2001
Cités
VII. Penseurs contemporains
Ronald Dworkin
Profil bio-bibliographique
Serge Champeau
Serge Champeau, ancien élève de l’ENS de Saint-Cloud, enseigne la philosophie en classes préparatoires à Bordeaux. Il est l’auteur d’études sur les rapports de la philosophie et de la poésie (Borges et la métaphysique, Vrin, 1990 ; Ontologie et poésie : trois études sur les limites du langage, Vrin, 1995) ainsi que d’articles sur Habermas et sur Dworkin (parus dans Commentaire et dans la Revue philosophique de Louvain). Il vient de traduire Morals by Agreement de David Gauthier, sous le titre Morale et contrat : recherche sur les fondements de la morale (Liège, Mardaga, 2000).
Ronald Dworkin, né en 1931, est actuellement
Professor of Jurisprudence à l’Université d’Oxford et
Professor of Law à l’Université de New York. Après des études à Harvard College, à l’Université d’Oxford et à la Harvard Law School, il occupe le poste d’assistant auprès du juge Learned Hand, puis se consacre à des activités juridiques à New York avant de commencer sa carrière d’enseignant comme
Professor of Jurisprudence à la Yale Law School. C’est dans les années 1960 qu’il commence un ensemble de recherches qui, de
Prendre le droit au sérieux (PDS)
[1] (1977) à
Sovereign Virtue : The Theory and Practice of Equality (SV) (2000), constitue sans doute aujourd’hui l’une des
œuvres les plus ambitieuses dans le domaine de la philosophie politique. Elle propose en effet une interprétation d’ensemble des institutions de la société libérale, le droit [1], le marché [2] et la démocratie représentative [3], qui vise à les fonder dans un unique idéal moral d’égalité. L’ancrage du libéralisme dans cette
vertu souveraine permet de distinguer clairement l’idéal libéral d’autres idéaux [4], dont celui du conservatisme, tout en faisant justice à certaines des analyses des communautariens. Cette interprétation politique du libéralisme est articulée, dans
Foundations of Liberal Equality (FLE) (1990) et quelques autres textes, avec une réflexion sur le fondement de l’idéal moral d’égalité [5], présentée comme explicitement philosophique
[2].
1 / Ce travail de réinterprétation du libéralisme commence, dans PDS, par l’élaboration d’une théorie du droit. Dworkin retient de la tradition libérale l’idée que les droits sont des atouts contre l’État. Les individus peuvent en effet les faire valoir contre la politique (qui, parce qu’elle vise le bien commun, est globalement utilitariste), même si cela doit se faire au détriment de l’intérêt général. La critique de l’utilitarisme est donc au cœur de ces premiers travaux. L’utilitarisme considère en effet qu’est juste ce qui satisfait au mieux l’ensemble des préférences individuelles, parmi lesquelles figurent les préférences externes, celles qui concernent les autres. Il en résulte que la satisfaction utilitariste des préférences risque de sacrifier certains individus aux désirs de la majorité. Les droits ne peuvent donc pas être subordonnés aux buts : la politique doit prendre le droit au sérieux. Les arguments de principe sont prioritaires par rapport aux arguments utilitaristes. On voit l’enjeu politique d’une telle affirmation : le gouvernement doit rester neutre quant à la question de la vie bonne. Le libéralisme se distingue ainsi du conservatisme.
Aussi fortes que soient nos intuitions relatives à la priorité du droit, elles demandent cependant à être fondées. PDS dégage l’idéal moral qui, sous des formulations diverses – qui en préciseront progressivement le sens –, restera au cœur de la philosophie de Dworkin : tous les membres d’une communauté politique ont droit à la même attention (en tant qu’ils sont des êtres capables de souffrance) et au même respect (en tant qu’ils sont capables de mener leur vie à partir de leurs jugements propres). Tous les droits peuvent être dérivés, selon Dworkin, de ce fondement et, on le verra, c’est le même principe qui régit aussi les décisions politiques. Dans une argumentation très serrée, Dworkin établit finalement que les droits ne reposent pas sur un droit à la liberté (I. Berlin) mais sur un droit à l’égalité. Il s’ensuit que l’individualisme, qui donne la priorité aux libertés individuelles, n’est pas l’ennemi de l’égalité, comme le pensent les libertaires (qui haïssent l’égalité) et les égalitaristes (qui haïssent la liberté).
2 / Cette interprétation du libéralisme à partir du concept d’égalité ne concerne pas seulement le droit. Dès PDS, mais de manière plus précise dans Une question de principe (QP) (1985) et L’empire du droit (ED) (1986), c’est dans la valeur morale d’égalité que Dworkin fonde le libéralisme économique.
Le libéral, lorsqu’il doit choisir une théorie générale de la distribution (des biens et des chances) conforme à l’idéal moral d’égalité, ne choisit pas l’égalité simple, ce qu’il ferait si les individus avaient la même conception de la vie bonne et des talents égaux, mais l’égalité de ressources, qui n’est possible que par le marché.
Si, en effet, les citoyens ont diverses conceptions de la vie bonne, le législateur libéral aura besoin de mécanismes pour satisfaire, en dépit des désaccords sur ce que la société doit produire, le principe d’égal traitement. Il choisira nécessairement l’économie de marché, dont la justification réside donc pour Dworkin dans le principe d’égalité et non dans des considérations d’efficacité. Il est en effet possible de montrer que le marché parfait est plus égalitaire, étant donné la diversité des conditions de la vie bonne, que tout autre mode de distribution. Les gains et les coûts de chacun, dans un tel marché, découlent de sa décision de se livrer à telle activité ou de se procurer tel bien. Il reçoit donc ce que sa décision rapporte à la communauté et dépense ce qu’elle coûte à cette dernière. Il prend ainsi une part des ressources de la communauté égale à celle des autres (en termes techniques, le marché parfait engendre l’absence d’envie).
Dans ED et dans What is Equality ? (WE) (1981-1987), Dworkin élabore plus précisément cette justification morale du marché en montrant que l’égalité de ressources est celle que doit viser une politique animée par le souci de l’égale attention et de l’égal respect pour tous les membres de la communauté. Distinguant cinq conceptions de l’égalité, WE se livre à une critique très argumentée de celles fondées sur l’idée de bien-être. Dworkin établit finalement que seules deux des cinq conceptions, l’égalité libertarienne et l’égalité de ressources, sont compatibles avec le libre usage, par les individus, de leur propriété. Or, ce libre usage fait partie des droits fondamentaux, puisque sans lui les individus ne sont pas considérés avec respect, c’est-à-dire dignes de diriger leurs vies. Les conceptions reposant sur le bien-être ou l’égalité des biens ont, entre autres inconvénients, celui de remettre en cause, d’une manière ou d’une autre, ce libre usage. Elles ne sont donc pas compatibles avec l’idéal moral d’égalité.
L’
égalité de ressources se définit par le fait que chacun peut disposer de ses ressources à sa guise, sur la base de dotations initiales à peu près égales – ce qui suppose des mesures visant à corriger les inégalités dues à l’héritage. Une telle conception de l’égalité ne se confond ni avec l’
égalité de bien-être ni avec l’
égalité des biens : la distribution qu’opère le marché n’est pas incompatible avec des inégalités justifiées par le fait que certaines préférences sont plus coûteuses que d’autres (si je veux me procurer un bien rare, je dois choisir une activité satisfaisant davantage les préférences des autres). Elle se distingue de l’
égalité libertarienne, d’une part par son insistance sur la nécessité d’une dotation initiale à peu près égale, d’autre part par l’attention qu’elle accorde aux handicaps et talents inégaux. Contrairement aux précédentes inégalités, celles qui découlent de la
brute luck ne sont pas en effet admissibles d’un point de vue libéral. Il faut donc les réduire (en redistribuant par des taxes sur les héritages ou les revenus, ou en acceptant certaines limitations du marché)
[3]. Mais en choisissant de réduire ces inégalités, le libéral n’est pas animé par le souci de trouver un compromis entre les idéaux antagonistes de l’efficacité (ou de la liberté) et de l’égalité, mais bien par le même principe d’égalité qui lui fait choisir le marché.
3 / Nous insisterons moins sur la justification de la troisième institution des sociétés libérales, la démocratie représentative, en renvoyant le lecteur au dernier article de WE et à FLE. Dworkin y établit qu’elle est aussi à comprendre à partir de l’idéal moral d’égalité. Cette forme de gouvernement est en effet la seule qui repose sur le droit de chacun à l’attention et au respect, même s’il est toujours possible que les décisions des majorités violent ce droit. La démocratie représentative est par conséquent inséparable de l’idée d’un ensemble de droits civils permettant de contrôler les décisions politiques qui, vraisemblablement, refléteront les préférences externes. Dans les limites d’une communauté politique donnée, le libéralisme définira donc les institutions permettant d’articuler la démocratie représentative et la nécessité de sauvegarder les principes fondamentaux (tout en permettant l’évolution du droit : à cette fin Dworkin élabore une remarquable théorie de l’interprétation créatrice de la Constitution par la judicial review).
4 / L’égalité est donc bien la vertu souveraine de nos sociétés. En mettant en évidence que le fondement moral de nos institutions (marché compris) est à chercher dans l’égalité, Dworkin récuse le pluralisme des valeurs, trop souvent suggéré par les conflits qui naissent entre les diverses institutions. Les droits fondamentaux (ceux contenus dans le Bill of Rights américain) ne doivent pas être compris comme défendant l’égalité contre d’autres buts ou principes servis par l’économie de marché ou la démocratie. Il n’y a qu’un « idéal fondamental », celui « d’une communauté politique comme communauté d’égaux » (PDS).
Une telle thèse permet de tracer une frontière nette entre libéralisme et conservatisme. QP, en construisant une théorie de ce dernier qui en montre la cohérence, prolonge la critique de la théorie du droit conservatrice que développait PDS. Les conceptions conservatrices du droit, du marché et de la politique ne sont pas séparables. Le conservateur justifie l’économie de marché autrement que ne le fait le libéral (elle récompense mieux ceux qui ont davantage de talents et d’esprit d’entreprise : son concept d’égalité, la proportion par rapport au mérite, n’est pas le même que celui du libéral). Le conservateur et le libéral ne donnent pas non plus le même sens au droit de propriété. Le premier considère que la souveraineté sur un ensemble de biens personnels est essentielle à la dignité individuelle et à l’égalité de ressources. Le conservateur insiste, au nom de l’efficacité, sur la nécessité de droits garantissant une emprise illimitée sur tout ce qui est acquis dans le cadre d’une institution récompensant le talent. S’agissant des dispositifs correcteurs, il refuse toute redistribution en faveur de ceux qui ont moins de talents, il prône non pas la redistribution libérale mais la charité privée, perçue par lui comme un compromis avec la justification première du marché et non comme conforme à celle-ci. Il considère enfin que la démocratie politique doit distribuer les chances comme le souhaitent les citoyens d’une société vertueuse (la communauté utilise le processus législatif pour réaffirmer sa conception publique de la vertu). Il cherche certes aussi à limiter le pouvoir des majorités, mais pour d’autres raisons que le libéral (pour éviter que les talentueux soient à la merci d’une majorité politique envieuse soucieuse d’obtenir par la loi ce qu’elle ne peut obtenir par le talent).
Cette théorie d’ensemble du libéralisme permet aussi à Dworkin de faire justice à certains des thèmes développés par les multiples courants que l’on range commodément sous le nom de communautarisme. Dans ED en particulier, et dans l’article Liberal Community (LC) (1989), Dworkin affirme que l’idéal libéral, fondé sur l’égalité, est proche, lorsqu’il est mis en œuvre dans le cadre d’une communauté politique donnée, de l’idéal républicain de tradition française, c’est-à-dire de l’idée de fraternité (ou, en langage plus contemporain, de communauté). Une société libérale est une communauté s’autogouvernant selon l’idéal moral d’égalité déposé dans les principes fondamentaux qu’elle se donne. Cet idéal moral constitue la communauté et le citoyen, défini par son identification à l’ensemble structuré des principes de la communauté libérale. Seule une telle conception de la politique, que l’on peut indifféremment qualifier de libérale ou de républicaine, peut rendre le pouvoir politique légitime. La légitimité n’a pas en effet son origine dans le contrat (que Dworkin interprète comme un accord sur des règles résultant d’un compromis entre intérêts divergents) mais dans le sentiment d’appartenir à une communauté. Dworkin peut ainsi faire justice à certains des arguments communautariens, tout en rejetant fermement d’autres thèses de ce courant de pensée. Le concept de communauté est au centre de l’idéal libéral, mais la communauté dont il s’agit est seulement une communauté politique. Il est essentiel que les citoyens s’identifient pleinement à leur propre communauté politique, qu’ils reconnaissent que la communauté a une vie politique (mais non une vie sexuelle ou religieuse) et que la réussite ou l’échec de leur propre vie dépende de la réussite ou de l’échec de cette vie communautaire. Dworkin peut ainsi reprendre l’idéal du républicanisme civique – qui, précise-t-il cependant dans LC, est une « idée clairement libérale » – en réintroduisant les notions de bien public et de vertu dans une perspective qui, apparemment, affirme fortement la priorité du juste sur le bien.
5 / Cette priorité n’est cependant pas le dernier mot d’une telle reconstruction de l’idéal libéral. Dans FLE, Dworkin s’éloigne en effet de la thèse rawlsienne qu’il avait reprise dans ses premiers travaux. Elle ne permet pas à ses yeux de comprendre pourquoi les individus (la plupart d’entre eux du moins) adhèrent à l’idéal libéral. FLE se donne donc pour objectif de dégager plus explicitement et systématiquement le fondement du libéralisme, en mettant en évidence que les individus adhèrent à la norme du juste parce qu’elle correspond à un idéal éthique.
Il ne s’agit évidemment pas d’accorder aux conservateurs et communautariens qu’une conception particulière de la vie bonne est au fondement du droit et de la politique libérale, mais de montrer qu’il existe un sol éthique du libéralisme, celui-là même qui permet de rejeter la thèse conservatrice. FLE propose une interprétation de ce sol éthique, en soutenant que les individus de nos sociétés n’adhèrent à l’idéal libéral ni par un calcul d’intérêt, ni sur la base d’une morale déontologique (qui ne peut constituer une motivation suffisante). En refusant d’enfermer le débat dans l’opposition des théories téléologiques et déontologiques, comprise ici comme celle du calcul et de la morale, Dworkin établit que les individus n’ont pas seulement des désirs (savoir bien pratiquer tel sport) mais des intérêts éthiques (avoir de bonnes relations avec leurs enfants). FLE, après avoir soigneusement distingué ces deux niveaux, affirme que l’idéal libéral repose sur ce principe éthique : une vie est bonne si un individu a le sentiment de réaliser non pas ses désirs mais ses intérêts éthiques propres. Do Liberty and Equality Conflict ? (DL) (1996), plus récemment, nomme ce sol éthique individualiste et distingue en lui deux principes (celui de l’égale valeur des vies humaines et celui de la responsabilité spéciale : il appartient à chacun de mettre en œuvre ses idéaux éthiques).
Le travail plus particulièrement philosophique de FLE consiste donc à déduire de cette théorie éthique individualiste l’ensemble des idéaux libéraux : les droits fondamentaux (qui reposent sur le rejet du paternalisme, sur l’idée qu’une vie bonne est une vie où sont satisfaits les intérêts éthiques de l’individu), la justice au sens de l’égalité des ressources (Dworkin établit précisément qu’elle est une condition de toute vie bonne telle qu’on vient de la définir), la liberté politique qui définit la démocratie représentative, enfin.
FLE et DL font ainsi apparaître, de manière encore plus claire que les autres ouvrages, que les idéaux d’égalité et de liberté (que DL rapporte respectivement au premier et au second principe de l’éthique individualiste), loin d’être incompatibles, sont ancrés dans un même idéal éthique.
Dworkin ne prétend cependant pas dégager le fondement dernier de cet idéal. C’est un fait que certains hommes rejettent l’éthique individualiste. Un fait aussi que cet idéal éthique peut être justifié de plusieurs manières.
Quoi qu’il en soit de ces questions ultimes, l’
œuvre de Dworkin est aujourd’hui, dans le débat philosophique et politique, incontournable. Elle propose une théorie d’ensemble des institutions libérales qui nous invite à rejeter le pluralisme des valeurs (l’opposition de la liberté et de l’égalité, celle aussi de la morale et de l’intérêt) et à distinguer l’idéal libéral d’idéaux voisins mais non identiques. Elle s’attache aussi à résoudre, sur la base de cette théorie, des questions concrètes particulièrement difficiles qui se posent aux démocraties libérales contemporaines (qu’est-ce exactement, par exemple, qu’une redistribution libérale ?). Les réponses qu’elle avance, tant au niveau philosophique qu’au niveau politique, demandent à être confrontées à celles des quelques théories qui se donnent une ambition identique
[4].
·
Prendre les droits au sérieux (trad. M.-J. Rossignol et al., Paris, PUF, 1995, de Taking Rights Seriously, Londres, Duckworth, 1977).
·
Une question de principe (trad. A. Guillain, Paris, PUF, 1996, de A Matter of Principle, Cambridge, Harvard UP, 1985).
·
L’empire du droit (trad. E. Soubrenie, Paris, PUF, 1994, de Law’s Empire, Cambridge, Harvard UP, 1986).
·
What is Equality, Part 1 : Equality of Welfare, et Part 2 : Equality of Resources (Philosophy and Public Affairs, Princeton UP, vol. 10 et 11, 1981), Part 3 : The Place of Liberty (Iowa Law Review, vol. 73, no 1, octobre 1987), Part 4 : Political Equality (University of San Francisco, no 1, Automne 1987).
·
Liberal Community (California Law Review, vol. 77, 1989) (trad. partielle dans Libéraux et communautariens, A. Berten et al., Paris, PUF, 1997).
·
Foundations of Liberal Equality (The Tanner Lectures on Human Values XI, University of Utah Press, 1990).
·
Life’s Dominion : An Argument about Abortion, Euthanasia and Individual Freedom, New York, Knopf, 1993.
·
Freedom’s Law : The Moral Reading of the American Constitution, Cambridge, Harvard UP, 1996.
·
Do Liberty and Equality Conflict ?, in Living as Equals, Oxford UP, 1996.
·
Sovereign Virtue : The Theory and Practice of Equality, Cambridge, Harvard UP, 2000.
·
Stephen Guest : Ronald Dworkin, Edimbourg, Edinburgh UP, 1997.
[1]
Le lecteur est invité à se reporter à la bibliographie sélective qui figure à la fin de l’article. Les titres seront, dans cette notice, cités une première fois (en français lorsqu’il existe une traduction) puis remplacés par des initiales.
[2]
À proprement parler seulement une partie de l’argumentation de Dworkin relève de l’interprétation philosophique du libéralisme, les autres travaux relevant de ce que Dworkin nomme l’interprétation politique. Mais les deux tâches sont étroitement liées, comme le précise le début de
FLE.
[3]
Le deuxième article sur l’égalité insiste sur le fait que l’inégalité des talents doit aussi être dans une certaine mesure compensée, puisque cette inégalité réintroduit progressivement l’envie dans le marché. Il est impossible de résumer ici la théorie complexe que propose Dworkin, différente de l’idée rawlsienne de mise en commun des atouts naturels.
[4]
Particulièrement à celle, également ambitieuse et rigoureuse, mais d’inspiration hobbesienne, de D. Gauthier (cf.
Morals by Agreement, trad. franç.
Morale et contrat. Recherche sur les fondements de la morale, Liège, Éd. Mardaga, 2000) et à la théorie d’ensemble de la société libérale que propose Habermas dans
Droit et démocratie.
[5]
Seuls quelques articles parmi ceux qui ne sont pas repris dans les ouvrages de Dworkin ont été retenus.