Cliniques méditerranéennes
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I.S.B.N.2-7492-0155-1
320 pages

p. 163 à 173
doi: en cours

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no 68 2003/2

L’acte de parole : réel et vérité

Roberto Harari
L’acte de parole s’inscrit dans la catégorie de l’acte. En ce sens il partage les traits de celui-ci : la référence à un début, à une coupure, à la répétition, au manque de conscience pendant le temps de sa réalisation et à l’ignorance des conséquences spécifiques de sa concrétisation, à sa condition en tant qu’inattendu, à sa lecture effective en fonction de l’après-coup. C’est pourquoi, on doit d’une part introduire sa compréhension en termes de Verleugnung (ou déni), non marquante, en tant que telle, de la perversion. D’autre part, en rapprochant la notion d’acte de parole des idées d’Austin au sujet du biais performatif du langage, on doit faire avec le langage – nous, psychanalystes – une sorte d’époché – à la façon de la phénoménologie – du référent « extérieur » (au langage) : il s’agit de travailler avec le langage comme référent du langage lui-même. Ainsi on laisse de côté la question de la vérité – ou non – du référent exogène, extérieur au langage. On quitte la notion de la langue comme système universel pour lui substituer la quasi-boutade lacanienne nommée « lalangue ». On perçoit, évidemment, comment tombe l’universel moyennant l’annulation de l’article déterminant et comment – par le son – prend place la lallation. Une fois encore, il s’agit du réel du langage et non seulement de son appréhension symbolique. C’est en définitive en fonction de la mise en œuvre des actes de parole pendant la séance que se créent les conditions pour que l’analysant puisse relancer sa turbulence pulsionnelle chargée de la nomination inventive.Mots-clés : Acte, parole, répétition, coupure, performatif, vérité, lalangue, nomination inventive. The speech act fits in with the category of the act. In this sense, it shares the features of the act itself : the reference to a start, a break, repetition, to lack of consciousness during the time of its implementation and to the ignorance of the specific consequences of its concretisation, to its condition as being unexpected, and to its effective interpretation in accordance with the deferred action. This explains why we need firstly to introduce its comprehension in terms of non-stigmatic Verleugnung (or denial) as such of perversion. Secondly, by comparing the speech act concept with Austin’s ideas on the subject of performative bias of language, we psychoanalysts need to make with language a sort of époché – as with phenomenology – of the « exterior » referent (to language) : this means working with language as referent of language itself.
We therefore put aside the question of the truth – or otherwise – of the exogenous referent, as being outside language. We quit the concept of the language being a universal system to replace it with the Lacanian near-witticism called « lalangue ». Obviously, we can see how the universal falls down in return for the cancellation of the determinant article and how – through sound – lallation comes into effect. Once again, this involves the real bies of language and not just its symbolic apprehension. Finally, it is in accordance with the implementation of speech acts during the session that the conditions for the analysand being able to trigger its drive turbulence invested with inventive nomination are generated. Keywords : Act, word, repetition, break, performative, truth, lalangue, inventive nomination.
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