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Civilisations

2015/1 (64)


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Résumé

Français

Si les travaux sociologiques sur les femmes violentes font figure d’exception, les études sur les femmes auteures de violences sexuelles sur mineurs sont quant à elles inexistantes. L’article propose un point de départ à la réflexion au prisme d’une interrogation d’ordre méthodologique : quelles difficultés rencontre le sociologue travaillant sur un tel objet ? La première concerne l’accès aux enquêtées en prison. Si la réalisation d’entretiens répétés permet d’établir une solide relation de confiance propre à favoriser les confidences les plus terribles, les autres acteurs de la détention manifestent des réticences et de la réprobation face à l’attention qui leur est portée. Le second obstacle renvoie à la sensation de souillure associée au recueil de données, le sociologue s’exposant à un risque de compromission éthique. A la contamination symbolique peut cependant s’adjoindre un curieux sentiment d’allégresse à l’écoute de récits épouvantables mais féconds pour la recherche. La consubstantialité de la sociologie et de l’engagement moral pour le « bien » des acteurs sociaux a pour conséquence qu’il est sociologiquement incorrect d’évoquer cette forme de jubilation. Enfin si la réalisation d’une telle enquête captive, la diffusion des résultats tend à réactiver le registre « chaud » de la révolte et de l’indignation.

Mots-clés (fr)

  • femmes
  • prison
  • indicible
  • mineurs
  • violences sexuelles

English

Sociological investigations on violent women are exceptional and studies on female sexual offenders are non-existent. This article proposes a starting point of reflection by exploring methodological aspects : which difficulties sociologist encounters by working on such an objet ? The first one regards the access to respondents in prison. Repeated interviews enable a solid and trust relationship which promotes the sharing of most terrible secrets. However, other actors of detention show reluctance and disapproval relative to this attention. The second obstacle relates to the feeling of defilement, which is associated with data collection. Indeed sociologist exposes him-herself to an ethical compromise risk. But besides this symbolic contamination, he-she can also experience a curious feeling of glee when he-she is listening to frightful but fruitful stories for his-her research. Thus we can point out a consequence of the consubstantiality of sociology and moral commitment for social actors’ welfare : it is sociologically incorrect to raise this form of jubilation. Finally, such a survey captivates, but transmission of results tends to reactivate the “hot” registry of revolt and indignation.

Mots-clés (en)

  • women
  • prison
  • unspeakable
  • minors
  • sexual violence

Plan de l'article

  1. Introduction
  2. Réticences et indignation au sein de la détention féminine
  3. Malaise, souillure…
  4. Mais aussi troublante allégresse pendant les entretiens
  5. Evoquer l’indicible
  6. Conclusion

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