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Civilisations

2015/1 (64)


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Résumé

Français

Si enquêter en contexte autoritaire peut contraindre à suivre les canaux officiels, nombre d’espaces demeurent aisément accessibles sans permis de recherche. Mais le caractère « difficile » de certains terrains n’est pas toujours évaluable a priori, et la frontière du possible peut ne devenir saisissable qu’une fois franchie. Cet article décrit et analyse les difficultés rencontrées lors de mon enquête sur les rassemblements de retraités dans un parc public de Pékin, où mes venues répétées ont été soumises à la surveillance de gardes de sécurité en civil et en uniforme. En tentant de réconcilier le concept goffmanien de role performance avec la phénoménographie et l’autographie proposées par Albert Piette, la contribution vise à examiner la façon dont l’ethnographe négocie, par son mode de présence à la fois physique et mental, la définition de la situation imposée sur son terrain. La performance de la suspicion par les individus en charge de la surveillance donne lieu à des coprésences et des interactions majoritairement non verbales à travers lesquelles l’attention de la chercheuse est constamment ramenée aux regards de ses surveillants. Ces situations conduisent l’anthropologue à réagir par une mise en scène de l’innocence en s’efforçant d’embrasser son propre rôle. L’approche proposée ici contribuera à une réflexion sur l’objectivation des contingences situationnelles inhérentes au processus de collecte et production des données.

Mots-clés (fr)

  • Chine
  • autographie
  • surveillance
  • lieux publics
  • présence
  • rôle

English

While conducting fieldwork in authoritarian contexts sometimes entails to follow official channels, in a number of cases, research permissions are not always necessary. Yet, the boundary between sensitive and insensitive issues is not always graspable a priori. This paper reflects upon a recent experience of police intrusion and ongoing surveillance by security guards during my fieldwork in a well-known Beijing public park, where I conducted research on retirees’ collective activities. Repeated visits to the park were subject to monitoring by security guards, both in uniform and in civilian clothes. Drawing on fieldnotes, this contribution intends to examine the ways in which the ethnographer negotiates, both through her physical and mental modes of presence, the definition of the situation imposed upon her field research. From a theoretical standpoint, it attempts to reconcile the goffmanian concept of ‘role performance’ with the methods of ‘autography’ and ‘phenomenography’ coined by anthropologist Albert Piette. The suspicion enacted by those in charge of my surveillance created mainly non-verbal interactions and co-presence which constantly diverted my unsettled attention. Imbued with a heightened sense of visibility, these situations led me to attempt to embrace my own role (that of the ethnographer), in order to perform and convey innocence. More broadly, this article calls for a better integration, in research accounts, of the situational contingencies inherent to the process of data collection and production.

Mots-clés (en)

  • China
  • autography
  • surveillance
  • public places
  • presence
  • role

Plan de l'article

  1. Introduction
  2. Du pouvoir à la coprésence. Penser l’expérience de la surveillance avec Piette et Goffman
  3. L’insoutenable visibilité de l’être
  4. Mettre en scène son innocence, ou comment jouer à l’anthropologue
  5. Conclusion

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