Cliniques méditerranéennes
érès

I.S.B.N.2-7492-0155-1
320 pages

p. 175 à 191
doi: en cours

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no 68 2003/2

2003 Cliniques méditerranéennes Autres travaux

Singularités et paradoxes de la clinique psychanalytique : pertinence du singulier comme objet de connaissance

Isabelle Orgiazzi Billon-Galland  [*]
Les questions que pose a priori la clinique psychanalytique quant à sa méthodologie et à sa validation scientifique sont nombreuses, face à l’émergence d’une certaine idéologie scientifique actuelle, aux soubassements économiques, qui interroge la pertinence du singulier pour la compréhension que vise toute science. Mais « le vrai se dérobe au milieu de l’exactitude », tout comme la reproductibilité des faits elle-même se dérobe dès lors que l’intersubjectif survient. La clinique psychanalytique, métapsychologie et non psychologie de la cognition, montre combien la vie psychique d’un sujet ne peut être pensée indépendamment de l’histoire de la manière dont ce sujet signifie sa pulsion au regard de l’objet dans l’intergénérationnel. La compréhension des biologistes soutient de même que les réponses du système nerveux ne peuvent elles-mêmes être pensées indépendamment de l’histoire individuelle, en interaction avec l’environnement et en construction permanente au sein de ces interactions ; c’est l’histoire singulière, sensorielle et affective, épigénétique, qui introduit la flexibilité du déterminisme génétique caractéristique du système nerveux d’un sujet, « individu extrême, et en même temps individu social extrême ». Le « je pense, donc je suis » n’est pas suffisant, entretenant un dialogue avec un « autre » qui engage le « je désire, donc je suis ».Mots-clés : Psychanalyse, idéologie scientifique, preuve/parole, manifeste/latent, biologie. The questions raised a priori by psycho-analytical clinic concerning its methodology and its scientific validation are numerous, as it is currently faced with the emergence of a certain scientific ideology based on economics, and which calls into question the scientific relevance of the singular. But « the true conceals itself among exactitude », just as the reproducibility of the facts conceals itself too as soon as the intersubjective appears. Psycho-analytical clinic which is metapsychology but not the psychology of cognition, shows how much the psychical life of a subject cannot be considered regardless of the case-study of the way this subject makes his drive known towards the object accross generations. Likewise, some biologists maintain that the responses of the nervous system must be considered with regard to the individual case-study, in inteaction with the environment and in permanent construction within these interactions. It is the singular, sensory, affective and epigenetic case-study which introduces the flexibility of the genetic determinism which is characteristic of the nervous system of a subject, « an extreme individual, and at the same time an extreme social individual ». The « I think, therefore I am » is not enough, and involves a dialogue with an « other » which leads to the « I desire, therefore I am ».Keywords : Pycho-analysis, scientific ideology, proof/speech, patent/latent, biology.
 
Introduction
 
 
La psychologie clinique échappe a priori à la rigueur scientifique, tant son objet – le sujet, son fonctionnement psychique, souvent sa souffrance – échappe à la maîtrise des sciences dites dures ; la psychologie clinique, visant à appréhender la globalité de la psyché humaine, n’est pas rigoureuse, au sens d’une expérience qui peut être répétée à l’identique. Les questions que pose a priori la clinique psychanalytique quant à sa méthodologie et à sa validation scientifique sont ainsi nombreuses : le psychologue clinicien peut travailler avec un sujet unique, ou quelques sujets : l’on peut donc se demander quelle est la pertinence d’études de cas individuels ou réduits en nombre, pour un travail de recherche sur l’être humain et d’une façon générale pour la compréhension que vise la science ; comment peut-on systématiser l’individuel ? quels sont les liens que l’on peut établir entre la clinique psychanalytique et les méthodes de pratique et de recherche requises par toute science ? La notion de l’individuel est-elle accessible, ou n’est-ce qu’un mythe permettant d’évacuer le souci de l’intelligibilité ? La comparaison d’individus entre eux est-elle dépourvue de signification scientifique en n’étant qu’un catalogue clinique ou psychopathologique sans généralisation possible ?
 
Un réel dûment aménagé
 
 
Et pourtant la singularité individuelle qu’aborde le psychologue clinicien qui veut comprendre la dynamique psychique a droit de cité scientifique ; la réalité psychique ne peut être niée, de même que ne peut être niée l’acquisition d’une « cohérence “expérientielle” dans le pas à pas de Freud [1]. » J. Gagey rappelle avec justesse combien « Descartes avait pris soin de faire contrepoids au totalitarisme potentiel de sa mécanique en situant délibérément et itérativement l’âme pensante hors du jeu mécanicien. Il s’efforçait ainsi de faire obstacle aux trop prévisibles dérives idéologiques de la science nouvelle, en signifiant avec insistance que la réduction de toute réalité à l’étendue était méthode pour en acquérir une maîtrise certaine, non pas vérité de toutes choses ». Le modèle expérimental comme mise à l’épreuve des faits objectivables, comme mise à l’épreuve d’une assertion logique et raisonnable, est nécessaire mais non suffisante, indispensable dans certains champs, mais relative. Elle n’est pas « vérité de toutes choses » humaines. Par ailleurs, elle n’est pas non plus pure observation mais accède à « un réel dûment aménagé, auquel une vérification dite expérimentale confronte ses dires » ; ainsi, « le paradigme des sciences dites expérimentales est de mettre en évidence, là où ils existent et sont repérables, les rapports mathématiquement formalisables qui relient entre eux certains paramètres d’un ou de plusieurs phénomènes [2] ». Des corrélations formelles sont établies entre diverses propriétés, et des théories décrivent « tous les aspects connus de ces corrélations, sans exception, de la manière la plus parcimonieuse et la plus utile possible [3] ». Pour cela, il est nécessaire de déterminer l’ensemble des paramètres en jeu à prendre en considération, éliminer ceux qui ne sont pas à prendre en compte, soumettre l’action des paramètres retenus à la mesure, dégager les relations mathématiques corrélant les différences quantitatives entre les paramètres retenus, pour prédire et anticiper la valeur d’un des paramètres lorsque les autres prendront telle ou telle valeur déterminée. Ces mesures doivent être faites sur un certain nombre de cas afin que les prédictions puissent se vérifier, grâce au plan d’expérience qui doit être reproductible à l’identique par tout autre expérimentateur qui suivrait ce même plan.
 
Le désordre de l’intersubjectif
 
 
La psychologie clinique diffère et échappe quant à elle à ces modalités expérimentales, puisqu’elle s’intéresse au singulier, échappant de facto au reproductible dans la réalité qui se trouve hors laboratoire. La clinique peut-elle, et doit-elle, viser cet absolu, cette idéalité expérimentale ? Cette modélisation parfaite et absolue est-elle d’ailleurs totalement accessible ? La question mérite d’être posée dans la mesure où les chercheurs, inscrits dans ce modèle expérimental, s’aperçoivent que des souris peuvent modifier leur comportement pourtant prévu, parce qu’objectivé par un plan expérimental rigoureux, préalablement contrôlé : si l’environnement humain – les chercheurs autour d’elles – change, le comportement des souris change : la reproductibilité des faits échappe ainsi à la répétition infinie dès lors que l’intersubjectif apparaît : « Le vrai se dérobe au milieu de toute cette exactitude », rappellent (citant Heidegger) R. Gori et C. Hoffmann [4], montrant bien comment le vrai se trouve « hypostasié dans la certitude de la représentation ». La reproductibilité à l’infini d’un fait ou d’un ensemble cohérent de faits, qui constitue la différence fondamentale entre clinique et expérimental, échappe, se dérobe malgré tout et nonobstant le désir de contrôle initial. La vérification expérimentale devient elle-même un idéal difficile à atteindre puisque la construction de son objet à vérifier dépend des modalités mêmes de sa vérification. « L’esprit est un processus, pas une substance » plaide le neurobiologiste G.M. Edelman [5] qui dédie son ouvrage à la mémoire de deux pionniers intellectuels, Charles Darwin et Sigmund Freud. Il insiste sur le fait que si les ordinateurs effectuent des opérations logiques, celles-ci « ressemblent aussi peu à la pensée que les phénomènes physiques permettant d’additionner des nombres à l’aide d’un boulier ne ressemblent à ce qui se passe dans le cerveau d’un mathématicien lorsqu’il fait, ou qu’il crée, de l’arithmétique » ; à l’inverse du mathématicien, la machine n’investit pas, ne contre-investit pas un objet mathématique, ne s’accomplit pas au sein d’une sublimation comme investigation intellectuelle, où le pôle libidinal « fait le siège de la pensée », « s’infléchit dans la jouissance partielle du regard et fait subir à ce dernier le déplacement intellectuel qui assure la maîtrise et l’assurance du savoir [6] ». Le fait psychique humain ne peut s’apparenter à une machine de Turing, machine qui possède un nombre fini d’états et un ruban, divisé en cases, dans lesquelles elle peut écrire soit un 0, soit un 1 [7].
Ainsi le fait d’expérience lui-même n’évacue pas l’aléatoire, l’objectif est assujetti à l’intersubjectif, et « la création scientifique se manifeste comme tout acte créatif dans les processus d’union et désunion des processus primaires de la subjectivité, et la réalité. Les mécanismes de quantification, de contrôle… de la science, créent l’illusion de l’objectivité de vider, de scinder la connaissance de son origine émotionnelle, subjective [8] ». Ce processus d’union-désunion a d’ailleurs été le fondement de la conceptualisation freudienne : Freud a été tout à la fois le sujet, l’observateur, et l’objet, l’observé, dans une position, un entre-deux théorico-clinique où le fonctionnement psychique se théorise et s’expérimente tout à la fois ; l’observateur dans la séance – qu’elle soit psychanalytique, ou clinique au sens large, et même expérimentale – est partie prenante de l’observation : « Les “faits d’observation” sont moins décisifs que le fait de l’observateur… Ce sont moins les faits qui décident que la méthode par quoi on tente de les appréhender [9]. » Mais même si la présence de l’analyste n’est pas neutre, il n’empêche qu’il obéit « aux lois étonnantes mais non arbitraires de l’épistémè exigeante que lui assigne l’écoute de l’intérieur de la psyché, […] précisément pour demeurer scientifique [10] ». Il faut à la fois considérer l’appareil psychique du sujet comme pouvant reproduire la réalité, mais aussi comme perpétuellement créateur de sens et de nouveauté ; il faut associer créativité, fidélité et fiabilité. « Le rôle de la théorie n’est pas de ressembler à la clinique, c’est de la penser [11]. » tout comme Kant dit que « un objet n’est jamais vu, mais toujours pensé », ou encore Bachelard pour lequel « rien n’est donné, tout est construit ». Si on envisage l’appareil psychique sans tenir compte de sa créativité permanente, sans tenir compte du principe d’incertitude, « on n’a plus affaire qu’à un sujet statique qui ne correspond en rien à l’image que nous donnent de lui aussi bien le processus psychanalytique que l’observation de la vie, ou l’examen des œuvres scientifiques ou littéraires, bref, tout le travail de l’esprit qui démontre sa créativité, tant dans ses efforts pour s’approcher de la structure du réel que pour construire un monde autre qui nous est offert comme alternative à la réalité du monde physique » ; la psychanalyse « nous obligerait à considérer que le rapport conscient-inconscient est encadré par deux modélisations, l’une qui est celle de l’inconscient, l’autre qui est celle de la science à propos de la réalité. Ces deux modélisations se rejoignent-elles dans le rapport de la complexité et de l’aléatoire [12] ? » G. et S. Pragier exposent fort bien [13] comment, si le déterminisme psychique a pu auparavant être considéré comme essentiel, l’aléatoire est actuellement pensé comme pouvant intervenir dans le psychisme, dans le réel perçu et reçu par le vivant ; mais conjointement, l’aléatoire ne saurait advenir et être posé comme essentiel, dans un extrémisme prétendument moderne peu opérant pour comprendre la dynamique psychique.
Il est difficile en effet de réfuter en totalité le déterminisme qui relie des causes à des effets dans l’avènement d’un symptôme, d’un angoisse ou de défenses particulières ; il existe un enchaînement de processus psychiques d’un objet, en lien avec des objets, qui va construire, structurer une logique, un causalité personnelle, distinctive, subjective, prenant son sens dans le temps et dans l’après-coup ; le clinicien dégagera une métalogique, rendant compte de la métabolisation intrapsychique de la vie psychique d’un sujet « qui ne peut être pensée indépendamment de l’histoire de la manière dont ce sujet a signifié sa pulsion » et de celle dont elle a été signifiée au sujet par « ses objets œdipiens » au sein d’une « problématique intergénérationnelle [14] ». La dimension temporelle est fondamentale en clinique psychanalytique, un modèle plus expérimental ne pouvant que mesurer ce qui se passe à deux instants t ; ainsi, pour mesurer véritablement l’apport d’une psychothérapie, il faudrait dans l’absolu que les mêmes sujets puissent être évalués sans et avec psychothérapie, à deux instants t, ce qui n’est évidemment pas possible en raison de la dimension unique et historique d’un sujet. « Même s’il peut arriver que la science parvienne à discerner les éléments communs à vingt récits différents, elle est incapable de décrire des histoires individuelles. […] Les caractéristiques des réponses du système nerveux dépendent de l’histoire individuelle de chaque système, parce que ce n’est qu’à travers les interactions avec le monde [15] qu’il est possible de sélectionner des réponses adéquates. Et la diversité des expériences vécues par chaque individu introduit des variations non seulement entre les différents systèmes nerveux, mais aussi au cours du temps pour un même système [16]. » Le clinicien qui s’intéresse à la dynamique des processus psychiques cherche à concevoir et ordonnancer des faits observables en système intelligible ; cette structuration des faits entre eux va donner du sens, dans un second temps interprétatif, à ces faits, réalisant ainsi une mise en sens constitutive de leur logique, de leur pertinence et de leur portée.
 
Psychanalyse et neurosciences : déterminisme génétique et fatalité psychique
 
 
C’est ainsi qu’il a été, et est encore souvent reproché, à juste titre parfois, au modèle psychanalytique de dégager des interprétations trop facilement cohérentes, trop en adéquation plaquée et systématique avec des postulats théoriques établis comme doctrinaires. Mais Freud lui-même considère que « le progrès de la connaissance ne souffre pas non plus une rigidité des définitions, et comme l’exemple de la physique l’enseigne de manière éclatante, même les “concepts fondamentaux” qui ont été fixés dans des définitions subissent un constant changement de contenu [17] ». Au temps de Freud, la clinique psychanalytique était surtout le champ de la névrose ; actuellement les changements et avancées dans la clinique psychanalytique sont considérables, avec l’étude des états limites, du narcissisme, des troubles graves du narcissisme, de la psychosomatique, de la psychopathie, du processus groupal, familial etc. ; toutes ces avancées et conceptualisations nouvelles portent ainsi sur des contenus constamment modifiés sur la base des modifications de la réalité clinique, modifications provenant par ailleurs « de l’élaboration secondaire de la résonance fantasmatique sous-jacente à une époque sociale déterminée, et projetée sur l’objet de connaissance d’une science [18] » ; cette résonance fantasmatique est prépondérante dans l’élaboration conceptuelle de ce qui va constituer, par strates, le corpus scientifique de chaque époque. À l’ère des neurosciences et de la biologie, Ph. Jeammet [19] souligne de façon objective la place – comme les limites – de la psychanalyse : « S’il est exact qu’elle offre un regard spécifique sur la complexité des liens » qui lient les activités psychiques, « sur leur ordonnancement en fonction des “complexes” affectifs forgés par l’histoire individuelle, elle n’est pas à même d’en démonter les mécanismes fondamentaux qui rendent possibles l’émergence des phénomènes psychiques ainsi que les contraintes et règles de fonctionnement liées aux supports biologiques qui sont leurs conditions de possibilités. Dans cette perspective, la psychanalyse est bien une métapsychologie et non une psychologie de la cognition. Que l’étude de celle-ci doive un jour inclure l’influence sur la cognition des processus révélés par la psychanalyse paraît souhaitable et probable, mais on ne peut faire reproche aux sciences cognitives de ne pas en faire un préalable ni même de considérer qu’elles n’ont pas encore les moyens de les inclure avec la méthodologie dont elles disposent. Par contre, que certains cognitivistes considèrent que leur approche rend caduque celle de la psychanalyse est une affirmation qui ne découle plus de l’analyse objective des faits, mais d’une croyance ». C’est ce qu’affirment par ailleurs des biologistes comme G.M. Edelman [20] : « Il est important que des tentatives soient en cours qui visent à relier la théorie psychanalytique à une théorie du cerveau », en sachant que « l’utilisation exclusive de médicaments ne se substituera jamais à la communication verbale et affective qu’il est nécessaire d’établir avec le patient », rendant indispensable une psychothérapie, ou M. Jeannerod [21] : « La réorganisation d’un système psychique ébranlé par une excitation, qui traduit sa résistance à l’invasion par le dehors, contribue à maintenir invariantes les relations entre l’organisme et son milieu. Les psychanalystes, en introduisant l’étude des rêves et du refoulé, ont peut-être mis le doigt sur un des mécanismes assurant en permanence cette réorganisation » ; pour lui, « le déni de la métaphoricité » (le fonctionnement psychique) est à proscrire tout autant que « le déni de la matérialité » (le fonctionnement biologique) ; « l’être psychique » se trouve « au sein du nœud de communications », et un message « laisse nécessairement une trace », opère « une transformation non seulement chez le récepteur mais aussi chez l’émetteur » ; « le sens contenu dans le message peut être de nature purement énergétique et immatérielle », en même temps qu’il « doit à un moment ou à un autre se matérialiser sous la forme d’une modification du substrat biologique ». La perspective holistique défendue par ce neurophysiologiste – qui travaille conjointement avec J. Hochmann, psychiatre psychanalyste –, l’amène « à admettre que la perturbation de la dynamique intrapsychique soit partie intégrante de la maladie mentale, non seulement comme génératrice de symptômes, mais aussi comme agent causal de perturbations fonctionnelles de ce substrat », sans être « gêné non plus par l’utilisation de méthodes thérapeutiques basées sur la manipulation de ces forces intrapsychiques (par la relation transférentielle, par exemple), ni par le fait que ces méthodes puissent se révéler efficaces ».
M. Jeannerod insiste sur la question de savoir comment « cette dynamique et ces méthodes “s’implémentent” au niveau de mécanismes biologiques ». De même A. Prochiantz, neurobiologiste tout aussi éminent et reconnu, souligne [22] que deux individus identiques (deux jumeaux, absolument identiques sur le plan génétique), n’ont pas des systèmes nerveux identiques et présentent des différences sensibles quant aux nombre de leurs cellules nerveuses ou des réseaux de leurs connexions ; cette « flexibilité par rapport à ce déterminisme génétique », caractéristique majeure du système nerveux, est due à « l’épigénétique », c’est-à-dire les « constructions différentes en fonction de l’histoire des individus ». Ainsi, « le développement cérébral n’obéit à aucune fatalité, sinon celle de l’environnement sensoriel, affectif ou culturel ». C’est ainsi que la différence génétique entre l’homme et le chimpanzé est extrêmement réduite, estimée à… environ 1 % de l’ensemble du génome. A. Prochiantz démontre combien le système nerveux central de chaque homme, « individu extrême, et en même temps individu social extrême », résulte de son « histoire singulière, de la naissance à la mort [23] ». Cette perspective développementale est pour lui susceptible de réduire et dissiper l’hostilité et l’incompréhension, dues à un profond malentendu, entre neurobiologistes et psychanalystes ; pour lui la position de neurobiologistes sérieux consiste à affirmer que les comportements attachés aux maladies mentales sont liés à certaines structurations des réseaux neuronaux, ce qui ne signifie nullement que ces comportements soient innés ou dus à une quelconque composante génétique ; au contraire, « ce sont des structures qui se sont construites au cours du développement de l’individu et qui se sont stabilisées du fait de l’environnement affectif que l’individu a dû affronter au fil de son histoire singulière ». Il va plus loin, en émettant l’idée que « la cure analytique correspond à une modification des réseaux neuronaux, qui s’effectue douloureusement dans les conditions du transfert au cours de l’anamnèse (la remontée vers les souvenirs d’enfance), puisqu’on sait que les neurones restent plastiques, chez l’homme, jusqu’à un âge avancé, sinon pendant l’entière durée de sa vie » ; au cours de la cure pourrait « s’opérer la modification de certains réseaux, et le dénouement de certains “nœuds” qu’on pourrait appeler, pourquoi pas, des “nœuds névrotiques”, ces modifications pouvant être visualisées grâce aux techniques d’imagerie médicale ».
La compréhension et l’analyse du fonctionnement psychique doivent ainsi selon nous rendre compte de la coexistence (si ce n’est des rapports) chez un même individu du fonctionnement logique, raisonnant, et illogique, irrationnel. Le référentiel psychanalytique accorde une place fondamentale au symbolique, au déguisement symbolique que revêt l’inconscient ; la réalité psychique doit être pensée, et non réduite à une entité qui entre dans l’équation « psychique = conscient [24] ». Le contenu latent, ou psychisme, ou encore inconscient, est une réalité, dont la force guide inévitablement nos émotions, ce qui ne signifie pas que le manifeste, par exemple biologique, est à dénier. Les concepts d’inconscient, de mécanisme de défense ou de type d’angoisse, de conflits internes, sont souvent rejetés par les sciences pures (mais pas par tous les scientifiques, nous l’avons vu), parce que trop peu observables, quantifiables ou par la volonté affirmée de quantifier le psychisme humain à partir de données perceptibles ; ces concepts sont jugés trop vagues et vastes, et en conséquence non systématisables de façon scientifique ; or ces concepts, s’ils sont difficiles à discerner, à quantifier, précisément de par leur spécificité de latence, n’en existent pas moins en tant que processus fondamentaux sur le plan du fonctionnement psychique. Des recherches récentes tentent néanmoins d’expérimenter les mécanismes psychiques décrits par Freud ; ainsi, M. Anderson et C. Green [25], psychologues expérimentaux américains, ont testé l’oubli volontaire chez trente-deux étudiants qui doivent d’abord apprendre des paires de mots sans liens (du type « épreuve – blatte ») ; puis on leur présente sur écran le premier mot, et on leur demande soit de dire le second mot associé, soit de s’obliger à ne pas penser à ce second mot ; enfin, on leur demande de se souvenir du second mot en leur présentant le premier mot. Le taux de rappel est meilleur pour les paires de mots les plus répétées, et inversement, il est d’autant plus mauvais que les sujets ont dû se contraindre à oublier le second mot. Pour les auteurs, ce phénomène d’oubli volontaire fournit un modèle viable pour la théorie de Freud, et pour M. Conway [26], psychologue expérimental, cette expérience prouve l’existence d’une inhibition de la mémoire volontaire et consciente. Bien que selon nous l’oubli dont parlent ces chercheurs soit davantage de l’ordre de la répression consciente que du refoulement inconscient, cette expérience inaugure une levée du déni de l’existence des processus psychiques qu’explore la clinique psychanalytique. En clinique, l’inconscient s’exprime et se manifeste de façon singulière, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il n’existe pas ni qu’il n’exprime rien de général ; l’observable individuel peut donc s’inscrire dans un tout, une conception plus large et générale qui prend sa place dans la formule d’Aristote : « Il n’y a de science que du général. »
 
Clinique : alternatives et divergences
 
 
La compréhension dynamique du fonctionnement psychique suppose une élaboration théorique préalable, qui va orienter la compréhension des faits objectivables recueillis, lesquels vont être réinterprétés en fonction de la théorie initiale. Freud [27] (« que les biologistes ne lisent peut-être pas assez [28] ») souligne la difficulté particulière de cette orientation scientifique : « nous n’avons pas d’autre tâche que de transposer en théorie les résultats de l’observation, et nous déclinerons l’obligation d’atteindre d’emblée une théorie bien lisse et se recommandant par sa simplicité. Nous plaidons pour les complications de cette théorie, tant qu’elles se montrent adéquates à l’observation, et nous n’abandonnons pas l’attente d’être mené, précisément par elles, à la connaissance finale d’un état de choses qui, simple en soi, peut faire droit aux complications de la réalité ».
La difficulté, mais aussi le défi scientifique, d’une clinique psychanalytique réside précisément dans le fait qu’elle interprète, ne se contentant pas d’un contenu manifeste, seul valable, valide et digne des sciences, mais cherchant le latent derrière le manifeste.
Ainsi, une patiente qui consulte pour stérilité nous déclare en entretien : « mon désir d’enfant n’est pas comblé, mais c’est pas le pire, le pire, c’est l’organisation quotidienne pour faire les piqûres de stimulation ovarienne que l’hôpital m’oblige à faire, ça, ça m’ennuie vraiment » ; une autre : « mes amies qui ont un enfant, quand elles ont le gamin au bout du néné, je le supporte pas, ça me dégoûte » ; une autre encore : « Ah oui je voudrais vraiment un enfant, c’est mon rêve, et je m’en veux parce que je sais pas ce qui s’est passé, il y a trois ans, j’étais enceinte et j’ai fait une ivg sans le dire à mon mari ». Les propos recueillis sont reconstruits par une écoute clinique qui va entendre l’ambivalence, l’agressivité, le désir affiché masquant le non désir ; l’inconscient, toujours exprimé de façon singulière, personnelle, unique, s’entend derrière le conscient objectivable unique – oui nous voulons un enfant, c’est ce que nous désirons le plus, seul ce problème nous rend malheureux.
Dans cette compréhension des phénomènes très complexes et hautement conflictualisés de la stérilité, nous ne pouvons admettre que l’unique position scientifique admise, voire permise, soit la seule reconstruction qui traite statistiquement les réponses données par le biais de questionnaires standardisés : deux cents couples doivent par exemple répondre à des items comme « avoir un enfant est le but principal de ma vie », « je ferais n’importe quoi pour avoir un enfant » ou encore « avez-vous des problèmes sexuels avec votre conjoint ? » (oui / non / parfois / sans réponse). Ils les remplissent à leur domicile puis les renvoient par la poste, ce qui évite toute rencontre réellement personnelle, clinique, et permet de « traiter », rapidement, évidemment de nombreuses cohortes.
Ceci ne signifie aucunement que cette méthodologie ne soit pas une donnée objectivable indispensable ; sa nécessité est réelle sur le plan épidémiologique, mais il est fallacieux de prétendre que ce type de compréhension est le seul juste, autorisé, et alors censurer l’approche méthodologique clinique. Ce type de questionnaires est inévitablement construit, et recueillera des données limitées au seul champ conscient et manifeste, donc épidémiologique mais non clinique.
Ainsi, les femmes consultant pour stérilité peuvent être regroupées au sein d’un questionnaire autour de variables communes, quantitativement définies (la durée de la stérilité, l’anxiété qu’elles ordonnent sur une échelle de 1 à 5 par exemple…), mais leurs réponses quantifiables sont-elles égales sur le plan qualitatif ? quel chiffre va rendre compte de la mesure de leur capacité identificatoire à une image maternelle, va catégoriser leur problématique personnelle qui pourrait se dégager de l’étude approfondie de plusieurs entretiens, eux-mêmes associés à une méthodologie par tests projectifs, eux-mêmes beaucoup plus longs à faire passer et à interpréter. Tout ce travail véritablement clinique est pourtant le plus près, ou au moins le moins éloigné, de la construction psychique qui peut induire ou accompagner tel ou tel comportement ou symptôme. Il y a « destitution de la preuve par la parole », la preuve n’est plus fondée sur « l’exactitude du calculable », rappelant « à chacun l’angoisse irrationnelle de la cause [29] ».
Plus avant, le « refus de reconnaître la dette de la théorie à l’endroit du langage », de la « dette du sujet parlant à l’endroit du langage produit une idéologie scientifique donnant de la science l’image d’un décalque de la réalité ». Les concepts utilisés par les sciences de l’homme et de la société « demeurent étroitement dépendants de la langue, du langage et de la parole » et « le concept se trouve maintenu à proximité du signifiant et du mythe dont il provient ». Toute science naît du désir : c’est « le scandale qui trouble le scientifique et le conduit à la mise en œuvre d’une méthode contrôlée et d’une police épistémique qui tendent toujours davantage à lui faire oublier ce que ses constructions doivent à la fiction et à leur structure narrative [30] ».
A. Prochiantz [31] est en accord avec Freud quant à la dissociation qu’il a « posée entre reproduction et sexualité dans l’être humain, à travers sa célèbre théorie des pulsions et sa conception de la libido […] en plein accord avec les résultats des recherches que nous exposons ; […] toute structure, familiale ou autre, qui prétend faire de la reproduction la finalité de la sexualité, et qui donne cette finalité pour naturelle, invoque en vain la nature. Si tant est qu’elle ait besoin d’avoir recours à une idée de fondement, ce n’est pas dans l’ordre naturel qu’elle doit le chercher mais dans l’ordre social », interpersonnel et intersubjectif. « Cet ordre s’avère évidemment plus conflictuel ; mais est-il de bonne méthode de nier les conflits en recourant à la fiction d’une nature ? La science en tout cas ne saurait concourir à forger cette fiction ».
 
L’emballage est plus intéressant que le contenu : fondements économiques des divergences
 
 
La question des raisons de la quantification croissante de la clinique mérite d’être posée. La clinique est-elle une compréhension de la dynamique du fonctionnement psychique du sujet dans sa singularité et sa complexité, ou celle de cohortes de sujets appréhendés de façon quantitative et globale, dont la compréhension s’avère inévitablement éloignée de la question psychique ? Mais alors quelle logique préside à ces conceptions divergentes de l’humain, quels sont les fondements de la mise en place et de l’exploitation de banques de données dans le champ clinique où surfer suffit à pratiquer pour savoir mais non à comprendre ?
Pour formuler des lois qui endossent l’apparence de la rigueur scientifique et de la vérité, l’utilisation très en vogue actuellement d’échelles de personnalité et de questionnaires, dont l’avantage déclaré est leur utilisation très rapide (le slogan de la modernité étant « Tout tout de suite [32] ! », ou « toujours joignable [33] ») et leur traitement statistique, répond à notre avis aux exigences de la loi du marché économique. L’homme – ses comportements concrets en temps réel et non son fonctionnement psychique en tant qu’historicisation et processus – est atomisé, traité, standardisé et résumé (après avoir été payé [34] pour sa participation à un travail de recherche) ; grâce à ce montage normatif, d’où tout pulsionnel a été retiré, il devient utile : la question psychique, représentation et éventuellement souffrance, est tenue à distance, désindividualisée, traitée comme pourrait l’être un produit de consommation, dont s’absentent pensée et théorisation. Un « psychologue technicien » peut être amené en répondant aux critères du dsm, à diagnostiquer un syndrome hyperkinétique [35] ; un traitement par Ritaline est donné par le médecin, l’enfant se « calme »… mais à quel prix. À moins que ce ne soit le prix réel d’un traitement indolore pour la famille, particulièrement apprécié des laboratoires pharmaceutiques. L’humain est harmonisé, égalisé et généralisé par le marché économique : le symptôme est rentable. Sont soulignés ici le rôle et la place que prend effectivement de plus en plus la psychologie médicale, que se réapproprie – enfin – le pouvoir médical, soutenu largement par le pouvoir économique : le patient devient un client, le symptôme un produit. La fin – le pouvoir économique qui va s’occuper de l’hyper-activité, de la stérilité ou de l’obésité, etc. –, justifie les moyens – enquêtes, questionnaires, échelles –, dans un règne de « l’universalité marchande et de ses conditions techniques et scientifiques [36] » ; le point de vue économique justifie, dans un prétexte idéologique d’efficacité, la mise à l’écart, si ce n’est l’abolition, du psychique, non rentable, non productif donc non indispensable : il est déclaré passéiste, n’offrant pas les ornements de la religion enthousiaste du scientisme résolument moderne.
La clinique peut résister et ne pas faire allégeance aux lois du marché économique qui endossent l’uniforme de la rigueur scientifique et de l’objectivité : persistance de l’éros du savoir, obstination d’une théorie, méthode et raisonnements spécifiques, appliqués au qualitatif et non au seul quantitatif. Ce savoir est ordonné dans un cadre théorique qui donne sens aux faits d’observation, quand bien même les données ne sont pas recueillies sur des centaines de sujets à la fois. Une perception sans théorie ne peut induire de représentation ni de pensée. La certitude de la croyance en la toute-puissance de la quantification est une anti-pensée. La clinique qualitative consiste à mettre en œuvre un dispositif d’élucidation du réel, une méthode de travail et une formation à la conception, quand bien même elle travaille sur le singulier, ou les singuliers. Elle ne peut être une addition de techniques ordonnées par l’économiquement correct, mais une démarche globale de l’esprit qui donne sens à la compréhension de l’être humain et constitue ainsi une science.
 
Conclusion
 
 
Pour G. M. Edelman, la « conclusion générale – importante pour toutes les théories de l’esprit – est la suivante : étant donné qu’il existe des actes régis par l’inconscient, les conclusions auxquelles on parvient par introspection consciente peuvent être sujettes à de graves erreurs. Autrement dit, le cartésianisme invétéré est incompatible avec les faits ». La notion cartésienne de conscience fondée sur un « je pense, donc je suis » n’est pas « autosuffisante et incontestable car elle entretient un dialogue permanent avec un “autre”, même si cet interlocuteur n’est pas présent » ; de plus « des mécanismes inconscients bloquent et perturbent ce que nous considérons comme des suites de pensée transparentes et évidentes ». En outre, les lois « ne peuvent remplacer l’histoire ni le cours particulier de la vie de chaque individu », « un ensemble de lois ne pourra jamais se substituer à l’expérience, et il ne sera certainement jamais équivalent à un ensemble d’événements » ; les lois ne peuvent décrire « l’expérience de façon exhaustive, ni remplacer l’histoire ou les événements qui surviennent effectivement au cours de la vie des individus. Les événements sont plus denses que toute description scientifique [37] ».
C’est là que réside toute la difficulté de la clinique qui s’attache à la compréhension en profondeur du fonctionnement dynamique du psychisme, vis-à-vis duquel le clinicien « s’accepte tributaire du sentiment que le patient a de lui-même et de ce qui lui arrive » et « la souffrance psychique tire une bonne part de sa consistance de l’auto-évaluation, dont elle est l’objet [38] ». M. Huguet [39] souligne que la spécificité de la psychologie clinique repose sur des « processus d’autothéorisation » ; reprenant la formule de J. Laplanche [40] situant le psychologue et le patient, comme tout sujet humain, comme des « êtres théorisants et théorisants d’eux-mêmes, autothéorisants », elle pointe l’union de « la production d’un savoir à une disposition singulière, en posant que la réflexion issue d’une pratique doit aussi être considérée comme une activité de pensée ». Nous sommes d’accord avec M.C. Mietkiewicz et S. Bouyer [41], analysant de façon précise et approfondie les différents aspects de la psychologie clinique : celle-ci doit rendre compte in fine de « l’unicité du sujet, quels que soient le champ d’application ou l’outil utilisé » ; en ce sens interroger la mouvance des articulations internes d’un sujet « lors des différentes périodes de la vie entre le corps et la psyché, entre le normal et le pathologique », « entre pulsions de vie et pulsions de mort, répond à une préoccupation clinique et métapsychologique essentielle ». Cet axe dialectique sous-tend l’approche du psychisme et, « par delà la diversité des thèmes et méthodes, permet d’offrir un ensemble d’une grande cohérence. Cette cohérence tient d’abord dans les finalités : comprendre pour mieux soigner [42] ». Cette finalité ne peut, elle, être éclipsée.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
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·  Roussillon, R. 1995. « La métapsychologie des processus et la transitionnalité », rapport au LVe Congrès des psychanalystes de langue française des pays romans, Paris, Revue française de psychanalyse, t. LIX.
·  Viderman, S. 1987. Le disséminaire, Paris, puf.
 
NOTES
 
[*]Isabelle Orgiazzi Billon-Galland, maître de conférences, Laboratoire de psychologie clinique, Grenoble II.
[1]J. Gagey, Introduction générale à la clinique psychopathologique, Grenoble, pug, 2000.
[2]Ibid.
[3]G.M. Edelman, 1992, Bright Air, Brilliant Fire : On the matter of Mind, Basic Books, Traduction française, Biologie de la conscience, Paris, Odile Jacob.
[4]R. Gori, C. Hoffmann, La science au risque de la psychanalyse. Essai sur la propagande scientifique, Toulouse, érès, 1999.
[5]Ibid.
[6]A. Green, Le travail du négatif, Paris, Minuit, 1993.
[7]G.M. Edelman, 1992, op. cit.
[8]A. Beranoagirre Arteaga, « L’émergence d’une nouvelle pensée », dans Psychanalyse et sciences : nouvelles métaphores, Revue française de psychanalyse, 6, 1990.
[9]S. Viderman, Le disséminaire, Paris, puf, 1987.
[10]J. Guillaumin, La psychanalyse : une science ?, Paris, Les Belles Lettres, 1989.
[11]A. Green, « Penser l’épistémologie de la pratique », dans Psychanalyse et sciences : nouvelles métaphores, Revue française de psychanalyse, 6, 1990.
[12]Ibid.
[13]G.S. Pragier, « Un siècle après l’“Esquisse” : nouvelles métaphores ? Métaphores du nouveau », Revue française de psychanalyse, 6, 1990.
[14]R. Roussillon, « La métapsychologie des processus et la transitionnalité », Rapport au LVe Congrès des psychanalystes de langue française des pays romans, Revue française de psychanalyse, t. LIX, 1995.
[15]Souligné par l’auteur.
[16]G.M. Edelman, 1992, op. cit.
[17]S. Freud, (1915), « Pulsions et destins des pulsions », dans Métapsychologie, vol. XIII, Paris, puf, 1988.
[18]A. Beranoagirre Arteaga, 1990, op. cit.
[19]Ph. Jeammet, 1996, « Sciences cognitives, thérapies cognitives et psychanalyse », dans Psychanalyse, neurosciences, cognitivismes, Revue française de psychanalyse.
[20]G.M. Edelman, 1992, op. cit.
[21]J. Hochmann, M. Jeannerod, Esprit où es-tu ? Psychanalyse et neurosciences, Paris, Odile Jacob, 1991.
[22]A. Prochiantz, La construction du cerveau, Paris, Hachette, 1989, postface 1993.
[23]« On appelle trait d’union ce trait horizontal qui relie la naissance à la disparition. Pour une vie d’homme, deux millimètres. Juste une entaille dans la pierre pour signifier ce fardeau si lourd », J.M. Maulpoix, L’instinct de ciel, Paris, Mercure de France, 2000.
[24]A. Green, « Philosophie de l’esprit et psychanalyse », dans Psychanalyse, neurosciences, cognitivismes, Revue française de psychanalyse, 1996.
[25]M.C. Anderson, C. Green, « Suppressing unwanted memories by executive control », Nature, 410, 2001, p. 366-369.
[26]M.A. Conway, « Repression revisited », Nature, 410, 2001, p. 319-320.
[27]S. Freud (1915), « L’inconscient », dans Métapsychologie, vol. XIII, Paris, puf, 1988.
[28]A. Prochiantz, 1989, op. cit.
[29]R. Gori, C. Hoffmann, 1999, op. cit.
[30]R. Gori, C. Hoffmann, 1999, op. cit.
[31]Ibid.
[32]Voir P. Bruckner, L’euphorie perpétuelle, Paris, Grasset, 2000.
[33]Voir A. Finkielkraut, L’imparfait du présent, Paris, Gallimard, 2002.
[34]Le mot « payer » tire son origine de « pax » « pacare » : « Se réconcilier avec quelqu’un, l’apaiser, apaiser avec de l’argent. »
[35]Voir J. Ménéchal, et al., L’hyperactivité infantile. Débats et enjeux, Paris, Dunod, 2001.
[36]J.-C. Michea, L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes, Castelnau-le-Lez, Climats, 1999.
[37]G.M. Edelman, 1992, op. cit.
[38]J. Gagey, 2000, op. cit.
[39]M. Huguet, « La méthode clinique », dans La psychologie et ses méthodes, sous la direction de M.C. Lambotte, Paris, de Fallois, 1995.
[40]J. Laplanche, Nouveaux fondements pour la psychanalyse, Paris, puf, 1987.
[41]M.C. Mietkiewicz, S. Bouyer, « La psychologie existe-t-elle ? », Psychologie clinique, 1999, 8.
[42]M. Boekholt, Psychologie clinique et projective, vol. 6, 2000.
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