2005
Champ Psychosomatique
Argument
Gisèle Harrus-Révidi
Il s’agit dans un premier temps de proposer un numéro de
la revue Champ Psychosomatique sur un liquide du corps
plus spécifique que les autres parce que plus vital : le sang.
Dans un second temps, nous avons divisé l’humanité en ses
deux composantes et faisons l’hypothèse de départ qu’une
approche scientifique spécifique du sang féminin est possible
et pourrait se distinguer d’une approche plus générale : telle est
l’hypothèse de départ.
Le sang pour les femmes, ce liquide familier à la temporalité souhaitée précise, qui deviendra plus tard le grand absent
quand le vieillissement s’installe.
Bien sûr une approche anthropologique s’impose ne seraitce que par le constat que la preuve par le sang des vierges est
encore nécessaire de nos jours à Paris, lors des mariages dans
des familles africaines et nord-africaines.
Bien sûr il faut un clin d’œil à la Comtesse Erthzbeth
Bathory et ses bains vivifiants dans le sang des Vierges. La
Hongrie des Vampires peut se féminiser.
Bien sûr est présent à notre esprit, pour certains groupes,
l’impureté du sang menstruel, les coutumes juives, la femme
impure nécessitant un bain purificateur pour accéder à nouveau
à la chambre conjugale.
Dans ce cas : « Qu’un sang impur abreuve nos sillons » peut
susciter des associations saugrenues…
Le sang des règles, sang dont la jeune fille peut être fière
ou dont elle peut avoir honte, renvoie à la pudeur dans ce cas
précis.
Le sang comme représentant la féminité triomphante quand
sa disparition suggère une possible maternité, acmé pour
certaines femmes, honte et déshonneur pour d’autres (d’où
l’intérêt de souligner l’expression devenue usuelle « tomber
enceinte », la grossesse n’est plus un état c’est une chute !)
Un peu de clinique : les aménorrhées psychogènes, anxiogènes, des anorexiques, des sportives, et parfois ces ménopauses entre trente-cinq et quarante ans si énigmatiques.
Le sang des femmes ? Un scandale qui avait suscité notre
admiration quand Annie Leclerc dans Parole de femme en
1974 l’avait glorifié. Qu’en est-il trente ans après ?
Toujours et à jamais un incompréhensible au quotidien, qui
signe la vie, qui signe la mort …