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Présentation

Ce dossier, coordonné par Céline Bryon-Portet et Daniel Keller, est consacré aux utopies caractéristiques qui traversent la modernité et la postmodernité, à partir d’essais théoriques ou d’études de cas empiriques. Les textes rassemblés ici privilégient la présentation de ce type d’utopies « pratiquées » ou « concrètes » chères à Jean Séguy et à Ernst Bloch, et dont nous pouvons relever la présence au sein de certaines technopoles, entreprises, institutions publiques, ONG, organisations religieuses et sociétés secrètes, mais aussi à travers des mouvements sociopolitiques, des pratiques culturelles ou professionnelles, des réseaux numériques, des dispositifs techniques ou encore des aménagements urbains… Ils questionnent leurs enjeux et leurs finalités, leurs acteurs et leurs outils, leurs principes fondateurs, leurs discours et leur image, leurs modes d’organisation et de communication…
La notion d’utopie a connu un formidable succès depuis 1516, date à laquelle Thomas More publia son célèbre ouvrage, dépeignant le gouvernement et le mode de vie des habitants d’une île imaginaire, baptisée Utopia. Nombreux furent les auteurs qui emboitèrent le pas de l’écrivain anglais et offrirent au public des récits décrivant des sociétés parfaites : Francis Bacon (La Nouvelle Atlantide), Tommaso Campanella (La Cité du Soleil), Étienne Cabet (Voyage en Icarie), et tant d’autres, se plurent ainsi à exploiter l’ambiguïté du néologisme forgé par More à partir du grec latinisé « u-topia », lequel renvoie autant à un « ou topos », c’est-à-dire un « lieu de nulle part » ou un « lieu qui n’existe pas », qu’à un « eu topos », un « lieu de bonheur ». Si bien que le mot « utopie » en vint à désigner, dans le langage courant, un idéal inaccessible, et qu’au regard de cette nature chimérique, il prit une connotation parfois négative.
La dimension utopique ne saurait donc s’épuiser dans le seul champ du rêve et de l’évasion, ce pour quoi nous préférons, pour notre part, utiliser l’adjectif « utopien » plutôt que le terme « utopique » chaque fois qu’il s’agit de qualifier un modèle de pensée et d’action alternatif, possédant une composante imaginaire mais ne revêtant pas nécessairement un caractère irréaliste. Le propre de l’utopie, en effet, n’est-il pas d’effectuer avant tout une contestation de l’existant, ainsi que le soulignait Karl Mannheim (1956), et à sa suite Paul Ricœur (1997), lesquels lui opposaient l’idéologie, soucieuse de maintenir l’ordre établi ? Les contributions de ce dossier montrent des facettes sensiblement différentes d’un même objet d’étude, attestent de l’incroyable diversité de l’utopie et contribueront sans doute à faire progresser l’état de la recherche autour de ce thème protéiforme.


Sommaire

Page 5 à 10

‪Les organisations utopiennes : du rêve à la réalité...‪

Dossier

Page 13 à 24

‪Les usagers des catacombes de Paris : société secrète et espace hétérotopique‪

Page 25 à 38

‪Concevoir et représenter l’utopie La diffusion du modèle des garden-cities en Grande-Bretagne, 1898-2015‪

Page 39 à 48

‪Au creux des villes, des utopies en actes. Le cas des lieux culturels intermédiaires‪

Page 49 à 60

‪Jeux de rôle néomédiévaliste et rhétorique de la démédiation : les procédés d’ouverture et de fermeture des hétérotopies goréennes dans Second Life

Page 61 à 72

‪L’utopie délibérative de la mouvance antinucléaire et les paradoxes de son expérimentation‪

Page 73 à 92

‪Valeurs olympiques et réseaux sociaux numériques : controverses et utopies‪

Page 93 à 106

‪Utopies documentaires : de l’indexation des connaissances à l’indexation des existences‪

Analyses

Page 109 à 124

‪Configuration du champ de la Communication Organisationnelle au Brésil : problématisation, possibilités et potentialités‪

Page 125 à 138

‪La communication transparente et participative des organisations : une lecture croisée des approches communicationnelles de l’École de Palo Alto et d’Habermas appliquée aux usages des médias sociaux numériques‪

Page 139 à 150

‪Les usages professionnels des TIC : des régulations à construire‪

Page 151 à 166

‪Affirmation des eurorégions en discours. Engagement dans l’apprentissage de la responsabilité‪

Page 167 à 184

‪Enjeux de la médiation comme révélateur de l’interprétation des enfants, en contexte muséologique‪

Page 185 à 196

‪Comportement de réclamation  : comment limiter le risque de rupture de la relation client-fournisseur ?‪

Page 197 à 210

‪Le « balanced scorecard » comme outil d’exploration textuelle d’une organisation : le cas de la mairie de Pessac‪

Compte-rendu

Page 213 à 214

La boîte à outils de la sécurité économique, Nicolas Moinet (dir.)‪

Éditions Dunod, 192 p. EAN 13 : 9782100728466. Prix 26,50 €.

Fiche technique

Communication & Organisation 2015/2 (n° 48). 232 pages.
ISSN : 1168-5549
ISSN en ligne : 1775-3546
Lien : <http://www.cairn.info/revue-communication-et-organisation-2015-2.htm>

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