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Comptabilité - Contrôle - Audit

2006/1 (Tome 12)


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Introduction

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Il est courant de considérer la comptabilité, le contrôle et l’audit comme faisant partie d’une même discipline académique. Cependant, nous remarquons ces dernières années une tendance générale vers la spécialisation dans l’un ou l’autre de ces champs (des orientations spécifiques dans les études universitaires, des enseignants et des chercheurs spécialisés, des publications dans des revues distinctes, etc.). Nous avons voulu vérifier cette tendance par l’étude de la structure disciplinaire de la recherche en « comptabilité, contrôle, audit » à travers une étude bibliométrique appliquée aux 191 articles paru s dans la revue « Comptabilité-Contrôle-Audit » depuis sa création en 1995 jusqu’à 2004.

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En effet, la bibliométrie constitue une méthode très utile pour mesurer la diffusion des connaissances dans les sciences. Elle est considérée actuellement comme une mesure « objective » de l’activité de la recherche et son utilisation comme outil d’évaluation dans le monde académique fait actuellement débat. L’usage de cette méthode pour rendre compte de la production scientifique pose, notamment, des problèmes spécifiques et requière beaucoup de précautions dans l’interprétation des résultats.

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L’objectif de notre étude consiste, en se basant sur l’outil bibliométrique, à dégager une structure des connaissances en comptabilité contrôle et audit : s’agit-il d’une même discipline contenant plusieurs spécialités qui partagent des connaissances communes ? Ou, sommes-nous en présence de trois disciplines indépendantes s’appuyant chacune sur une base de connaissances propre ?

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Après une présentation du concept de la connaissance et des techniques bibliométriques, la suite de la première partie est consacrée à une revue de littérature sur l’utilisation des techniques bibliométriques en comptabilité, contrôle et audit. La deuxième partie présente la méthodologie utilisée pour la collecte et l’analyse des données. Enfin, dans la dernière partie, nous discutons des indicateurs produits par l’étude bibliométrique. L’analyse des citations, à travers l’identification des travaux les plus influents, permet de repérer la possibilité d’un échange de connaissances entre les champs. L’analyse des co-citations à travers l’étude des relations intellectuelles entre les documents les plus cités nous permet d’examiner la structure de connaissances de la discipline.

1 - Revue de littérature

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Cette première partie a pour objectif d’expliquer comment les techniques bibliométriques permettent de repérer les connaissances et de présenter une classification des différentes utilisations possibles de cet outil dans la recherche en comptabilité, contrôle et audit.

1.1 - Repérer les connaissances grâce à des techniques bibliométriques

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Le développement et l’utilisation des connaissances dans toute discipline académique s’appuie essentiellement sur le partage des idées à travers les textes publiés dans les revues et ouvrages de recherche mais aussi dans les manuels et les journaux professionnels. Ainsi, la recherche dans le champ « comptabilité, contrôle, audit » dépend de la circulation d’informations à travers les publications de livres et d’articles de chercheurs spécialisés dans le domaine. Les avancées dans les technologies du « Traitement Automatique du Langage » ont permis le développement des méthodes bibliométriques, outils d’extraction de connaissances à partir de données textuelles. Ces méthodes permettent d’identifier, sélectionner, collecter, classer et synthétiser des volumes importants d’informations textuelles de façon automatique. Elles s’utilisent pour combler les lacunes dans l’exploitation de la dimension textuelle et visent à analyser et à extraire des éléments linguistiques, des relations et des règles à partir de documents. Les indicateurs bibliométriques peuvent ainsi éclaircir les questions sur la production et les flux de connaissances.

1.1.1 - Quelles connaissances ?

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Les connaissances peuvent être classées en deux catégories : les connaissances explicites (ou codifiées) et les connaissances tacites (Nonaka, 1994). Les premières sont transmissibles en langage systématique et formel. Il s’agit des savoirs du chercheur constitués d’éléments tangibles : les théories, les modèles, les bases de données ou encore les documents d’analyse et de synthèse. Les connaissances tacites, plus spécifiques et personnelles sont plus difficiles à formaliser et à transmettre. Il s’agit des savoir-faire constitués des éléments intangibles : aptitudes, logiques d’action individuelles et collectives non écrites, les connaissances de l’historique et des contextes (Grundstein, 1994). Les connaissances tacites étant difficilement identifiables, les recherches se sont focalisées sur la mesure de la production des connaissances explicites d’un champ de recherche disciplinaire. Garcia-Castrillo et Al. (2002) montrent toutefois la difficulté de quantifier ces connaissances. Selon eux, résoudre une telle question suppose d’analyser avec précision la production scientifique. Ceci est rendu possible par l’utilisation de techniques bibliométriques qui nécessitent la construction de bases de données importantes et l’exploitation de données statistiques variées.

1.1.2 - Quelles techniques ?

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La bibliométrie fournit des analyses quantitatives des savoirs scientifiques. Elle repose sur l’hypothèse générale selon laquelle le nombre de citations que reçoit un document (article ou livre par exemple) constitue une mesure objective de son impact sur la discipline (Brown et Gardner, 1985a). Virgo (1977) montre que les travaux jugés comme les plus importants, selon des indices qualitatifs, sont également les plus souvent cités. Garfield (1973) constate que chaque Prix Nobel en 1972 était dans les 0,1% des scientifiques les plus cités (c’est-à-dire que, par exemple, sur 10000 scientifiques cités, ils sont toujours classés parmi les 10 premiers). Cependant, nombre de chercheurs ont critiqué les techniques bibliométriques. Woodward et Hensen (1976) considèrent que les articles de revue de littérature ont tendance à être cités fréquemment. Garfield (1979) estime que des références peuvent être citées pour des raisons autres que leur impact. Certains auteurs ont tendance à se citer ou citer des collègues de laboratoire, en dépit d’un apport parfois limité. D’autres peuvent citer un document dans l’objectif de le critiquer : il s’agit du cas des « citations négatives ». Brown et Gardner (1985b) affirment, quant à eux, que la probabilité qu’un document soit cité augmente avec le temps. Au-delà de ces limites, de nombreux scientifiques considèrent la bibliométrie comme la mesure la plus objective qui existe pour repérer l’impact ou l’importance d’un travail de recherche. Les études bibliométriques utilisent des techniques très variées dont les plus importantes sont :

L’analyse des citations

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Cet outil bibliométrique permet de radiographier le champ et d’en obtenir, de manière inductive, une image de l’ensemble des citations. Cette analyse repose sur l’hypothèse que les auteurs citent des papiers considérés comme étant importants pour le développement de leurs recherches ce qui fait que les articles les plus cités seront considérés comme ayant une plus grande influence sur le sujet que ceux qui le sont moins (Culnan, 1986 ; Sharplin et Mabry, 1985).

L’analyse des co-citations

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Small et Griffith (1974) ont développé l’analyse des co-citations. Depuis, cette méthode est utilisée par les chercheurs pour examiner la structure des connaissances disciplinaires. Elle a été introduite en comptabilité par Gamble et O’Doherty (1985a, 1985b). Cette technique est fondée sur l’hypothèse qu’il existe une relation intellectuelle entre chaque paire de documents contenus dans une bibliographie. L’importance d’une relation de co-citation particulière réside dans la fréquence de son occurrence dans l’ensemble des bibliographies de l’échantillon.

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Compte tenu des apports des techniques bibliométriques pour repérer les connaissances explicites, elles ont été largement utilisées dans plusieurs disciplines : en médecine (Mc Millan et Hamilton, 2000), en urbanisme (Matthiessen et Al., 2001), en physique (Dieks et Chang, 1976), en économie ( Garcia-Castrillo et Al., 2002), en marketing (Hoffman et Holbrook, 1993 ; Pasadeos, 1985) ou encore en finance (Borokhovich et Al., 1994). Dans le champ « comptabilité, contrôle, audit », les études bibliométriques sont également nombreuses.

1.2 - Les études bibliométriques dans la recherche en comptabilité, contrôle, audit

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Les débats sur les modalités d’évaluation de la recherche ont placé les études bibliométriques au cœur des discussions (Brinn et al., 2000 ; Charreaux et Schatt, 2005 ; Doyle et al., 1996 ; Jones et al., 1996a et 1996b). En comptabilité, contrôle et audit, les recherches bibliométriques ont porté sur différentes revues (The Accounting Review, Strategic Management Review, Auditing : a Journal of Practice and Theory, etc.) et ont servi des objectifs différents. Nous avons constaté que ces recherches se différencient selon deux critères (figure 1) :

  • le niveau d’analyse : les études bibliométriques portent soit sur l’analyse des articles publiés, soit sur l’analyse des références citées. Le premier niveau contribue à caractériser la production scientifique tandis que le second permet d’identifier les facteurs influençant les connaissances mobilisées dans cette production ; [1][1] Cette distinction est due à Polanyi (La grande Transformation,...

  • le type de résultats obtenus : les recherches bibliométriques peuvent donner lieu à des mesures de fréquence et à des classements (résultats quantitatifs). Elles peuvent également produire des classifications (résultats qualitatifs). [2][2] Cité dans Brown et Gardner (1985b), p. 87.

Figure 1 - Typologie des études bibliométriques en comptabilité, contrôle et auditFigure 1

1.2.1 - La bibliométrie comme outil de mesure quantitative de l’influence

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Une première approche des outils bibliométriques consiste à mesurer l’impact d’un article, d’un auteur ou d’une revue sur le champ de recherche auquel il se rapporte à travers l’élaboration de divers classements. Cette influence peut être mesurée de façon statique, le classement étant une photographie à l’année N de l’impact de différentes recherches sur un champ donné, ou dynamique lorsque les auteurs tentent d’identifier l’évolution de cette influence dans le temps. Krogstad et Smith (2003) fournissent, par exemple, un classement des 29 articles publiés dans Auditing : A Journal of Practice and Theory à travers l’analyse de citations de 16 revues reconnues dans le domaine. Ils tentent ainsi d’évaluer l’ influence d’une revue sur un champ de connaissances. Pilkington et Liston-Heyes (1999) présentent quant à eux, les fréquences de citations des articles mais aussi des 42 revues les plus citées dans International Journal of Op e rations and Production Management entre 1994 et 1997. Dans ce cas, il s’agit de mesurer la contribution de plusieurs disciplines ou revues aux connaissances d’un domaine particulier. Smith et Krogstad (1984) ont appliqué une démarche identique à la revue Auditing : A Journal of Practice and Theory pour identifier les revues les plus influentes et les disciplines qui contribuent au développement de la recherche en audit. En 1988 et en 1991, ils cherchent à observer si ces résultats ont évolué en appliquant les mêmes techniques sur les derniers numéros parus. Brown et Gardner (1985a) mesurent la contribution de plusieurs revues et articles à la recherche en comptabilité, contrôle et audit produite pendant la période 1976-1982. Ils déterminent ainsi l’influence des quatre revues majeures du domaine [3][3] Les revues sont les suivantes : The Accounting Review,... en tenant compte de leur date de première parution. Plus qu’un classement statique, Brown et Gardner (1985a) permettent d’appréhender la dynamique d’influence de ces revues sur leur période de publication. C’est ainsi que plusieurs autres chercheurs ont opéré un découpage temporel de la période d’étude. Brown et al. (1987) scindent la période globalement étudiée en trois sous-périodes. Ceci leur permet d’identifier l’ évolution de l’impact de Accounting, Organizations and Society sur d’autres revues de sciences sociales [4][4] Les revues sont les suivantes : Accounting, Organizations.... En outre, Heck et Bremser (1986) différencient, selon quatre périodes, les contributions des auteurs qui ont publié dans The Accounting Review au cours des soixante premières années de la revue. Plus récemment, Ramos-Rodríguez et Ruíz-Navarro (2004) classent les 50 travaux ainsi que les 10 revues les plus cités dans la revue Strategic Management Journal entre 1980 et 2000. Ils divisent ensuite la période étudiée en trois sous-périodes afin d’analyser un éventuel changement dans les fréquences des citations.

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En croisant les résultats sur les recherches ou auteurs les plus influents avec d’autres niveaux d’analyse, il est possible de déterminer la contribution de ces niveaux au champ de recherche. Charreaux et Schatt (2005), à travers le recensement des références françaises dans les articles publiés en comptabilité et en contrôle de gestion dans les quatre revues françaises majeures [5][5] Les quatre revues sont les suivantes : Comptabilité-Contrôle-Audit,..., dressent un classement des auteurs les plus influents mais aussi des institutions de rattachement. Chung et al. (1992) établissent, quant à eux, un classement des 102 auteurs les plus cités dans 14 revues anglo-saxonnes de comptabilité [6][6] Les quatorze revues sont les suivantes : Abacus, Accounting... sur la période 1968-1988. En retraçant l’origine du doctorat des auteurs les plus prolifiques, ils concluent que sept programmes doctoraux forment plus d’un tiers de ces auteurs. Dans une note publiée dans The Accounting Review, Brown et Gardner (1985b) utilisent également l’analyse de citations pour évaluer les contributions des universités, des programmes doctoraux et des individus à la recherche en comptabilité, contrôle et audit. Ils se fondent sur les références citées dans les articles publiés par quatre revues [7][7] Les quatre revues sont les suivantes : The Accounting... entre 1976 et 1982. Plusieurs autres recherches évoquent d’ailleurs le lien entre les origines et appartenances universitaires et les publications dans diverses revues en comptabilité (Bazley et Nikolai, 1975 ; Gamble et O’Doherty, 1985 ; Heck et Bremser, 1986 ; Jacobs et al., 1986 ; Snowball, 1986 ; Weber et Stevenson, 1981 ; Williams, 1985).

1.2.2 - La bibliométrie comme outil de mesure de la concentration des publications

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Une autre utilisation des méthodes bibliométriques consiste à mesurer la concentration des contributions dans un champ donné (Chung et al., 1992) en utilisant l’indice de concentration des publications défini par la loi générale de Lotka [8][8] Lotka A.J. (1926), « The Frequency Distribution of.... Chung et al. (1992) concluent que la production de connaissances en comptabilité (telle que l’ensemble des revues testées peut la représenter) est moins concentrée qu’elle ne l’est dans les autres sciences. Néanmoins, The Accounting Review, Abacus et Journal of Accounting Research apparaissent comme les revues dans lesquelles la concentration est la plus forte, c’est-à-dire que l’on y retrouve plus fréquemment les mêmes auteurs que dans Journal of Accounting Education, Journal of Accounting Literature ou encore Journal of Accounting, Auditing and Finance.

1.2.3 - La bibliométrie comme outil d’aide à l’analyse qualitative de l’influence

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Afin de dépasser la simple mesure quantitative, certains auteurs complètent leurs données bibliométriques par des analyses qualitatives en étudiant le contenu des articles publiés. Les apports peuvent alors être de nature très variée. Mizruchi et Fein (1999) utilisent l’analyse de citations comme un outil de repérage du recours à l’article de DiMaggio et Powell [9][9] DiMaggio P.J. et Powell W. W. (1983), « The Iron Cage.... Ils introduisent une dimension qualitative en expliquant les raisons de l’utilisation de cette recherche. En effet, ils s’intéressent à la manière dont les trois formes d’isomorphisme identifiées par Di Maggio et Powell ont été respectivement reprises dans la littérature. Pour cela, l’analyse des bibliographies des articles publiés dans six revues américaines majeures [10][10] Les six revues sont les suivantes : American Sociological... entre 1984 et 1995 leur permet d’identifier 160 recherches citant le texte de DiMaggio et Powell. Ils constatent que les auteurs se référant à cette recherche, considérée comme un des textes fondateurs de la théorie néo-institutionnelle, retiennent principalement l’isomorphisme mimétique au détriment des mécanismes coercitifs et normatifs.

1.2.4 - La bibliométrie comme outil d’identification des structures de connaissance

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Un quatrième niveau d’utilisation de la bibliométrie en comptabilité, contrôle et audit consiste à identifier les structures de connaissance d’un champ déterminé en s’appuyant sur des techniques bibliométriques. Lord (1989) recourt à l’analyse de citations pour déterminer les recherches les plus influentes de l’approche behaviouriste en comptabilité. Il replace ensuite ces travaux dans une perspective historique pour expliquer le développement de ce courant. Snowball (1986) s’intéresse aux recherches qui portent sur le comportement des individus dans des simulations de prise de décision par rapport à des problématiques de gestion. Dans une première partie, l’auteur identifie ces travaux dans quatre revues. Il utilise ensuite l’analyse de citations pour déterminer l’impact de plusieurs disciplines, journaux, articles, auteurs et institutions sur le développement de ce champ entre 1964 et 1984.

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Boissin et al. (1999), adoptent l’analyse des co-citations pour définir la structure de la recherche francophone en stratégie. L’analyse des co-citations porte sur les 249 articles publiés entre 1990 et 1995 dans sept revues [11][11] Les sept revues sont les suivantes : Revue d’économie.... Cette première étape aboutit à l’identification de 34 réseaux de co-citations. En étudiant le contenu des recherches menées dans chaque réseau, les auteurs déterminent des réseaux de filiation externe au champ propre de la stratégie puis des réseaux qui ont contribué à la construction interne des fondements théoriques de la discipline et enfin des réseaux qui se rattachent à l’une des quatre thématiques traitées dans le domaine de la stratégie. Replacé dans une perspective historique, ce découpage permet de comprendre les différentes étapes qui ont conduit à la structure actuelle de la recherche francophone en stratégie. Ramos-Rodríguez et Ruíz-Navarro (2004) présentent également une « carte » de la structure des connaissances dans le domaine de la stratégie, telle qu’elle apparaît dans la revue Strategic Management Journal, sur la période 1980-2000 puis deux « cartes » représentant des sous-périodes afin d’en repérer l’évolution. Pilkington et Liston-Heyes (1999) concluent, pour leur part, à l’absence d’un champ disciplinaire distinct pour la recherche en gestion de la production : d’une part, les principales revues et les travaux les plus influents appartiennent à d’autres domaines, d’autre part, les articles spécifiques à ce champ se retrouvent dans des « groupes » de co-citations différents.

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Le positionnement dans la typologie proposée suppose des choix méthodologiques différents. Notre travail se situe au niveau de l’analyse des références citées et aboutit à des types de traitements et donc à des résultats différents : d’une part à des classements qui permettent des comparaisons quantitatives entre des ensembles de publications et d’autre part à des ensembles relationnels destinés à présenter une analyse qualitative des champs couverts par ces ensembles de publications.

2 - Méthodologie

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Dégager une structure objective des connaissances dans la discipline « comptabilité, contrôle, audit » oblige tout d’abord à restreindre celle-ci. C’est ainsi que nous avons limité notre étude à un échantillon français composé des articles parus dans la revue CCA sur une période de 10 ans. Ce choix est motivé par le fait que cette revue a été classée par le Centre national de la recherche scientifique comme meilleure revue française de la discipline.

2.1 - La base de données

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Un processus long et minutieux de collecte et d’exploitation de données a été engagé afin d’aboutir à la construction d’une base de données fiable. Les informations recueillies proviennent du dépouillement des 191 articles publiés dans CCA depuis sa création en 1995 jusqu’au dernier numéro paru au moment de l’élaboration de ce travail (numéro de juin 2004) [12][12] Il s’agit de 9 tomes (18 volumes) et 5 numéros spé.... Ce processus qui a nécessité une part importante du temps assigné à la préparation de cet article a été mis en œuvre en trois phases :

  • La conception d’une base de données sous Microsoft Access. Le schéma conceptuel de la base est composé de quatre tables (Article, Discipline, Revue et Document cité) interdépendantes.

  • La saisie des références bibliographiques des 191 articles de l’échantillon. Les études bibliométriques de revues anglo-saxonnes utilisent des bases de données prêtes qui permettent de fournir les citations d’articles de revues connues dans différentes disciplines. Les plus connues sont la SSCI (Social Science Citation Index), la GCI (Genetic Citation Index), la SCI (Science Citation Index) et la AHCI (Arts and Humanities Citation Index). Le non recensement par ces bases de citations des revues francophones coupe court à la facilité de saisie des informations de base, ce qui nous a amené à saisir les données bibliométriques. Les articles de CCA ont été classés selon leur appartenance aux champs de la comptabilité, du contrôle ou de l’audit. Quand un article touche à plus d’un champ, nous l’avons listé selon le thème qui semble donner le plus d’impact.

À l’issue de ces deux premières étapes, nous avons obtenu un fichier qui comporte 7231 références bibliographiques.

  • Enfin, la troisième phase a consisté à vérifier les données saisies en homogénéisant la saisie des références notamment les livres publiés en plusieurs éditions et à supprimer les redondances. L’objectif de notre recherche étant de vérifier s’il existe des bases communes de connaissances entre les champs de la comptabilité, du contrôle et de l’audit, nous avons estimé que les autocitations n’avaient pas d’incidence directe sur l’objet de la recherche. Nous avons donc choisi de ne pas les éliminer de la base [13][13] Par ailleurs, parmi les auteurs les plus cités, cinq.... Cette étape s’avère importante pour assurer la fiabilité des résultats issus de l’analyse de ces données.

2.2 - Les techniques d’analyse

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Afin d’exploiter la base de données, nous avons utilisé des requêtes SQL qui ont permis d’exploiter les données saisies, d’obtenir les résultats relatifs à l’analyse préliminaire des citations et de construire la matrice des co-citations.

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Les co-citations ont porté sur les références les plus citées dans chaque thème (comptabilité, contrôle et audit). Afin de faciliter l’analyse et améliorer la probabilité de son succès, nous n’avons retenu que les documents co-cités au moins quatre fois (Pilkington et Liston-Heyes, 1999). Ainsi, nous avons obtenu une matrice de co-citations (41 ? 41), dont un extrait est présenté dans le tableau 1. À l’intersection de la première colonne et de la troisième ligne, nous pouvons, par exemple, lire que Bouquin (1993) et Johnson et Kaplan (1987) ont été cités ensemble 9 fois dans les articles de notre échantillon. Les éléments de la diagonale sont calculés en prenant la somme des 3 plus grandes intersections pour chaque document et en la divisant par 2 afin de refléter l’importance d’un document particulier dans le champ. En choisissant ce calcul, nous avons adopté la procédure recommandée par White et Griffith (1981) et reprise par Pilkington et Liston-Heyes (1999).

Tableau 1 - Extrait de la matrice des co-citationsTableau 1
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Ensuite, une analyse factorielle avec rotation varimax a été effectuée sur la matrice à l’aide d’un logiciel d’analyse de données. L’analyse factorielle a permis de résumer la structure de corrélation des données décrites par plusieurs variables quantitatives, en identifiant des facteurs sous-jacents communs aux variables pouvant expliquer une part importante de la variabilité des données. La rotation orthogonale varimax permet de simplifier l’interprétation des facteurs en minimisant le nombre de variables qui ont des contributions élevées sur chaque facteur.

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L’objectif de ce traitement statistique est d’identifier une structure factorielle telle que pour chaque facteur, quelques variables aient des contributions élevées. Cet objectif est atteint en maximisant, pour un facteur donné, la variance des carrés des contributions parmi les variables, sous la contrainte que la variance de chaque variable soit conservée.

3 - Résultats

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Au delà d’un classement des recherches selon leur fréquence de citations, nous utilisons, dans cette partie, les potentialités permises par les analyses de citations et de co-citations pour fournir des éléments de réponse quant à l’existence d’une base commune de connaissances dans les recherches en comptabilité, en audit et en contrôle de gestion.

3.1 - L’analyse des citations

3.1.1 - Une analyse globale

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L’analyse de citations réalisée sur l’ensemble de la base constituée nous a permis d’identifier les trente travaux les plus cités sur les dix années de publication de la revue CCA (Tableau 2).

Tableau 2 - Classement des trente recherches les plus citées dans CCA (1995-2004)Tableau 2
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Les trois documents les plus cités sont donc des ouvrages de contrôle de gestion, les deux premiers étant du même auteur. Bouquin (1993) et Bouquin (1986) sont deux livres qui se complètent, l’un portant sur la comptabilité de gestion et l’autre replaçant le contrôle de gestion dans des problématiques plus larges de contrôle organisationnel. Si ces deux ouvrages sont destinés « aux étudiants en gestion ou praticiens » (Bouquin, 2000, p. 14), les apports méthodologiques et théoriques s’avèrent donc également particulièrement riches pour un travail de recherche. Il apparaît que parmi les trente documents les plus cités, dix-neuf sont des livres. La première référence qui ne soit pas un livre est l’article de Jensen et Meckling paru dans Journal of Financial Economics. Le classement de cette recherche, considérée comme le texte fondateur de la théorie de l’agence, révèle l’importance de cette théorie pour la recherche française en « comptabilité, contrôle, audit ».

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Outre des livres et des articles, deux thèses (Nikitin, 1992 et Zimnovitch, 1997) apparaissent parmi les trente recherches les plus citées. Les fréquences de citations de ces deux thèses ajoutées à l’ouvrage de Lemarchand (1992) témoignent de leur contribution au développement récent de l’histoire de la comptabilité.

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Sur les 7231 références recensées, 3873 sont des articles parus dans des revues. Plus d’un quart de ces références sont issues de quatre revues (tableau 3) : The Accounting Review, Journal of Accounting Research, Journal of Accounting and Economics et Accounting, Organizations and Society. Plusieurs recherches ont déjà mis en évidence leur contribution à la recherche en « comptabilité, contrôle, audit » (Brown et Gardner, 1985a, Smith et Krogstad, 1984, 1988, 1991). La plupart des études bibliométriques incluent d’ailleurs ces revues dans leur étude considérant qu’elles sont représentatives du domaine comptable au sens large (Bricker, 1988, 1989 ; Chung et al., 1992 ; Dyckman et Zeff, 1984 ; Smith et Krogstad, 2003). Certaines portent même exclusivement sur celles-ci (Brown et Gardner,1985a, 1985b ; Brown et al., 1989 ; Merchant et al., 2003). Si ces résultats sont conformes aux études réalisées dans d’autres contextes, la place des revues françaises est néanmoins à souligner puisque les trois revues majeures (Comptabilité-Contrôle-Audit, la Revue française de comptabilité et la Revue française de gestion) représentent 11 % du nombre total de références.

Tableau 3 - Classement des revues les plus citées dans CCA (1995-2004)Tableau 3
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L’interprétation de l’ensemble de ces résultats est toutefois soumise à précaution compte tenu du déséquilibre entre le nombre d’articles en comptabilité, en contrôle de gestion et en audit (respectivement 78, 88 et 23). Des analyses par discipline nous permettent de limiter ce biais.

3.1.2 - Une analyse par champ

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L’identification initiale du champ des articles de l’échantillon, nous a permis d’extraire des résultats bibliométriques spécifiques à la comptabilité, au contrôle et à l’audit. L’analyse de ces résultats permet de donner une première réponse à la question posée dans le cadre de ce travail.

Tableau 4 - Classement des dix recherches les plus citées en comptabilité, en contrôle et en audit[14][14] Daley et Vigeland (1983), Dhaliwal et al. (1982) et...Tableau 4
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Le tableau 4 met tout d’abord en évidence les travaux les plus influents dans chaque discipline. À l’exception de l’article de Jensen et Meckling qui est à la fois influent en comptabilité et en audit, il apparaît qu’aucune autre recherche n’a eu un impact majeur sur plusieurs champs à la fois. En effet, les dix recherches les plus citées dans chaque champ sont différentes les unes des autres. Ainsi, chaque champ de recherche développe, à priori, une base de connaissances qui lui est propre et qui est fortement influencée par des auteurs comme Bouquin, Anthony, Lorino, Johnson et Kaplan en contrôle ; Colasse, Watts et Zimmerman en comptabilité ; De Angelo, Gonthier, Jensen et Meckling en audit. Cependant, il apparaît que certains auteurs influents dans le champ de l’audit le sont aussi en contrôle (Ouchi et Williamson [15][15] Ouchi (1979), cité huit fois et Williamson (1985),...) et en comptabilité (Jensen et Meckling, De Angelo, Watts et Zimmerman). Nous pouvons, alors, conclure que les chercheurs en audit ont recours fréquemment à des connaissances issues des champs de la comptabilité ou du contrôle. Smith et Krogstad (1991) identifient les articles les plus cités dans la revue Auditing : A Journal of Practice and Theory. Il apparaît dans cette étude que les travaux les plus cités sont spécifiques au champ de l’audit. Cet élément contribue à caractériser la maturité de la discipline dans le contexte anglo-saxon alors que nos résultats laissent supposer que l’audit est encore en phase de développement dans le contexte français.

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Le second constat émanant de ces résultats est que les dix références les plus citées en contrôle sont des ouvrages. Globalement, plus d’un tiers des références citées dans les références en contrôle sont des livres. La sollicitation régulière de certains ouvrages dans les articles de recherche s’explique souvent par leur contenu conceptuel (Bouquin, 1986 ; Anthony, 1965, 1988 ; Cyert et March, 1963 ; Crozier et Friedberg, 1977). Dans les dix travaux les plus cités en comptabilité, nous dénombrons sept articles et seulement trois livres. Parmi eux, Lemarchand (1993) et Watts et Zimmerman (1986), de part leur teneur respectivement historique et théorique s’adressent principalement aux chercheurs. Colasse (1993) propose à la fois un contenu technique accessible aux étudiants et praticiens et des fondements théoriques mobilisés par les chercheurs. Il faut noter que les livres ne représentent qu’un quart des citations des articles de comptabilité. Ceci peut s’expliquer par le fait que les aspects techniques de la comptabilité font l’objet de nombreux manuels à destination des enseignants et étudiants mais que peu d’entre eux disposent d’un véritable contenu académique. Nous pensons aussi que cette disparité entre les deux champs est due au caractère plus récent de la recherche en contrôle, ce qui favorise le recours fréquent à des livres de concepts pour appuyer la démarche de recherche.

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En ce qui concerne les références citées dans les articles d’audit, il apparaît également que les revues constituent la principale source. Les livres ne représentent qu’un cinquième du nombre total de citations et sont principalement des livres de contrôle, de comptabilité ou de méthodologie.

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Les différences observables dans les classements des revues les plus citées (Tableau 5) démontrent, en outre, des disparités dans les contributions de chaque revue à chaque champ. On note l’apparition de revues propres à chaque champ : Journal of Business, Finance and Accounting en comptabilité ; Harvard Business Review, Journal of Management Accounting Research et Management Accounting Review en contrôle ; Auditing : A Journal of Practice and Theory et Journal of Accounting Auditing and Finance en audit. Le classement réalisé dans le champ de l’audit permet une comparaison avec les résultats de Krogstad et Smith (2003) pour qui The Journal of Accounting Research apparaît comme la revue la plus influente sur les publications de la revue Auditing : A Journal of Practice and Theory. On remarque aussi la prépondérance de la revue Journal of Accounting and Economics en comptabilité ce qui témoigne de l’influence de la théorie positive sur la recherche française en comptabilité.

Tableau 5 - Classement des revues les plus citées en Comptabilité, en Contrôle et en AuditTableau 5
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Nous pouvons également mentionner l’influence notable des revues françaises sur la recherche en comptabilité (RFC et CCA) et en contrôle (RFG, CCA et RFC). Cependant, les articles en audit se réfèrent principalement à des revues anglo-saxonnes [16][16] Absence de revues françaises dans les revues les plus..., ce qui confirme le caractère récent de la recherche en audit en France.

3.2 - L’analyse des co-citations

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L’analyse factorielle des données de co-citations nous permet de déterminer quels documents peuvent être groupés et partagent donc un élément commun. Le résultat est présenté en figure 2. Il s’agit de la représentation du nuage des variables issu de l’analyse factorielle. Deux facteurs sont présentés et ils expliquent ensemble plus de 80% de la variance totale de la matrice de corrélation. Pour l’interprétation de ces axes factoriels, nous avons uniquement retenu les variables dont le score factoriel est supérieur à 0.4, comme il est d’usage pour ce type d’analyse. Ainsi, les variables qui sont situées autour du centre du plan factoriel ne sont pas significatives pour l’interprétation des résultats. Le reste est nettement dispersé en trois groupes. Le premier (en haut, à droite) est composé de références en comptabilité. Il est représentatif de l’axe F1. Le deuxième (en bas) est exclusivement formé de références en contrôle. Il permet d’interpréter l’axe F2. Enfin, le troisième groupe (en haut, à gauche) contient des références citées en audit. Ces références peuvent être interprétées selon les deux axes. En conclusion, il est clair que la recherche en comptabilité et en contrôle se réfèrent à des bases de connaissances différentes. La recherche en audit renvoie à des connaissances propres à la discipline mais se base également sur des savoirs issus de la comptabilité et/ou du contrôle. Il s’agit d’une discipline de recherche émergente qui fait référence fréquemment à des recherches issues des deux autres champs.

Figure 2 - Résultat de l’analyse factorielle de la matrice des co-citations(1),(2),(3)Figure 2

Variables après rotation Varimax (axes F1 et F2 : 71,79 %)

(1) Watts et Zimmerman (1978), DeAngelo et al (1994), Zmijewski et Hagerman (1981), Watts et Zimmerman (1986), Bowen et Al (1981), Jensen et Meckling (1976), Healy (1985), Dhaliwal et Al (1982), DeAngelo (1981), Daley et Vigeland (1983), Jones (1991).

(2) Ouchi (1980), Anthony (1988), Mintzberg (1979), Bouquin (1986), Cyert et March (1963), Anthony (1965), Chandler (1977), Lorino (1997), Ouchi (1979), Crozier et Friedberg (1977), Bouquin (1994), Lorino (1995).

(3) Libby (1979), Gonthier (1996), Holt et Moizer (1990), Houghton (1983).

39

L’analyse du troisième axe factoriel [17][17] Le plan factoriel qui contient l’axe 3 n’est pas présenté... offre une piste intéressante même s’il est moins représentatif que les deux premiers axes. En effet, ce facteur est expliqué surtout par les recherches de Zimnovitch (1997), Lemarchand (1993) et Nikitin (1992). Il s’agit de recherches en histoire de la comptabilité et du contrôle.

Conclusion

40

Les analyses de citations et de co-citations réalisées sur les dix années de publication de la revue CCA, nous ont permis de conclure que les recherches en comptabilité et en contrôle se réfèrent à des bases de connaissances différentes, alors que la recherche en audit, même si elle commence à développer une structure intellectuelle propre au champ, partage encore des connaissances communes avec la comptabilité et le contrôle. Nous avons aussi repéré les recherches les plus influentes ainsi que quelques différences notables dans la structure de connaissance de chaque champ de recherche. Cette recherche permet aussi de retracer avec précision toute la démarche méthodologique d’une étude bibliométrique réalisée à l’aide d’outils que nous avons développés à cet effet.

41

Par ailleurs, même si la bibliométrie prend en compte des aspects quantitatifs de la production scientifique, attractifs par leur précision et leur objectivité apparente, il est à noter que le caractère réductionniste d’une telle approche suscite de nombreuses critiques. En effet, la matière première des publications étant l’information textuelle, l’application des comptages et des statistiques comme seules méthodes paraît largement insuffisante.

42

Des utilisations plus pointues des analyses de citations et co-citations suggérées restent à essayer dans le cadre de recherches futures. Les potentialités de cet outil bibliométrique et de la base de données produite, sont en effet loin d’avoir été épuisées. Une étude qui tient compte d’un échantillon d’articles et de revues plus important permettrait de mieux cerner la structure de connaissances de la recherche en comptabilité, contrôle et audit. Enfin, la prise en compte dans l’analyse du contenu des références citées permettrait d’identifier les réseaux de filiation théorique à l’intérieur et entre les champs.


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Notes

[1]

Cette distinction est due à Polanyi (La grande Transformation, Gallimard, Paris, 1983).

[2]

Cité dans Brown et Gardner (1985b), p. 87.

[3]

Les revues sont les suivantes : The Accounting Review, Journal of Accounting and Economics, Accounting, Organizations and Society, Journal of Accounting Research.

[4]

Les revues sont les suivantes : Accounting, Organizations and Society ; Journal of Accounting Research, The Accounting Review.

[5]

Les quatre revues sont les suivantes : Comptabilité-Contrôle-Audit, Finance-Contrôle-Stratégie, Revue française de gestion et sciences de gestion, Économies et sociétés.

[6]

Les quatorze revues sont les suivantes : Abacus, Accounting and Business Research, Accounting, Organizations and Society, The Accounting Review, Auditing : A Journal of Practice and Theory, Contemporary Accounting Research, International Journal of Accounting Education and Research, Journal of Accounting, Auditing and Finance, Journal of Accounting and Economics, Journal of Accounting Education, Journal of Accounting Literature, Journal of Accounting and Public Policy, Journal of Accounting Research, Journal of Business, Finance and Accounting.

[7]

Les quatre revues sont les suivantes : The Accounting Review, Journal of Accounting Research, Journal of Accounting and Economics, Accounting, Organizations and Society.

[8]

Lotka A.J. (1926), « The Frequency Distribution of Scientific Productivity », Journal of the Washington Academy of Sciences, juin.

[9]

DiMaggio P.J. et Powell W. W. (1983), « The Iron Cage Revisited : Institutional Isomorphism and Collective Rationality in Organizational Fields », American Sociological Review, vol. 48, p. 147-160

[10]

Les six revues sont les suivantes : American Sociological Review, American Journal of Sociology, Social Forces, Administrative Science Quarterly, Academy of Management Review et Organization Science.

[11]

Les sept revues sont les suivantes : Revue d’économie industrielle, Revue française de gestion, Gestion 2000, Économie et société, série « Sciences de gestion », Revue internationale de gestion, Revue internationale PME et perspective en management stratégique.

[12]

Il s’agit de 9 tomes (18 volumes) et 5 numéros spéciaux.

[13]

Par ailleurs, parmi les auteurs les plus cités, cinq seulement ont publié dans CCA pendant la période étudiée d’où l’impact mineur des autocitations.

[14]

Daley et Vigeland (1983), Dhaliwal et al. (1982) et Zmijewski et Hagerman (1981) sont également cités six fois dans les articles de comptabilité.

[15]

Ouchi (1979), cité huit fois et Williamson (1985), cité quatre fois, n’apparaissent pas dans le tableau 4 compte tenu des critère s retenus.

[16]

Absence de revues françaises dans les revues les plus citées en audit (tableau 5).

[17]

Le plan factoriel qui contient l’axe 3 n’est pas présenté ici à cause de sa significativité limitée, mais nous restons à disposition des lecteurs pour fournir tous les résultats issus de l’analyse factorielle.

Résumé

Français

Dans cet article, nous présentons les premiers résultats de l’étude bibliométrique de 7231 références citées dans 191 articles publiés dans la revue Comptabilité-Contrôle-Audit entre 1995 et 2004. Des analyses de citations et de co-citations ont été menées afin de dégager une structure objective des connaissances de la recherche en comptabilité, contrôle et audit.

Mots-clés

  • connaissances
  • comptabilité
  • contrôle
  • audit
  • bibliométrie

English

In this paper, we present the first results of a bibliometric analysis of 7231 references cited in 191 articles published in the « Comptabilité-Contrôle-Audit » French review between 1995 and 2004. Citation and co-citation techniques are used to draw a knowledge structure of the accounting research.

Keywords

  • knowledge
  • accounting
  • bibliometry

Plan de l'article

  1. Introduction
  2. 1 - Revue de littérature
    1. 1.1 - Repérer les connaissances grâce à des techniques bibliométriques
      1. 1.1.1 - Quelles connaissances ?
      2. 1.1.2 - Quelles techniques ?
        1. L’analyse des citations
        2. L’analyse des co-citations
    2. 1.2 - Les études bibliométriques dans la recherche en comptabilité, contrôle, audit
      1. 1.2.1 - La bibliométrie comme outil de mesure quantitative de l’influence
      2. 1.2.2 - La bibliométrie comme outil de mesure de la concentration des publications
      3. 1.2.3 - La bibliométrie comme outil d’aide à l’analyse qualitative de l’influence
      4. 1.2.4 - La bibliométrie comme outil d’identification des structures de connaissance
  3. 2 - Méthodologie
    1. 2.1 - La base de données
    2. 2.2 - Les techniques d’analyse
  4. 3 - Résultats
    1. 3.1 - L’analyse des citations
      1. 3.1.1 - Une analyse globale
      2. 3.1.2 - Une analyse par champ
    2. 3.2 - L’analyse des co-citations
  5. Conclusion

Pour citer cet article

Chtioui Tawhid, Soulerot Marion, « Quelle structure des connaissances dans la recherche française en comptabilité, contrôle et audit ? Une étude bibliométrique de la revue CCA sur la période 1995-2004 », Comptabilité - Contrôle - Audit, 1/2006 (Tome 12), p. 7-25.

URL : http://www.cairn.info/revue-comptabilite-controle-audit-2006-1-page-7.htm
DOI : 10.3917/cca.121.0007


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