2003
Carrefours de l’éducation
Écrire l’histoire de l’éducation en Picardie : sources documentaires et pistes de recherches aux Archives de la Somme
Isabelle Chave
conservateur du patrimoine, Archives départementales de la Somme.
Cet article livre le
texte de la
conférence don-née par l’auteur
le 11 février
2003 dans le
cadre des
« Conférences
historiques des Archives de la
Somme», afin de dresser un bilan
des sources archivistiques, du
Moyen Âge à nos jours, conservées
aux Archives départementales de
la Somme grâce aux acquisitions
révolutionnaires de 1796, aux versements administratifs régulièrement effectués depuis 1800 et aux
dépôts et dons plus récents de particuliers et d’organismes privés. Par
leur nature, ces ressources documentaires dégagent de nombreuses
pistes de recherches qui doivent
aujourd’hui être empruntées, sinon
reprises, à la lumière de fonds documentaires récemment acquis: enseignement dans le diocèse d’Amiens
du Moyen Âge à la Révolution
(écoles, collèges); enseignement
des séminaires du diocèse avant
1790; contrôle royal sur les écoles
et les établissements supérieurs de
l’intendance de Picardie au
XVIIIe siècle; menées révolutionnaires contre l’action éducative de
l’Église dans la Somme; mise en
place du réseau des écoles primaires de la Somme de 1830
à 1880; alphabétisation, laïcisation
de l’enseignement et scolarisation
dans la Somme au XIXe siècle; enseignement technique et professionnel dans la Somme au XXe siècle.
This article presents the text of the
conference given by the author on
11th February 2003 within the
framework of the “Historical
Conferences on the Archives of the Somme”,
in order to review the situation of the archive
sources from the Middle Ages to the present
day, kept in the Somme département
archives, thanks to the acquisitions made in
the 1796 revolution, to administrative records
made regularly since 1800, and to more
recent registers and donations from private
individuals and organisations. By their very
nature, these documentary records open up
numerous lines of research which today must
be followed, or taken up once again, in the
light of recently acquired documentary sources:
education in the diocese of Amiens from the
Middle Ages to the Revolution (primary and
junior schools); the education of the seminaries of the diocese before 1790; royal control of
higher education schools and establishments
of the intendancy of Picardy in the XVIII century; revolutionary intrigues against education
undertaken by the Church in the Somme; the
foundation of the network of primary schools in
the Somme from 1830 to 1880; the elimination of illiteracy, secularisation of education
and schooling in the Somme in the XIX century;
technical and professional education in the
Somme in the XX century.
Der Artikel entspricht in seinem Wortlaut
dem Vortrag, den der Autor am 11.
Februar 2003 im Rahmen der
Conférences historiques des Archives de la
Somme gehalten hat. Dabei zieht er eine Bilanz der
archivarischen Quellen vom Mittelalter bis heute, die
in den Öffentlichen Archiven des französischen
Departements Somme zu finden sind. Sie wurden
während der Revolution im Jahre 1796 angelegt und
seit 1800 durch regelmäßige Zahlungen der öffentlichen Hand sowie in jüngerer Zeit durch Schenkungen
und Spenden von Privatpersonen und privaten
Förderorganismen alimentiert. Diese dokumentarischen Quellen bieten naturgemäß vielfältige
Forschungsschwerpunkte, die heute im Lichte vor
kurzem erstandener Dokumentenbestände gesetzt
bzw. neu definiert werden müssen. Sie betreffen den
schulischen Unterricht im Bistum Amiens vom
Mittelalter bis zur Revolution, die Ausbildung in
Priesterseminaren in dem Bistum vor 1790, die königliche Aufsichtsbehörde über die Schulen und die gehobenen Ausbildungsstätten der Intendanz Picardie im
18. Jahrhundert, die revolutionären Aktionen gegen
die kirchliche Schulpolitik in der Somme, die
Errichtung eines Grundschulsystems in dem
Departement zwischen 1830 und 1880, die
Alphabetisierung, Laizisierung des Schulunterrichts
und Einschulung im 19. Jahrhundert sowie die praxisorientierte Ausbildung in der Somme im 20.
Jahrhundert.
Incarnés par les archives, matériau brut des étudiants et chercheurs en
histoire, les liens entre le monde des archives et celui de l’éducation s’imposent
de toute évidence. La sensibilité des archivistes au thème de l’histoire
de l’éducation s’illustre de bien des manières : circulaires de la
Direction des Archives de France sur le traitement des archives de l’Éducation
nationale depuis 1958
[1] ; Guide des archives de l’enseignement aux
XIX
e-XX
e siècles, publié sous la direction de Thérèse Charmasson
[2] ; articles
réguliers de la Gazette des archives, organe de l’Association des archivistes
français
[3]. Comme celui des Archives de la Somme
[4], des services éducatifs et
pédagogiques ont été créés dans les services d’archives français, de façon pionnière
en Europe, dès les années 1970, ouvrant la voie, comme dans l’Orne et dans
les Bouches-du-Rhône, aux « archivobus » des années 1980. La formation du personnel
enseignant, dans les instituts universitaires de formation des maîtres, prévoit
une sensibilisation au potentiel pédagogique d’un partenariat avec les services
d’archives dans leur académie d’affectation.
Archives de l’éducation aux Archives de la Somme :
bilan de l’accroissement des fonds (1796-2000)
Les Archives départementales de la Somme ont été créées par décret du 5 brumaire an V (26 octobre 1796) pour conserver au chef-lieu du département les
papiers des administrations supprimées par la Révolution, des établissements
ecclésiastiques nationalisés et des émigrés. Avec la Révolution sont entrées les
archives antérieures à 1790 des séries dites anciennes, liées pour une part au thème
de l’éducation
[5]. Avec la naissance des préfets en 1800 sont closes les archives
dites révolutionnaires (1790-1800), classées en série L. Le XIX
e siècle fut essentiellement consacré au classement et à la rédaction d’inventaires imprimés pour ces
séries anciennes et révolutionnaires. Les Archives départementales sont à cette
période installées dans l’ancien couvent des Feuillants, au dernier étage du bâtiment principal, exhaussé pour la cause.
Comme toutes les administrations publiques, l’Éducation nationale est soumise
au principe du versement obligatoire de tous ses dossiers dans les dépôts d’archives publics. Avant même la généralisation de cette obligation, en 1936, elle fit
preuve d’esprit pionnier en la matière : dès le 24 décembre 1932, le ministre de l’Éducation nationale diffusait auprès des recteurs une circulaire, portée à la connaissance des préfets et des archivistes départementaux par le directeur des Archives
de France le 27 décembre, posant le principe du versement obligatoire des papiers
des rectorats et inspections d’académie et de toutes les archives des établissements
d’enseignement public des quatre ordres – facultés (celles d’Amiens n’existaient,
au reste, pas encore), écoles préparatoires, lycées, collèges –, antérieurs à 1890, soit,
compte-tenu de la date, de tous les papiers de plus de quarante-deux ans d’âge.
Consécutive à un vÅ“u émis par la Commission supérieure des archives, la circulaire de 1932 donna lieu à des enquêtes locales. Dans ce contexte sont entrées les
archives de la première académie d’Amiens (1809-1848), premiers éléments de la
future série T (Enseignement public, 1800-1940). Ce fonds, dit « du recteur », fut
classé par Jean Estienne, alors archiviste départemental, et publié en 1950, alors
qu’en 1945 étaient versés les papiers de l’inspection académique pour les années
1839-1940.
Le déménagement des Archives de la Somme, de l’ancien couvent des Feuillants
à la rue Gauthier-de-Rumilly, en 1951, ouvrit une période d’accroissement sensible
des fonds émanant de la préfecture de la Somme, qui verse alors les documents des
années 1800-1940, progressivement classés, dans les séries dites modernes
[6]. Les
fonds préfectoraux de la série T déjà citée entrent à cette occasion, nettement séparés du fonds de l’inspection académique, selon les termes de la circulaire de la
Direction des Archives de France du 16 décembre 1965. Dans le domaine de
l’éducation, les années 1970 correspondent à une rationalisation de la collecte.
La circulaire en date du 26 mai 1970 enjoignit aux établissements primaires,
secondaires et supérieurs de verser aux Archives départementales leurs archives antérieures à 1940, en laissant le soin à une Commission permanente des archives de
l’Éducation nationale, de déterminer d’après les listes d’établissements possesseurs
d’archives dites anciennes (années 1940-1950 au moins) élaborées par les archivistes départementaux, les bénéficiaires de l’échantillonnage suivant : 1/5 environ
des établissements d’enseignement secondaire et 1/50 environ des établissements
d’enseignement primaire furent invités à verser leurs archives, tandis que tous les
établissements supérieurs sans distinction furent concernés par la demande de
versement. L’archiviste départemental de la Somme procéda à l’enquête exigée
dans son ressort de compétence, aboutissant à présenter, en mai 1970, au directeur des Archives de France, la « candidature » de quelque trente établissements.
Un an plus tard, en mai 1971, il dressait le bilan, d’ailleurs mitigé, des versements
reçus en application de la circulaire du 26 mai 1970. Pour ce qui concerne les
établissements d’enseignement supérieur, Amiens n’en comptait qu’un seul avant
la Seconde Guerre mondiale, l’école de médecine et de pharmacie, qui avait seule
survécu à la suppression des autres établissements en 1848. Ses archives ont été
détruites au cours des bombardements de mai 1940. Les facultés de lettres et de
sciences, étaient de création trop récente pour entrer sous le coup de la circulaire.
Elles remplaçaient une école supérieure de lettres et un collège scientifique, créés
eux-mêmes en 1958. La faculté de droit remplaçait l’école de droit, créée en 1941,
tandis qu’une école supérieure de commerce et une école de notariat faisaient leur
apparition en 1942. Pour ce qui concerne les établissements d’enseignement secondaire, les archives des cinq établissements avaient été perdues en 1940. Le lycée
d’Amiens et le collège Jules-Ferry (filles) d’Abbeville furent incendiés en mai 1940;
le lycée de jeunes filles d’Amiens, le collège de garçons d’Abbeville et le collège mixte
de Péronne furent réquisitionnés par les troupes d’occupation. Quant aux établissements d’enseignement primaire, les réponses à l’enquête continuaient à parvenir à cette date à l’archiviste départemental : un demi-mètre linéaire avait été
versé en mai 1971
[7]. Les registres matricules d’élèves admis à l’école, demandés instamment par la Commission des archives de l’Éducation nationale, notamment, ne
furent pas versés : dans la plupart des établissements, ils étaient encore en service,
tels ceux de Roisel, ouvert depuis 1919, et de Rouy-le-Grand, depuis 1921 !
Avant 1981, quatre versements d’établissements primaires purent être acceptés
dans ce contexte, les Archives de la Somme ayant à souffrir dès le début des années
1970 d’une longue période de saturation des magasins
[8]. Le second déménagement, qui aboutit à l’installation de l’institution dans les bâtiments de l’ancien
couvent des Visitandines d’Amiens, devenu grand séminaire, rue Saint-Fuscien, en
1983, ouvre de nouvelles perspectives, en particulier pour la constitution de la
série unique W, rassemblant les archives postérieures à 1940.
Variété documentaire et perspectives de recherche
Les fonds anciens, du Moyen Âge à la Révolution
À l’exception du fonds du Collège d’Amiens (série D), remontant exceptionnellement au milieu du XII
e siècle, les documents les plus anciens traitant de l’éducation aux Archives de la Somme sont conservés dans la série G (Clergé séculier
avant 1790), qui appelle la recherche sur les différentes écoles du diocèse d’Amiens
et sur le collège d’Amiens, placés sous tutelle épiscopale. Quant au fonds d’archives du collège des Cholets, situé à Paris, ouvert aux jeunes étudiants des diocèses d’Amiens et de Beauvais, il remonte à 1296
[9]. Il est également possible d’étudier l’enseignement des futurs prêtres au séminaire d’Amiens et au petit séminaire
d’Abbeville, aux XVI
e -XVIII
e siècles, ou encore la tutelle épiscopale sur l’enseignement,
grâce au petit fonds de l’écolâtrerie de la cathédrale d’Amiens, du début du XV
e à
la fin du XVII
e siècle. Attachée à la cathédrale Notre-Dame, la maîtrise et ses archives
remontant au milieu du XVI
e siècle peuvent être citées, quoique bien étudiées par
Georges Durand déjà, pour l’histoire de l’enseignement musical. La série H (clergé
régulier avant 1790) complète la série G pour ce qui concerne le collège de Corbie,
à la fin du XVII
e siècle, placé au temporel dans la juridiction de l’abbaye bénédictine, et les écoles de charité ouvertes par les oratoriens, ainsi à Cottenchy, Thory,
Sains-en-Amiénois et Amiens, au XVIII
e siècle
[10]. Classées en série D, les archives du
collège d’Amiens représentent cent trente-sept articles, de 1148 à 1790. Tenus
pour établissements religieux, progressivement supprimés sous la Révolution, les
collèges d’Ancien régime ont vu leurs archives incorporées aux autres fonds nationalisés. Dans les Archives départementales françaises, vingt ou trente fonds homogènes de collèges présentent, à l’instar de celui d’Amiens, un réel intérêt pour l’histoire de l’enseignement
[11].
Quelques dates-clés, comme la création par le concile de Trente, dans chaque
paroisse, d’une petite école, gratuite pour les enfants nécessiteux, et, dans chaque
diocèse, d’un collège épiscopal, autorisent à mesurer la précocité ou au contraire
la lenteur des créations amiénoises. La Compagnie de Jésus fonde son premier
collège en 1561, le collège de Clermont à Paris, devenu collège Louis-le-Grand
en 1682, avant que ses membres ne multiplient les établissements. L’enseignement,
fondé sur le goût des humanités, y dépasse bientôt en faveur celui de l’université
de Paris, pourtant passée en 1598 sous contrôle royal, avec monopole de la collation des grades. Le régime royal, en fermant les établissements jansénistes en
1680, puis protestants en 1685, assure leur triomphe, du moins jusqu’à leur expulsion en 1762 et la suppression de la Compagnie en 1764. D’autres congrégations
pourtant, comme celle des oratoriens, en effet, développent leurs propres institutions aux XVII
e -XVIII
e siècles. Quant aux Frères des écoles chrétiennes, c’est en 1680
que Jean-Baptiste de la Salle crée à Reims son premier institut, consacré à l’enseignement élémentaire des enfants pauvres. La série C (Intendance de Picardie avant
1790) montre, de la fin du XVII
e à la fin du XVIII
e siècle, les modalités du contrôle
de l’administration royale déléguée sur le réseau des établissements d’enseignement sis dans l’intendance
[12]. On y étudiera le monde des écoles grâce aux registres
d’ordre des années 1770-1780, qui recensent les nominations de maîtres d’écoles
et les travaux menés dans les écoles situées dans le ressort de l’intendance, en les
complétant de documents isolés en séries F (Titres de famille) et J (Entrées extraordinaires), citant d’autres écoles, à Abbeville, celle du prêtre Dequen, ou à
Bourseville, au XVIII
e siècle. Quelques grands établissements d’enseignement supérieur peuvent être étudiés au XVIII
e siècle (écoles vétérinaires, collège d’Amiens,
École des arts d’Amiens, École royale militaire), qui reflètent exactement la volonté
royale de développer les grands corps savants grâce aux établissements d’enseignement, notamment aux écoles techniques (écoles militaires, écoles des mines,
écoles de dessins ou de mathématiques appliquées, etc.). Dans ce contexte, le
fonds d’archives d’Arsène-Nicolas Baillet (Amiens, v.1765- † 1845), inspecteur de
l’école des Mines, apparaît particulièrement intéressant, par ses réflexions sur l’organisation et l’inflexion des cours dispensés et ses croquis personnels (élévations
de fortifications, dessins de machines, etc.)
[13].
Les bouleversements révolutionnaires
Les archives de la série L (1790-1800) illustrent les efforts de la Révolution pour
démanteler le monopole scolaire de l’Église. En septembre1791, l’Assemblée constituante prévoyait l’organisation d’une « instruction publique commune à tous les
citoyens, gratuite à l’égard des parties d’enseignement indispensable à tous les
hommes », suivies d’un certain nombre de décisions à l’encontre de l’action éducative de l’Église
[14]. La Convention thermidorienne et le Directoire, sous l’impulsion de Lakanal et de Daunou, passèrent aux réalisations, essentiellement parisiennes du reste. Sur le plan local, la Constitution de l’an III (22août 1795) conféra
à l’État l’obligation de pourvoir à l’enseignement public, sans lui en réserver du
reste le monopole. Sous la tutelle d’un directeur de l’Instruction publique, dépendant du ministre de l’Intérieur, trois niveaux d’enseignement furent prévus : écoles
primaires, ni gratuites (sauf exonération), ni obligatoires, dans les cantons; écoles
centrales à l’échelon départemental; écoles spécialisées, destinées soit au service
de l’État, soit à l’étude privée. La série L offre les matériaux pour traiter, en effet,
de la mise en place et de la vie de ces écoles primaires dans les cinq districts du département de la Somme (Abbeville, Amiens, Doullens, Montdidier, Péronne), des collèges du département, à Abbeville, Amiens, Montdidier et Péronne, et de quelques
établissements spécifiques : École centrale du département et Prytanée français
[15].
La cocarde et le goupillon : archives de l’éducation laïque
et libre aux XIXe et XXe siècles
La chronologie moderne propre à l’histoire de l’éducation (loi Guizot de 1833,
loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905, réforme de l’enseignement de
1959), ne correspond pas à la répartition des archives modernes et contemporaines, avant et après 1940, dans les services d’archives départementales. Ainsi la
série T (Enseignement public dans la Somme, 1800-1940) s’achève-t-elle sans
logique intellectuelle réelle avec l’histoire de l’éducation : c’est davantage l’aprèsguerre, et le plan Langevin-Wallon de 1947, qui créent une rupture, en cherchant
à adapter l’enseignement aux nécessités nouvelles de l’accroissement scolaire des
degrés secondaire et supérieur et du domaine technique, tributaire de l’accélération des progrès scientifiques.
Représentant quelque 300 mètres linéaires pour le département de la Somme, la
série T rend compte très exactement de la prise en compte accélérée par l’État de
ses propres responsabilités d’éducateur public et des questions de l’alphabétisation, de la laïcisation de l’enseignement et de la scolarisation
[16]. Deux textes législatifs majeurs ouvrant le XIX
e siècle furent riches en effet d’implications documentaires. Sous le Consulat, la loi du 11 floréal an X (1
er mai 1802) permettaient aux
frères des Écoles chrétiennes de reprendre partiellement en charge l’enseignement
primaire et remplaçait les écoles centrales par les écoles secondaires, entretenues
par les communes ou par des particuliers, et par les lycées d’État, qui, en cinq ou
six ans d’études permettent d’accéder au troisième degré, celui des écoles spéciales.
Sous l’Empire, la loi du 10mai 1806, instaurait, sous le nom d’Université impériale,
un corps chargé exclusivement de l’enseignement et de l’éducation publics dans tout
l’Empire. La circonscription administrative créée, calquée sur le ressort de la cour
d’appel, fut l’académie, confiée à un recteur, secondé par un conseil académique et
un corps d’inspecteurs. Dans celle d’Amiens furent réorganisés le lycée d’État, pour
un enseignement secondaire en six ans, et les collèges ou écoles secondaires entretenus par les communes, donnant un enseignement plus court, tandis que l’enseignement primaire revenait à diverses catégories d’établissements : les institutions privées, dispensant un enseignement de niveau varié pouvant atteindre celui des collèges; les pensionnats, également privés, mais assurant une durée d’études plus
courtes; enfin, les petites écoles, souvent confiées à des congrégations, notamment
celle des frères des Écoles chrétiennes.
Deux fonds particuliers de cette ample série ont fait l’objet d’instruments de
recherches particuliers, celui du rectorat d’académie de 1809 à 1848 (2T)
[17], s’arrêtant avec l’affirmation des principes républicains de scolarité (1848) et la loi
Falloux (15 mars 1850), réduisant les académies aux dimensions départementales; par ailleurs, celui du fonds de l’instruction primaire de l’inspection d’académie
(99 T), renfermant l’un des fleurons des archives de l’enseignement de la Somme :
les plans d’écoles commandés en 1878 à chacun des instituteurs de la Somme
[18].
Ces 600 plans de bâtiments communaux à usage d’école, et souvent aussi de mairie, illustrent l’adoption du style III
e République ou les effets fréquents de la réhabilitation d’un habitat traditionnel rural. Ils sont à replacer dans le contexte de
l’action de l’État de 1830 à 1880 en faveur de l’instruction primaire, contribuant,
en un demi-siècle, à ouvrir au moins un chantier de construction nouveau dans
chacune des quelque 780 communes de la Somme
[19].
La série M (Administration préfectorale, 1800-1940) aborde la question de l’enseignement par les types d’établissements contrôlés par l’État (écoles de médecine
et de pharmacie, écoles de sages-femmes, École pratique d’horticulture du Paraclet,
École vétérinaire, écoles d’enseignement agricole, écoles de commerce, écoles
industrielles du XIX
e siècle, Université populaire d’Amiens) et le monde étudiant,
par les associations d’anciens élèves (déclarations en préfecture, statuts) et d’enseignants, vers 1900-1930. Le mouvement pionnier dans la Somme de mise en place
du syndicalisme enseignant à l’orée du XX
e siècle peut être abordé par la sous-série
10 M (syndicats d’instituteurs, tels le Comité d’émancipation syndicale des instituteurs et institutrices de la Somme; syndicats de fonctionnaires). La série N
(Administration départementale, 1800-1940) fournira notamment des plans de
l’École normale d’instituteurs d’Amiens (1882-1890). La série O (Administration
et comptabilité communale, 1800-1940) renferme, pour chaque commune de la
Somme, plusieurs liasses de travaux aux édifices communaux (pièces des marchés, plans d’écoles). La série R (Affaires militaires, 1800-1940) aborde la question
des bataillons scolaires et des instructeurs militaires scolaires, dans les années
1885-1895, relayés par les sociétés de tir et de préparation militaire, intervenant
dans les écoles publiques au début du siècle; elle évoque également les sursis
d’appel pour les instituteurs pendant la Première Guerre mondiale. Les recherches
en enseignement public peuvent être complétés, pour la première moitié du
XIX
e siècle, par le fonds Bazot, collection de documents originaux thématiquement
organisée, qui renseignera sur l’organisation de l’enseignement, à tous les degrés,
dans trois villes : Abbeville, Amiens et Péronne
[20].
Pour ce qui concerne l’enseignement congréganiste, la série V (Administration
des cultes, 1800-1940) et les archives du diocèse d’Amiens (DA) sont parfaitement complémentaires
[21], livrant des relevés réguliers des écoles privées du diocèse d’Amiens, des archives liées à certaines institutions : école libre de la Providence
d’Amiens, maison du Bon-Pasteur à Amiens, collège Saint-Martin d’Amiens.
L’enseignement congréganiste est largement abordé, autour des jésuites, des Pères
de la Foi et des frères des Écoles chrétiennes, pour l’enseignement masculin; de
la congrégation du Bon-Pasteur et des s
Å“urs de l’Instruction chrétienne, pour
l’enseignement féminin. Le Consulat restaura la légitimité des frères des Écoles
chrétiennes dans l’enseignement primaire, à nouveau reconnus, comme les pensionnats et institutions privés, par la loi de 1806. Par l’ordonnance de 1824, le
titre de grand maître de l’Université royale fut d’ailleurs transformé en ministre
des Affaires ecclésiastiques et de l’Instruction publique, titres dissociés seulement
en 1828, et les dispositions de la loi Falloux de 1850 accordèrent d’importantes
facilités aux membres du clergé âgés de 25 ans révolus d’ouvrir des établissements
secondaires privés à côté des établissements d’État. Les rapports avec l’enseignement laïque sont évoqués par les conflits entre certaines fabriques paroissiales et
l’école communale (à Amiens, Bougainville, Bourseville, Framerville-Rainecourt
ou Huppy par exemple), par les visites épiscopales ou par la célébration de la
Saint-Henri dans les écoles, ou encore par l’installation d’aumôneries dans les
lycées. La série V rend compte des conséquences pour le clergé du diocèse d’Amiens
de l’évolution politique de la III
e République, qui donne à l’enseignement, sous la
menée de Jules Ferry, une orientation essentiellement républicaine, représentée par
les trois concepts de gratuité, d’obligation et de laïcité
[22]. On poursuivra en sous-série 2 Q (Domaines, 1800-1940) les séquestrations et aliénations par l’État des établissements scolaires congréganistes. Toutefois, dans la Somme comme ailleurs, les
établissements possédés par les congrégations évincées furent le plus souvent réorganisés par le clergé séculier. Le régime de Vichy autorisa le retour des congrégations enseignantes en septembre 1940 et décida l’octroi de subventions à l’enseignement privé. La série DA rend compte de la possibilité d’instituer des aumôneries
dans les établissements publics depuis la loi de 1959. Sur la question de l’éducation des futurs prêtres, les séries V et DA permettent de poursuivre les recherches
menées dans la série G sur le grand séminaire d’Amiens et les trois petits séminaires
de Saint-Acheul, Abbeville et Saint-Riquier.
De la réforme de 1959 à nos jours
L’après-guerre et, en particulier les conséquences de la réforme générale de l’enseignement de 1959, peuvent être abordés par la série W (Archives administratives
et judiciaires après 1940) et la série J (Entrées extraordinaires).
Dans le domaine de l’éducation, les versements de la série W couvrent toute la
deuxième moitié du XX
e siècle, de 1940 à 1997. Parmi les institutions versantes liées
au thème de l’histoire de l’éducation, citons cinq administrations (préfecture de la
Somme, conseil général de la Somme, Trésorerie générale de la Somme, rectorat
d’Amiens, Inspection académique de la Somme), trois établissements d’enseignement (université de Picardie, lycée Édouard-Gand d’Amiens, cité scolaire d’Amiens),
trois établissements de formation (institut de formation des maîtres de la Somme,
délégation régionale à la Formation professionnelle, délégation régionale du Centre
national d’aménagement des structures des exploitations agricoles, dépendant,
comme l’enseignement agricole depuis le 2 août 1960, du ministère de l’Agriculture).
Quels grands types de fonds y trouve-t-on ? Les dossiers généraux sur l’enseignement public ou privé
[23] sont complétés par des dossiers individuels
[24], des dossiers
de travaux
[25] et des dossiers comptables
[26]. D’autres abordent le contenu-même de
l’enseignement
[27]. Ces versements autoriseront souvent des approches quantitatives,
qu’enrichissent les fonds d’archives de l’éducation de la série J, entrés à titre de dépôt
ou de don ou acquis à titre onéreux : papiers de Christian Schnackenbourg, membre
du Syndicat national de l’enseignement supérieur et professeur d’histoire économique à la faculté d’économie et de gestion de l’université de Picardie, traitant la
vie universitaire à Amiens de 1970 à 2001
[28]; papiers de Marc Warroux, prêtreenseignant
[29]; archives de la CFDT relatives à l’enseignement privé (1960-1995)
[30];
cahiers de cours de classes de sixième du collège d’Ailly-le-Haut-Clocher (1999-2000)
[31]; papiers Edmond Vandermeersch, secrétaire général adjoint de l’enseignement catholique, né en 1922
[32]; enfin, papiers Luc Dubar (1841-1969), professeur de l’École de droit d’Amiens et de l’université de Picardie
[33].
Les ressources de la bibliothèque
et des collections de périodiques
La bibliothèque patrimoniale conserve cent trente-cinq ouvrages imprimés relatifs à l’enseignement
[34], complétés par plus de cinquante titres de revues (REV) et
de périodiques (PER), de 1832 à nos jours, principalement sur les associations
d’anciens élèves
[35], le syndicalisme enseignant et étudiant, l’enseignement général
public ou libre
[36] ou encore l’enseignement professionnel
[37].
Les fonds des Archives départementales de la Somme autorisent avant tout la
recherche en histoire administrative de l’enseignement, du fait de l’origine essentiellement publique des fonds : naissance et développement des écoles, des collèges,
des lycées, de l’université; répartition des charges financières de l’éducation entre
l’État et les collectivités locales, avant et après la décentralisation. Mais les entrées
en série J ouvrent aujourd’hui la voie à des perspectives de recherche plus diversifiées dans l’histoire de l’enseignement, de la pédagogie, du syndicalisme enseignant ou étudiant, dans les sciences de l’éducation. La collecte, attentive au premier chef aux établissements d’enseignement, sur la base des réponses apportées
à l’enquête de 1970, doit être poursuivie à l’échelle départementale et régionale,
délibérément ouverte à tous les degrés et à tous les types d’enseignement.
Quant aux perspectives de recherche, hors celles déjà citées, une histoire de
l’enseignement dans le diocèse d’Amiens avant la Révolution permettrait de contextualiser des références archivistiques aujourd’hui très éparses, peser les rôles respectifs du clergé diocésain, des établissements religieux et des congrégations enseignantes (jésuites, oratoriens, frères des Écoles chrétiennes, etc.) et décrire le terreau
sur lequel fut établie l’organisation impériale de 1806. Proche des spécificités de
ce département, une étude de synthèse sur l’enseignement technique et professionnel dans la Somme serait bien venue, sur sa naissance après les lois de 1918-1919 et 1922, sa structuration dans l’entre-deux guerres et après la Libération, et
depuis que des secteurs spécialisés sont sortis du domaine de l’Éducation nationale. Par ailleurs, quelques monographies peuvent être écrites pour les principaux établissements d’enseignement du département avant ou depuis la Révolution.
Citons à cet égard les guides de sources élaborés par les élèves de Bruno Poucet,
professeur en sciences de l’éducation de l’université de Picardie, sur le lycée
d’Amiens, les écoles de sages-femmes et d’infirmières d’Amiens, le lycée agricole
du Paraclet, l’école de médecine et de pharmacie d’Amiens et l’école de préservation de Doullens
[38].
Annexe. — Dépouillement de la Gazette des Archives, organe de l’Association
des archivistes français.
Autour de la collaboration pédagogique des archivistes et des enseignants…
1961, n° 34-35. – Blaquière (H.), Lacour (R.), Villard (A.), Baratier (E.), « La collaboration entre les Archives départementales et les centres régionaux de documentation pédagogique », p. 121-130.
1962, n°38. – Burel (Thérèse), « Un apport documentaire et culturel possible des Archives :
utilisation des centres de documentation et formule d’activité éducative », p. 120-126.
1984, n° 124. – Gautier-Desvaux (Élisabeth), « Services éducatifs et enseignement élémentaire : la solution Archivobus aux Archives de l’Orne », p. 46-58.
1985, n° 129. – Villard (Madeleine), « L’archivobus, un nouveau moyen de diffusion
culturelle : le cas des Archives des Bouches-du-Rhône », p. 137-140.
1986, n° 132. – Valette (Jean), « Les relations entre l’Université du troisième âge et les
Archives de la Gironde », p. 41-46.
1986, n° 134-135. – Arnauld (Marie-Paule), Savajols (R.), « Archives départementalesécoles : opération « relations croisées » en Seine-Saint-Denis », p. 226-229.
1993, n° 160-161. – Roubaud (Claudine), « Les services éducatifs des Archives municipales », p. 67-73. – Herrera (Claude), « L’archivobus, un outil de diffusion culturelles et
d’animation locale », p. 74-78. – Labadie (Jean-Christophe), Lochot (Éliane), Rubiello
(Marie-France), « Un projet d’action éducative autour d’un vigneron bourguignon de la fin
du XVIIIe siècle », p. 119-122.
1996, n° 173. – Sentilhes (Armelle), « L’audiovisuel au service de l’enseignement : projections lumineuses et cinéma scolaire (1880-1940)», p. 165-182. – Féret (Brigitte), « Le
cinéma scolaire et familial du Cheylard (Ardèche)», p. 201-205. – La Godelinais (Tiffen de),
« L’École des chartes et le cinéma : une histoire plus ancienne qu’on ne le croit », p.221-224.
Autour des archives de l’éducation…
1963, n° 42-43. – Robinet (René), Boivin (René), « Publication par les Archives de recueils
de textes pour l’enseignement de l’histoire », p. 106-120.
1965, n°50. – Marchand (Marie-Louise), « Les archives de l’Académie de Paris : expérience
de gestion d’un dépôt de préarchivage », p. 121-130.
1967, n° 57. – Marchand (Marie-Louise), Duchein (Michel), « Les archives de l’enseignement en France », p.89-112. – Burchard (Francis), « Les archives et l’enseignement du
second degré », p. 113-116. – Wilsdorf (C.), « Faut-il conserver les anciens manuels scolaires ?», p. 133.
1974, n° 86. – Thuillier (Guy), « Histoire administrative et archives de l’enseignement »,
p. 173-190.
1987, n° 136. – Billoux (Claudine), « Les archives des grandes écoles », p. 41-42.
1989, n° 145. – Billoux (Claudine), « Les archives de l’École polytechnique », p. 125-135. – Bensaude-Vincent (Bernadette), Blondel (Christine), Monnerie (Monique), « Les
archives de Paul Langevin à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles »,
p. 150-153.
1991, n° 152-153. – Nathan (Isabelle), Vernus (Isabelle), « Un projet de guide de
recherches dans les archives contemporaines de l’enseignement », p. 110.
1997, n°176. – Jean (Mireille), Poupardin (Denis), « Les archives des unités de recherche :
le point de vue des scientifiques de l’Institut national de recherche agronomique », p.28-49.
1997, n° 179. – Fontanon (Claudine), « Les archives du Centre national des Arts et
métiers, leur utilisation pour les travaux du bicentenaire », p.303-313. – Girard (Thibault),
« L’intervention d’un professionnel des archives dans un grand établissement scientifique :
l’exemple du Centre national des Arts et métiers », p. 314-320.
Autour de l’histoire de l’éducation…
1980, n° 108. – Désert (Gabriel), « Histoire quantitative et histoire de l’instruction primaire », p. 36-46.
1988, n° 142-143. – Morelle (Laurent), « Histoire de l’enseignement à l’époque contemporaine : à propos de trois ouvrages récents », p. 55-60. – [Charmasson (Thérèse), dir.,
L’histoire de l’enseignement, XIXe -XXe s. : guide du chercheur, Paris, INRP/Publ. de la Sorbonne,
1986,228 p. – Charle (Christophe), Les professeurs de la faculté des lettres de Paris : dictionnaire
biographique (1809-1939), Paris, INRP/CNRS, 1987. – Troger (Vincent), Les centres de formation professionnelle (1940-1945): naissance des lycées professionnels, Colombes, 987,138 p.]
[1]
Voir ces textes en ligne sur le site de la Direction des Archives de France, hébergé par celui du
ministère de la Culture et de la Communication
(www. culture. gouv. fr).
[2]
Charmasson (Thérèse), dir.,
L’histoire de l’enseignement, XIXe -XXe s. : guide du chercheur. Paris : INRP/Publ.
de la Sorbonne, 1986,228 p.
[3]
Arch. dép. de la Somme, 14 REV. Voir en annexe le dépouillement des articles relatifs à la collecte,
le traitement et la valorisation des archives de l’éducation.
[4]
Ouvert dès 1977, en convention avec le rectorat d’Académie et le conseil général de la Somme,
associant des professeurs mis à disposition et des archivistes, le service éducatif des Archives de la
Somme accueille chaque année plus de 2000 élèves autour d’ateliers pédagogiques, réalise des expositions itinérantes et publie la revue
Textes et documents sur la Somme. 2315 élèves ont été accueillis
pendant l’année scolaire 2001-2002. Voir le catalogue des activités réalisé en 2003 par le CRDP de
l’académie d’Amiens.
[5]
Ainsi les séries C (Intendance de Picardie), D (Collège et académie d’Amiens), G (Clergé séculier)
et H (Clergé régulier).
[6]
Pour le thème ici traité, voir les séries M (Administration préfectorale), N (Administration et comptabilité départementale), O (Administration et comptabilité communale), R (Affaires militaires) et
V(Administration des cultes).
[7]
L’école d’Ault promettait, quant à elle, 0,80 mètres linéaires, courant de 1881 à 1950 [Arch. dép.
de la Somme, 3 T].
[8]
Voir la conclusion de Jean Estienne, archiviste départemental, à l’enquête de la Direction des Archives
de France, en 1971 : « L’encombrement du dépôt m’interdit de demander à l’inspection académique un
complément de versement qui sera d’autant plus nécessaire que les archives des établissements secondaires ont disparu en 1940. » [Arch. dép. de la Somme, 3 T].
[9]
La série G contient ainsi des documents relatifs aux écoles des pauvres d’Abbeville, paroisses Saint-Georges et Saint-Wulfran, à l’école de charité d’Amiens, paroisse Saint-Germain, ou à l’école de Saint-Sulpice-lès-Ham, pour le XVIII
e siècle; le fonds d’archives du collège de Saint-Nicolas des Pauvres Clercs,
à Amiens, remonte lui à 1230 [Durand (Georges),
Répertoire numérique de la série G, Amiens, 1902-1910, 2 vol.].
[10]
Estienne (Joseph),
Répertoire numérique de la série H, Amiens, 1922.
[11]
Durand (Georges),
Répertoire numérique de la série D, Amiens, 1897. On y trouvera notamment
quelques beaux plans des possessions du collège au XVIII
e siècle. On complètera, en série Fi (Fonds
figurés), par un plan du collège en 1649 et, en série J (Entrées extraordinaires), par les règlements du
collège de 1587 et 1763.
[12]
Durand (Georges),
Répertoire imprimé de la série C, Amiens, 1888-1897, 2 vol., puis compléments
dactylographiés par Joseph Estienne vers 1930.
[13]
Arch. dép. de la Somme, 39 J (inventaire dactylographié).
[14]
Constitution civile du clergé (12 juillet 1790), interdiction des congrégations religieuses (18 août
1792), vente des biens du clergé (8 mars 1793), projet de nouveau système d’éducation par Talleyrand,
Condorcet et Le Peletier de Saint-Fargeau.
[15]
Durand (Georges), Estienne (Joseph),
Répertoire numérique de la série L, 1937-1938, 2 vol., puis
compléments dactylographiés par N. Dargaisse et I. Chave, 2002.
[16]
Encore partiellement classée, la série T reflète le mode de structuration des fonds des Archives de
la Somme avant l’adoption du cadre de classement national réglementaire. Son répertoire manuscrit se
divise en plusieurs parties : instruction publique (Ta), instruction primaire (Tb), enseignement secondaire (Tc), enseignement supérieur et écoles spéciales (Td), bibliothèques (Tl).
[17]
Estienne (Jean),
Répertoire numérique de la sous-série 2 T, Amiens, 1950.
[18]
Voir les plans numérisés, en ligne, sur le site des Archives départementales, hébergé par le site du
conseil général de la Somme (
(www. cg80. fr/ culture/ archive). On complétera par les plans et élévations,
hors série T, des écoles d’Amiens, Doullens, Fresseneville, Liomer, Moreuil, Plessier-Rozainvillers,
Pont-Rémy et Villers-Faucon (sous-série 2 Fi).
[19]
La loi Guizot (1833) distingue deux degrés dans l’enseignement primaire (degré élémentaire, degré
supérieur) et impose aux collectivités la fondation de trois sortes d’établissements : une école primaire
élémentaire par commune, payante, sauf pour les indigents; une école primaire supérieure au chef-lieu
de département ou dans les villes de plus de 6000 habitants; une école normale par département.
Publiques ou privées, ces écoles sont placées sous le contrôle des comités communaux ou des comités d’arrondissement. La loi de 1836 crée les écoles primaires féminines, encore facultatives. La loi
Falloux (1850) supprime les écoles primaires supérieures, – qui seront du reste rétablies en 1882 –, mais
prévoit l’ouverture d’écoles d’adultes et d’écoles de filles dans les communes de 8000 habitants disposant
des ressources nécessaires. La loi de 1867 favorise la subvention des écoles primaires, institue la caisse
des écoles, décide la création d’une école de filles dans les communes de 500 habitants et encourage
la création de caisses communales d’adultes. La loi de 1881, à l’initiative de Jules Ferry, établit la gratuité des écoles primaires publiques, des écoles normales et des écoles maternelles. Enfin, les lois de 1886
imposent l’existence d’au moins une école primaire par commune.
[20]
Arch. dép. de la Somme, 4 J (inventaire dactylographié).
[21]
Chave (Isabelle),
Répertoire numérique de la série V, Amiens, 2004. Couvret (Anne-Marie),
Inventaire
manuscrit des archives diocésaines (DA), 1994.
[22]
Expulsion des Jésuites en 1880, loi de 1882 substituant à l’enseignement religieux des établissements publics des cours de morale et d’instruction civique et supprimant le droit d’inspection des
ministres des cultes, loi de 1886 confiant l’enseignement de toutes les écoles publiques à un personnel laïque, enfin, lois de 1904, obligeant les congrégations à fermer leurs écoles dans un délai de 10 ans,
puis de 1905, séparant officiellement les Églises et l’État.
[23]
Organisation de l’enseignement, public et privé, avec les réformes successives entraînées par le
décret du 6 janvier 1959 sur l’enseignement public, puis les lois d’aide à l’enseignement privé des 24
et 30 décembre 1959, rendant possible l’intégration ou l’association par contrat des établissements
libres primaires et secondaires à l’enseignement public, les maîtres de ces établissements étant payés par
l’État contre un contrôle pédagogique; regroupements pédagogiques intercommunaux, sur lesquels
les archives remontent dans la Somme aux années 1960; enseignement et formation professionnels, totalement refondus par le décret de 1948 et les lois de 1958-1959 et 1966; transport scolaire.
[24]
Instituteurs, personnels enseignants, maîtres d’apprentissage, élèves, étudiants, candidats à la formation professionnelle des adultes ruraux.
[25]
Établissements scolaires, centres de formation des apprentis, équipements scolaires, socio-éduca-tifs et sportifs, entretien du mobilier scolaire, acquisition et transplantation de classes mobiles.
[26]
Taxes d’apprentissage, subventions aux écoles de musique, subventions aux cantines scolaires,
allocations scolaires du public et du privé, nées avec la loi Barangé (1951), instituant une allocation pour
tout enfant d’âge scolaire (entre 6 et 14 ans), qu’il fréquente un établissement public ou privé. Pour les
enfants du public, l’allocation est mandatée à la caisse scolaire départementale, et est destinée à l’équipement des locaux scolaires; pour ceux du privé, elle est mandatée à l’association des parents d’élèves
de l’établissement, pour améliorer les traitements des maîtres. En 1955, cette allocation est étendue
aux enfants de moins de 6 ans (cours primaire) et de plus de 14 ans (cours complémentaire).
[27]
Programmes de stages de formation professionnelle, copies d’examen : certificats d’aptitude professionnelle, instaurés par la loi Astier (1919); licences et maîtrises, résultant de la modification du
régime d’études des facultés des sciences, lettres et sciences humaines en 1966.
[28]
Arch. dép. de la Somme, 23 J (don, 1998).
[29]
Arch. dép. de la Somme, 43 J (don, 2001).
[30]
Arch. dép. de la Somme, 44 J (dépôt, 1998).
[31]
Arch. dép. de la Somme, 65 J (don, 2000).
[32]
Arch. dép. de la Somme, 75 J (don, 2003).
[33]
Arch. dép. de la Somme, 76 J (achat, 2000).
[34]
Voir le fichier-matières, en salle de lecture, aux termes : école, université, enseignement, instituteur
et scolarisation.
[35]
24 titres de 1910 à 1963, tels le
Bulletin de l’association des anciens élèves d’Abbeville (1925-1961),
L’Éveil, bulletin trimestriel de l’association amicale des anciens élèves de l’école laïque du quartier Saint-Jacques d’Amiens (1928-1936), le
Bulletin de l’association amicale des anciennes élèves de la Sainte-Famille
(1928-1939).
[36]
Voir par exemple le
Bulletin de l’Union des instituteurs laïques de la Somme (1913-1919), le
Bulletin
de l’enseignement primaire du département de la Somme (1926-1953),
L’Avenir de la Somme, bulletin trimestriel de l’enseignement libre dans la Somme (1952-1965).
[37]
Voir par exemple
Le Trait d’union, bulletin de l’école ménagère de Saint-Leu (Amiens) (1911-1914,
1935-1968).
[38]
Disponibles en salle de lecture sous forme dactylographiée : Hédoux (Virginie),
Guide des archives
du lycée d’Amiens, 2001. Lefèvre (Armelle),
Guide des archives des écoles de sages-femmes et d’infirmières
d’Amiens, 2001. Pinson (Fanny),
Guide des archives du lycée agricole du Paraclet, 2001. Korkmaz (Niyal),
Guide des archives de l’école de médecine et de pharmacie d’Amiens, 2002. Riquier (Isabelle),
Guide des
archives de l’école de préservation de Doullens, 2002.