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Comptabilité - Contrôle - Audit

2005/1 (Tome 11)


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Cet éditorial est centré sur le dilemme de la visibilité et la problématique du pluralisme mais il se veut d’abord un modeste hommage à notre collègue Yves Dupuy, qui a souhaité cesser ses fonctions de rédacteur en chef de CCA et que nous tenons à remercier pour son action efficace et lucide au sein du comité éditorial de la revue.

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Le dilemme de la visibilité qui frappe notre discipline a toujours été une préoccupation pour CCA puisque, dès sa création, l’ambition a été de prendre place, en tant que revue francophone, parmi les grandes revues académiques internationales. L’enjeu est considérable et le défi est d’autant plus important que CCA ne peut être ni « anglophobe », ni « hexagonale », comme cela a déjà été évoqué (voir l’éditorial du volume 2, tome 1, septembre 1995).

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Avons-nous atteint nos objectifs et que pouvons-nous faire pour y parvenir ?

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Il serait sans doute ambitieux et sûrement imprudent de tenter d’apporter des éléments de réponse et nous nous contenterons de proposer quelques observations.

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Il nous semble d’abord que la question de la visibilité devrait être envisagée dans sa globalité car parallèlement à l’aspect académique international (qui est évidemment décisif ), il importe de ne pas négliger notre visibilité auprès du monde professionnel et institutionnel.

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De ce point de vue, certains de nos travaux sont souvent mal connus du monde professionnel, ce qui est d’autant plus dommageable que nous sommes dans un champ disciplinaire qui a, parmi ses finalités, la production de connaissances permettant de mieux comprendre le management des organisations et, éventuellement, la prescription d’actions pour améliorer leur efficience.

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La visibilité de nos travaux auprès du monde professionnel suppose de le sensibiliser à la nécessité de la recherche.

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Le cas de la production des normes comptables internationales est, à cet égard, un bon exemple. Voilà un domaine où l’intégration des normes comptables internationales (IAS-IFRS) dans le corpus réglementaire européen a été décidée sans étude d’impact préalable et sans connaissance théorique et pratique des implications pour les préparateurs et les utilisateurs des états financiers, notamment les intervenants sur les marchés financiers.

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On pourrait penser que sur un sujet aussi essentiel les normalisateurs s’appuient sur ou recherchent une légitimation à partir des travaux issus du monde de la recherche comptable. Celle-ci a produit, en effet, des concepts et des théories qui fournissent des éléments de base robustes pour l’élaboration des normes. À la différence des États-Unis, il est rare qu’en France et plus largement en Europe, les autorités publiques fassent appel à la recherche dans nos domaines avant de prendre des décisions sur des sujets techniques.

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Dans cette perspective, la visibilité de nos travaux dépend, notamment, de la taille critique des équipes de recherches, des regroupements et des réseaux de chercheurs, de la focalisation sur des thèmes et de la valorisation sociale de la recherche.

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L’académie des sciences comptables et financières, créée récemment par la profession comptable, peut contribuer à cette valorisation en soutenant des projets de thèses et des actions de recherche.

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Ces remarques semblent justifier la coexistence, dans notre champ de recherche, de démarches plurielles et différentes telles que les approches empirico-analytique, historico-herméneutique, praxéologique et critique.

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On rejoint ici la question du pluralisme scientifique de notre revue.

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La recherche d’une plus grande visibilité de notre revue au plan international implique-t-elle une évolution de notre ligne éditoriale vers un type spécifique de recherche, rend-elle nécessaire une certaine spécialisation ?

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Nous ne le pensons pas, et cela pour plusieurs raisons.

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D’abord, pour maintenir deux ou trois numéros par an il faudrait disposer, dans tel ou tel type de recherche, d’un volume important de travaux de qualité permettant une sélection.

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Ensuite, il convient de distinguer la production des connaissances de leur diffusion. Sur ce dernier point, la revue gagnera en visibilité lorsque son recensement par une base internationale de données bibliographiques sera effectif. Cette visibilité internationale pourrait être également accrue par une augmentation significative de la longueur des résumés en anglais et l’ajout de résumés en espagnol.

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En ce qui concerne la nature des connaissances valorisées, la revue, depuis sa création, a toujours eu comme objectif de refléter la richesse thématique et méthodologique de la recherche comptable. Le bilan effectué pour le dixième anniversaire (éditorial de décembre 2004) en témoigne.

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Notre revue couvre, en fait, un spectre de thèmes qui font l’objet, dans le monde anglo-saxon, de publications dans de multiples revues dont la ligne éditoriale est spécialisée ; on citera notamment The Accounting Review ; Accounting, Organizations and Society ; Accounting, Auditing and Accountability ; Critical Perspectives on Accounting ; Journal of Management Accounting Research.

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CCA a, également, un niveau d’exigence qu’il convient sans cesse d’élever, aussi bien pour les articles qui lui sont soumis que pour le processus de leur révision anonyme.

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Les auteurs peuvent attendre légitimement de la part des réviseurs une lecture dans des délais raisonnables et des commentaires suffisamment nourris pour améliorer leur projet d’article ou mieux comprendre les raisons d’un refus de publication.

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Ouverture au pluralisme de la recherche en comptabilité, contrôle de gestion et audit et exigence en matière de rigueur scientifique, aussi bien argumentative que méthodologique, tels sont les buts que la revue s’était fixés lors de sa création et qu’elle a poursuivis depuis. Cette ambition initiale de CCA devrait, semble-t-il, rester notre objectif.

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En revanche, dans un univers de plus en plus contraignant où la notation joue un rôle croissant, la question de la visibilité internationale ne peut plus être ignorée par les revues académiques nationales. La poursuite des choix initiaux de la ligne éditoriale de CCA dans un tel contexte comporte un défi que notre communauté scientifique doit relever et surmonter.

Pour citer cet article

Hoarau Christian, Teller Robert, « Éditorial. Visibilité et pluralisme », Comptabilité - Contrôle - Audit, 1/2005 (Tome 11), p. 3-4.

URL : http://www.cairn.info/revue-comptabilite-controle-audit-2005-1-page-3.htm
DOI : 10.3917/cca.111.0003


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