Les identités religieuses et ethniques à l’aune de l’universalisme républicain.
A propos de l’exception française
Carmen Bernand
En France, parler du droit à la différence et de multiculturalisme pose de
façon conflictuelle le problème de la citoyenneté et de la construction nationale. Dans cet article l’universalisme français est replacé dans son contexte
historique, celui de la proclamation des Droits de l’Homme. La différence
culturelle, dans le cas de la France, apparaît indissociable de la question religieuse et de la laïcité. D’autre part, la définition des minorités et de l’autochtonie n’est pas aisée dans le système juridique français. L’exemple des Amérindiens de la Guyane, citoyens français et autochtones montre le profit que
certains groupes peuvent tirer en revendiquant à la fois deux types d’identités,
qui leur permettent à la fois de se distinguer des Créoles, population majoritaire, et de leurs voisins latino-américains.
Mots-clés :
Droits de l’Homme, Différence, Multiculturalisme.
In France it is somehow uneasy to speak about the right to be different and
multiculturalism. These claims stand against citizenship and national construction. In this paper, the french exception (universalism) is replaced in this historical background, the proclamation of Human Rights and the way the new
republic aimed to break up communitarian life on behalf of equality. The
cultural difference cannot be distinguished from the religious one. French law
is not clear about the place of minorities and aborigines in the nation... The
case of the Indians of French Guiana, who are considered as french citizens and
aborigines, and in this case they do not pay taxes, is interesting because it shows
the advantages that can be taken by the natives in order to break free from the
black population and from the latin-american neighbours.
Keywords :
Human Rights, Difference, Multiculturalism.
• L’UNIVERSALISME FRANÇAIS DANS SON CONTEXTE
HISTORIQUE
• PRINCIPES SACRÉS ET LAÏCITÉ
• MINORITÉS ET AUTOCHTONIE
• CONCLUSION