulièrement d’analyser comment
les enseignants prennent l’initiative de recourir à ce qu’il est convenu d’appeler
la « pédagogie muséale » et dans quelle mesure on peut identifier les conditions de
son efficacité pédagogique. Dans cette perspective, il serait logique de s’intéresser
aux nombreux aspects de la relation école musée. On pense notamment aux différentes conceptions visant à évaluer cette relation, par exemple en termes de
« déscolarisation » ou « parascolarisation » du musée (Paquin, 1998), ou à l’inverse montrant une excessive « scolarisation » de l’espace muséal (Cohen, 2000;
Van Praët et Poucet, 1992). De même, il conviendrait de rappeler la construction
de modèles théoriques d’utilisation du musée dans un but pédagogique (Allard
et Boucher, 1991; 1998; Larouche, 1999).
Notre objectif n’est toutefois pas de procéder à une vaste revue de la littérature,
très riche en ce domaine, mais de privilégier des développements consacrés à
notre expérimentation sur le terrain, rendue originale par son contexte
in situ,
c’est-à-dire en prise directe avec un site volcanique
[2]. C’est pourquoi nous nous limiterons à une présentation relativement synthétique et nécessairement partielle de
quelques exemples de travaux illustrant le développement des recherches sur
l’école et le musée.
Nous verrons dans un premier temps que l’émergence de la pédagogie muséale,
ou si l’on préfère des activités d’apprentissage en milieu muséal, résulte, sur le
plan théorique, d’une double transposition des principes issus de travaux menés
en médiatique des sciences et des apports de diverses recherches dans le domaine
de la psychopédagogie.
Nous montrerons ensuite, en prenant pour exemple l’enseignement du volcanisme, ce qu’il advient de cette transposition au plan des pratiques pédagogiques
des enseignants. Nous questionnerons ainsi, à travers leurs réflexions dans ce
domaine, l’impact pédagogique qu’offre le recours à des ressources extérieures à
l’école, au collège ou au lycée, ressources qui sont donc représentées ici par la
Maison du Volcan de l’Ile de la Réunion.
Médiatique des sciences et apprentissages scolaires
L’analyse médiatique des visites dans le domaine des expositions scientifiques
constitue un point de départ incontournable dans une réflexion préalable sur
l’émergence d’une pédagogie muséale ou plus simplement d’une démarche d’apprentissage en milieu muséal. Le recours aux principes et concepts des constructions théoriques de la didactique des sciences et de la psychologie contribue par
la suite à la constitution d’un cadre théorique d’expérimentation pédagogique.
L’approche sociopolitique prônée par Bernard Schiele montre par exemple qu’il
existe certes des éléments qui collaborent à l’émergence du sens pour le visiteur
de l’exposition, mais le message transmis n’est qu’un point de départ et le sens
reste à construire par le visiteur : « l’interprétation du sens de l’exposition s’ancre
dans la signifiance des pratiques sociales » (Schiele & Koster, 1998). Autrement dit,
le visiteur interprète ou donne un sens aux choses qu’il voit à travers son propre
cadre de référence, c’est-à-dire à travers son schème de pensée. À l’opposé, l’approche sociosémiotique de Davallon (in Guichard et Martinand, 1999; p. 63-65)
cherche à décrire le système de l’exposition à partir des « caractéristiques internes
qui la constituent ». Il considère que la production de sens résulte des opérations
de mise en exposition.
La recherche des facteurs de causalité dans la production de sens a conduit à s’interroger sur le rôle de l’organisation de la visite : le contexte de son déroulement,
le temps que le visiteur y consacre, le fait qu’elle soit une activité sociale et de
groupe, les motifs de visite… Toutefois, selon Giordan (1998), certains acquis
dans le domaine pédagogique, comme ceux concernant les conceptions des apprenants « ne dépendent pas du lieu et semblent être transposables » à la pédagogie
informelle dans le cadre d’une visite d’exposition. Les pratiques de référence des
apprenants sont essentielles dans les expositions où les objets et les mises en situation sont les moyens de communication : c’est « au travers d’elles que l’apprenant
interprète de nouvelles informations » (De Vecchi & Giordan, 1996).
Le rôle prépondérant des objets et des mises en situation rapproche la pédagogie muséale des pédagogies actives. Elle s’appuie alors sur l’émotion (notion de
plaisir) et l’implication (invitation à toucher grâce à l’existence des dispositifs interactifs). Les méthodes d’étude de la psychologie de la cognition poussent les chercheurs à analyser les mécanismes cognitifs des visiteurs d’exposition en empruntant les concepts de la didactique comme les niveaux de formulation et les trames
conceptuelles.
L’interactivité du sujet avec les objets d’exposition permet d’apprendre par l’apprentissage par essai-erreur : le visiteur est mis en situation de tester ses hypothèses et d’établir un lien de causalité avec le résultat de son action qu’il peut
modifier jusqu’à obtenir le résultat souhaité. Cet aspect de l’interactivité se rapproche
de la démarche expérimentale.
L’interactivité donne à la fois un statut positif à la découverte, et à la fois confrontation aux ignorances, stimule le questionnement et l’accès à des savoirs ponctuels mais fonctionnels. Les manipulations d’expositions sont des dispositifs matériels, manipulables par les visiteurs, permettant une compréhension immédiate
de l’objectif à atteindre. Elles représentent en trois dimensions les phénomènes, les
concepts, les procédés et les démarches de la recherche (Billet, 1996).
Une autre forme d’interactivité correspond à des moyens d’accéder à des informations, de manipuler des banques de données et d’explorer les contenus : « L’enfant
observe, écoute, fait un effort afin de percevoir et comprendre » (Jantzen, 1995).
Dans une exposition, les enfants apprennent aussi par interaction entre eux ou
avec les adultes qui les accompagnent (Bruner, 1983). Cette collaboration avec
les adultes, ou relation d’étayage, consiste à protéger l’enfant contre les distractions en assurant une convergence entre son attention et celle de l’adulte, à donner à l’enfant l’occasion d’établir des relations entre signes et événements, limiter
la tâche à un niveau accessible à l’enfant, fournir des moyens pour la représentation et l’exécution des relations entre moyens et but, permettre à l’adulte de s’accorder au niveau de l’enfant dans le déroulement de la tâche. Bruner montre aussi
l’importance du contexte psychologique pour l’apprentissage. Le fait d’éprouver du
plaisir fait partie de ce contexte. Le plaisir est lié d’abord, chez l’enfant, aux perceptions sensorielles. Les situations ludiques permettent également de découvrir
des process scientifiques ou techniques. Le jeu procure du plaisir par la manipulation des objets et l’émotion des scénographies. C’est aussi un moyen de maintenir
l’intérêt, et de faciliter le cheminement vers le savoir (Caillet et Coppey, 1992).
Mais l’acquisition des connaissances et le maintien de l’intérêt ne sont pas les
mêmes selon que l’interactivité se réduit au presse-bouton ou qu’elle facilite un dialogue. Les manipulations utilisent de nombreux dispositifs techniques qui vont
du presse-bouton (déclenche un processus) au jeu informatique (possibilité de
fixer des valeurs à des paramètres et d’observer les résultats dans une logique
questions-réponses).
Or explorer un phénomène consiste à faire varier les paramètres du phénomène
pour faciliter la compréhension de la relation de cause à effet. Dans cette logique,
la manipulation met en scène certains de ces paramètres, et le public, par l’action
sur leurs valeurs, est interpellé par les effets spectaculaires, esthétiques, surprenants,
non attendus. Ces effets sont conçus pour créer un conflit cognitif par un décalage
entre ce que le savoir commun s’attend de voir apparaître et ce qui apparaît. Surpris
et intéressé, le public se pose des questions dont les réponses naissent de l’interaction avec le dispositif pour atteindre un premier équilibre cognitif. Selon Piaget
(1971), le savoir commun (système relativement formé de représentation et d’interprétation du monde constitué essentiellement de croyances ou de connaissances préscientifiques) est très éloigné des savoirs scientifiques et constitue très
souvent un obstacle à l’acquisition de ces savoirs.
Pour déclencher un changement des représentations du public, il faut l’amener
à accepter et à prendre conscience de la contradiction (conflit) avec ses opinions
pour favoriser l’abandon de ses propres théories. L’interactivité est donc génératrice de conflit cognitif, stratégie permettant l’acquisition de connaissances.
L’apprentissage est aussi le résultat de la coordination et de la résolution des conflits
cognitifs entre les individus : « Les conflits entre centrations cognitives qui coexistent au sein d’un groupe constituent un facteur de développement cognitif plus puissant qu’un conflit entre centrations individuelles » (Doise et Mugny, 1981).
La recherche des conditions d’un impact pédagogique
L’une des premières conditions est l’élaboration par l’enseignant d’un projet
pédagogique. Une étude de Pierre Clément montre que les impacts les plus ambitieux des concepteurs de l’exposition sur la carte d’identité à la Cité de la Villette
ne sont totalement atteints que lors des visites préparées par l’enseignant, avec
une sensibilisation et une phase de structuration et de réutilisation de découvertes
dans une nouvelle situation après la visite. L’incorporation de la visite de l’exposition dans un projet pédagogique modifie le rapport au savoir. Et le contrat didactique implicite qui lie les élèves à leur enseignant lors de la visite, même si cet
enseignant n’encadre pas étroitement les enfants pendant la visite, semble d’une
importance capitale (Billet, 1996).
À la Maison du Volcan (que nous analyserons plus précisément par la suite),
des entretiens et observations exploratoires nous ont révélé que le service pédagogique élabore des questionnaires et des fiches d’enquêtes à l’attention des élèves
afin de les guider, dans le cadre d’un projet pédagogique avec l’enseignant. Or il
semblerait que les élèves qui arrivent dans l’exposition sans disposer de ces outils
survolent rapidement les panneaux et les maquettes, au gré de l’intérêt qu’ils portent aux objets ou aux textes. Ils regardent, s’émerveillent sans se poser de questions et lancent des exclamations d’étonnement « Ohh !… tu as vu le volcan qui
gonfle !» En revanche, les élèves munis d’un questionnaire se dirigent directement vers les panneaux, maquettes ou bornes vidéos qui y sont indiquées. Ils ne
perdent pas de temps et lisent ou écoutent pour fournir de bonnes réponses.
Toutefois, selon P. Floud (in Girault, 2000), au lieu d’inciter les enfants à réfléchir à des questions ouvertes qui développent leur esprit critique, favorisent une
réelle observation et débouchent sur un questionnement personnel leur faisant
prendre conscience de la valeur polysémique des objets muséaux, les questionnaires
induisent souvent un comportement de course à la bonne réponse sans que les
élèves ne tentent de comprendre globalement la trame narrative de ce qui leur est
présenté.
Une autre des conditions d’un impact éducatif est de provoquer des échanges
et la verbalisation. L’interaction avec l’objet a pour objectif d’amener l’élève à réfléchir, à se poser des questions. Mais on a noté que les élèves se contentaient souvent de regarder le résultat de leur action sans vraiment chercher à analyser les causes
de ce résultat. C’est l’intervention de l’adulte qui, en les interpellant par des questions ou en essayant d’expliquer ce qui se passe, permet à l’élève de comprendre.
À la Maison du Volcan, lorsqu’on appuie sur un bouton, on provoque des phénomènes un volcan qui gonfle, la subduction des plaques lithosphériques… On
peut aussi provoquer des séismes en sautillant devant une borne interactive. Nous
avons observé des élèves faire ces simulations, mais la plupart se contentent de regarder ce qui se passe sans chercher à comprendre. C’est lorsqu’un adulte (professeur,
médiateur…) l’interpelle qu’il essaie de réfléchir et d’expliquer ce qui se passe.
Cela lui permet de confronter ce qu’il dit avec ce que l’adulte sait.
La question de l’encadrement pédagogique des élèves en milieu muséal semble
donc centrale. C’est pourquoi nous avons privilégié une analyse du discours des
enseignants susceptibles de recourir à la pédagogie muséale. Notre corpus se compose donc de professeurs
[3] des écoles, de collège et de lycée ayant visité, avec leurs
élèves, la Maison du Volcan. Le postulat est ici que les enseignants :
- sont à même d’évaluer la pertinence de l’enseignement du volcanisme en
milieu muséal (ils en prennent en tout cas l’initiative en fonction de divers paramètres que nous tenterons d’identifier);
- sont également en mesure d’évaluer l’efficacité pédagogique de leur initiative,
en fonction de leur perception des acquisitions des élèves
[4].
D’un point de vue méthodologique, il s’agit donc d’une évaluation interne. Nous
avons ainsi mené 18 entretiens semi-directifs. Tous les enseignants contactés ont
manifesté un réel intérêt pour notre objet de recherche et se sont révélés dans
l’ensemble relativement prolixes.
Analyse des entretiens menés avec des professeurs
d’école, de collège et de lycée
Une analyse thématique de ces entretiens nous a conduit à distinguer dans un
premier temps ce qui a trait à la valorisation des supports pédagogiques muséaux.
Au-delà de ces aspects matériels, les enseignants interviewés ont également apporté
une réflexion critique sur le problème de l’encadrement des élèves. Enfin, l’évaluation
de l’impact pédagogique des activités menées en milieu muséal est appréhendée
au plan des compétences comportementales (socialisation, autonomie, démarches
actives…) et au niveau de l’acquisition des connaissances proprement dites (notions,
compétences transversales…).
Valorisation des supports pédagogiques muséaux
La pertinence pédagogique des supports muséaux est reconnue par de nombreux enseignants. Certains, comme C11, apprécient fortement les outils mis à
disposition. Chez les professeurs de lycée, ce sont les potentialités en matière de
documentation et de présentations (films, maquettes, cimaises) qui constituent
un élément particulièrement intéressant. De façon générale, l’objectif est bien de
favoriser une certaine forme d’interactivité, même si ce terme n’est pas explicitement évoqué : il s’agit ici d’accéder à des informations, de manipuler des banques
de données, d’explorer des contenus.
E4 : « Il y a tout l’apprentissage scientifique, ils font chaque année l’expérience du geyser, de la caldeira, des projections. On voit un petit peu les mouvements des plaques. Ce
qu’il y a aussi de très bien, c’est cette carte en relief. Les enfants apprécient beaucoup
l’exposition permanente, ses cimaises, avec les petits ordinateurs. Ce qui est bien aussi,
c’est l’espace ludique parce qu’on peut se regrouper. Les élèves aiment aussi les maquettes
parce qu’elles ont très bien représenté et même si ce sont des enfants jeunes, ils arrivent
à s’imaginer, à repérer les différents sites. »
C11 : « Il y a une démarche qu’on voit bien. Il y a une liaison avec la tectonique et ça va
jusqu’à la colonisation des laves par le milieu naturel, par les plantes. Les maquettes sont
très attractives. Il y a une maquette étonnante, celle des chambres magmatiques. »
L15 : « Le contenu peut être accessible à tous les niveaux. Les cimaises sont claires et les
maquettes attractives. Ca permet de compléter les informations. »
Le jugement des enseignants n’est pas totalement positif. E1 remarque le manque
d’expériences ou de maquettes que les élèves pourraient manipuler eux-mêmes.
D’autres enseignants, comme L13, distinguent des points positifs (l’accès à la documentation) et négatifs (l’absence de renouvellement des films et des maquettes).
L13 : « Je me demande si on ne pourrait pas faire un espace plus animé, par exemple
avec des expériences, des maquettes… »
L14 : « C’est cette partie purement géologique de l’île qui manque. Ce qui manque également, c’est l’histoire qui peut remonter avec la tectonique des plaques, qui explique
les points chauds, la formation de l’île, etc. Il manque des cartes et des photographies de
la Réunion, un peu d’animations. Le problème c’est d’essayer de concurrencer la télévision en rendant plus vivants les phénomènes. Une maquette qui me plaît beaucoup… est
celle des chambres magmatiques. Mais elle est inerte !»
Malgré ces réserves, le discours des professeurs illustre bien une double préoccupation, concernant d’une part l’intérêt scientifique et à visée cognitive des supports proposés, et d’autre part le caractère vivant, attractif, imaginaire de ces supports. La référence à la construction d’un savoir scientifique en rendant l’élève
acteur de ses apprentissages apparaît sans ambiguïté, en écho aux tendances pédagogiques actuelles.
L’encadrement pédagogique
Dans ce domaine, les enseignants ont exprimé leur opinion concernant les interventions effectuées par le personnel du service pédagogique de la Maison du
Volcan. La question de la délégation de leurs prérogatives aux intervenants ne se
pose pas de manière explicite : la conviction de la nécessité de cette démarche est
partagée.
C’est donc essentiellement la forme des interventions pratiquées qui soulève
des interrogations. Par exemple, E6 formule une appréciation très positive de l’intervention mais la juge « trop abstraite » pour les enfants (sur le thème des roches
volcaniques). De son côté, E2 estime qu’il y a trop d’informations et que c’est trop
compliqué pour des élèves. De même, trois enseignants de collège (C8, C10 et
C11) dressent un bilan sans complaisance de la qualité et de l’apport des interventions effectuées.
E2 : « Le contenu était trop compliqué pour de jeunes enfants. Ils sont noyés sous les
informations. D’ailleurs, au bout de trois quarts d’heure les élèves ont commencé à s’ennuyer et ils me disaient : “Monsieur, quand est-ce qu’on part ?” Je leur avais fait un petit
questionnaire qu’ils ont rempli un peu au hasard, en recopiant les informations. Mais
ils n’ont rien compris. Pour de jeunes enfants, c’est inadapté. »
E6 : « Tout ce qui a été fait a plu… tout ce que je demandais, on faisait tout pour que je
puisse le faire, même si ce n’était pas vraiment en rapport avec la Maison du Volcan, par
exemple des visites de fermes. J’ai été très content des intervenants. »
C8 : « En classe volcan, j’ai ressenti un certain autoritarisme qui nous a mis mal à l’aise.
Pour le questionnaire que les élèves ont eu à remplir à la fin de la visite, nous n’avons pas
été consultés pour savoir si le contenu nous satisfaisait ou pas. »
C11 : « J’ai assisté à une présentation des classes de terrain mais je pense qu’ils veulent aller
trop loin et que ça ne va pas pour des quatrièmes, et même à la limite pour des élèves de
lycée. Par exemple, j’ai entendu le responsable nous présenter des phénomènes géologiques
en entrant dans des explications, mais je voulais lui dire d’arrêter parce que pour des
quatrièmes ça leur passerait au-dessus de la tête. »
L’argumentaire développé autour de l’âge des élèves est contradictoire avec le discours d’autres enseignants évoluant devant le même public scolaire. Reste le problème de la complexité : soit l’enseignant n’est pas parvenu à rendre l’offre pédagogique accessible par la mise en place d’une situation didactique pertinente de ce
point de vue, ou bien il s’agit d’un manque de soutien pédagogique, en ce sens que
la contribution des intervenants n’a pas eu lieu ou n’a pas donné les résultats
escomptés.
Selon les enseignants de collège, il s’agit essentiellement d’un problème de
concertation. L’encadrement pédagogique muséal n’est pas assuré à l’initiative de
l’enseignant ou en collaboration avec lui. En fait, la mise au point d’un questionnaire et de fiches activité par le service pédagogique répondant de manière standardisée aux besoins des élèves ne constitue pas une adaptation suffisamment
individualisée vis-à-vis des objectifs et des attentes de chaque classe.
Notons que les lycéens ne bénéficient pas d’un encadrement pédagogique proposé par le musée. Toutefois, leurs professeurs n’hésitent pas à formuler des critiques de fond sur l’apport de la pédagogie muséale dans le cadre de la géologie
et du volcanisme.
L14 : « Le niveau est nettement insuffisant en ce qui concerne la volcanologie… cela
permet de rafraîchir la mémoire des élèves. Mais on attend plus de réalité !»
L17 : « Par rapport au programme qu’on a à faire, le volcanisme est une toute petite part. »
Il est cohérent de relever ces observations au niveau du lycée et en filière scientifique. L’ambition des programmes dépasse en effet le niveau de contenu et de vulgarisation scientifique proposé par le musée dont l’approche reste en partie tous
publics.
De façon constructive, certains enseignants, à tous les niveaux d’enseignement,
précisent néanmoins que certains paramètres sont nécessaires à la réalisation effective des objectifs fixés : mettre en place un projet ou déterminer un parcours; disposer d’intervenants formés pour faire passer le message scientifique; élargir l’offre
pédagogique par la collaboration avec des organismes scientifiques.
E1 : « Pour participer aux classes volcan, j’ai mis en place un projet qui développait les
objectifs de compétences transversales, avec en priorité la maîtrise de la langue. »
E6 : « Certains intervenants ont été formés, d’autres pas. Lorsque les enfants ne comprennent pas, l’intervenant ne modifie pas sa façon d’expliquer, et reformule de la même
manière. Il y a un problème de langage de l’intervenant. Il ne sait pas que ça vient de sa
façon de présenter les choses. Et il attend une réponse qui n’arrive pas… Il faudrait des
partenariats avec des personnes compétentes… »
C10 : « L’exposition permanente présente beaucoup de choses donc il faut cibler les
informations par un questionnaire. Ce serait bien aussi de faire une sorte de parcours
ludique pour que les élèves trouvent ça moins lourd. »
L14 : « Ce que j’aimerais voir pour les lycées, ce serait l’association de balades sur le terrain. Il faudrait également une salle qui accueillerait des élèves en formation continue et
où on reconstituerait, à partir de photographies prises sur le terrain, l’histoire de l’île…
Il faudrait que les élèves puissent discuter avec des professionnels… qu’ils soient confrontés à la réalité, qu’ils voient le matériel avec lequel les scientifiques travaillent et qu’ils s’interrogent sur ce travail. »
Cette démarche rappelle la prééminence du rôle des enseignants pour faire en
sorte que la visite scolaire se caractérise par un partenariat fructueux mais aussi l’influence de leurs perceptions ou représentations des apports muséaux (Eidelman
et Peignoux, 1995; Le Marec, 1998).
Les enseignants confirment en tout cas qu’ils ne peuvent évoluer de manière
autonome dans le cadre muséal : ils recourent nécessairement à des intervenants
qualifiés et recherchent même un élargissement des partenariats. Au niveau de
l’école primaire en particulier, on peut y voir une illustration du phénomène croissant de partage de la responsabilité pédagogique entre le maître et d’autres adultes.
Le modèle « monopolistique » traditionnel de l’enseignement par le seul instituteur
n’est plus opératoire, bien que certains s’en défendent.
Ceci a des répercussions évidentes sur le bilan des apprentissages que peuvent
dresser les professeurs de leur expérience muséale. De fait, certains enseignants
ne donnent pas d’appréciation explicite du niveau d’acquisitions de leurs élèves :
ils éprouvent même des difficultés à s’exprimer sur ce point. Pour E2, les résultats sont peu concluants eu égard aux objectifs et aux attentes extrêmement
modestes qu’il formule par ailleurs. De même, C9 et C11 insistent sur les possibilités « limitées » de leurs élèves
[5]. Pour C8 et C12, la sortie apporte quelque
chose (mais on ne sait pas vraiment quoi) aux élèves, sachant que C8 axe ses
propos sur l’apport décisif du terrain. Enfin les propos emphatiques de E1 et E4
semblent attester d’un bénéfice pédagogique important, peut-être plus significatif dans le domaine non cognitif.
Développement des compétences comportementales et
difficultés liées à l’abstraction des notions étudiées
Plusieurs enseignants insistent en effet sur l’apport du musée à ce niveau : les élèves
acquièrent davantage d’autonomie, de responsabilisation, de socialisation, d’ouverture… au lycée, L13, L17 et L18 mettent particulièrement en avant l’apport
des classes volcan et de la sortie au plan de l’appréhension du concret, de la motivation, des échanges, de la conduite d’une démarche active, de l’éducation civique
et de la socialisation.
E1 : « On essaye de faire apparaître des compétences transversales, des liens entre les
disciplines. Par exemple, la vie sociale : les élèves vivent une semaine entière ensemble… »
E4 : « Ce qui est bien aussi, c’est que les enfants peuvent se déplacer et être en autonomie, qu’ils fassent le geste d’aller chercher l’information et de ne pas l’attendre… les
élèves s’unissent beaucoup plus lorsqu’on fait un projet commun. »
L13 : « La classe volcan était le moyen de faire de la géologie de terrain. Les élèves ont pu
voir concrètement, poser des questions, faire preuve de curiosité et de motivation. Ils
ont beaucoup échangé entre eux. Ils ont essayé d’avoir une démarche de chercheur, de
comprendre entre eux, d’aller eux-mêmes compléter leurs données dans le musée. »
L17 : « Il y avait cette autonomie parce qu’ils pouvaient chercher eux-mêmes, se balader
partout, gérer leur temps. C’est surtout le terrain mais aussi d’autres apports qui sont
intéressants, comme la vie en communauté. Il n’y a pas que l’aspect scientifique. Il y a une
vie de groupe qui permet de créer un dynamisme dans la classe. On a fait des progrès considérables. Des élèves me disaient aussi que c’était super parce qu’on a passé de bons
moments et on a pu s’amuser mais en travaillant. Et j’ai été étonné par la qualité de leur
exposé… ça a été positif, pour leur permettre de faire preuve d’autonomie au niveau de
la recherche documentaire, et puis faire un effort dans la présentation orale et se lancer.
Dans la classe, il y avait des élèves qui ne s’étaient jamais parlés et là, ça a ressoudé des
liens autres que scolaires… et le contact avec l’enseignant est beaucoup mieux après. »
L18 : « Non seulement ils ont appris beaucoup de choses parce que je les ai obligés à
prendre des notes, mais ça a permis de créer une certaine ambiance dans la classe. Ca m’a
énormément aidé pour la suite. Ils sont devenus plus coopératifs et ils écoutent davantage. Ils posent des questions. Je vois très bien les élèves qui aident les autres lorsqu’ils
n’arrivent plus à marcher ou lorsqu’ils ne comprennent pas quelque chose. Ils échangent beaucoup plus entre eux. Ils essayent de comprendre, ensemble ils essayent d’expliquer les phénomènes. »
À l’école primaire, l’acquisition de notions simples, objectif pédagogique prioritaire, est soulignée par plusieurs enseignants (E3, E5, E6), donnant ainsi une
appréciation plus explicite du niveau d’acquisitions des élèves et de l’impact muséal
attendu.
E3 : « Ils ont un petit bagage notionnel qui leur permet de parler du volcan. »
E5 : « En fin de parcours ils ont acquis certaines notions très simples. »
E6 : « Ce qu’ils ont tous acquis c’est que le volcan c’est leur histoire, c’est à eux… généralement, ils ont tous compris le fonctionnement du volcan, les appareils de mesure,
tout ce qui gravite autour du volcan, d’où vient le magma et comment l’île s’est formée,
d’où vient la vie… Pour la structure de la Terre, les élèves arrivent à émettre des hypothèses. Et lorsqu’on a fait une bonne étude des volcans, ils arrivent à comprendre facilement tout ce qui est faille, plaque, tectonique, etc. »
Cependant, il ressort du discours de certains professeurs que des limites existent au niveau des acquisitions cognitives. En effet, selon eux, les élèves ne comprennent pas les notions abstraites. Les élèves ne comprennent que les choses
qu’ils peuvent voir, décrire, toucher (voir par exemple Laperrière-Tacussel, 1995;
Mouniama, 1996). Dans ces conditions, l’impact pédagogique muséal observé sur
les élèves sera sans doute nuancé, voire totalement remis en cause (C9).
E3 : « Comprendre, peut-être pas encore mais savoir ce qu’est un volcan. »
E5 : « Au niveau du français ils auront progressé un tout petit peu, et pourront décrire
ce qu’est un volcan en éruption, ce qu’ils voient. Mais il restera quand même quelque chose
d’abstrait, de très lointain dans leur imagination. »
E7 : « Par contre, au niveau des représentations, il y a des enfants pour qui le côté mystérieux du volcan est toujours présent. »
C9 : « Il y a la Maison du Volcan qu’ils peuvent aller voir, mais en 4e, je ne vois pas trop
l’intérêt. On n’attend pas énormément des élèves et ça viendrait en plus. »
C10 : « Il faut préparer cette visite. On ne peut pas lâcher les élèves comme ça. »
L14 : « Ils pensent connaître le volcan. Mais ils restent au descriptif. C’est le sommet de
l’iceberg. Ils ne peuvent pas comprendre le fonctionnement du volcan. Ça demande trop
d’imagination. Pour les TPE, sur les séismes par exemple, on peut les faire travailler à partir des données physiques, mais ils ne disposent pas suffisamment de connaissances pour
pouvoir les exploiter et comprendre ce qui se passe en réalité à l’intérieur. »
L17 : « L’analyse des documents, c’est là que les élèves ont le plus de mal parce que ce n’est
pas très rigoureux. Ils ont du mal à faire des déductions. Ensuite, pour ce qui est de la
restitution, il y a souvent des hors sujets parce qu’ils ont du mal à bien cerner le problème.
C’est pour cela qu’à la Maison du Volcan, je leur disais qu’il ne fallait pas tout prendre,
qu’il faut faire un tri. Et souvent ils ont du mal à trier les connaissances. »
L18 : « Les élèves n’aiment pas écrire. Ils n’aiment pas le théorique. Par contre, lorsqu’on
leur donne du concret, ils sont plus intéressés. Et c’est là dessus qu’ils rattrapent leur
note qui, en général, est assez faible. Ils sont incapables de comprendre des choses trop
abstraites. Ca ne les intéresse pas. Et si on fait des sorties sur le terrain, ce sera facilement
acquis par les élèves; Par contre, en restant en classe, à part quelques petites notions, il
n’y a pas grand-chose qui reste. »
Au-delà de cette opinion radicale et finalement peu explicite, on relève deux
avis (C10 et C11) exprimant des incertitudes quant à l’efficacité pédagogique de
la démarche conduite en milieu muséal. On remarque aussi que L17 et L18 nuancent leur évaluation sur certains points méthodologiques, remettant quelque peu
en cause l’image d’excellence généralement dévolue aux élèves de 1re S.Un enseignant, L14, va encore plus loin, et ne semble finalement pas tirer un bilan positif
en termes d’acquisitions pour ses élèves dans le domaine de la géologie. Ces propos suscitent une interprétation en forme d’interrogation quant à l’impact supposé de la pédagogie muséale.
On comprend bien que la construction des apprentissages scientifiques est valorisée le cadre du musée, produisant des acquisitions parfois limitées, mais il semble
surtout que la difficile maîtrise conceptuelle de l’objet d’analyse (les phénomènes
géologiques) oriente l’impact pédagogique recherché vers une dimension essentiellement communicative et socialisante.
Les objectifs notionnels simples proposés par les programmes au niveau de
l’école primaire sont atteints sachant qu’il s’agit de la priorité déclarée par les enseignants. Pour le collège, le seul discours de C8 révèle des objectifs, des attentes, des
choix pédagogiques et des modalités d’évaluation correspondant à une image éclairante et positive de l’apport de la pédagogie muséale. En revanche, chez les autres
professeurs, s’impose une perception relativement « défaitiste » de l’enseignement
de la géologie et des possibilités d’apprentissage de leurs élèves. Dans la même
perspective, le jugement de L14 sur la capacité de compréhension de ses élèves de
1re S peut paraître inquiétant. Finalement, l’apport des activités pédagogiques en
milieu muséal est reconnu et validé par les enseignants bien que certains d’entre
eux stigmatisent des difficultés d’apprentissages qui ne sont pas toujours imputables
à un échec ou une inadaptation de la pédagogie muséale. La place de celle-ci reste
en débat, en tant qu’atout pédagogique complémentaire, décisif ou « compensatoire » au regard des attentes des enseignants et des aptitudes supposées des élèves.
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[1]
En décembre 2000, un plan pour le développement des arts et de la culture à l’école prévoyait que
« tout établissement culturel ou artistique subventionné sera doté d’un service éducatif chargé de
concevoir et de mettre en
Å“uvre des actions avec des partenaires éducatifs » (Héritier-Augé, 1991).
[2]
Il s’agit du Piton de la Fournaise, un des plus grands volcans actifs du monde (7000 mètres d’altitude, dont 3000 émergés).
[3]
Les professeurs interviewés (en février-mars 2002) enseignent dans divers établissements de l’île :
sept d’entre eux (E1 à E7) exercent en CM1 et/ou CM2, cinq (C8 à C12) ont une classe de 4
e et six (L13
à L18) ont une classe de 1
re S.
[4]
Notons que si notre propos est bien centré sur les acteurs professeurs et élèves, notre objectif n’est
pas de dresser une typologie des uns et des autres, comme cela a pu être mené par ailleurs (voir par
exemple Quagliozzi et Cohen, 2000).
[5]
Transparaît alors une thèse « sociologique », en ce sens que l’on se limiterait à des apports en matière
de découverte pour des enfants de milieu défavorisé, rejoignant ainsi certaines attentes observées en ZEP
(voir par exemple Rochex, 1997). Le partenariat ZEP-Musée a cependant, parfois, donné des résultats
encourageants (Duval, 1999).