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Civilisations

2015/1 (64)


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Résumé

Français

Basé sur une enquête ethnographique dans la congrégation luthérienne germanophone à Belfast, cet article explore comment les membres de cette communauté ont connu l’entretien autobiographique. Malgré un besoin permanent de soutien émotionnel pour les victimes des conflits passés, l’utilisation de la méthode de recherche autobiographique dans les sociétés post-conflit n’a pas été suffisamment prise en compte dans la littérature sur le sensible travail de terrain ethnographique. Dans cet article, je cherche à comprendre le rôle de l’entretien autobiographique pendant mon travail sur le terrain en Irlande du Nord. L’étude de cette communauté religieuse a mis en lumière un tabou social dans le cercle luthérien. Le passé intimidant de la congrégation de Belfast a été à peine mentionné dans les réunions suivant le service de l’Eglise. Des moments de silence se produisaient fréquemment pendant les séances d’entretien lorsque des questions portaient sur la vie de la congrégation dans le passé. Comme l’entretien autobiographique était basé sur des questions ouvertes, le risque de bouleverser des interrogés traumatisés pouvait être atténué par une conduite sensible de la séance d’entretien, c’est-à-dire en donnant la possibilité aux interrogés d’interrompre l’enregistrement à n’importe quel moment. De plus, l’étude qualitative a dévoilé que la méthode autobiographique initiait la narration et le travail biographique, qui est largement considéré comme une première étape cruciale vers la guérison des personnes traumatisées.

Mots-clés (fr)

  • entretien autobiographique
  • éthique de la recherche
  • minorité religieuse
  • travail ethnographique de terrain
  • Irlande du Nord

English

Based on an ethnographic investigation into the German-speaking Lutheran congregation in Belfast, this paper explores how members of this community experienced the life story interview. Despite an ongoing need for emotional support for victims of past conflicts, the use of the autobiographical research method in post-conflict societies has not been sufficiently addressed in the literature on sensitive ethnographic fieldwork. In this paper, I seek to understand the role of the life story interview during my fieldwork in Northern Ireland. The study of the faith-based community brought to light a social taboo in the Lutheran circle. The daunting past of the Belfast congregation was barely mentioned in the get-togethers following the church service. Moments of silence frequently occurred during the interview sessions when questions about the past congregational life were raised. Since the life story interview was based on an open-ended questioning style, the risk of upsetting traumatised interviewees could be mitigated by a sensitive conduct of the interview session, i.e. giving interviewees the opportunity to interrupt the recording at any time. Furthermore, the qualitative study unveiled that the autobiographical method initiated storytelling and biographical work, which are widely considered crucial first steps towards the healing of traumatised persons.

Mots-clés (en)

  • research ethics
  • life story interview
  • religious minority
  • ethnographic fieldwork
  • Northern Ireland

Plan de l'article

  1. Introduction
  2. Gaining access to fieldsites
  3. The quest for ethical integrity in a difficult context
  4. How the life story interview can facilitate healing in post-conflict settings
  5. Conclusion

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