Cliniques méditerranéennes
érès

I.S.B.N.2749202701
336 pages

p. 159 à 175
doi: 10.3917/cm.070.0159

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no 70 2004/2

2004 Cliniques méditerranéennes

Stérilité féminine et fonctionnement opératoire : approche clinique et projective  [*]

Claude de Tychey  [**]
Cet article à partir d’un cas de stérilité féminine interroge une clinique où le vide du corps se double d’un vide fantasmatique. Il suggère l’intérêt de la mise en convergence des données cliniques et projectives pour approcher les déterminants en jeu dans cette problématique. Une interrogation sur les causes du fonctionnement opératoire et le positionnement éthique du clinicien est développée en conclusion.Mots-clés : stérilité, techniques projectives, fonctionnement opératoire, positionnement éthique. This article centred on a single case of feminine infertility, points out relation between body emptiness and fantasmatic emptiness. We suggest the interest of an association between clinical interview data and projective techniques to approach roots of infertility. Interrogations about determinants of « operative functioning » and clinician’s ethical position are developed in conclusion.Keywords : infertility, projective techniques, operative psychic functioning, ethical position.
La passion peut-elle se doubler d’infertilité ? Nous avons montré dans une publication antérieure (Setan-Theis & de Tychey, 2001) à quel point l’étiologie psychodynamique des stérilités féminines pouvait être multi-factorielle. Le présent exposé sera fondé sur la présentation clinique et projective d’un cas unique de femme définitivement stérile. Ce constat est fait avec le recul d’une douzaine d’années sur la trajectoire de Simone qui s’est rapprochée de la ménopause sans avoir procréé d’enfant…
Cet article a plusieurs objectifs :
  • réfléchir d’abord, à partir d’une analyse des données cliniques et projectives, sur les causes possibles d’une stérilité ne pouvant s’expliquer de manière organique en se centrant parallèlement sur le fonctionnement mental du sujet, ce qui va nous conduire à une clinique où le vide du corps se double d’un vide fantasmatique, où l’abrasion ou le déficit de créativité se conjuguent avec l’impossibilité d’élaborer les conflictualités générées ;
  • aborder ensuite une question très complexe, celle de la genèse et du destin du fonctionnement opératoire en psychosomatique, tout en développant une interrogation sur le positionnement éthique du clinicien confronté à cette problématique et aux demandes qu’elle suscite…
 
Présentation du cas clinique
 
 
Pourquoi avoir choisi ce cas plutôt qu’un autre ? Je pourrais ici d’emblée plonger dans le registre de la rationalisation secondaire et vous dire qu’il présente l’intérêt de permettre un suivi longitudinal sur une longue durée et de voir si ce dernier vient confirmer ou non le pronostic évolutif qu’il était peut-être légitime de poser douze ans plus tôt. Mais ce serait assurément travestir la réalité, ou tout au moins n’en donner qu’une image bien réductrice !
Je vais donc essayer, malgré les déformations inhérentes à l’après-coup, de vous faire part des singularités qui ont motivé mon intérêt en le maintenant intact sur une période aussi longue ! Simone a 35 ans lorsque je la rencontre. Elle présente une première particularité. C’est la seule femme rencontrée en clinique prénatale qui, après deux entretiens préalables puis un troisième consacré à un bilan projectif présenté comme un moyen de s’ouvrir à son monde interne pour mieux le comprendre, a annulé son quatrième rendez-vous destiné à avoir un feed-back sur ses résultats. Un tel refus est inducteur de contre-transfert négatif chez le clinicien. Il invite aussi à réfléchir, à la fois sur le transfert négatif de l’autre et sur le sien propre. Quand j’ai essayé de reprendre contact avec Simone au téléphone, suite au message d’annulation qu’elle avait laissé sur mon répondeur, afin de prendre à nouveau rendez-vous, elle m’a cette fois exprimé directement son refus de recevoir un feed-back et de poursuivre nos entretiens. Sans pouvoir mettre en mots ce qui lui faisait peur à l’idée de me revoir et d’échanger sur ses productions, comme je l’invitais à le faire téléphoniquement pour essayer de lever cette résistance… Pour quelles raisons ? Evitement phobique du clinicien ou impact traumatique de la rencontre avec le matériel projectif ? Contre transfert lié à ma propre identification émotionnelle… ? Identification peut-être plus difficile devant cette femme qui parlait pourtant facilement de sa vie, mais avec la même absence totale d’affect, aussi bien en évoquant son quotidien factuel que les procédés de stimulation ovarienne subis, de plus en plus lourds, ou l’engagement dans un circuit d’assistance médicale à la procréation, encore plus intrusif. Je laisse à la réflexion du lecteur la réponse qu’il est possible d’essayer de construire. Mais je ne peux passer sous silence un autre facteur qui a certainement pesé lourdement sur la dynamique de la rencontre : l’absence d’une demande réelle de sa part. En effet, travaillant en binôme avec un collègue somaticien, ce dernier l’a orienté vers moi parce qu’elle vivait selon lui plus difficilement les retours de règles chaque mois malgré les traitements envisagés, afin de « faire le point sur le plan psychologique ». Avec le recul, j’en viens à me demander si ce n’est pas le soignant qui vivait difficilement l’échec des traitements, car la souffrance était déniée par Simone quand je l’interrogeais sur ce point. Simone m’a également signifié qu’elle avait subi la pression de sa mère (en consultation chez le même gynécologue qui me confirma avoir subi lui-même une pression de la mère de Simone, laquelle désespérait de devenir grand-mère… !)
Venons-en maintenant aux données qui me sont apparues signifiantes dans la trajectoire existentielle et le parcours procréatif de Simone et de sa mère. J’avoue avoir du mal à les considérer séparément tant elles me paraissent intriquées… et porteuses de mandats négatifs.
Simone a fait le choix conscient de procréer après quatre années de vie commune régulière avec son compagnon et une stabilisation de leurs situations professionnelles respectives. Enceinte immédiatement, elle fait une fausse couche à deux mois. Une nouvelle grossesse survient deux mois plus tard et s’arrête à 8 mois de gestation (problème d’incompatibilité sanguine fœto-maternelle). L’enfant était un garçon. Elle reproche beaucoup à son premier gynécologue de ne pas le lui avoir montré (il était macéré…) et aux sages-femmes de lui avoir affirmé qu’elle serait à nouveau enceinte tout de suite. Elle fait alors le choix rarissime d’incinérer son enfant mort et plus surprenant encore de confier les cendres à sa mère dans une boîte en bronze… Ces cendres se trouvent sur le mur en pierre de la fontaine construite à l’entrée du jardin de la maison de ses parents ! Double choix qui m’apparaît particulièrement chargé et que j’interprète personnellement comme l’expression inconsciente d’une violence considérable à l’égard du bébé réel perdu, mais aussi du bébé imaginaire (soit le bébé perdu par sa mère qu’elle a remplacé, soit le petit frère qu’elle a subi durant toute son adolescence) et bien sûr de la figure maternelle. En entretien, elle me déclare simplement sans aucune émotion que « ces cendres sont mieux chez sa mère qui attendait tellement la naissance du petit et voulait tant devenir grand-mère… », sans pouvoir m’en dire davantage.
Les difficultés à être à nouveau enceinte commencent à cette date. Il se passe alors treize mois avant qu’elle ne soit enceinte mais une nouvelle fausse couche se produit deux mois plus tard. Depuis cette date trois années se sont écoulées où malgré l’aide médicale à la procréation Simone n’arrive plus à être enceinte, ce qui génère un léger conflit avec le partenaire car elle souhaiterait adopter alors que le partenaire préfèrerait attendre en misant sur une naissance naturelle. Avec un recul d’une douzaine d’années et les informations que m’a fournies mon collègue somaticien, je signalerai simplement au lecteur que cette femme n’a pu être enceinte et qu’elle a fini par accueillir d’abord un animal domestique, puis à obtenir l’agrément pour une procédure d’adoption d’enfant (mon collègue obstétricien a alors perdu sa trace car elle a dû changer de gynécologue…)
Il me faut maintenant aborder l’histoire infantile de Simone car l’absence de travail de deuil des trois premières grossesses (traduite notamment par l’absence d’affect et le fait que tous les jouets et vêtements achetés lors de la deuxième conception se trouvent rangés dans des cartons et « seront réutilisés ») ne me semble pas le facteur déterminant des échecs procréatifs successifs de Simone. Ce sont davantage les mandats négatifs hérités de l’histoire infantile qui me paraissent occuper le devant de la scène dans l’étiologie des avatars de maternité traversés par cette jeune femme.
En premier lieu, je pointerai une place dans la dynamique familiale qui a dû la conduire à intérioriser inconsciemment une équivalence entre maternité (« tu dois donner le jour pour combler ta dette de vie » cf. Bydlowski 1997) et risque de mort, en même temps que l’encryptage probable d’un deuil maternel en amont qui n’a pu être élaboré par sa propre mère. Simone est née en effet 12 mois après sa sœur, c’est dire qu’elle a été conçue juste après le décès de sa sœur aînée polyhandicapée, laquelle n’a vécu que trois jours… Je fais l’hypothèse qu’elle a hérité de toutes les angoisses de mort liées à la première maternité de sa mère et transmises aux siennes. Elle a toujours, nous dit-elle, vécu dans la terreur (avant même que ne se produise sa première grossesse arrêtée) d’avoir un enfant handicapé ou que cet enfant ne meure… Nous sommes tentés ici de reprendre l’hypothèse défendue par Rousseau (1998) d’une transmission intergénérationnelle du deuil périnatal, des angoisses et des sentiments dépressifs qu’il génère… Simone, qui a été conçue immédiatement après le décès de sa sœur a sans doute développé une identification émotionnelle à sa mère et intériorisé toute l’angoisse de cette dernière, dont le deuil de l’enfant précédent ne pouvait être élaboré au moment où Simone est arrivée… La stérilité peut alors se lire comme une réponse du corps pour ne pas être confronté à un trop plein de risques et d’angoisses de mort inélaborables.
Mais un deuxième facteur nous semble exercer une action qu’il est sans doute légitime de qualifier de mortifère. Je vais l’introduire par une référence à un autre ouvrage important de Bydlowski (2000). Pour cet auteur, une des conditions d’accès à la maternité est l’intériorisation d’une identification à une fonction maternelle suffisamment positivement investie et valorisée. Or c’est précisément le processus inverse qui s’est structuré pour Simone dans des conditions qu’elle évoque d’une voix froide au cours des entretiens préalables à l’investigation projective. Celle-ci viendra encore davantage confirmer notre propos… En effet, Simone laisse transparaître clairement une partie de l’héritage négatif associé à l’histoire procréative passée de sa mère et à l’impact que cette histoire a eu sur elle. Elle dut en effet elle-même s’occuper très longtemps d’un petit frère de plusieurs années son cadet, alors que sa mère avait repris le travail peu de temps après sa naissance (choix dont elle nous dira en entretien qu’elle l’a ressenti comme un abandon). Toute l’agressivité, à la fois celle qu’elle a ressentie et celle qu’elle a perçue comme en provenance de sa mère semble se focaliser sur les conditions d’exercice de la fonction maternelle. Elle semble aussi renforcée par le contexte de rivalité fraternelle, puisque Simone dut exercer cette fonction petite, contrainte et forcée…
 
Apport des données projectives
 
 
Le test de Rorschach et le tat (cf. protocoles en annexe) m’apparaissent tous deux convergents pour mettre en évidence un mode de pensée opératoire au sens de Marty (1991) et Dumet (2002) et ont donc leur place dans cette contribution pour illustrer une figure de la clinique du vide en matière de créativité, de l’abrasion de l’activité fantasmatique caractérisant le fonctionnement mental de Simone. Sans en faire une analyse exhaustive, nous irons à l’essentiel.
Au tat, en s’appuyant sur les grilles interprétatives disponibles (Brelet-Foulard & Chabert 2002, Azoulay 2002), les procédés de la série C1 (inhibition) et CF (surinvestissement de la réalité externe) me semblent occuper le devant de la scène. Il faut noter néanmoins qu’à deux planches (Planche 5 et surtout 7GF) c’est davantage la série E avec un fonctionnement défensif de Simone en termes d’identification projective qui prend le relais, lorsqu’il s’agit pour elle d’expulser tout le négatif intériorisé associé à la fonction maternelle. Pour s’en convaincre il suffit de pointer les éléments les plus signifiants de sa projection, aisés à comprendre au vu de son histoire personnelle : elle déclare devant la planche 7 GF : « Je pense que c’est une mère avec sa fille ou plutôt une mère avec ses deux enfants, elle s’occupe mal du petit dernier. Elle le tient mal, elle s’en désintéresse… Peut-être parce qu’elle voulait pas de petit frère ou de petite sœur… Elle est peut-être jalouse la fille… Elle en a un peu marre de jouer les mères envers le bébé parce que la mère ne peut pas s’occuper du petit parce qu’elle travaille. Elle passe tout son temps à pouponner au lieu de jouer avec ses ami(e)s et de s’amuser… ça serait tellement bien de vivre seul avec les parents et de ne pas avoir de petit frère ou de petite sœur, d’avoir tout son temps libre pour s’amuser avec les autres… Elle arrive pas à dire ses sentiments à la maman… Elle se rend bien compte qu’il n’y a qu’elle pour s’occuper de son frère ou de sa sœur et qu’il n’y a pas le choix…(« Dénouement ? ») Elle s’en occupe mal, pas comme il faudrait parce qu’elle lui en veut de prendre trop de place et de la priver de sa liberté… Elle aurait envie de lui dire, qu’il faudrait bien qu’il ne dépende pas de quelqu’un, qu’il se prenne en charge… Elle, elle se prenait en charge, elle, elle est révoltée que l’autre ne se prenne pas en charge. » La même négativité de la fonction maternelle est projetée à la planche 5 : « (scrute la planche attentivement avant de répondre…) C’est une femme qui entre dans le salon pour voir s’il y a quelqu’un… Elle attendait quelqu’un… Elle ouvre la porte pour s’assurer qu’il y a quelqu’un… (« ? ») Elle attend ses enfants s’ils sont rentrés de l’école en se disant qu’ils sont encore en train de traîner à la sortie et qu’ils ne sont jamais pressés… (« ? ») ils sont encore en retard et il y a des devoirs à faire, elle va les gronder, ils sont craintifs envers elle… (« dénouement ? ») ils essayeront de rentrer à l’heure les prochains jours…
Au test de Rorschach, le fonctionnement opératoire et l’inhibition sont attestés par plusieurs éléments convergents :
  • le ton de voix monocorde (même aux rares planches de la passation associative où elle réussit à évoquer de manière parcellaire les situations de perte qu’elle a traversées) et l’inhibition massive qui l’empêche même de réussir à élaborer une association ;
  • l’importance du recours au factuel et à la réalité externe (F % à 85 %, F % élargi à 100 % !, A % à 64 %) ;
  • le vide presque total de l’espace imaginaire ou tout au moins l’impossibilité d’y accéder (une seule petite kinesthésie au sein d’une productivité réduite [R=14]) ;
  • l’impossibilité d’évoquer le pole sensoriel (absence totale d’estompage et de couleur) ;
  • la rigidité extrême du fonctionnement défensif attestée par le Type de Résonance Intime coarté et la Formule Secondaire qui va dans le même sens, ce qui dans notre pratique (de Tychey 1994, de Tychey-Diwo-Dollander 2000) est à niveau très général un indicateur de très mauvaise valeur pronostique, associé au risque de chronicité et à l’incapacité de s’ouvrir à son monde interne.
L’imago maternelle intériorisée projetée au test de Rorschach, est aussi chargée de négativité que celle que l’on peut inférer à partir du tat. L’angoisse est tellement forte chez elle, lorsqu’il s’agit de se positionner face à la symbolique maternelle des planches 7 et 9 (attestée par l’intensité des mécanismes d’inhibition, la traduction corporelle et comportementale de l’affect d’angoisse qui ne peut être mis en mot…), qu’elle est sur le point de refuser les deux planches ! Le refus est levé à la planche 7 grâce à l’étayage que je lui apporte. Mais la sidération et l’extrême sensibilité à la couleur blanche traduisent à la fois la mise en échec du fonctionnement mental (Roman [2000] parlerait de « catastrophe de la symbolisation »), la vulnérabilité des assises narcissiques et l’absence de valeur contenante de la figure maternelle. La tentative défensive de recours à la réalité (P7-1) ne permet guère de dégagement et l’accent sur le phallique agressif pour combler le manque (P 7-2) est à mettre en relation selon moi avec le caractère de plus en plus intrusif des investigations médicales dénié de manière un peu maniaque lors de l’association à sa réponse. L’angoisse est encore plus forte à la planche 9 puisque l’inhibition est encore plus massive, totale devrais-je dire, puisque le refus est ici définitif. Au final, Simone semble en outre incapable (ce qui est en général peu fréquent lors de cette procédure) de différencier les figures parentales entre elles et sa propre identité de ces dernières puisqu’elle choisit la même planche (P10) pour se représenter et représenter chacun de ses deux parents ? En tout cas la théorisation de Bydlovski (2000) me semble recevoir ici une confirmation empirique indiscutable.
 
Discussion
 
 
J’ai mis en avant jusqu’ici à la fois le double registre de négativité inélaborable associé à la maternité pour Simone et la pauvreté, pour ne pas dire l’incapacité de son fonctionnement mental à effectuer un quelconque travail d’élaboration, du fait d’une organisation de la psyché sur un mode opératoire. Le suivi longitudinal long que nous avons de ce cas prouve qu’un déficit de créativité, de vie fantasmatique est lourdement invalidant. Nous nous garderons pour autant de conclure que ce mode d’organisation caractérise une majorité de femmes dans l’impossibilité de procréer. Pour le démontrer, il faudrait entreprendre une étude clinique projective sur des groupes importants, ce qui à notre connaissance n’a jamais été réalisé.
La facture très restrictive de la productivité associée à la massivité du recours au formel et au factuel peut chez certains sujets lors de la passation du test de Rorschach être synonyme d’une attitude défensive en termes de refus d’implication projective, ce qui aboutit à projeter un mode de représentation de soi conformiste. Je ne pense pas qu’un tel choix s’est opéré pour Simone. Bien qu’elle n’ait au départ probablement manifesté aucune demande authentique de suivi psychologique, sa coopération lors des premiers entretiens et son acceptation immédiate du bilan projectif m’incitent à penser que la pauvreté de l’activité fantasmatique déployée a des causes structurales ou traumatiques. Mais répondre à cette dernière interrogation n’est pas chose facile.
On peut en effet faire deux hypothèses à propos de la construction du fonctionnement opératoire de Simone. Ce dernier peut être du à un cumul d’évènements ayant pour effet de générer une sidération psychique et un blindage défensif destiné à inhiber des affects de déplaisir trop intenses pour pouvoir faire l’objet d’un travail d’élaboration mentale. On peut faire l’hypothèse que chez Simone les éléments traumatiques se situent dans le parcours procréatif problématique de sa propre mère, en particulier au niveau de la transmission intergénérationnelle du deuil maternel initial non élaboré. Le second traumatisme, venant réactiver dans sa psyché le premier tiendrait aux pertes prénatales cumulées qu’elle a subies elle-même et dont elle n’a pu faire le deuil. Le recours au factuel concret externe et le refus d’entreprendre un travail introspectif ont alors peut-être chez elle une valeur d’écran destiné à se protéger d’une réalité interne trop perturbante. Dans ce contexte (Dejours, 2001, 2002), c’est à une entreprise de ranimation fantasmatique (en théorie toujours possible) que le clinicien doit s’atteler.
Mais on peut aussi faire une autre hypothèse à partir du modèle théorique de Marty (1991). Pour cet auteur, le fonctionnement opératoire peut être lié à des lacunes structurées quantitatives et (ou) qualitatives du préconscient qui peuvent dès lors s’avérer difficilement réversibles (pauvreté globale du préconscient avec peu de représentations et peu d’affects). L’auteur invoque sans les préciser l’existence de carences précoces du maternage (probables chez Simone avec une mère qui a du traverser un épisode dépressif lors de sa conception à elle puisqu’elle venait de perdre son premier enfant) pour rendre compte de ce type d’organisation mentale. Ce modèle est beaucoup moins optimiste que celui de Dejours car il introduit l’idée que le changement n’est pas toujours possible parce que le préconscient est trop pauvre ou que son accès s’avère impossible. En clinique et en psychopathologie, il me semble que l’existence avérée dans certains cas, de symptomatologies psychosomatiques, comportementales ou mentales résistant au cours du temps à toutes les prises en charge tentées, vient apporter une confirmation empirique au moins partielle à la position de Marty (1991).
L’échec durable de procréation de Simone, au vu de l’important suivi longitudinal dont nous disposons, pourrait nous pousser à adhérer au point de vue de Marty pour ce cas. Mais je vous avoue ici mon embarras et je pense en fonction de mon expérience clinique que les deux positions théoriques évoquées plus haut sont en définitive toutes les deux défendables et à mettre à l’épreuve au coup par coup en fonction des singularités du contexte clinique rencontré. Il me semble que les apports des deux épreuves projectives (test de Rorschach en passation classique et associative + tat) sont ici particulièrement informatifs pour essayer de départager les positions de Marty (1991) et Dejours (2002). La passation classique du Rorschach et la pauvreté d’une grande partie des associations nous conduiraient plutôt à la conclusion d’une organisation structuralement gravement déficitaire sur le plan du fonctionnement mental. Néanmoins l’évocation d’affects a minima lors des associations à quelques images du Rorschach (planche 1, 2 et 6 notamment) et des émergences en processus primaires sous forme d’identifications projectives désorganisantes (planche 7GF) dans un tat globalement factuel et inhibé me pousserait plutôt à nuancer cette conclusion et à poser qu’un préconscient existe bien chez Simone, fût-il pauvre, mais qu’il comporte surtout des représentations trop chargées de conflictualités et de souffrance pour qu’elle accepte d’y plonger et d’essayer d’entreprendre un travail d’élaboration mentale. Ce qui nous mène à une interrogation à laquelle je ne puis répondre : quelles sont les facteurs décisifs venant s’opposer durablement à la réanimation fantasmatique ?
Last but not least, quelle peut être la position du clinicien face à cette clinique du vide et aux demandes qu’elle suscite ? Il est légitime ici de poser plusieurs questions qui ne manqueront pas d’interpeller le lecteur :
  • est-il préférable dans les situations d’impasse à procréer, comme le suggère Santiago-Delefosse (1995), de privilégier l’accompagnement de la souffrance en favorisant le travail de deuil de la conception ? Cette option me semble ici particulièrement défendable dans un contexte où le non désir d’enfant sur le plan inconscient chez Simone me paraît particulièrement fort ;
  • comment utiliser au mieux la valeur pronostique possible du bilan psychologique réalisé à l’aide des méthodes projectives lorsqu’on est confronté en l’absence de demande authentique à un fonctionnement mental à la fois déficitaire et rigidement structuré ? ;
  • doit-on, lors d’une procédure d’agrément en vue d’une adoption ultérieure, conserver une position de stricte neutralité dès lors que notre avis est sollicité, afin de ne pas investir une attitude normative évaluative, lorsque le bilan projectif met en évidence une telle négativité de l’imago et de la fonction maternelle intériorisée ?
Protocole de test Rorschach de Simone, 35 ans, mariée, niveau intellectuel normal
Protocole de test de Rorschach :

IMGIMGPLANCHE 1 : 15 secondes :	On dirait ...IMGIMF
PLANCHE 1 : 15 secondes : On dirait une tête de monstre le tout G Fclob (H) Une chauve-souris le tout G F+ A Ban V … J’ai pas trop d’imagination… Autocritique 1’15’’ PLANCHE 2 : 5’’ Un papillon Le rouge inférieur D F+ A V (sourit, grimace…)… La partie foncée, vaguement la forme Des nuages 1’10’’ D F+- Frag le noir PLANCHE 3 : 5’’ V Un extra-terrestre ou le tronc d’un humain avec la tête… le rouge médian D F- (H)/Hd Choc K Enquête des limites : « oui, à la rigueur, 2 personnes mais statiques » D F+ A Ban V un papillon 2’ PLANCHE 4 : 5’’ … Je vois pas, plutôt une chauve-souris… …. …. c’est tout le tout G F+ A 50’’
IMGIMGPLANCHE 5 : 10’’	J’ai l’impression q...IMGIMF
PLANCHE 5 : 10’’ J’ai l’impression que c’est toujours le même style, il n’y a rien de trop différent… …..30’’ … soit un papillon, soit une chauve-souris le tout G F+ A Ban Ou Crit. Obj. 1’ PLANCHE 6 : Pareil …. 15’’ Je pense que c’est toujours le même style d’image : papillon ou chauve-souris… tend. Crit. Obj. G F- A Persev. Ou 1’20’’ PLANCHE 7 : … 45’’ Je sais pas… C’est difficile…(reformulation empathique de sa difficulté)… le tout à partir du blanc transformé en noir Tendance Refus J’ai l’impression de ne pouvoir me représenter quelque chose… La partie blanche au milieu me gène… le blanc Choc au Blanc (sidération)… Si c’était noir au milieu avec le reste ça aurait pu représenter une bête avec les pattes avant et arrière et la tête… le tout Dbl/G F- A Enquête des limites : « oui » Dbl F+ Obj. La pointe d’une flèche… 3’20’’ PLANCHE 8 : …. ….. …. 15’’ V On croirait que le corps humain, juste le tronc… …. Je vois que ça … …. G F- Anat. 2’45’’
IMGIMGPLANCHE 9 : …. 55’’…	Eq. Choc.	(mimi...IMGIMF
PLANCHE 9 : …. 55’’… Eq. Choc. (mimique + grimace)… Les couleurs je vois pas ce que ça pourrait représenter…(reformulation empathique de sa difficulté)… REFUS Vraiment là, je vois rien… 2’40’’ PLANCHE 10 : …. …. 25’’ Eq. Choc. Des araignées D F+ A Ban Des oiseaux qui volent…. Le bleu latéral D Kan A c’est tout…. Le jaune et le vert (la forme) 1’20’’ PLANCHES REJETEES : P1 et P6 : à cause de la masse noire P4 : C’est noir, c’est le malheur, la nuit, tout ce qui est mauvais, néfaste. PLANCHES AIMEES : P8 et P10 la joie, le bonheur, à cause je crois de toutes ces couleurs. PLANCHE MATERNELLE : P10 : la joie ou le bonheur PLANCHE PATERNELLE : P10 elle représente les gens dynamiques PLANCHE LA REPRESENTANT : P10 : elle me représente….
IMGIMGPSYCHOGRAMME RESUME	R=14 T=1060’’ T/...IMGIMF
PSYCHOGRAMME RESUME R=14 T=1060’’ T/R =75’’ G=50 % D=42,5 % Dbl=7,5 % T.A=G - D - Dbl F+=7 Fclob=1 Kan=1 T.R.I=0/0 coarté, F+-=1 F-=4, F %=85 %, F+ %=62 % F.S=I/0 coartative (H)=1,(H)/Hd=1 H %=14 % ,A=9 A %=64 %, I.A %=7,5 % Autocrit=1, Crit Obj=2 Choc K àP3, Choc au blanc à P7, Ban=4, RC %= 21 % Refus à P9.

Rorschach associatif :
Protocole de Simone :
PLANCHE 1 :
P1-1 : peut-être un vampire qui vous veut du mal… (« ? ») peut-être parce qu’il est jaloux… Parce que j’ai eu une enfance heureuse… Jusqu’à maintenant… (« ? »)…
P1-2 : ça fait penser à la mort… (« ? ») à la mort du bébé… La chauve-souris, ça représente le malheur… Je pense pas qu’on puisse prévoir… (« ? »)…
PLANCHE 2 :
P2-1 : c’est l’image du bonheur, de la joie, de la gaîté, de la réalisation de tous les désirs… Un papillon, ça vole, c’est libre… (« ? ») Ce qui me gène le plus, c’est de ne pouvoir influencer le destin, j’aimerais pouvoir maîtriser le destin…
P2-2 : peut-être essayer d’oublier les malheurs, se changer les idées… Concrétiser le projet d’enfant…
PLANCHE 3 :
P3-1 : Une personne étrangère qui m’apporterait le bonheur, la concrétisation des désirs, un bouleversement de ma vie… (« ? »)…
P3-2 : la même chose que pour le précédent papillon
PLANCHE 4 :
P4-1 : la mort, le négatif… (« ? »)…
PLANCHE 5 :
P5-1 : plutôt une chauve-souris… (« ? ») La même chose que précédemment…
PLANCHE 6 :
P6-1 : le noir… La mort… je ne vois rien… Je ne peux rien me représenter de plus à partir de là…
PLANCHE 7 :
Difficile à dire… Le vide total… Je ne trouve vraiment rien…
P7-1 : une bestiole quelconque et rien de plus…
P7-2 : une flèche pointée vers moi pour me donner du bonheur…
PLANCHE 8 :
P8-1 : je peux vraiment rien vous dire là-dessus…
PLANCHE 9 : il y a un mélange de couleurs et en même temps c’est vide, je peux rien vous dire…
PLANCHE 10 :
P10-1 : rien de plus que des araignées…
P10-2 : c’est l’image de la liberté, du bonheur, de la joie.
TAT de Simone :
PLANCHE 1 :
là un garçon en train de jouer un morceau de violon, il fait une pause avant de reprendre un morceau… (« ? »)… Il se dit que c’est pas évident… qu’il faut essayer de s’entraîner intensivement… à force de s’entraîner des heures et des heures, il y arrivera…
PLANCHE 2 :
La femme qui est enceinte (sidération)… Son mari est en train de travailler dans les champs… Son mari travaille dans les champs… Elle attend que le bébé arrive pour qu’elle puisse le toucher… (« ? ») La troisième ?… Je ne sais pas qui c’est. Elle doit être étudiante puisqu’elle a des livres dans les mains… (« Dénouement ? ») Le bébé va naître et ce sera l’image du bonheur…
PLANCHE 3GF :
Une femme qui pleure… (« ? ») Elle a perdu son emploi et elle… (« ? ») Elle se demande ce qu’elle va devenir… Elle va écrire des lettres à différentes entreprises… (« dénouement ? ») Je pense qu’elle va trouver du travail.
PLANCHE 4 :
Un couple qui discute… (« ? ») Lui il a détourné le regard, il est peut-être en colère contre elle… (« ? »)
Parce qu’elle n’a pas fait de taches ménagères, elle ne s’occupe pas bien du ménage cette femme… (« ? »)
… à partir de maintenant, elle va essayer de faire le maximum pour que tout puisse s’arranger.
PLANCHE 5 :
(scrute la planche attentivement avant de répondre…) C’est une femme qui entre dans le salon pour voir s’il y a quelqu’un… Elle attendait quelqu’un… Elle ouvre la porte pour s’assurer qu’il y a quelqu’un… (« ? ») Elle attend ses enfants s’ils sont rentrés de l’école en se disant qu’ils sont encore en train de traîner à la sortie et qu’ils ne sont jamais pressés… (« ? ») ils sont encore en retard et il y a des devoirs à faire, elle va les gronder, ils sont craintifs envers elle… (« dénouement ? ») ils essayeront de rentrer à l’heure les prochains jours…
PLANCHE 6GF :
Un couple, lui il vient d’arriver dans l’appartement… Elle est surprise parce qu’elle l’avait pas entendu arriver… (« ? ») Elle lui dit bonjour, comment s’est passée ta journée ?… (« ? ») ça doit être son mari… Elle a préparé le repas et ils vont aller dîner ensemble…
PLANCHE 7 GF :
(scrute longuement la planche avant de parler…) Je pense que c’est une mère avec sa fille ou plutôt une mère avec ses deux enfants, elle s’occupe mal du petit dernier. Elle le tient mal, elle s’en désintéresse… Peut-être parce qu’elle voulait pas de petit frère ou de petite sœur… Elle est peut-être jalouse la fille… (« ? ») Elle en a un peu marre de jouer les mères envers le bébé parce que la mère ne peut pas s’occuper du petit parce qu’elle travaille. Elle passe tout son temps à pouponner au lieu de jouer avec ses ami(e)s et de s’amuser… (« ? ») ça serait tellement bien de vivre seul avec les parents et de ne pas avoir de petit frère ou de petite sœur, d’avoir tout son temps libre pour s’amuser avec les autres… (« ? ») Elle arrive pas à dire ses sentiments à la maman… Elle se rend bien compte qu’il n’y a qu’elle pour s’occuper de son frère ou de sa sœur et qu’il n’y a pas le choix… (« Dénouement ? ») Elle s’en occupe mal, pas comme il faudrait parce qu’elle lui en veut de prendre trop de place et de la priver de sa liberté… Elle aurait envie de lui dire qu’il faudrait bien qu’il ne dépende pas de quelqu’un, qu’il se prenne en charge… Elle, elle se prenait en charge, elle, elle est révoltée que l’autre ne se prenne pas en charge.
PLANCHE 8 GF :
Une femme qui est pensive… (« ? ») Elle attend peut-être que son mari rentre du travail… Elle s’impatiente, d’habitude il est déjà rentré… Elle se dit pourvu qu’il n’ait pas eu d’accident, qu’il ne se soit rien passé sur le lieu de travail… (« ? ») Il va rentrer parce qu’il a eu une panne d’essence sur, la route, il a du aller jusqu’à la pompe à essence. Il est rentré avec une heure de retard à son domicile… (« ? ») Elle lui dit qu’elle s’est fait du souci, qu’il aurait pu trouver une cabine téléphonique pour la prévenir, elle lui reproche de ne pas lui avoir téléphoné… (« dénouement ? ») « j’essayerai la prochaine fois de penser à te prévenir pour que tu ne te fasses pas de soucis. » (réponse du mari)
PLANCHE 9 GF :
Une personne qui s’enfuit… (« ? ») J’ai du mal à distinguer, je sais pas si elle est en haut d’une échelle… (« ? ») elles se connaissaient, peut-être deux sœurs… Elle paraît pressée, elle paraît avoir envie de s’enfuir… être angoissée à l’idée que l’autre l’aperçoive… (« ? ») Elle serait peut-être allée dans la maison de sa sœur à son insu parce qu’elle avait plus de contact avant… (« ? ») Parce qu’elles étaient en désaccord sur tel ou tel sujet, elle s’est emportée, il y aurait eu une grande dispute entre elles… (« ? ») dispute sur la façon d’élever les enfants… (« ? ») La plus vieille pense qu’il est impératif qu’ils aillent se coucher tôt et l’autre pas… (« dénouement ? ») Elles vont peut-être se réconcilier, parce que la plus vieille s’est emportée, elle va se faire pardonner.
PLANCHE 10 :
Un couple de personnes assez âgées… On dirait que l’homme console sa femme… (« ? ») Elle aurait eu un gros chagrin, elle aurait perdu sa sœur… (« ? ») ça lui fait vraiment mal, elle a été très touchée par la mort de sa sœur, l’homme essaye de la consoler, de l’épauler. Elle va continuer sa vie et essayer de vivre comme ça.
PLANCHE 11 :
ça représente les rochers, la montagne… (« ? ») Impossible de vous dire quelque chose de plus…
PLANCHE 12 :
Une femme et sa mère qui est derrière… (« ? ») La mère essaye de lui donner des conseils et on a l’impression qu ‘elle ne veut pas l’entendre… (« ? ») La femme pense pas pareil… (« ? »)… Sur la façon dont on élève les enfants, elle lui explique qu’elle a des opinions différente d’elle.
PLANCHE 13 :
C’est le mari qui se lève le matin… (« ? ») Il se dit qu’il va encore être en retard pour aller à son travail… (« ? ») Il est pressé de partir, il va se dépêcher et arriver à l’heure.
PLANCHE 16 :
C’est une image qui pourrait représenter ma vie, le bonheur… (« ? ») Réaliser mes désirs… Un enfant.
PLANCHE 19 :
C’est un tableau… (« ? ») Au premier plan, il y a la mer ou un plan d’eau avec des nuages ou des maisons. C’est la vue d’un village au bord de la mer.
N.B. Chaque (« ? ») correspond à une relance du testeur devant le silence du sujet.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
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·  Bydlowski, M. 1997. La dette de vie : itinéraire psychanalytique de la maternité, Paris, puf.
·  Bydlowski, M. 2000. Je rêve un enfant : expérience intérieure de la maternité, Paris, puf.
·  Dejours, C. 2001. Communication personnelle.
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·  Dumet, N. 2002. Clinique des troubles psychosomatiques, approche psychanalytique, Paris, Dunod.
·  Rousseau, P. 1998. « Deuil périnatal : abord transgénérationnel », Devenir, 10, 33-65.
·  Marty, P. 1991. Mentalisation et psychosomatique, Paris, Les Empêcheurs de tourner en rond.
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·  Setan, A.K. ; Theis, A. ; Tychey, C. de. 2001. « Réflexions sur l’approche psychodynamique des stérilités féminines », L’Évolution psychiatrique, 66, 61-74.
·  Tychey, C. de. 1994. La dépression à travers le test de Rorschach, Paris, eap.
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NOTES
 
[**]Claude de Tychey, professeur de psychologie clinique, directeur du grepsa et du laboratoire de psychologie (E.A. n° 2337) – Université de Nancy 2- 23 Bd Albert 1er, 54000 Nancy.
[*]Communication au congrès international du Rorschach et des méthodes projectives, Université de Savoie, 17-18 mai 2003 : « Création et créativité à l’épreuve du Rorschach et des méthodes projectives : approche clinique et psychopathologique ».
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