La danse et le sang, une symbolique du féminin
Anne Burel-Debaecker
Le sang des femmes, présent-absent, est à la fois la source d’une grande
force de vie mais aussi de mort.
Longtemps considéré comme une cause de malédiction, une contrainte
d’écartement du collectif, il prend toute sa puissance de liberté quand il fait
battre le rythme de la danse. Elle-même, née des rites initiatiques du primitivisme liés le plus souvent à la sexualité féminine, le pouvoir de séduction
de la danse ne connaît pas de limites quand elle dialogue sans cesse entre la
chair et le sang, entre le corps et l’esprit, entre le profane et le sacré. Les
détournements métaphoriques dont elle fait l’objet lui donnent autant un statut
de fondement subversif que transcendantal. Du symbolique féminin à travers
le sang et la danse, de la transe des Ménades au Sacre du Printemps, la brèche
de la modernité s’ouvre vers un autre accès de conscience de la liberté individuelle dont la poétique de la danse sait se saisir et interroger. Cette eau
lourde et brûlante, ce sang mêlé d’air et d’eau, de feu et de souffle qui anime
le désir et provoque le mouvement dansé serait-il l’encre du dire gestuel
féminin, de son écriture intime chorégraphique?Mots-clés :
Sang-chair, Paul Valéry, Rites initiatiques, Antiquité grecque, Transe, Sacre du Printemps, Sexualité féminine, Séduction, Poétique du sang, Poétique de la danse et écriture.
Women’s blood, now visible, now invisible. The source of a tremendous
life force. A reminder of death.
Long considered as a curse, causing one’s temporal eviction from the
group, female blood achieves liberating force when its beat shapes the rhythm
of the dance. Born of primitive rites largely derived from female sexuality,
dance’s seductiveness knows no limit in its constant dialogue of flesh with
blood, body with mind, the profane with the sacred. Through numerous metaphoric displacements, its subversive foundation shoots out to transcendental
heights. Stemming from feminine symbolism associated with blood and
dancing rituals, tracing the Maenads’trances into the Rite of Spring, the
breach of modernism opens onto a new consciousness of one’s individual
freedom which the poetics of dancing seizes and questions. Heavy, scalding
liquids, blood commingled with air and water, fire and breath, sparkling
desire, provoking the body into dancing – what if it were the ink with which
the feminine gesture is written, its intimate choreographic tool?Keywords :
Blood, Flesh, Paul Valéry, Initiation rites, Greek antiquity, Trance, Rite of Spring, Female sexuality, Seduction, Poetics of dancing and writing.
• DES SANGS
• LA TRANSE DES MÉNADES …
• CHAQUE FOIS QU’ON DANSE, ON COUPE LA
TÊTE DE JEAN-BAPTISTE
• LE SACRE DU PRINTEMPS
• LA POÉTIQUE DU SANG
• BIBLIOGRAPHIE