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Civilisations

2015/1 (64)


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Résumé

Français

A proximité de Durban (Afrique du Sud), les habitants d’une cité se sont mobilisés pour protester contre un projet d’aménagement urbain, dénonçant comme corrompu le mode d’attribution des maisons. Ils ont rapidement été confrontés à des menaces et des intimidations des élites. Ces tensions s’intensifiant, ma recherche est devenue, par accident, une « anthropologie de première ligne ». L’analyse des tensions entre les différents acteurs locaux a jeté un éclairage original sur la culture politique locale. J’étais néanmoins confrontée au dilemme de maintenir ou non les liens établis préalablement de part et d’autre de la ligne de fracture. Je devais faire face aux suspicions sur mes recherches, présentes et passées, en recourant consciemment à une « gestion de l’impression ». Cet article étudie la manière dont on ajuste ses pratiques sur le terrain lorsqu’on fait face à des situations de doute, d’incertitude et de désorientation. Il analyse une série de stratégies improvisées pragmatiquement, notamment pour (r)établir la neutralité et la confiance ; l’évolution des rapports de pouvoir entre le chercheur et ses hôtes ; la force des rumeurs dans les contextes de conflit ; la dialectique complexe de l’empathie et du détachement. Envisagé d’un point de vue réflexif, l’inconfort de l’ethnographe présente une certaine plus-value tant sur le plan pratique qu’heuristique.

Mots-clés (fr)

  • heuristique
  • conflit
  • terrain ethnographique
  • neutralité
  • confiance
  • relations de pouvoir

English

Close to Durban, South Africa, a group of township residents protested against the allocation of houses in a local development project and the alleged scale of corruption therein. The group soon faced severe threats and intimidations by the governing elite and as these tensions intensified, my research was transformed into a form of “accidental frontline anthropology”. While unravelling the tensions between the different local actors involved promised invaluable insights into local political culture, the dilemmas of maintaining pre-existing social relationships on both sides of the conflict were also evident : I needed to counter critical suspicions about my past and present work in the township, engaging in conscious impression management. The paper explores the question of how we are compelled to adjust our practices in the field, when grappling with situations of doubt, vexing uncertainty and disorientation. It explores the development of a series of pragmatic, improvised field strategies, addressing in particular the (re-) establishment of neutrality and trust, the changing power dynamics that underlie researcher-participant relationships, the predominance of rumours in contexts of conflict and the complex dialectic of empathy and detachment. The argument is made that reflexive attention to the dynamics of ethnographic discomforts renders visible their practical and heuristic worth.

Mots-clés (en)

  • conflict
  • fieldwork
  • neutrality
  • trust
  • power relations
  • heuristics

Plan de l'article

  1. Emergence of a “dangerous field”
  2. The “impartial gaze” questioned
  3. Power relations transformed
  4. The conspiracy of rumours
  5. Critical detachment disarmed
  6. Conclusion

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