- Violence du temps et pathologies hypermodernes
- Édouard Zarifian ou « le goût de vivre »
- Lacan, le symbolique et le signifiant
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S'inscrire Alertes e-mail - Cliniques méditerranéennes Cairn.info respecte votre vie privéeL’objet de cet article est de mettre en relation les caractéristiques de la société hypermoderne et les types de pathologies qui lui sont associées. La mondialisation et la flexibilité généralisée de l’économie, conjuguées à un nouveau rapport au temps fondé sur l’urgence et l’immédiateté ont conduit à l’apparition d’une société exigeant une extrême réactivité et une adaptabilité permanente. Dans un contexte où les relations durables ont laissé la place aux relations « liquides » et éphémères, le rapport à soi-même est désormais sous-tendu par une obligation de dépassement de soi et d’hyper-performance. L’individu est désormais obligé d’être dans le « trop » pour ne pas être dans le « rien » ou le « vide » et de courir toujours plus vite pour ne pas se retrouver dans l’inexistence économique conduisant à l’inexistence de soi. Les pathologies hypermodernes sont, dès lors, des pathologies de l’hyperfonctionnement de soi conduisant à la rupture de soi lorsque l’individu, ne trouvant plus d’espace pour se mettre à distance, n’a plus d’autre recours qu’une déconnexion brutale pour briser un cercle infernal. L’apparition récente des suicides sur le lieu de travail est un des signes de la violence des temps hypermodernes.
The purpose of this paper is to show the relationships between the features of the hypermodern society and the types of pathologies associated to it. Globalization and the generalized economic flexibility coming with it, as well as a new relation to time based on urgency and immediateness, have led to a society demanding an extreme reactivity and a permanent adaptability. In this context « durable » relations between people have been replaced by « liquid » and ephemeral ones and, as a consequence, the relationship to oneself is focused on an obligation of surpassing of oneself and hyper-performance. Individuals should be in the « too much » for avoiding being in the « nothing » or the « void ». They should run quicker and quicker for avoiding being in the economic non existence, leading to the inexistence of oneself. Hypermodern pathologies are therefore those the hyper functioning of the self, leading to a breaking of the self. The individual does not find anymore a space for distancing him from the situation he has to cope with. Then he has only a possibility of brutal disconnection to break an infernal circle. The recent trend of suicides in the working places is a sign of the violence of hyper-modern times.
Keywords
pathology, excess, hypermodernism, emergency, immediate, instantaneousness, hyperfunctioning, depression, corrosion, exhaustion, violence