Champ psychosomatique
L’Esprit du temps

I.S.B.N.2847950656
170 pages

p. 5 à 6
doi: en cours

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no 40 2005/4

2005 Champ Psychosomatique

Argument

Gisèle Harrus-Révidi
Il s’agit dans un premier temps de proposer un numéro de la revue Champ Psychosomatique sur un liquide du corps plus spécifique que les autres parce que plus vital : le sang.
Dans un second temps, nous avons divisé l’humanité en ses deux composantes et faisons l’hypothèse de départ qu’une approche scientifique spécifique du sang féminin est possible et pourrait se distinguer d’une approche plus générale : telle est l’hypothèse de départ.
Le sang pour les femmes, ce liquide familier à la temporalité souhaitée précise, qui deviendra plus tard le grand absent quand le vieillissement s’installe.
Bien sûr une approche anthropologique s’impose ne seraitce que par le constat que la preuve par le sang des vierges est encore nécessaire de nos jours à Paris, lors des mariages dans des familles africaines et nord-africaines.
Bien sûr il faut un clin d’œil à la Comtesse Erthzbeth Bathory et ses bains vivifiants dans le sang des Vierges. La Hongrie des Vampires peut se féminiser.
Bien sûr est présent à notre esprit, pour certains groupes, l’impureté du sang menstruel, les coutumes juives, la femme impure nécessitant un bain purificateur pour accéder à nouveau à la chambre conjugale.
Dans ce cas : « Qu’un sang impur abreuve nos sillons » peut susciter des associations saugrenues…
Le sang des règles, sang dont la jeune fille peut être fière ou dont elle peut avoir honte, renvoie à la pudeur dans ce cas précis.
Le sang comme représentant la féminité triomphante quand sa disparition suggère une possible maternité, acmé pour certaines femmes, honte et déshonneur pour d’autres (d’où l’intérêt de souligner l’expression devenue usuelle « tomber enceinte », la grossesse n’est plus un état c’est une chute !) Un peu de clinique : les aménorrhées psychogènes, anxiogènes, des anorexiques, des sportives, et parfois ces ménopauses entre trente-cinq et quarante ans si énigmatiques.
Le sang des femmes ? Un scandale qui avait suscité notre admiration quand Annie Leclerc dans Parole de femme en 1974 l’avait glorifié. Qu’en est-il trente ans après ?
Toujours et à jamais un incompréhensible au quotidien, qui signe la vie, qui signe la mort …
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