2002
Champ Psychosomatique
Erratum
Suite à un problème technique, les notes de l’article d’Aurélia
Mardon intitulé “Les femmes et la lingerie : intimité corporelle et
morale sexuelle” et paru dans le numéro 27 (2002) ont disparu.
Dans ces notes figuraient des précisions méthodologiques concernant l’enquête qui a servi de base à notre propos. Une trentaine
d’entretiens auprès de femmes (âgées entre 20 et 65 ans) et de jeunes
filles d’environ 15 ans, habitant Paris et la région parisienne ont été
effectués ainsi qu’une analyse de traités de savoir-vivre contemporains. Bien que les interlocutrices ne s’y réfèrent pas explicitement,
nous mobilisions ces ouvrages afin de repérer les codes autour
desquels s’organisent leurs pratiques. Ces traités, ainsi que le souligne
Dominique Picard (1995) proposent en effet sous une forme systématisée l’ensemble des règles structurant les interactions sociales.
Il était fait mention des travaux pionniers de l’historien Philippe
Perrot (1981) qui, pour le XIXe siècle, a montré l’apport de l’étude de
ces vêtements intimes à l’histoire du corps.
La référence aux travaux de Georges Vigarello (1985), sur les
pratiques liées à l’hygiène du corps du Moyen Âge au XIXe siècle,
permettait également de souligner que l’exigence d’invisibilité du
linge dans la sphère publique avait varié en intensité au cours des
siècles. A partir du XVIe siècle et jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, c’est
en effet l’exposition du linge intime et plus particulièrement de la
chemise émergeant au niveau du col et des poignets de l’habit, qui
donne à voir la propreté de la personne.
Dans ces notes, nous faisions également remarquer que la gamme
des couleurs des sous-vêtements s’était considérablement étendue
depuis le début du XXe siècle. L’histoire de cette évolution restant à
écrire, nous notions seulement qu’au blanc, privilégié du XIIIe siècle
au XIXe siècle, se sont ajoutées à partir des années 1920, les couleurs
pastel, rouge, orange et noire, puis, autour des années 1970, des
décors fantaisies, à rayures ou à fleurs (Chenoune, 1998).
Par ailleurs, nous précisions que le rejet affiché par une majorité
de nos interlocutrices à l’égard des couleurs vives était conforté par
une enquête quantitative réalisée par le Secodip en 1998. Selon cette
étude, dont les résultats sont parus dans le magazine de la marque de
lingerie Chantelle en février 1998, les couleurs blanches, chairs et
beiges représentent 53,7 % des couleurs de soutien-gorge vendus.
Les travaux de l’historien Michel Pastoureau (1989), qui préconise l’étude de la “symbolique sociale des couleurs”, ont également
servi de base à notre propos.
Quelques éléments historiques et ethnologiques concernant la
symbolique de la couleur rouge faisaient l’objet d’un rappel. Michel
Pastoureau précise qu’à partir du XIIe siècle, le rouge devient la
couleur associée à la figure du diable et de l’enfer. Elle est aussi un
signe d’infamie que portent bourreaux, bouchers, et prostituées. Dans
son étude sur la société traditionnelle française, Yvonne Verdier
(1973) souligne, pour sa part, que la couleur rousse est perçue d’une
manière ambivalente. Les femmes rousses sont en effet assimilées à
des êtres en état de règles permanentes et la sensualité qu’on leur
prête est liée à cette association entre la couleur de leurs cheveux et le
sang des règles.
Enfin, Anne Monjaret était remerciée pour ses remarques sur une
première version de ce texte.