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Cliniques méditerranéennes

2001/1 (no 63)

  • Pages : 320
  • ISBN : 2-86586-889-3
  • DOI : 10.3917/cm.063.0081
  • Éditeur : ERES


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Dans la cure analytique, nous rencontrons « toujours le père comme porteur de l’interdit [1]  S. Freud, « Lettre du 15.2.24 », Correspondance avec... [1]  ». Freud explique qu’au « retour fantasmatique dans le sein maternel s’opposent des obstacles qui suscitent l’angoisse, la barrière de l’inceste » et il interroge : « D’où vient celle-ci ? Son représentant est manifestement le père, la réalité (Realität), l’autorité, qui ne permettent pas l’inceste. Pourquoi ces derniers ont-ils dressé la barrière de l’inceste ? Mon explication était d’ordre socio-historique, phylogénétique. Je faisais dériver la barrière de l’inceste de l’histoire primitive de la famille humaine, et je voyais ainsi dans le père actuel l’obstacle réel (Wirklich), qui dresse la barrière de l’inceste également dans le nouvel individu [2]  S. Freud, op. cit. [2] . » L’opération qui consiste à recevoir le pouvoir d’agir au nom de… est, comme l’interdit, éminemment symbolique. Ce qui nous amène à interroger d’abord le langage sur cette articulation de la prohibition de l’inceste au père comme son représentant.

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« Aux mots père/mère, qui sont similaires par leur composition phonique et aussi par leur signification, nous ajouterons que les deux mots se distinguent particulièrement sous le rapport phonique par l’opposition entre la présence et l’absence de nasalité à la consonne initiale, et que leur signification tout comme leur fond sémantique commun – l’un des parents – contiennent un contraste net entre le genre ou le sexe masculin et féminin [3]  R. Jakobson, K. Pomorska, Dialogues, Paris, Flammarion,... [3] . » Cette inscription commune de la parenté et de la sexuation dans le langage, signalée par R. Jakobson, trouve son nouage anthropologique avec F. Héritier [4]  F. Héritier, Masculin/féminin. La pensée de la différence,... [4] qui raboute un « quatrième pilier », « la valence différentielle des sexes », liant entre eux les trois piliers du tripode social de C. Lévi-Strauss : la prohibition de l’inceste, la répartition sexuelle des tâches et une forme reconnue d’union sexuelle. L’étude des mythes par C. Lévi-Strauss [5]  C. Lévi-Strauss, Anthropologie structurale, Paris,... [5] permet la négation de l’autochtonie de l’homme, né de la terre [6]  N. Loraux, Né de la terre. Mythe et politique à Athènes,... [6] , pour passer à la reconnaissance que chacun de nous est né de l’union d’un homme et d’une femme. Le mythe et les rituels offrent un « instrument logique » permettant de répondre à la question : « Comment un peut naître de deux ? [7]  C. Lévi-Strauss se réfère ici à la signification freudienne... [7]  ». Le mythe [8]  C. Lévi-Strauss insère la version freudienne de l’Œdipe... [8] représente « des groupes de permutations dont la loi est une équivalence entre l’opposition : père/fils et l’opposition : homme/femme [9]  Cf. son analyse du rituel Hako, op. cit., p. 257-2... [9]  ». La loi d’équivalence entre les oppositions binaires fondée sur la parenté apporte la valeur « tridimensionnelle » à l’ensemble des oppositions binaires permettant la lecture de « la loi structurale du mythe ». Les travaux des anthropologues [10]  Cf. tout particulièrement F. Héritier, op. cit. [10] ont montré d’une part que les règles qui commandent la filiation, dont dépend la reconnaissance de la place de l’enfant dans la famille, sont « toutes ancrées dans la différence des sexes », et d’autre part que « le nom, l’identité qui marque la filiation et l’intégration dans le groupe, est l’élément fondamental qui constitue la personne en tant qu’être social ». L’appartenance au groupe [11]  Ce qui règle la question des systèmes matrilinéaires.... [11] et l’insertion dans la lignée passent par l’attribution du nom, « donc d’une parole, qui assure l’incorporation sociale de l’enfant tant à l’égard des morts que des vivants ». La parole conclusive vient des Samo : « C’est la parole qui fait la filiation, c’est la parole qui la retire. » L’insertion du rapport masculin/féminin dans le champ de la parenté sous l’égide du nom fait de ce dernier « la valeur de vérité » de « la fonction » sociale de la prohibition de l’inceste. La loi de cette fonction sociale met en « correspondance » le Nom avec la mère comme interdite.

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Il nous faut maintenant préciser la fonction du nom dans le langage. La synthèse des travaux linguistiques et logiques sur cette question réalisée par John R. Searle [12]  John R. Searle, Les Actes de langage. Essai de philosophie... [12] nous éclaire sur la fonction essentiellement référentielle des noms à laquelle se raccroche la fonction prédicative, « comme à des clous auxquels on accroche des descriptions ». À quoi servent les noms propres, se demande John R. Searle, alors que les descriptions pourraient bien remplir ce rôle ? Prenons l’exemple de F. Kafka pour revenir sur « l’auteur de la Lettre au père » ; il est vrai que l’homme auquel il est fait référence est l’auteur de cette lettre ; mais, dirait J.R. Searle, c’est un fait contingent. Kafka [13]  F. Kafka, 1919, « Lettre au père », dans Préparatifs... [13] nous apprend justement que la fonction référentielle du nom ne désigne pas seulement l’objet, mais la fonction paternelle permettant au fils de se « marier sans devenir fou », ce qui lui a fait cruellement défaut : « Il se peut que tu n’aies jamais spécialement aimé l’élément Kafka en tant qu’il s’exprimait chez les femmes. » C’est ce nom et sa fonction dans l’organisation sociale de la parenté et de la sexuation que nous allons trouver inscrit dans l’inconscient.

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Quelle est la signification inconsciente du nom ? La pratique psychanalytique « trouve si souvent l’occasion d’insister sur l’importance que la pensée attribue aux noms ». Freud [14]  S. Freud, 1912, Totem et tabou, trad. fr., Paris, Petite... [14] remarque que la plupart des troubles névrotiques, plus particulièrement chez le névrosé obsessionnel, proviennent de leur sensibilité à l’égard de leur propre nom. Si l’identification « d’une partie de l’être » au nom peut faire symptôme, il n’est pas surprenant que les primitifs aient associé cette identification au tabou du défunt. Rappelons ici l’histoire de cet analysant qui, à la mort de son père, décide d’emmener son fils voir une dernière fois son grand-père sur son lit de mort. Malgré son souci de rester près de lui, il a dû laisser à plusieurs reprises son fils seul au chevet du mort. À sa grande surprise il le découvrit assis devant le bureau de son grand-père en train de remplir des feuilles blanches avec le tampon de ce dernier pour y lire son Nom, le sien, celui de son père et de son aïeul mort. Permanence du nom à travers les générations signant, comme chez les primitifs, la permanence de la Loi des générations. Le nom assure cette permanence, comme le montre cet autre exemple, celui d’un adolescent qui, découvrant son frère aîné pendu dans la chambre, inscrivit son nom sur l’ordinateur de son père.

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Mais qu’en est-il de la marque du nom sur l’être de son porteur ? Trois exemples cliniques tirées de la pratique analytique nous permettront de le comprendre. Un homme, puissamment aspiré par une identification virile aliénante à un ancêtre paternel de sa branche maternelle, fait le rêve suivant : dans un lieu de tradition familiale frappé du blason de cet ancêtre, se déroule un office religieux réunissant tous les membres de la famille, à l’exception d’un officiant qui fait tache dans ce tableau. Pourquoi cette présence dans le rêve ? La lumière viendra de l’analysant qui remarque que cet officiant porte le même nom que son père. Cette figuration du Nom de son père dans cet endroit réservé de tradition à la famille maternelle lui permettra de fil en aiguille d’associer le nom du père comme « limite » à l’identification à son ancêtre ne portant pas le même nom que lui. Nous retrouvons, dans le rêve d’une analysante, cette présence du nom comme limite d’une jouissance dans un lieu maternel : elle ne retrouve plus sa route et rencontre à chaque croisée des chemins sa sœur, qui incarne l’Idéal de la famille maternelle. Comment suivre un Idéal sans le devenir ? Le souvenir de quelques mots du rêve résonne comme son nom et cette évocation du nom amène l’expérience de sa relation à sa mère en tant qu’elle est vécue comme coupée de la jouissance de cet Idéal matriarcal. Le nom de jeune fille de la mère ne résonne pas, dit-elle, comme le nom du père. Autrement dit, dans la cure, l’expérience de la mère comme femme du père s’est faite à partir de la présence du nom du père chez la mère. Nous voyons ainsi que c’est la présence du nom du père chez la mère qui vient limiter la jouissance maternelle et permettre à l’enfant d’y trouver une borne à l’identification de son être à cette jouissance. C’est ce que nous retrouvons dans le cas d’une jeune femme anorexique qui, en rapportant un rêve récurrent depuis son anorexie dans lequel des poissons s’entre-dévorent, s’interroge sur le pourquoi du signifiant « poisson » dans ce rêve. Une intervention sur la traduction dans la langue maternelle de ce signifiant amène le Nom-du-père, le patronyme et une signification inconsciente donnée à son nom évoquant l’équivoque d’une faute. Un des effets de cette découverte se donne à entendre dès la séance suivante, par la résurgence d’un fantasme incestueux avec le père : « Est-ce qu’il m’a touchée ? » Le « poisson » figure dans le rêve la dévoration pulsionnelle du lien à la mère et le nom de la loi. Cette lecture du Nom-du-père l’a tirée de la bouche du poisson maternelle en lui permettant de se réinscrire dans une sexuation féminine. Ce cas nous indique que la condition nécessaire à la séparation avec la mère est la présence du Nom-du-père dans l’Autre maternel, comme clé d’accès au désir, notamment d’enfant, ce qu’elle réalisera au prix d’une phobie des poissons et de la crainte éveillée par la superposition mentale de l’image du fœtus avec un poisson. L’inscription du désir d’enfant dans le nom de la loi se substituant au désir de la mère n’était possible que par la pré-existence du Nom-du-Père dans ce lieu.

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Le Nom-du-père est le point pivot du discours social, son inscription dans l’inconscient permet au sujet d’y faire l’expérience de la limite et de la permanence de cette limite à l’identification de son être à l’objet de la jouissance maternelle. Son inscription dans l’inconscient comme nom de la loi ne dépend « pas uniquement de la façon dont la mère s’accommode de la personne du père, mais du cas qu’elle fait de sa parole, disons le mot, de son autorité, autrement dit de la place qu’elle réserve au Nom-du-Père dans la promotion de la loi [15]  J. Lacan, 1959, « D’une question préliminaire à tout... [15]  ». Le mythe de Thésée est exemplaire en cela : « Egée, en mal d’enfants, était allé consulter à Delphes et, passant au retour par Trézène, se laissa persuader de coucher avec Ethra, qui n’était autre que sa tante maternelle ; après quoi, il s’en fut. Thésée né sans père avoué, on déclara que Poséidon était l’authentique auteur de ses jours. Or, se doutant qu’Ethra était enceinte de ses œuvres, Egée laissa une épée et des souliers, lesquels il cacha sous une grosse pierre, qui était creuse tout autant justement qu’il fallait pour contenir ce qu’il mettait, et ne le dit à personne du monde qu’à elle seule, lui enchargeant que si d’aventure elle faisait un fils, quand il serait parvenu jusqu’en âge d’homme assez puissant pour remuer cette pierre, et prendre ce qu’il aurait laissé dessous, elle (le) lui envoyât, avec telles enseignes […] Arrivé qu’il fut aux premiers ans de sa jeunesse, et qu’il montra avec la force au corps avoir une grandeur de courage, jointe à une prudence naturelle et à un sens rassis, sa mère le mena au lieu où était la grosse pierre creuse, et lui déclarant au vrai le fait de sa naissance, et par qui il avait été engendré, lui fit prendre les enseignes de reconnaissance que son père y avait cachées… Thésée souleva facilement la pierre, et prit ce qui était dessous… Ensuite de quoi, Thésée, soucieux de se montrer l’égal d’Héraklès, refuse de gagner Athènes par la mer et entend affronter le mauvais état des routes et les dangers d’un temps où les brigands étaient légion : car enfin il déshonorerait son vrai père s’il lui portait, pour se faire connaître, des souliers, et une épée non encore teinte de sang [16]  F. Wahl, Introduction au discours du tableau, Paris,... [16] . » La rencontre de Thésée avec son père réel, Egée, est différée par Médée qui a épousé entre-temps Egée et qui enjoint le héros de tuer le taureau qui ravage la plaine de Marathon. Il n’est reconnu par son père que lorsqu’il tire l’épée pour sacrifier l’animal à Apollon. Thésée est proclamé son successeur et Médée bannie avec son propre fils, qu’elle imaginait succédant à Egée à la place de Thésée. Qu’est-ce que cela veut dire ? Le père réel n’a de savoir sur la filiation, par conséquent sur la jouissance, que du langage-l’épée, comme insigne de sa parole donnée et c’est là son seul réel. Homme d’une femme qui l’a instauré père pour son enfant à partir de son nom [17]  J. Lacan, 1969-1970, L’Envers de la psychanalyse, Paris,... [17] , le père réel est l’effet de cet acte symbolique. La rencontre avec Egée rate du fait de son non-savoir avant l’articulation (signifiante) de son symbole. Sa comparaison à l’aune du père idéal, celui dont l’honneur n’est supposé supporter en son fils que l’image d’un Héraklès, le fait plutôt figurer comme ignorant. La révélation du nom de son père projette sa virilité dans une quête qui n’a d’égal qu’un Héraklès, seule image identificatoire d’où Thésée peut se voir comme reconnaissable, donc aimable, par un père de haute stature : « Ur-Vater », cause du désir de la mère et de la naissance de l’enfant. En d’autres termes, l’image d’un maître du désir correspondant au souhait de l’enfant. Entre le « père comme Nom », venant de la mère et, le « père comme Image [18]  J’emprunte ces formulations à Ph. Julien. [18] , produite par l’enfant, vient le père réel, comme impossible conjonction avec cet imaginaire. Les promesses et l’amour d’un Roi des Aulnes, de Goethe [19]  Goethe, 1778-1779, « Le Roi des Aulnes », dans Ballades... [19] , pour la beauté de l’enfant, ne sont dans la bouche du père réel que « des ombres que font les vieux saules ». L’enfant meurt dans les bras de son père en parvenant au logis. De quel deuil s’agit-il ici ? M. Safouan en a donné la clé en parlant du deuil du père imaginaire qui est le soutien narcissique de l’identification de l’enfant à un agalma [20]  L. Gernet, 1948 : « Il y a un mot qui, dans ses plus... [20] .

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Nous avons vu, avec J.R. Searle, que la fonction référentielle du nom prime sur sa fonction prédicative. Le nom se substitue à la personne et devient par là prédicable. Cette loi du langage instituant la référence par la métaphore indique que le nom de la loi est la loi du nom [21]  M. Safouan, La Parole ou la mort, Paris, Le Seuil,... [21] , et nous permet maintenant de conclure que le père est d’abord une métaphore [22]  J. Lacan, 1957-1958, Les Formations de l’inconscient,... [22] du désir de la mère.

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Résumons les trois temps de la fonction paternelle [23]  Cette clarification est une reprise du travail de Ph.... [23]  :

  1. La mère institue la paternité dans un nom comme nom de la loi, en tant que la loi du nom articule son désir. Ce qui suppose que son désir du phallus a glissé le long de l’équation symbolique articulant la castration à l’Œdipe : désir du phallus, désir d’enfant, désir d’enfant du père, désir d’un homme porteur du phallus. Ce n’est que par cet acte que le père peut intervenir dans l’Œdipe comme représentant de la loi. Son autorité en dépend structuralement.

  2. Le père Imaginaire comme image idéale se réalise dans la figure d’un maître du désir.

  3. Le père Réel n’a d’autre réel que d’être un effet du Nom-du-Père dans le discours de la mère. Son autorité lui vient de cette efficace symbolique. Il ne suffit pas d’être l’amant de la mère pour satisfaire à cette fonction. Ainsi en témoigne la parole d’un adolescent dont un homme de passage dans le désir de sa mère voulait signer un formulaire « à la place du Nom-du-Père » : « Si cela est possible, alors je suis foutu. » En tant qu’homme d’une femme, qui a instauré son Nom comme Nom-du-Père pour son enfant, le père devient le représentant, l’opérateur ou l’agent de la castration [24]  J. Lacan, 1969-1970, L’Envers de la psychanalyse, op.... [24] , dans le sens où c’est la castration qui le « fait agir ». Il est père de ce réel par l’introduction du langage dans la sexualité, le réel de l’impossible savoir sur la jouissance [25]  Cf. M. Duras, « Nuit après nuit, vous vous introduisez... [25] , se traduisant dans l’impossible figure d’un maître du désir, dont il n’est que la cause phallique du désir de la mère. Au-delà du fantasme d’un père castrateur, il intervient dans l’Œdipe comme « supporter » de la loi de l’interdit de l’inceste, comme disant non [26]  J. Lacan, 1972-1973, Encore, Paris, Le Seuil, 1975,... [26] à la jouissance phallique de l’enfant dans sa quête de la réalisation imaginaire du désir d’être l’objet du désir de la mère. Agent de la castration, il assigne une limite à la jouissance de l’être par le ratage de la rencontre de l’enfant avec le père imaginaire, permettant ainsi le deuil de cet idéal. M. Safouan donne l’exemple d’une petite fille qui demanderait à son père un bébé pour Noël et s’entendrait répondre qu’il lui faudra attendre d’être une femme pour réaliser son vœu. C’est le père réel en tant que père du réel de la castration qui permet la sortie de l’Œdipe dans laquelle il s’agit pour le garçon de s’identifier au père comme possesseur du pénis et, pour la fille, de reconnaître l’homme en tant que celui qui le possède [27]  J. Lacan, 1957-1958, Les Formations de l’inconscient.,... [27] . Nous venons de voir que l’identification au corps sexué dans les deux sexes est rendue possible par le père réel comme opérateur de la castration de l’image narcissique du corps, responsable de la passion de l’être.

La pièce de J. Genet intitulée Le Balcon [28]  J. Genet, 1956, Le Balcon, Paris, Gallimard, 1979. [28] est plus qu’instructive en ce qui concerne la jouissance d’une fonction de pouvoir qui se trouve dans un mode d’être : « Je ne serai rien […], que mon image. » La quête de l’image phallique d’un préfet de police se stabilisant dans l’uniforme phallique n’y trouvera sa norme qu’après la réalisation du phallus comme symbole du manque : « […] mon image était châtrée, moi, je reste intact […]. »

Notes

[*]

Christian Hoffmann, professeur de psychopathologie clinique, psychanalyste, 6 rue du Pas de la Mule, 75003 Paris.

[1]

S. Freud, « Lettre du 15.2.24 », Correspondance avec K. Abraham, trad. fr., Paris, Gallimard, 1969.

[2]

S. Freud, op. cit.

[3]

R. Jakobson, K. Pomorska, Dialogues, Paris, Flammarion, 1980.

[4]

F. Héritier, Masculin/féminin. La pensée de la différence, Paris, O. Jacob, 1966.

[5]

C. Lévi-Strauss, Anthropologie structurale, Paris, Plon, 1958.

[6]

N. Loraux, Né de la terre. Mythe et politique à Athènes, Paris, Le Seuil, 1996.

[7]

C. Lévi-Strauss se réfère ici à la signification freudienne de l’Œdipe, op. cit., p. 235-266.

[8]

C. Lévi-Strauss insère la version freudienne de l’Œdipe dans l’ensemble des versions de ce mythe, op. cit., p. 240.

[9]

Cf. son analyse du rituel Hako, op. cit., p. 257-266.

[10]

Cf. tout particulièrement F. Héritier, op. cit.

[11]

Ce qui règle la question des systèmes matrilinéaires. Cf. F. Héritier, op. cit.

[12]

John R. Searle, Les Actes de langage. Essai de philosophie du langage, Paris, Hermann, 1972.

[13]

F. Kafka, 1919, « Lettre au père », dans Préparatifs de noce à la campagne, Paris, Gallimard, 1957.

[14]

S. Freud, 1912, Totem et tabou, trad. fr., Paris, Petite Bibliothèque Payot, 1977.

[15]

J. Lacan, 1959, « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », dans Écrits, Paris, Le Seuil, 1966, p. 579.

[16]

F. Wahl, Introduction au discours du tableau, Paris, Le Seuil, 1996, p. 191.

[17]

J. Lacan, 1969-1970, L’Envers de la psychanalyse, Paris, Le Seuil, 1991 ; et Ph. Julien, Le Manteau de Noé. Essai sur la paternité, Paris, Desclée de Brouwer, 1991.

[18]

J’emprunte ces formulations à Ph. Julien.

[19]

Goethe, 1778-1779, « Le Roi des Aulnes », dans Ballades et autres poèmes, Paris, Aubier, 1996, p. 44-47.

[20]

L. Gernet, 1948 : « Il y a un mot qui, dans ses plus anciens emplois, implique la notion de valeur, c’est le mot agalma. Il peut se rapporter à toutes sortes d’objets - même, à l’occasion, à des êtres humains en tant que précieux », dans Anthropologie de la Grèce antique, Paris, Flammarion, 1982, p. 127.

[21]

M. Safouan, La Parole ou la mort, Paris, Le Seuil, 1993.

[22]

J. Lacan, 1957-1958, Les Formations de l’inconscient, inédit.

[23]

Cette clarification est une reprise du travail de Ph. Julien, op. cit.

[24]

J. Lacan, 1969-1970, L’Envers de la psychanalyse, op. cit., p. 143-159.

[25]

Cf. M. Duras, « Nuit après nuit, vous vous introduisez dans l’obscurité de son sexe… de la remplir encore et d’en jouir… Elle serait toujours prête, consentante ou non. C’est sur ce point que vous ne sauriez jamais rien… Vous ne sauriez jamais rien non plus, ni vous ni personne… Elle ne saurait pas vous le dire, vous ne pourriez rien en apprendre d’elle… Quel que soit le nombre de siècles qui recouvrait l’oubli de vos existences, personne ne le saurait. Elle, elle ne sait pas le savoir », dans La Maladie de la mort, Paris, Éd. de Minuit, 1982, p. 19-20.

[26]

J. Lacan, 1972-1973, Encore, Paris, Le Seuil, 1975, p. 67-74 ; et J. Lacan, « Le dire-non à la fonction phallique, c’est ce que nous appelons dans le discours analytique, la fonction de la castration », dans Les Non-Dupes errent (1973-1974), séminaire inédit, séance du 23 avril 1974.

[27]

J. Lacan, 1957-1958, Les Formations de l’inconscient., inédit.

[28]

J. Genet, 1956, Le Balcon, Paris, Gallimard, 1979.

Résumé

Français

Il s’agit dans ce texte de préciser la fonction psychique du nom, comme lieu d’inscription de la filiation, dont Freud a fait le paradigme de la névrose et dont Lacan a fait un des supports du Nom-du-père comme nom de la loi.

Mots clés

  • le nom
  • le phallus
  • le père
  • la cure analytique

English

The name and its psychic function in the doctrine and practice of psychoanalysisThis text is devoted to specifying the psychic function of the name as a place for inscription of filiation, which Freud made a paradigm of neurosis and Lacan made one of the supports for the Name of the father as the name of the law.

Keywords

  • the name
  • the phallus
  • the father
  • analytical cure

Pour citer cet article

Hoffmann Christian, « Le nom et sa fonction psychique dans la doctrine et la pratique psychanalytique », Cliniques méditerranéennes 1/ 2001 (no 63), p. 81-88
URL : www.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2001-1-page-81.htm.
DOI : 10.3917/cm.063.0081

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