Cités
P.U.F.

I.S.B.N.9782130534570
192 pages

p. 71 à 77
doi: 10.3917/cite.016.0071

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n° 16 2003/4

2003 Cités

Lacan et les minorités sexuelles

Jean Allouch Psychanalyste. Membre de l’École lacanienne de psychanalyse, il codirige la revue L’unebévue et la collection « Les grands classiques de l’érotologie moderne » (Éd. Epel). Il a notamment publié : Lettre pour lettre (Toulouse, Érès, 1984) ; Freud, et puis Lacan (Paris, Epel, 1993) ; Marguerite, ou l’Aimée de Lacan (postface de Didier Anzieu, Paris, Epel, 2e éd., 1994) ; Érotique du deuil au temps de la mort sèche (Paris, Epel, 2e éd., 1995) ; Allo Lacan ? Certainement pas ! (Paris, Epel, 1998) ; La psychanalyse, une érotologie de passage (Paris, Cahiers de L’unebévue, 1998) ; Le sexe du maître (Paris, Exils, 2001).
Si l’anachronisme était un péché (ce dont, fort à propos, l’on doute désormais), ce titre en relèverait. Lacan vivant, le communautarisme nord-américain n’avait pas fait, en France, la percée qu’aujourd’hui on commence à savoir. Il n’aura donc pas non plus connu la moindre « minorité sexuelle » (à une restriction près, qui va être convoquée), pas été au fait des questions qui allaient ainsi être posées, notamment à la psychanalyse. Elles concernent sa pratique, sa clinique, sa doctrine, sa place dans le social, autant de points qu’il a certes, et de manière d’ailleurs variable, largement traités. Il n’est pas acquis, et ce serait d’ailleurs peu vraisemblable hormis une intempestive métamorphose de Jacques-Marie Lacan en prophète, qu’il ait fourbi tous les instruments qui permettraient d’aborder aujourd’hui les problèmes inédits posés par les « minorités sexuelles ». En revanche, il n’est pas exclu qu’avec son « Il n’y a pas de rapport sexuel » il n’ait atteint un point dans l’érotique (encore largement inaperçu des psychanalystes) qui ferait apparaître après coup certaines des avancées « minoritaires » ainsi posées ailleurs que du côté de chez Freud (parfois avec lui, parfois contre), comme se maintenant en deçà de ce qu’il aurait décliné.
 
D’UNE SINGULIERE MINORITE SEXUELLE
 
 
On le sait, le trait le plus banal, le plus à portée de main, susceptible de caractériser et de délimiter une minorité sexuelle n’est rien d’autre qu’une pratique érotique spécifique. Ainsi la sodomie a-t-elle été censée constituer l’homosexuel, mais aussi sa communauté, sinon son espèce. Pour toucher du cœur la violence attenante à cette manière de classification (qui, violente, le fut historiquement et le reste bien plus qu’on ne l’imagine en France), il n’est que de déplacer le regard vers le traitement social accordé actuellement à la pédophilie.
Mais déplaçons-le sur une catégorie d’êtres qui, selon le critère susdit, constituent eux aussi une minorité sexuelle. On a nommé : les psychanalystes. S’étonnera-t-on de les voir ainsi épinglés ? Si la perspective lacanienne (et freudienne, mais la chose est explicitement formulée par un Lacan proche de Georges Bataille) consiste dans le souci de tenir l’érotique analytique pour une érotologie [1] (un pari, sans doute une folie, car qui ignore que les interventions du petit dieu Éros n’ont guère de raisons ni de sens ?), alors, oui, ceux qui sont engagés dans cette démarche peuvent légitimement être pris comme formant, de fait, une minorité sexuelle. D’autant que « mineurs », ils le sont aussi en tant qu’enfants, ils le disent, le reconnaissent parfois. On raconte qu’une dame, lors d’un dîner au Japon, peut-être impressionnée par le personnage « Lacan » que ce jour-là on honorait, le questionnait : « Quel est donc votre secret ? » Réponse, qu’on imagine chuchotée : « J’ai cinq ans. » La minorité sexuelle psychanalytique a ceci de particulier qu’elle est, au moins dans le meilleur cas, sans majorité. Lacan n’en aura donc pas connu d’autre. Comment aura-t-il fait avec elle ? Comment en aura-t-il problématisé le statut, la fonction ? Premier élément de réponse : en ne la considérant certes pas de manière isolée. Pour indiquer ici un fil de lecture d’un autre ressort qu’historique (dont les ravages hystérisants, quand il s’applique à la psychanalyse, sont désormais avérés), usons d’un effet de zoom. Trois registres feuilletés se laissent distinguer, du plus large au plus singulier.
Au plus large, il y a le social :
« Ce dont vous dépendez le plus fondamentalement – parce qu’enfin l’Université n’est pas née d’hier – c’est le discours du maître, quand même, qui est le premier surgi. Et puis, c’est lui qui dure et qui a peu de chances de s’ébranler » (séminaire de Lacan du 21 juin 1972).
Lacan appelait aussi ce discours, métaphoriquement : « la pensée du manche ». Au train où sont menées les choses par le pouvoir d’État, il paraît bien que cette remarque s’est trouvée aussi parfaitement entendue que résolument appliquée. Ce manche est aussi une trique, ce pouvoir l’a compris, et les médias suivent à qui mieux mieux, au point qu’il n’est que d’ouvrir n’importe quel journal, n’importe quelle radio pour, sans aucune peine, répertorier un à un les coups de cette trique. Ses possibilités d’intervention semblent illimitées, et infini l’espace de son pouvoir (jusqu’au plus intime de chacun, la police de proximité – une invention... socialiste, mais les psys de gauche ne sont pas loin – étant d’abord et avant tout une police du langage : quoi de plus proche, en effet, à chacun, que son parler ?). « Biopouvoir », disait Foucault, ce que Cités devait relever [2]. Mais psycho aussi bien, dès lors que le droit lui-même prétend désormais constituer, pas moins, l’âme de ses assujettis [3]. Par exemple, punir le criminel au profit supposé de la future santé mentale de sa victime. Il serait pourtant erroné d’attribuer aux seuls gouvernants la position d’être du bon côté du manche. Bien des minorités, sexuelles ou autres, ne rêvent que de ça et ne manquent pas une occasion d’en appeler, elles aussi, à ce que nous venons de désigner par son nom : une police. À gauche comme à droite, on souhaite toujours plus de lois, on légifère sur ce que je puis dire, sur ce que je dois taire. Autre exemple tout frais : qui donc sert un pédiatre dénonçant, comme la loi l’exige de lui, des sévices sexuels sur enfants ? Ceux d’entre eux, nombreux, qui se voient poursuivis pour « dénonciation calomnieuse » par la famille dès lors qu’un non-lieu a été prononcé ne seraient pas mal avisés de se poser la question [4]. L’enfant ? Cette réponse apparaît bien moins évidente que l’obéissance au maître à laquelle le médecin est purement et simplement tenu. On ne repère en effet pas assez comment nos politiques, une fois élus, cessent d’être nos représentants pour se muer en maîtres – ce qui, récemment en France, a été parfaitement compris et activement mis en œuvre.
Tentant d’ouvrir d’autres modalités du lien social, Lacan, non sans prendre un large appui sur Foucault [5], souhaitait calmer ce jeu en composant le discours du maître [6] avec trois autres discours : universitaire, hystérique, psychanalytique. Cette tentative devait rencontrer un large scepticisme chez Foucault qui ne croyait pas, lui, possible, de classifier les discours, moins encore, comme le fit Lacan, de les formaliser. À seulement constater que là même où, depuis plus de vingt ans, on claironne relever du discours psychanalytique, que là même la maîtrise se fait ostentatoire, s’impose la conclusion suivante : Foucault avait vu juste.
Échec, donc, de la discursivité lacanienne. Conséquence : il n’y a pas de registre intermédiaire qui tienne entre la pensée du manche, une pensée qui est aussi action, et le sujet. Mais qu’en est-il, le concernant ? Rétrécissons d’un cran supplémentaire le champ de notre zoom.
L’inventeur de la séance ponctuée savait être coupant, cassant même, à l’occasion ; mais aussi, parfois, se livrer à quelques confidences, certaines intimes, qui ne manquaient pas de toucher son public. Et ce sera notre seconde citation, de la même date ici élue pour correspondre à ce qui s’amorçait, à la même époque, aux États-Unis : études gays et lesbiennes, renouveau du féminisme, constitution de minorités sexuelles en communautés. Que disait Lacan, dans l’ignorance de ce mouvement ? Quelque chose qui donne à penser que chacun est une « minorité sexuelle », et que l’expérience psychanalytique recueille cette donnée.
« Qu’est-ce qui nous lie à celui qui, avec nous, s’embarque dans la position qu’on appelle celle du patient ? Est-ce qu’il ne vous semble pas que, si l’on le conjoint à ce lieu, le terme “frère” qui est sur tous les murs : LIBERTé, ÉGALITé, FRATERNITé, je vous le demande, au point de culture où nous en sommes, de qui sommes-nous frères ? De qui sommes-nous frères dans tout autre discours que dans le discours analytique ? Est-ce que le patron est le frère du prolétaire ? Est-ce qu’il ne vous semble pas que ce mot « frère », c’est justement celui auquel le discours analytique donne sa présence, ne serait-ce que de ce qu’il ramène ce qu’appelle ce barda familial ? Vous croyez que c’est simplement pour éviter la lutte des classes ? Vous vous trompez, ça tient à bien d’autres choses que le bastringue familial. Nous sommes frères de notre patient en tant que, comme lui, nous sommes les fils du discours. »
Il s’agit d’une revendication extrême, même si la porte qu’elle ouvre aux bons sentiments se trouve tout de suite refermée par l’annonce d’une montée du racisme. Il n’y aurait de fraternité que psychanalytique, que par la grâce de ce dispositif divan/fauteuil qui, en effet, la chose est parfois sensible, donne son lieu à cette filiation, à cet engendrement d’un sujet par le langage, d’un sujet défini comme pure fente entre deux signifiants.
UN GRAND MENAGE RESTE A FAIRE
L’ignorance à laquelle Lacan s’est tenu à l’endroit des minorités sexuelles comportait aussi sa part d’aveuglement. Que cet aveuglement ait eu ses raisons (il avait d’autres chats à fouetter, il occupait la plupart de son temps « libre » à dessiner des nœuds, à manipuler des cordes) importe peu. La révolte de Stonewall eut lieu en 1969 ; peu après (1973), les gays obtenaient que l’homosexualité ne soit plus, par ceux qui croyaient en avoir la charge (on a nommé les psychiatres, affublés ou non d’un vernis psychanalytique), reçue comme une maladie. Les premiers pas du mouvement transsexuel, avec l’aide à la fois remarquable et professionnellement risquée du Dr Benjamin, sont de la même époque. Seul le féminisme – ou, plutôt, un certain féminisme – l’aura, comme « minorité sexuelle », directement concerné – et l’on attend encore qu’il soit rendu compte de l’interdiction infligée à Serge Leclaire et Antoinette Fouque de faire séminaire à l’École freudienne (dont Lacan est alors le directeur).
« Qui s’occupe de quoi ? » Loin d’être évidente, la réponse donne lieu à des conflits de pouvoirs – autrement dit, fluctue historiquement [7]. En l’occurrence, que s’est-il passé ? En se constituant sur un mode communautaire, ceux qu’on nomme aujourd’hui les gays ont su se soustraire à l’emprise qu’exerçaient sur eux ceux qui, un siècle auparavant, s’étaient acquis cette maîtrise à la fois contre et aux dépens de la pastorale chrétienne et de l’instance pénale. Pseudo-maîtrise serait plus juste, mais les conséquences n’en furent peu à peu que pires. Et la psychanalyse, pourtant en sa méthode radicalement non médicale (mais justement pas en Amérique du Nord, au moins jusqu’à tout récemment, Freud n’ayant pas réussi à imposer son point de vue), a cependant collaboré. La demande d’une pastorale fut et reste telle qu’elle a fini par largement y céder, virant ainsi, de libératrice qu’elle était, en une discipline normalisatrice. Se soustraire ne fut donc pas rien. Qu’arrive-t-il aujourd’hui à un transsexuel ? Il ne s’en laisse plus conter lorsqu’on le diagnostique « psychotique » (les élucubrations théoriques des élèves de Lacan, en dépit de quelques nuances, ne changent rien au fond) [8]. S’il a besoin de l’aide du médecin (hormones, chirurgies), il ne s’adressera plus à lui dans un face-à-face pour lui ravageant. Ses copains-copines lui auront indiqué ce qu’il fallait savoir dire pour obtenir ce qu’on souhaite obtenir. On ne parle plus de lui, d’elle, pas plus que de l’homo ; il/elle a pris en main, précisément en faisant communauté avec quelques autres, son propre sort, ce que Foucault tentait pour les personnes emprisonnées.
Cette sortie historique de l’emprise psychopathologique ne concerne, il est vrai, que quelques parias. Il en est d’autres, qu’on dit fous ou névrosés, qui ne sont pas en position de forger eux-mêmes cette issue qui donc, pour ceux-là, n’en est pas une. Pourtant, aussi partielle soit-elle, cette soustraction suffit à exiger que soit reconsidéré tout un ensemble d’énoncés et de concepts. L’homosexualité, la perversion et jusqu’à l’hétérosexualité n’apparaissent plus comme des essences stables, « valables en tout temps et en tous lieux », comme disait Charcot de son hystérie, mais comme des constructions qui, dès lors qu’on les repère telles, ont fait leur temps, qu’on le veuille ou non.
Il ne s’agit pas seulement d’ôter une ou deux cases (homosexualité, transsexualisme) d’un échiquier nosographique qui, hormis cela, resterait inchangé. Cet échiquier est lui-même en question, dès lors que furent mises au jour, par les études gays et lesbiennes (et non par les psychanalystes), les conditions socioculturelles, les relations de pouvoir de sa fabrication, puis de son usage comme grille de référence.
Lacan n’avait d’ailleurs pas manqué, dans les dernières années de son séminaire, de commencer à faire lui-même le ménage. Indiquer que la clinique analytique est ce qui se dit dans une analyse, un point c’est tout, n’est-ce pas écarter toute nosographie ? Peut-être s’est-il alors rendu compte que son pari de construire une clinique analytique fondée sur le ternaire perversion-névrose-psychose (je l’appelle pernépsy) sans pour autant tomber dans les bras de la médecine n’avait pas résisté à l’emprise, toujours plus envahissante, qu’exerce celle-ci.
Au moment où j’écris ces lignes, m’aidant de temps en temps d’une cigarette, voici que mon paquet préféré me vient en main avec un nouvel emballage, noir comme un faire-part de décès, encadré comme lui, où je lis : « Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage. » Mensonge ! S’agissant de mon entourage, la chose vient d’être démontrée par une ample étude médicale nord-américaine dont les médias ont curieusement fort peu fait cas. Quant à ma santé, je veux dire la mienne mienne, qu’en sait-on ? Quel est ce culot qui prétend me dire ce que serait mon bien ? Mais aussi décider à ma place, et du même pas, que mon bien (au sens de l’absence d’hubris) serait la chose la plus précieuse de ma vie ? J’attends, c’est pour bientôt, de trouver semblable inscription sur mon bordeaux préféré, puis accompagnant le civet de lièvre du restaurant du coin (cholestérol !), puis sur ma manière de dormir ou, encore et plus globalement, de jouir ou non de telle et telle chose de la vie (un psychanalyste vient de consacrer à cela un ouvrage à succès).
À vrai dire, la définition stricte du sujet par le signifiant, ces bouts de matière jouant entre eux une parfois infernale ronde hors sens (l’inconscient est « un chancre », disait Lacan), suffit à exiger du psychanalyste, dans sa fraternité avec l’analysant, qu’il n’accueille celui-ci qu’en écartant quelque catégorisation que ce soit : nosographique, sexiste, raciale, communautariste. Que sais-je de qui pénètre dans mon consultoire pour me demander une psychanalyse ? Vais-je, à son aspect, juger en phénoménologue qu’il est homme, femme, homosexuel, religieux, pauvre, intelligent, noir, jeune, ou... quoi que ce soit ? Précisément pas. Une psychanalyse, côté psychanalyste, ne s’engage qu’avec cette abstention-là. Si Freud, en un geste aussi inaugural que le doute méthodique de Descartes, n’avait su et pu mettre son savoir au vestiaire, faire un pas de côté par rapport à cette pseudo-maîtrise que Charcot exerçait, un « mouvement freudien » n’aurait tout simplement jamais eu lieu.
La clinique psychanalytique dans sa version nosographique a fait son temps. La psychiatrie a d’ailleurs, elle, renoncé, il y a maintenant une paye, au paradigme perversion-névrose-psychose. Il est vrai qu’elle le fit en se mettant au service du maître du moment, moyennant quoi les fous ont sans doute rarement été en Occident aussi maltraités qu’ils le sont aujourd’hui où, moins onéreuses en prix de journée, les prisons les attendent lorsque leur abrutissement par les médicaments ne suffit plus. On commence enfin tout récemment, dans cette discipline, à s’aviser du problème.
Nous ne saurions, dans l’analyse, être trop reconnaissants aux minorités sexuelles, aux études gays et lesbiennes, à la théorie queer de nous inciter à nous en tenir strictement à la seule minorité sexuelle à laquelle nous avons affaire : notre fraternité a-sentimentale, notre fraternité en acte avec l’analysant.
 
NOTES
 
[1] Jean Allouch, La psychanalyse : une érotologie de passage, Paris, Epel, Cahiers de L’unebévue, 1998.
[2] Cités, no 2, 2000, « Michel Foucault : de la guerre des races au biopouvoir », Paris, PUF.
[3] Cf. L’unebévue, no 20, « Robopsy. Des lois pour les âmes, des âmes pour les lois », Paris, L’unebévue Éd., 2002.
[4] Sandrine Blanchart et Nathalie Guibert, « Des médecins s’inquiètent des conditions de signalement en justice de la maltraitance à enfants », Le Monde des 29-30 juin 2003. La série des trois génitifs que comporte ce titre devrait à elle seule signaler qu’on se trouve passablement enferré.
[5] En 1969, Lacan assistait à la conférence de Foucault « Qu’est-ce qu’un auteur ? », participant à la discussion. La théorie des quatre discours est produite dans les mois qui suivent.
[6] Jean Allouch, Le sexe du maître. L’érotisme d’après Lacan, Paris, Exils, 2001.
[7] Voir Vernon Rosario, L’irrésistible ascension du pervers entre littérature et psychiatrie, traduit de l’américain par Guy Le Gaufey, Paris, Epel, 2000. Ainsi que Jonathan Ned Katz, L’invention de l’hétérosexualité, traduit de l’américain par Michel Oliva et Catherine Thévenet, Paris, Epel, 2001.
[8] Voir Pat Califia, Changer de sexe, traduit de l’américain par Patrick Ythier, Paris, Epel, octobre 2003.
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[2]
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