Paul Lapie (1869-1927): universitaire et bâtisseur de l’école laïque
Hervé Terral
Paul Lapie (1867-1927) occupe une place singu-lière dans le paysage intellectuel français.
Fondateur de L’Année sociologique avec Émile
Durkheim, Célestin Bouglé et Dominique Parodi
(1898), il s’impose d’abord comme un philosophe universitaire, promoteur par ailleurs des
sciences humaines en voie d’autonomisation:
psychologie, sociologie, science de l’éducation
(alors au singulier). Il doit donc, à ce titre, être considéré comme
un pionnier. Pour autant, il s’oriente dès 1911 vers une carrière
administrative de haut rang qui le conduira à réformer, pour
autant qu’il le pouvait, le système éducatif français dans le sens
d’une plus grande démocratisation. Dans cette dernière tâche
mais aussi, à y regarder de près, dans son œuvre théorique, il s’attache non seulement à préserver les acquis de l’école républicaine,
mais plus encore à adapter cette dernière à son époque. Très tôt
intéressé par la question de l’enseignement de la morale, donnant
pendant trois décennies des conférences sur le sujet et écrivant
de surcroît des Lectures morales, fort scolaires, il s’impose comme
un des plus authentiques bâtisseurs de l’école laïque – reconnu à
sa mort par ses pairs, tel Marcel Mauss, et, tout autant, par les
instituteurs. Sa pensée et son action méritent aujourd’hui, dans
une période d’interrogation aiguë sur les fins de l’école, d’être redécouvertes.
• Paul Lapie reste méconnu
• Un fils de « hussard noir »…
et de la méritocratie républicaine
• Un Janus républicain
• Paul Lapie militant de l’école laïque
• Paul Lapie administrateur de la République
— L’introduction des études de sociologie dans le cursus
des écoles normales, une heure semaine en deuxième année
— La réforme du système éducatif et les combats
pour « l’école unique »
• Conclusion
• BIBLIOGRAPHIE