Champ psychosomatique
L’Esprit du temps

I.S.B.N.2913062555
170 pages

p. 149 à 151
doi: en cours

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no 24 2001/4

 
Jean-Paul Valabrega – Les mythes, conteurs de l’Inconscient. Payot, 2001.
 
 
La pensée mythique fait partie des Universaux partagés par tous les peuples. Pour tous, partout, en tout temps, les mythologies ont donné réponse aux questions des origines et des fins dernières de l’homme. Les récits de la Génèse et de l’Apocalypse ne sont qu’une version des mythes décrivant l’inconnaissable, l’avant la naissance et l’au-delà de la mort. Les mythes, dit Jean-Paul Valabrega, « sont un récitatif des phantasmes créateurs et organisateurs de toute étiologie normale ou pathologique et de toute religion ».
Pourquoi cette universalité du mythe, sinon parce qu’il est engendré par l’Inconscient et que ses variantes, inversions, retournements et métamorphoses répondent comme l’Inconscient aux principes de non contradiction et de permanence. Face à tout rêve, tout phantasme, tout roman familial, on trouvera un mythe de référence. Et l’ouvrage en recense les principaux : à côté de celui d’Œdipe bien sûr, les représentations du mort et des morts qui se substituent à l’irreprésentable de la mort; Narcisse ou le mythe du sujet; à travers les trois coffrets, le mythe de la femme et du destin, où celui de Chronos le père de toutes choses...
Contrairement aux fantasmes individuels, les mythologies constituent des ensembles organisés, objets de transmission à l’intérieur des groupes humains qu’ils contribuent à fonder en tant que tels. Chaque chapître du livre opère ce va et vient entre les diverses versions fantasmatiques et mythiques qui content un même inconscient.
 
Gisèle Harrus-RevidiParents immatures et enfants-adultes. Payot, 2001.
 
 
Maturité, immaturité, hypermaturité : trois mots-clefs scandent le livre de Gisèle Harrus-Revidi, traitant de problématiques qui ne suscitent pas en tant que telles des demandes au psychanalyste : les parents immatures et leurs enfants hypermatures.
L’auteur s’interroge sur le rôle du « trauma quotidien » du à l’insuffisance parentale qui, pour elle, se multiplie dans notre société, par rapport au trauma violent lié à la guerre et à l’abandon, pour répondre heureusement que la présence réelle des parents permet malgré tout aux victimes des premiers de s’en sortir mieux que les victimes des seconds. Dans toute institution soignante on rencontre les problématiques classiques où les parents immatures, dans des situations de démission parentale comme de démission des autres rôles à assumer, sont pris en charge par les organismes sociaux et engendrent des enfants immatures eux-mêmes, en proie aux dépressions, addictions, troubles du comportement, etc.
Gisème Harrus développe surtout la face moins connue de ces problématiques parentales : « l’immaturité adaptée » et sa conséquence moins destructrice – mais à quel prix – la nécessité pour leurs enfants de devenir parents de leurs parents. Ceux-ci sont adaptés à l’ordre social, mais vivent dans un immobilisme, un agrippement à la réalité matérielle, une incapacité de véritable autonomie qui laissent leurs enfants dans une précarité affective totale. Dans le pire des cas, ceux-ci devenus adultes, porteurs d’un enfant intérieur blessé, se comporteront à leur tour comme les enfants qu’ils n’ont pas été; d’autres au contraire, animés de pulsions de savoir, de comprendre auront acquis une emprise sur le réel et une résistance intérieure construite dans la solitude. L’auteur parle alors de « prématuration triomphante » chez des intellectuels, des artistes,... des soignants qui ont su dépasser une menace d’effondrement à l’adolescence. Pourtant il leur reste de l’enfance un manque de confiance en les autres, un manque de discernement qui les fait se fier à des personnes non fiables et répéter les expériences traumatiques. Quand le sujet parvient à l’analyse, le projet thérapeutique vise la restauration des liens et une véritable mutation du moi construit comme l’idéal du moi sur des assises falsifiées.
Les chapitres de l’ouvrage, émaillés de nombreuses vignettes cliniques, abordent les diverses facettes métapsychologiques de ce duo complémentaire immaturité/hypermaturité.
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