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2004/3 (n° 19)


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Parler d’ « économie » de manière générique est risqué. En effet, la littérature qualifiée d’économique est si nombreuse et si variée qu’on a du mal à la regrouper sous un même vocable. Aussi celui-ci a-t-il été choisi ici par commodité, et désigne plus exactement l’analyse économique, ou la science économique en tant que discipline universitaire, faite d’un ensemble de théories, de faits empiriques, voire de recommandations pratiques à usage de chacun, ainsi que des responsables politiques. Rétrospectivement, on peut ainsi écrire, comme Schumpeter par exemple l’a fait, une « histoire de l’analyse économique », qui constitue celle-ci en objet cohérent par-delà ses variations temporelles. Dans ce qui suit, on parle donc indifféremment d’ « économie », de « science économique » ou d’ « analyse économique ».

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Cette science économique, puisque dotée d’une histoire, n’est pas figée. Comme la physique ou la sociologie, auxquelles on la compare parfois pour mieux la distinguer, elle connaît des remises en question, réformistes ou révolutionnaires. Son objectif affiché reste toujours celui d’un approfondissement de la connaissance, d’une description plus fidèle de la réalité. Une théorie jugée meilleure qu’une autre du point de vue de la science économique est une théorie qui permet de mieux rendre compte d’un ensemble de faits économiques, ou de rendre compte aussi bien d’un ensemble plus large de faits économiques.

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En adoptant cette perspective, on se situe dans une optique épistémologique. Dire cela, c’est dire aussi qu’on laisse volontairement dans l’ombre certains points de vue relatifs à l’économie. Tout d’abord, pour reprendre une distinction kantienne, on ne se situe pas dans une perspective morale. On ne cherche pas à répondre à la question « Que dois-je faire ? » (qui, transposée au sujet de l’économie, pourrait donner : « Quelle attitude l’analyse économique de telle situation m’enjoint-elle d’adopter ? »), mais à la question « Que puis-je savoir ? » (qui, symétriquement, peut se transposer en : « Que l’analyse économique me permet-elle de savoir ? »).

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Il faut reconnaître que cet angle d’approche n’est pas favorable à l’économie, dont l’un des avantages par rapport à des disciplines proches comme l’histoire ou la sociologie, est de proposer des solutions à toute une série de problèmes, sur la base d’une analyse en termes de bien-être, là où les autres disciplines se contentent de décrire les choses sans ajouter de volet normatif. Or il existe dans la société quantité de problèmes à la fois politiques, économiques et sociaux (par exemple, le problème du chômage, ou celui du financement des retraites), qui réclament des solutions, lesquelles sont plutôt mises en avant par des analyses de type économique qu’historique ou sociologique. Mais on passe alors du domaine descriptif au domaine normatif, qui est en dehors de la présente réflexion.

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Se situer dans une perspective épistémologique, c’est aussi écarter une approche en termes de sociologie des sciences, qui chercherait plutôt à répondre à la question : « Quelles sont les conditions sociales d’émergence de telle problématique, ou découverte, en économie ? » Ce qu’on voudrait tenter ici, c’est de souligner, par des raccourcis taillés à la serpe mais dont on espère qu’ils conservent les lignes essentielles de la matière, quelques évolutions de l’épistémologie économique dans sa démarche de saisie des comportements humains.

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Cette épistémologie a évolué, notamment au vu des critiques dont elle a fait l’objet, mais elle se heurte à certaines limites inhérentes à la discipline. On peut ainsi dire que l’économie nous montre aujourd’hui des choses qu’elles ne nous montrait pas hier (ce qui est un gain épistémique appréciable), mais que vraisemblablement certaines choses ne rentreront jamais dans son périmètre explicatif, en dépit de ses tentatives d’étendre celui-ci à des domaines sans cesse plus nombreux.

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On peut illustrer ce propos (avec une part d’arbitraire inévitable mais qu’on espère compensée par sa fonction pédagogique) dans trois domaines dans lesquels la science économique a connu une telle évolution mais semble aussi devoir buter, sous peine de se dissoudre, sur de telles limites :

1. LA MISE EN EVIDENCE DE DéTERMINANTS DU COMPORTEMENT [1][1]  Le terme de « comportement » n’est pas neutre ; il...

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Au moment où il se définit en tant que champ de réflexion autonome, doté d’un objet propre, distinct des considérations dans lesquelles il était jusque-là immergé (telles que l’administration, la religion ou la morale), le paradigme économique adopte une représentation de l’homme centrée sur la satisfaction de ses besoins matériels. C’est par exemple ce qu’A. Hirshman qualifie de réduction des passions aux intérêts : par opposition à l’honneur, passion guerrière, le commerce et, plus généralement, l’approche économique rapprocheraient les hommes en leur faisant miroiter des gains pécuniaires et pacifiques [2][2]  A. O. Hirshman, The Passions and the Interests, Princeton,.... Que cette démarche ne soit pas seulement descriptive (ce sont effectivement les mobiles essentiels de nos actes), mais aussi normative (il faudrait que ce soit les mobiles essentiels de nos actes), ne modifie pas cette interprétation. On peut ainsi parler de « paradigme matériel » de l’économie, celui que S. C. Kolm qualifie de « caricature du bourgeois égoïste à la Daumier » [3][3]  S.-C. Kolm, Philosophie de l’économie, Paris, Le Seuil,....

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Mais, puisqu’il s’agit d’une caricature, sa portée épistémique est nécessairement limitée. Et, de fait, il n’est pas difficile de reprocher à cette vision son ignorance de bien des mobiles de l’action. C’est pourquoi l’analyse économique ne tarde pas à enrichir sa vision du comportement humain, en intégrant les mobiles les plus divers dans ce qui finit par être nommé une « fonction d’utilité » (d’où une grande proximité entre l’analyse économique et le courant de pensée nommé utilitarisme), et qu’il s’agit de maximiser sous contrainte des ressources rares que sont par exemple le temps et la richesse de la personne considérée. On peut ainsi, chez un individu, « panacher » différentes « utilités », comme une utilité pécuniaire, une attention à autrui (ce qui permet de prendre en compte l’altruisme, cet objet qui était difficilement identifié), un désir de confort, etc. L’analyse économique répond ainsi à l’accusation de matérialisme qui lui est fréquemment adressée, et se mue en ce qu’on peut appeler par commodité, et par opposition au « paradigme matériel » initial, un « paradigme formel », dont un des représentants est par exemple J. Elster.

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Au cours de cette mutation, la science économique reste fidèle à son ambition première, qui consiste en une meilleure explication des déterminants du comportement humain.

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Mais cette évolution reste limitée, puisqu’elle ne remet pas en cause une barrière constitutive de la discipline : l’individualisme méthodologique. L’analyse économique, en effet, fait des individus les atomes de son schéma explicatif, aussi bien au niveau macro, où ils sont agrégés, qu’au niveau micro, où ils demeurent l’explication ultime des phénomènes (ou, plus exactement, ce sont les préférences individuelles, comme le degré d’aversion au risque, qui sont considérées comme explications ultimes, mais leur processus de formation n’est que peu ou pas questionné) [4][4]  Cf. n. 3, p. 131..

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C’est pourquoi l’analyse économique, bien qu’elle se soit perfectionnée en passant du paradigme matériel au paradigme formel, et s’étende constamment en important dans sa boîte conceptuelle des outils nés dans des disciplines voisines, comme celui de déception, encourt un reproche analogue à celui adressé au cogito cartésien : privilégier les déterminants de la conduite qui trouvent leur siège au niveau de l’individu au détriment de ceux qui se trouvent en deçà (inconscient) ou au-delà (socialisations), et qui constituent l’objet de disciplines telles que la psychanalyse ou la sociologie. En effet, à l’origine, l’analyse économique pouvait faire sien (et, selon A. Hirshman, elle en est même la fille) le programme spinoziste de représenter « l’homme tel qu’il est », c’est-à-dire non selon la morale, mais selon l’expérience. Mais l’économie semble s’être arrêtée en cours de route. Les discussions entre sociologues et économistes semblent souvent rejouer la querelle entre Spinoza et Descartes : d’un côté, les sociologues reprochent aux économistes de croire que l’homme agit librement selon ses préférences, alors que celles-ci sont en fait le résultat de processus qui lui échappent ; de l’autre côté, les économistes, du moins parmi ceux-ci les tenants du choix rationnel, affirment que, si les hommes agissent comme ils le font, c’est en vertu d’un raisonnement bien établi. Certes, cette façon de penser caractérisait particulièrement les tenants d’une rationalité que, depuis H. Simon, on nomme substantive : une fois l’objectif à atteindre posé, et en supposant une information parfaite, le meilleur moyen d’y parvenir est systématiquement recherché et mis en œuvre. Mais elle est aussi le fait de ceux qui modélisent le comportement humain sous la forme d’une rationalité limitée, c’est-à-dire en tenant compte de notre capacité limitée de traitement de l’information. D’ailleurs, n’est-ce pas Descartes lui-même qui avait inauguré, avec l’image du promeneur perdu dans la forêt, l’idée que, notre raison n’étant pas omnisciente, il fallait parfois avancer sans avoir sous les yeux une carte complète de notre environnement ? L’analyse en termes de rationalité limitée peut donc encore être qualifiée de cartésienne. Ainsi, si l’homo œconomicus sait maintenant que sa rationalité ne peut bien souvent être que procédurale, il semble encore pareil à cette pierre dont parle Spinoza critique de Descartes, qui roule en croyant rouler de son propre chef.

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Que l’économie ne cherche pas à développer une épistémologie réaliste, contrairement à la sociologie, mais seulement une épistémologie vérificationniste [5][5]  Cf. Milton Friedman, Essais d’économie positive, Paris,... n’est-il pas un aveu de faiblesse par rapport à ce qu’on pourrait nommer son programme de recherche initial, et ne porte-t-il pas le risque de se voir un jour dépassé par plus réaliste que soi ? Par exemple, si l’économie de l’art peut nous renseigner sur les fluctuations des prix des œuvres, elle ne renseignera vraisemblablement jamais sur les variations du goût, historiquement et socialement conditionnées, qui font qu’une œuvre d’art est dite belle ou non (ou même qu’un objet est ou non qualifié d’œuvre d’art). Elle ne pourra vraisemblablement jamais former une théorie du jugement esthétique, ni une analyse des éventuels déterminants sociaux de celui-ci. Ce qui n’enlève rien, par ailleurs, à la capacité de l’économie à aborder des problèmes peut-être plus essentiels comme le développement ou la résorption du chômage.

2. DES APPROCHES ALTERNATIVES

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L’homo œconomicus est défini par sa rationalité, notion qui tend à être entendue dans un sens toujours plus vaste. Dans l’esprit de bien des économistes du XVIIIe et du XIXe siècle, représentatifs du « paradigme matériel », l’action rationnelle se confondait avec l’action servant les intérêts matériels de l’agent. L’élargissement de la notion de rationalité au fil du temps a permis de caractériser comme rationnels, c’est-à-dire d’expliquer, des types de comportements de plus en plus variés, y compris des actions financièrement catastrophiques pour leurs auteurs, ou celles mues « seulement » par le désir de conformité ou de fidélité à une posture axiologique : depuis M. Weber elles sont nommées « rationnelles en valeur ». La science économique modélise ainsi, par exemple, des comportements religieux, dans lesquels les agents sont réputés désirer à la fois des biens terrestres et les biens de l’au-delà [6][6]  Pour un aperçu, voir, par exemple : L. R. Iannaconne,....

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On ne peut ainsi, une fois encore, qu’être frappé par la capacité d’adaptation de la science économique, et par la plasticité du concept de rationalité, qui a su s’élargir d’une acceptation étroite à une dimension permettant de rendre compte des comportements les plus variés.

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Cependant, la capacité explicative de la notion de rationalité, et partant de l’économie, semble devoir buter, à trop s’élargir, non seulement sur le risque de tautologie ( « les agents agissent ainsi parce que cela est conforme à leurs préférences » ), c’est-à-dire en fait sur une insuffisante spécification (comme le rappelle P. Mongin [7][7]  P. Mongin, « Le principe de rationalité et l’unité..., si le principe de rationalité est tautologique, c’est parce que la vraie explication demande à ce qu’on précise les raisons à l’œuvre), mais aussi sur son incapacité à rendre compte des comportements déviants. En effet, un modèle économique n’entend pas rendre compte du comportement de chacun, mais du comportement de celui qui agit « rationnellement », c’est-à-dire en fait dont le comportement a été élucidé et intégré au modèle. Si ce modèle est empiriquement vérifié, il l’est en général pour une population et non pour un seul individu, et il l’est sur une base probabiliste (c’est-à-dire par exemple sous la forme d’une régression économétrique expliquant un pourcentage élevé des variations de la variable expliquée), ce qui signifie qu’il existe peut-être des comportements déviants, atypiques, mais que ceux-ci sont suffisamment marginaux, résiduels (ou s’annulent les uns les autres) pour ne pas remettre en cause les conclusions générales du modèle. S’ils venaient à prendre trop d’importance, alors le modèle devrait être revu. L’économie repose ainsi sur la modélisation de comportements modaux, ou majoritaires. Certes, les populations étudiées peuvent être découpées de plus en plus finement, de manière à ce que les marges soient de plus en plus faibles quantitativement, et qu’une marge importante devienne une nouvelle population pour l’analyse, mais la compréhension de la logique de fonctionnement d’une marge requiert en général un élargissement de la notion de rationalité qui vient souvent plutôt de l’extérieur de la science économique que de l’intérieur de celle-ci, comme la mise en lumière d’une rationalité axiologique est venue de M. Weber.

3. DES APPROCHES ALTERNATIVES

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P. Van Parijs [8][8]  Ph. Van Parijs, Le modèle économique et ses rivaux :... décrit le « modèle » de l’économie comme un modèle explicatif parmi d’autres dans les sciences sociales. Seraient notamment ses « rivaux » en matière d’explication des modèles « évolutionnaires », inspirés des sciences de la nature.

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Là encore, l’économie n’est pas restée imperméable à ces outils nouveaux, puisqu’on peut estimer que ce modèle évolutionnaire est partiellement importé en économie. On le trouve par exemple dans les théories de Schumpeter (les entreprises croîtraient ou mourraient selon un schéma darwiniste), de Hayek (la société serait comme un ensemble dépassant l’individu qui, s’il veut y survivre et prospérer, devrait s’efforcer d’en assimiler au mieux les traditions), ou d’autres économistes, souvent sous une forme inavouée (par exemple, dans la théorie de la firme, la preuve que tel type d’entreprise représente la structure idéale résiderait dans le fait qu’elle est plus répandue, alors que les autres seraient en voie de disparition) [9][9]  E. F. Fama et M. C. Jensen, « Agency problems and....

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Un autre « rival du modèle économique » pourrait être une explication en termes de jeu intuitif, par opposition au jeu rationnel que joue habituellement l’homo œconomicus. Un tel modèle de jeu intuitif est défendu par P. Bourdieu à l’aide de la notion d’habitus : « L’habitus comme sens du jeu est le jeu social incorporé, devenu nature. Rien n’est plus libre ni plus contraint à la fois que l’action du bon joueur. Il se trouve tout naturellement où la balle va tomber. » [10][10]  P. Bourdieu, Choses dites, Paris, Minuit, 1987, p... Il n’est pas question ici de départager ces différents « modèles » du comportement humain que proposent les sciences sociales (qui en comportent sûrement d’ailleurs bien d’autres), ni de nier la capacité de l’économie à importer en son sein en les réinterprétant des outils nés dans d’autres sciences sociales, mais de pointer que l’économie n’est que l’une d’entre elles, et que par conséquent elle demeurera probablement moins performante que les autres pour expliquer les phénomènes sur lesquels elle ne s’est pas initialement penchée.

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L’économie est souvent éloignée de la caricature qu’on veut voir en elle. Elle a considérablement progressé depuis ses origines et sa force réside notamment dans sa capacité à intégrer les objections qui lui sont adressées. Les hétérodoxies d’avant-hier font souvent partie du corpus classique d’aujourd’hui. Ainsi, aux affrontements entre « néo-classiques » et « keynésiens » s’est en partie substituée une synthèse « classico-keynésienne », pour reprendre le nom dont G. Abraham-Frois qualifie le modèle de croissance de Solow, initialement perçu comme néo-classique, alors même que les controverses entre économistes se sont déplacées ailleurs.

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Cependant, le réalisme de plus en plus grand de l’économie bute encore, et butera peut-être toujours, sur des éléments qui sont autant de pierres de touche constitutives de la discipline, tel que l’individualisme méthodologique [11][11]  Ce qui ne signifie pas que l’économie ne saisit pas....

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À son actif, on peut qualifier l’économie de théorie de la connaissance limitée, en ce qu’elle refuse d’aller au-delà de ce qu’elle peut vérifier en termes logico-empiriques, c’est-à-dire par le biais d’un modèle mathématiquement cohérent et empiriquement vérifié par des données quantifiées. En ce sens, elle rappelle la démarche de Hume qui recommande de limiter sa curiosité pour échapper au scepticisme, et elle se présente effectivement comme une démarche scientifique. En outre, l’économie semble assez bien correspondre au schéma positiviste d’une science tirant en permanence les leçons de ses échecs pour se réformer et s’améliorer.

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Enfin, elle possède sur ses rivales [12][12]  Pour reprendre la terminologie de Ph. Van Parijs,... la sociologie ou l’histoire deux avantages : la cumulativité des connaissances (puisqu’elle raisonne par lois qui semblent valables toujours et en tout lieu) et la capacité de proposition (puisqu’elle comporte un important volet normatif), qui entraîne une forte demande sociale à son égard (on lui demande des solutions pour toutes sortes de problèmes). Toutefois, ce n’est pas une réflexion purement économique qui aurait permis de comprendre ces deux derniers aspects.

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Regardera-t-on un jour l’approche économique comme ces paradigmes anciens auxquels Th. Kuhn se réfère pour relater l’histoire de la pensée scientifique ? Sera-t-elle pour nous un jour ce qu’est aujourd’hui la théorie des climats de Montesquieu : un moment de l’histoire des sciences humaines ? La reprendra-t-on à titre d’illustration d’un paradigme plus large, ou plus pertinent, comme aujourd’hui les tenants de la décision rationnelle se plaisent à citer Descartes ou Pascal comme ayant fait de la théorie de la décision rationnelle sans le savoir ? Probablement. Vraisemblablement aussi, le paradigme économique est-il encore loin d’une telle extinction, comme le soleil (un soleil noir peut-être) de la sienne.

Notes

[1]

Le terme de « comportement » n’est pas neutre ; il est repris ici malgré sa connotation behavioriste car il fait partie du vocabulaire économique. On espère ainsi faire une critique de l’économie dans le langage même de l’économie.

[2]

A. O. Hirshman, The Passions and the Interests, Princeton, Princeton University Press, 1997 (1977).

[3]

S.-C. Kolm, Philosophie de l’économie, Paris, Le Seuil, 1986, p. 17.

[4]

Cf. n. 3, p. 131.

[5]

Cf. Milton Friedman, Essais d’économie positive, Paris, Litec, 1995.

[6]

Pour un aperçu, voir, par exemple : L. R. Iannaconne, « Introduction to the economics of religion », Journal of Economic Literature, no 3, vol. 36, septembre 1998.

[7]

P. Mongin, « Le principe de rationalité et l’unité des sciences sociales » ((((http:// ceco.polytechnique.fr/CAHIERS/pdf/2001-014.pdf).

[8]

Ph. Van Parijs, Le modèle économique et ses rivaux : introduction à la pratique de l’épistémologie des sciences sociales, Genève, Droz, 1990.

[9]

E. F. Fama et M. C. Jensen, « Agency problems and residual claims », Journal of Law and Economics, vol. 26 (2), juin 1983.

[10]

P. Bourdieu, Choses dites, Paris, Minuit, 1987, p. 80.

[11]

Ce qui ne signifie pas que l’économie ne saisit pas les phénomènes collectifs (l’école des conventions ou la théorie de la firme l’attestent amplement), mais qu’elle les explique toujours en dernier recours par des actions individuelles.

[12]

Pour reprendre la terminologie de Ph. Van Parijs, Le modèle économique et ses rivaux : introduction à la pratique de l’épistémologie des sciences sociales, Genève, Droz, 1990.

[*]

Je remercie Daniel Benamouzig, Guillaume Dupont et Jérôme Gautié pour leur aide dans la rédaction de cet article. Toutes les erreurs qui demeureraient m’incombent naturellement.

Plan de l'article

  1. 1. LA MISE EN EVIDENCE DE DéTERMINANTS DU COMPORTEMENT
  2. 2. DES APPROCHES ALTERNATIVES
  3. 3. DES APPROCHES ALTERNATIVES

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