Actions de l'élève et milieux didactiques : la notion de « surassujettissement »
Patrice Rilhac
En situation d’enseignement/apprentissage il est
coutumier d’assister à des réponses d’élèves qui
ne répondent pas aux attentes du professeur. Certaines
de ces actions en décalage, lorsqu’elles sont
perçues, sont, le plus souvent, évaluées à la lumière
d’autres ordres que celui du didactique.
L’objet de cet article est de montrer l’influence
de facteurs particuliers que nous qualifierons d’institutionnels.
Nous verrons ainsi qu’une disposition
n’est pas seulement tributaire des seules compétences
du sujet, ni même de savoirs « fondamentaux »
non acquis, mais du poids de «l’ici et maintenant»
des situations, d’un mode de raisonnement où prévalent
les « objets » de savoirs « manipulés » par
l’enseignant.
Dans le cadre limité de cet article, nous nous intéresserons
aux actions motrices d’une élève confrontée,
en Education Physique et Sportive (e.p.s.), à l’ascension
d’une voie d’escalade. Il s’agit donc d’une étude
de cas.
Nous montrerons alors que les actions motrices
d’une grimpeuse ne sont pas toujours liées prioritairement
à des questions de rapport entre son niveau
d’habileté, les difficultés de la voie et la situation proposée,
mais à une forme d’assujettissement ( Chevallard,
1992 ; Venturini, Calmettes, Amade-Escot &
Terrisse, 2004) à une situation didactique liée aux
contraintes supplémentaires que peut se donner une
grimpeuse, à partir des indications langagières et gestuelles
du professeur.
En d’autres termes, cet article montre qu’une élève
se surassujettit et échoue, alors qu’elle possède des
capacités nécessaires à l’accomplissement de l’exercice
qui lui est donné, bien qu’elle soit soutenue par un
professeur qui cherche à établir un équilibre entre
monstration directe et mise en autonomie de l’élève. Et
ceci parce qu’elle prend au pied de la lettre ce qu’elle
reconnaît comme étant les intentions du professeur,
cette « reconnaissance » empêchant son adaptation
effective à la voie d’escalade.
Mots-clés :
Surassujettissement, Contrat, Milieu, Didactique, Escalade.
In einer Lehr- oder Lernlage sind wir daran gewöhnt,
Schülerantworten zu hören, die der Erwartung
des Lehrers nicht entsprechen. Wenn wir uns dessen
bewusst werden, bekommt dies meistens eine andere
Erklärung als eine didaktische.
Das Ziel dieses Artikels besteht darin, den Einfluss
sogenannter institutioneller Faktoren zu zigen.
Wir werden sehen, dass eine Veranlagung nicht
nur von den Kompetenzen des Menschen oder von
unerworbenen Grundkenntnissen abhängt, sondern
auch von: der momentanen Situation, einer Art des
Denkens,manipulierte Wissen“ wichtiger ist als das
Vorwissen der Schüler.
Im begrenzten Rahmen dieses Artikels werden wir
uns für die Bewegungen eines Schülers interessieren,
wenn er im Sportunterricht vor einer Kletterwand
steht. Hier geht es also um eine Fallstudie.
Wir werden dann zeigen, dass die Bewegungen
einer Bergsteigerin nicht immer zuerst not wendiger
weise mit ihrer Geschicklichkeit, mit der Schwierigkeit
des weges und der gegebenen Situation verknüpft
sind ( Chevallard, 1992 ; Venturini, Calmettes,
Amade-Escot & Terrisse, 2004) sondern auch mit
den zusätzlichen Hindernissen durch die Wort- und
Gestenhinweise des Lehrers.
Anders gesagt zeigt dieser Artikel eine Schülerin,
die bei der Übung durchfällt, obwohl sie dazu fähig
war und hir von dem Lehrer geholfen wird, indem
dieser versucht, ihr direkt den Weg zu zeigen, und
sie zugleich autonom werden lässt. Und dies nur
weil sie dem Lehrer blind gehorcht. Leider verhindert
dieser Gehorsam ihre persönliche setzung mit der
Kletterwand.
Schlagwörter :
Uberabhängigkeit, Vertrag, Milieu, Didaktik, Bergsteigen.
In a teaching/learning situation, it is not unusual to
get answers from pupils that do not meet the teacher’s
expectations. Some of the unpredicted actions,
when acknowledged, are most of the time assessed in
the light of orders different from didactic ones.
The object of this article is to show the influence
of particular factors that will be qualified as institutional...
We will see thus that a disposition depends
not only on the capability of the subject, nor on nonacquired
basics but on the importance of: the “hic
and nunc” of the situation, a reasoning method where
the” objects” of knowledge “manipulated” by the teacher
prevail.
Within the limited frame of this article, we will
consider the motor actions of a pupil (a girl) confronted
in P.E. to the climbing up of a climbing lane. Therefore
it is a case study.
We will show then that the motor actions of a climber
are not always linked before anything to questions
of relation between her level of ability, the lane
difficulties and the given situation, but to a form of
subjection (Chevallard, 1992 ; Venturini, Calmettes,
Amade-Escot & Terrisse, 2004) to a didactic situation
linked to the extra constraints set by the climber
to herself from the spoken and body indications of
the teacher.
In other terms, this article shows that a pupil over
subjects herself and fails, although she has the ability
to carry out the set exercise, and is helped by a teacher
willing to establish a balance between showing what
to do and developing her autonomy. And this because
she takes literally what she recognises as her teacher’s
intentions, this” recognition”preventing her effective
adaptation to the climbing lane.
Keywords :
Oversubjection, Contract, Feld, Didactic, Climbing.
En situación de ensenanza/aprendizaje se suele
observar acciones de alumnos que no corresponden
con las esperas del profesor. Ciertas de estas
acciones en desfase, cuando se observan, se califican,
a menudo, a la luz de otras categorías que la de lo
didáctico.
La meta de este artículo es demostrar la influencia
de factores particulares que nombraremos institucionales.
Así veremos que una aptitud ne depende sólo
de las capaciades de la persona, ni tampoco de los
saberes fundamentales que no hubiera aprendido, sino
de la fuerza : del “aquí y ahora” de las situaciones,
del modo de razonamiento en el que prevalecen los
“propósitos” de saberes “utilizados” por el profesor.
En el marco limitado de este artículo, nos interesaremos
por las acciones motrices de una alumna,
en clase de Educación Física y Deportiva, frente a la
ascensión de una vía de escalada. Se trata pues de un
estudio de caso particular.
Demostraremos entonces que las acciones motrices
de una trepadora no dependen siempre prioritariamente
de la relación entre su nivel de destreza, las
dificultades de la vía y la situación propuesta, sino
también de una forma de sobresubjecion ( Chevallard,
1992 ; Venturini, Calmettes, Amade-Escot &
Terrisse, 2004) a una situación didáctica que depende
de las obligaciones suplementarias que elle misma
puede imponerse, a partir de las indicaciones dichas
e indicadas por el profesor.
En otras palabras, este artículo muestra que una
alumna se sobresujeta y suspende, aunque posee las
capacidades necesarias para llevar a cabo el ejercicio
propuesto, y aunque es animada por un profesor quien
intenta mantener un equilibrio entre demonstración
directa y puesta en autonomía de la alumna. Eso
porque toma al pie de la letra lo que identifica como
siendo las intenciones del profesor, y esta “identificación”
impide su adaptación a la vía de escalada.
Palabras claves :
sobresujeción, Contrato, Medio ambiente, Didáctico, Escalada.
• Un cadre théorique pour une approche anthropologique
du didactique
— Notion de contrat-milieu
• Approche méthodologique pour une lecture anthropologique du didactique
— Cadre méthodologique pour une approche pragmatique
des situations classes « ordinaires » d’escalade
• Contexte général de la leçon d’escalade
— Contexte spécifique de la situation d’escalade
• Analyse a priori des problèmes auxquels peut être confrontée une élève générique
— Étape professeur
— Étape élève
— Catégories de problèmes rencontrés par la grimpeuse
• Premiers éléments de synthèse
• Conclusion
• BIBLIOGRAPHIE