Le COV et l’arme de la grève en Belgique. Une histoire d’attirance et de rejet
Lies Van Rompaey
Marc Depaepe
Frank Simon
C’est en 1893 que le COV (Christelijk
Onderwijzersverbond) vit le jour en Belgique
en tant qu’association professionnelle desti-née aux instituteurs chrétiens. Il voulait se
mobiliser en faveur de l’amélioration de la
compétence professionnelle et des intérêts
matériels de ses membres. Dans cet article,
nous étudions son évolution: d’une association professionnelle vers un syndicat, d’une organisation qui se
considère comme partenaire des pouvoirs publics dans la gou
verne de la société, à une organisation qui défend les intérêts
matériels de ses membres et s’attache toujours davantage à l’évolution que l’enseignement doit suivre sur le plan des contenus.
En 1954, le COV part en grève pour la première fois, pendant la
seconde guerre scolaire. Cette action fut menée sous l’aile protectrice de la CSC (Confédération des Syndicats chrétiens). Après
la formation, dans les années 1960, d’un front commun avec les
autres syndicats de l’enseignement chrétien et le syndicat des instituteurs socialistes, au COV, on devint de plus en plus persuadé
que la grève devait être employée comme moyen de pression lors
des négociations formalisées avec les pouvoirs publics. À plusieurs
reprises, le front commun menaça de stopper le travail mais il fallut cependant attendre 1970 pour en arriver à cette extrémité.
The COV, the Christelijk Onderwijzersverbond (Christian Teachers’ Union) was created in 1893 in
Belgium as a professional organization for Christian teachers with the object of improving the professional
capabilities and promoting the material interests of its members. In this article we would like to sketch
its evolution from professional organization to labor union, from an organization that considers itself a partner
of the government in the running of the society to an organization that champions the material interests of its
members and that brings it ever more in relation to the content evolution that education must follow. The
first time that the Christian teachers participated en masse in a strike was done under the auspices of the CSC
(Confédération des Syndicats chrétiens) during the second school controversy in 1954. In 1963 a common
front in education was formed for the first time with all the educational federations associated with the Christian
and socialist unions of public services. It was characteristic that now, for the first time in the history of the
COV, drastic tactics like strikes and protest demonstrations were opted for with conviction and independent of
a broader protest movement. After a number of strike treats in the 1960s, the COV, quite unexpectedly,
became in 1970 involved in a strike of the common front in education.
• Le COV comme partenaire de discussions
• Le COV et l’émancipation syndicale
• Le COV comme négociateur
• Le COV part en grève
• Conclusions
• BIBLIOGRAPHIE