L’enseignement technique au Cameroun : le parent pauvre du système ?
Jacques-Philippe Tsala Tsala
Dès son introduc-tion dans le sys-tème éducatif
camerounais,
l’enseignement
technique et la
formation professionnelle
(ESTP) ont fait l’objet d’une mar
ginalisation et d’une disqualification constante de la part des élèves
et de leurs parents. Cette attitude
s’explique en partie par un passé
colonial ayant assimilé le travail
manuel à la servitude. L’enseignement technique était traditionnellement réservé aux élèves trop âgés
et/ou peu doués pour le cycle des
études secondaires générales
ouvrant sur l’université et les postes
administratifs de responsabilité.
Dans les années 90 les tensions économiques liées à une conjoncture
internationale difficile pour les pays
en voie de développement ont,
entre autres phénomènes, révélé
l’inadéquation formation/emploi
chez de nombreux diplômés sans
emploi et sans qualifications précises. L’ESTP est alors apparu
comme le moyen le plus sur et le
plus rapide pour une qualification
professionnelle porteuse. L’occasion fut saisie par le gouvernement
camerounais pour réactiver sa politique d’encouragement et d’incitation à l’ESTP et créer des infrastructures adaptées. L’article
analyse la situation actuelle de
l’ESTP et relève les défis que le nouveau ministère exclusivement
chargé de ce type d’enseignement
doit relever.
As soon as it was introduced into
the Cameroonian education
system, technical teaching and
vocational training (ESTP)
were the subject of marginalisation and
constant disqualification stemming from the
pupils and their parents. This attitude is
partly explained by a colonial past, which
compared manual work to servitude.
Technical teaching was traditionally reserved
for those pupils who were too old and/or not
gifted enough for the cycle of general
secondary studies leading to university and
administrative positions of responsibility. In
the Nineties, economic tension, connected with
a difficult international economic situation
for developing countries, among other
phenomena, revealed the inadequacy of
training/work among many graduates who
had neither employment nor specific
qualifications. The ESTP then seemed to be
the most secure and fastest way to acquire
meaningful professional qualification. The
occasion was seized upon by the Cameroonian
government to reactivate its policy of
encouragement and incentive with the ESTP
and to create an appropriate infrastructure.
The article analyses the current situation of the
ESTP and highlights the challenges that the new
ministry exclusively in charge of this type of
teaching must deal with.
Seit seiner Einführung in das kamerunische
Bildungssystem ist der praxisbezogene
Ausbildungszweig von den Schülern und
ihren Eltern weitgehend ignoriert und stets
als minderwertig betrachtet worden. Diese Haltung ist
zum Teil auf die koloniale Vergangenheit Kameruns
zurückzuführen, so dass körperliche Arbeit mit
Unterdrückung gleichgesetzt wird. Eine
berufsbezogene Ausbildung war traditionell jenen
Schülern vorbehalten, die für die allgemeine
Sekundarstufe als Vorbedingung für ein
Hochschulstudium und gehobene Verwaltungsposten
zu alt oder nicht begabt genug waren. In den 90er
Jahren zeigte sich u.a. im Zuge der wirtschaftlichen
Spannungen und einer internationalen
Konjunkturlage, die sich für die Entwicklungsländer
als besonders schwierig erwies, dass bei zahlreichen
arbeitslosen Schulabgängern ohne spezifische
Qualifikationen die Rechnung schulische Ausbildung
= Arbeitsplatz nicht aufging. Der praxisbezogene
Ausbildungszweig erschien daher als der sicherste
und schnellste Weg zu einer zukunftsfähigen
Berufsqualifikation. Die Regierung Kameruns ergriff
die Gelegenheit, um seine Politik zur Förderung einer
berufsbezogenen Ausbildung zu reaktivieren und
entsprechende Infrastrukturen zu schaffen. Der Artikel
analysiert die aktuelle Situation der praxisbezogenen
Ausbildung und verdeutlicht, welchen
Herausforderungen sich das neu einberufene
zuständige Ministerium stellen muss.
• Aux sources de la marginalisation
— Un ordre d’enseignement défavorisé dès le départ
— Un ordre d’enseignement marginalisé voire disqualifié
• Le nouveau contexte socio-économique. Une chance pour
l’ESTP ?
• La situation actuelle de l’ESTP au Cameroun
— Structure de la population scolaire
• Programmes et grilles horaires
• Examens et évaluation
• Les conditions de travail
— Des enseignants
— Des infrastructures parfois inexistantes
• Conclusion : les attentes d’une tutelle spécialisée
• BIBLIOGRAPHIE