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Comptabilité - Contrôle - Audit

2006/2 (Tome 12)


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Introduction

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Il est de plus en plus fréquemment demandé aux entreprises de diffuser des informations non financières dans le but de mieux décrire les caractéristiques de leur performance (Boulton et al., 2000 ; Depoers, 2000 ; Norton, 2000 ; Eccles et al., 2001 ; Lev, 2001). Mathews (1993, p. 64) définit ce processus comme étant : « la diffusion volontaire par les organisations, des informations, qualitatives et quantitatives, pour informer ou influencer les parties intéressées. La diffusion d’informations quantitatives peut être en des termes financiers ou non financiers ». [1][1] Dans un rapport spécial, le FASB fournit d’autres définitions... Par ailleurs, il est souvent reproché aux informations financières de n’être pas toujours adaptées au contexte, d’être résolument tournées vers le passé et de n’éclairer que très partiellement les investisseurs sur les performances futures des entreprises.

2

La communication externe d’informations non financières a aussi été encouragée par l’adoption d’outils d’évaluation des performances internes qui intègrent des mesures plus qualitatives comme le Balanced Scorecard (Kaplan et Norton, 1996 ; Lacroix et Zambon, 2002 ; Poincelot et Wegmann, 2005). En fait, les investisseurs attendent maintenant du rapport d’activité une plus grande ouverture sur les informations utilisées par l’entreprise dans le cadre de la définition et de la mise en œuvre de sa stratégie (Eccles et al., 2001).

3

Comme pour d’autres entreprises européennes, il est demandé aux entreprises françaises de publier dans leur rapport annuel, non seulement les principaux résultats comptables, mais aussi des informations non financières. Cependant, la nature de ces informations et l’importance que leur accordent les entreprises pourraient être influencées par plusieurs facteurs. Ainsi, les destinataires de ces informations, les principaux partenaires des entreprises, mais aussi les concurrents des entreprises peuvent orienter leur comportement en matière de communication d’informations non financières. Selon les résultats d’études antérieures (Zeghal et Ahmed, 1990 ; Bowen et al., 1995 ; Patten, 2005), il semble même que le pouvoir exercé soit d’intensité différente selon la nature des partenaires. Les partenaires financiers et les instituts normalisateurs resteraient ainsi les parties les plus influentes.

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De ce fait, l’objectif de notre recherche est de contribuer à expliquer, à la lumière des théories des parties prenantes et de la légitimité, les perceptions des entreprises françaises en matière de diffusion d’informations non financières. En s’appuyant sur une enquête auprès d’un échantillon de 51 entreprises issu des 250 plus grandes entreprises françaises cotées en bourse (SBF 250) [2][2] 51 questionnaires ont été retournés complets sur 247..., nous avons cherché, d’une part à recenser les principaux types d’informations non financières diffusées par ces entreprises et d’autre part, à souligner l’influence des parties prenantes et du phénomène de mimétisme sur ces informations. Cette enquête constitue la deuxième étape d’un projet initié antérieurement avec une étude exploratoire conduite sur les pratiques des entreprises du CAC 40 dans leurs rapports d’activité (Decock-Good et al., 2004). Par ailleurs, nous nous intéressons ici à la totalité de la communication financière des entreprises, et pas seulement aux informations contenues dans les rapports d’activité annuels.

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Nous serons conduits à avancer des propositions tirées de la revue de la littérature qui seront ensuite évaluées à l’aide des résultats d’une enquête réalisée auprès d’entreprises cotées en bourse.

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La revue de la littérature fondant notre enquête est présentée dans la partie suivante. Les autres parties s’intéressent respectivement à la méthodologie suivie, à l’analyse des résultats et aux conclusions.

1 - Revue de la littérature

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Nous avons dans un premier temps déterminé pour notre questionnaire la liste des principaux types d’informations non financières utilisées par les entreprises ainsi que la liste des parties prenantes susceptibles d’influencer la diffusion de ce types d’informations.

8

Notre recherche s’appuie sur la théorie de la légitimité et la théorie des parties prenantes dans le but d’expliquer la diffusion des informations non financières dans les rapports annuels.

1.1 - Les principaux thèmes de la communication d’informations non financières

9

En dépit de sa diversité, la diffusion d’informations non financières peut contribuer à l’image de l’entreprise (Agle et Caldwell, 1999). À titre d’exemple, les entreprises qui suivent les recommandations environnementales envoient un signal sur leur engagement vis-à-vis de l’environnement naturel. Les informations non financières peuvent ainsi apporter un éclairage sur l’entreprise, sur ses valeurs et sur ses orientations. Mais la communication de ces informations reste également cruciale pour les tiers ayant des décisions à prendre vis-à-vis de l’entreprise (Jones et Murell, 2001). La décision pour un individu de travailler ou non dans une entreprise pourrait être ainsi influencée par l’idée qu’il se forge sur la manière qu’a l’entreprise de traiter ses employés (Johnson et Greening, 1999 ; Turban et Greening, 1997). La décision pour un investisseur d’investir ou non dans une entreprise dépend également des informations qu’il détient sur les difficultés qu’elle a connues (Frooman, 1997).

10

Notre première étude avait pour objectif de décrire et d’analyser de manière détaillée l’information non financière communiquée dans les rapports annuels des entreprises du CAC 40 (Decock-Good et al., 2004). L’analyse de contenu des rapports annuels nous a ainsi permis de distinguer onze thèmes généralement traités (cf. tableau 1).

Tableau 1 - Principaux thèmes utilisés dans la diffusion d’informations non financièresTableau 1
11

Cette sélection conforte des études antérieures sur l’analyse de la diffusion d’informations par les entreprises (Pelle-Culpin, 1998 ; Michaïlesco, 1999 ; Depoers, 2000 ; Decock-Good, 2002 ; Oxibar, 2003; Quairel, 2004 ; Pourtier, 2004).

1.2 - Les parties prenantes pouvant influencer la diffusion d’informations non financières

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Le concept de partie prenante est ancien. Il a été défini par plusieurs auteurs dans la littérature (cf. tableau 2).

Tableau 2 - Les définitions de parties prenantes[3][3] Cité par Freeman (1984, p. 31).Tableau 2
13

Dès 1997, Mitchell et al. ont proposé plusieurs critères d’identification des parties prenantes, dont l’un d’entre eux est le pouvoir que ces groupes exercent sur l’entreprise. Il peut ainsi s’agir d’un pouvoir coercitif (la force, la contrainte ou la violence), d’un pouvoir matériel (ressources physiques ou financières) ou d’un pouvoir normatif (symbolique). La dimension du pouvoir est également présente dans l’analyse de Pfeffer et Salancik (1978), reprise par Frooman (1999), Gioia (1999) ainsi que par Martinet et Reynaud (2001). De même, selon Norman et McDonald (2004), toutes les entreprises sont dépendantes de groupes externes. En contrepartie, ces groupes ont des attentes qui constituent une partie du pouvoir qu’ils exercent sur l’entreprise [4][4] Il y a dépendance lorsque les « fournisseurs de ressources.... En outre, Walsh (2005), s’appuyant sur les travaux de Freeman (1984), souligne qu’une entreprise peut céder à l’une de ses parties prenantes si cette dernière influence sa survie.

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En se fondant sur ces études, nous avons constitué une liste des douze parties prenantes qui nous semblent influentes (cf. tableau 3).

Tableau 3 - Liste des douze parties prenantes retenuesTableau 3
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D’où la formulation de notre proposition de recherche P1 suivante : P1 : Il existe une relation entre les différentes parties prenantes et les thèmes abordés dans la communication financière des entreprises cotées.

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Cette première proposition soulève inévitablement des interrogations quant aux rôles joués par chacun des groupes de pressions. Nous proposons de nous concentrer sur un groupe jouant a priori un rôle majeur : les instituts normalisateurs. Ils restent en effet en charge de la définition d’un cadre conceptuel comptable dans lequel sont énoncés les objectifs des états financiers à travers un environnement organisé, pertinent, cohérent et stable. Le pouvoir normatif qu’ils exercent ainsi pourrait influencer fortement les entreprises dans leur communication d’informations non financières.

1.3 - La position des instituts normalisateurs en matière d’informations non financières

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Selon Neu et al. (1998), les partenaires financiers et les régulateurs sont considérés comme les parties prenantes les plus importantes de l’entreprise. La littérature comptable note que ces parties prenantes sont supposées être les premières utilisatrices des rapports d’activité (Zeghal et Ahmed, 1990 ; Bowen et al., 1995). De même, les informations non financières donnent aux investisseurs privés et institutionnels une vision à plus long terme de leurs stratégies d’investissement. Il en résulte que les autorités de supervision des marchés boursiers sont devenues des organismes pionniers dans la promotion de la communication des informations non financières.

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Pour les États-Unis, Patten (2005) souligne qu’en l’absence de demandes supplémentaires ou d’obligations formulées par la SEC (Securities and Exchange Commission), il semble en général peu probable que les entreprises améliorent la qualité de leur communication non financière (voir aussi Adams et Harte, 2000). Par exemple, la valeur des actifs intangibles n’est généralement pas inscrite au bilan en raison de difficultés inhérentes à leur évaluation (Casta et Colasse, 2001). De ce fait, et compte tenu de l’incomplétude de ces données, le FASB (Financial Accounting Standard Board) a créé un groupe de travail sur « la diffusion d’informations sur les actifs intangibles non reconnus dans les états financiers » (FASB, 2001). Ce projet a démarré en janvier 2002 et se poursuit. Son objectif est d’établir des normes afin d’améliorer la communication des informations sur les actifs intangibles qui ne sont pas reconnus dans les états financiers.

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De la même manière, en Europe, la question s’est trouvée posée avec les normes comptables de l’IASB, applicables au 1er janvier 2005 [5][5] Rappelons que l’Europe a délégué son système de normalisation.... On demande aujourd’hui aux normes comptables de favoriser une meilleure prise de décision pour l’investisseur et de réserver une place aux informations non financières.

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Cependant, les états financiers selon les IFRS, ne fournissent pas d’informations complètes. Or, compte tenu de l’importance des éléments non financiers dans les entreprises actuelles et de l’importance de la diffusion d’informations pour une optimisation d’allocation des ressources, il n’est pas surprenant que les normalisateurs comptables soient particulièrement préoccupés par ces problématiques (Walliser, 2001 ; Amir et al., 2003 ; Lev et al., 2002; Bessieux-Ollier et al., 2005).

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Nous pouvons donc nous attendre à voir les normalisateurs comptables jouer un rôle moteur dans la diffusion d’informations non financières. D’où la formulation d’une seconde proposition P2 :

22

P2 : Les principaux groupes perçus par les entreprises cotées comme influençant la diffusion d’informations non financières sont les normalisateurs comptables.

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Le dernier aspect que nous proposons d’aborder est la recherche de légitimité et l’effet de mimétisme dans la diffusion d’informations non financières.

1.4 - La recherche de légitimité à travers la diffusion d’informations non financières

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S’appuyant sur la théorie de la légitimité, Guthrie et Parker (1989) affirment que les entreprises diffusent des informations en réaction aux pressions environnementales et dans le but de légitimer leur existence. Pour leur part, Belkaoui et Karpik (1989) soulignent que les entreprises de certains secteurs d’activité peuvent choisir de communiquer des informations non financières dans le but de réduire ou bien d’ajuster leur visibilité politique. Deegan et Rankin (1996) ainsi que Brown et Deegan (1998) utilisent la théorie de la légitimité pour expliquer les changements systématiques dans les pratiques de diffusion de l’information environnementale dans les rapports annuels. Les résultats de leur étude ont montré que les entreprises australiennes augmentaient de façon significative la diffusion d’informations environnementales en fonction des médias et de l’opinion publique sur ces questions. Meznar et Nigh (1995), quant à eux, expliquent que les entreprises cherchent activement à atteindre et à dépasser les exigences réglementaires de leur secteur d’activité en les anticipant et en s’adaptant progressivement.

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L’ensemble de ces travaux se fondent sur l’idée selon laquelle il existe une forme d’isomorphisme qui peut résulter à la fois de pressions formelles et informelles exercées sur l’entreprise par des concurrents ou des acteurs dont elle est dépendante, mais aussi de contraintes culturelles liées à la société dans laquelle elle évolue (DiMaggio et Powell, 1983). Il y aurait notamment un effet d’imitation entre les entreprises dans la communication des informations non financières.

26

Nous sommes donc conduits à formuler la troisième proposition suivante :

27

P3 : Les entreprises cotées fondent leur communication sur des thèmes identiques à ceux abordés par les autres entreprises du même secteur.

28

Dans la partie suivante nous nous proposons de confronter nos propositions aux résultats d’une enquête réalisée sur les entreprises du SBF 250.

2 - Méthodologie et principaux résultats

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Afin d’apporter des réponses à nos propositions, nous avons conduit une enquête par questionnaire avec envoi postal aux entreprises françaises cotées au SBF 250. Ce questionnaire porte principalement sur les cibles et les thèmes de la communication des informations non financières, ainsi que sur les parties prenantes pouvant influencer cette communication (cf. annexe 1). Le questionnaire a été élaboré en s’inspirant d’enquêtes du même type provenant de la revue de la littérature ci-dessus et de l’analyse de contenu des rapports d’activité des entreprises du CAC 40 (Decock-Good et al., 2004). Le premier envoi a eu lieu en juin 2004, suivi d’une relance en juillet et en août de la même année. Au total, les 247 entreprises de cette liste du SBF 250 ayant leur siège social en France ont été contactées et 51 questionnaires ont été retournés complets (taux de réponse de 20,65 %) [6][6] Nous pouvons considérer les questionnaires reçus comme.... Les répondants sont très largement des personnes appartenant à la fonction gestion-finance (parmi les répondants, il y a 36,6 % de directeurs financiers, 26,8 % de services chargés des relations avec les investisseurs, 24,4 % de services communication et 12,2 % de membres de la direction générale).

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Les entreprises des répondants ont un chiffre d’affaires moyen de 11,47 milliards d’Euro, des effectifs qui sont en moyenne de 65 127 employés et elles se partagent à peu près à égalité entre industrie (58,3 %) et services (41,7 %). Les sociétés de notre échantillon sont principalement des sociétés mères (90,2 %), mais il y a également des filiales (9,8 %). L’actionnariat est partagé en moyenne entre actionnariat institutionnel (36,2 %), actionnariat familial (26,6 %), actionnariat individuel (12,4 %) et autre (24,8 %).

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En vue d’une meilleure lecture des résultats, nous les présenterons dans l’ordre suivant : ceux de la proposition 2, puis ceux de la proposition 1 et enfin ceux de la proposition 3.

2.1 - Les cibles de la communication financière : les parties prenantes

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Le tableau 4 ci-dessous donne les résultats concernant les principales cibles de la communication d’informations non financières identifiées précédemment (cf. tableau 3) [7][7] Les différents traitements statistiques ont été effectués.... Les répondants ont été invités à exprimer le degré d’importance accordé aux douze cibles recensées en donnant une note sur une échelle de Likert à cinq points (avec 1 = pas important jusqu’à 5 = très important). Une analyse factorielle a aussi été conduite sur ces variables. La liste des parties prenantes retenues apparaît comme pertinente. En effet, l’item concernant les « autres catégories des parties prenantes » figurant dans notre questionnaire n’a été choisi que par deux répondants sur les 51, et a obtenu la moyenne la plus faible [8][8] Les différents tests sur ces variables figurent en....

Tableau 4 - Les cibles de la communication financière (moyenne des notes de 1 à 5 et corrélations entre cibles et facteurs)Tableau 4
33

D’après nos résultats et sur la base des moyennes calculées pour chaque cible, les actionnaires actuels ou potentiels semblent être les principaux destinataires de la communication non financière. Les écarts-types montrent cependant de fortes disparités dans les réponses.

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L’ordre d’importance des variables d’après la moyenne nous permet donc de répondre à notre deuxième proposition (P2 : Les principaux groupes perçus par les entreprises comme influençant la diffusion d’informations non financières sont les normalisateurs comptables). Les normalisateurs comptables n’occupent que la deuxième place selon ce critère et ne peuvent donc pas être considérés comme la plus importante cible de la communication financière (cf. tableau 4 – moyenne 4,04). Cependant, ils sont seulement devancés par le groupe des actionnaires potentiels (cf. tableau 4 – moyenne : 4,20). Ce résultat en faveur des actionnaires est conforme aux principaux constats de la littérature (Rockness et Williams, 1988 ; Harte, Lewis et Owen, 1991 ; Perks et al., 1992 ; Roberts, 1992 ; Epstein et Freedman, 1994). Par exemple, Hassel et al. (2005) indiquent que les investisseurs s’intéressent aux informations non financières et que le rôle des instituts de normalisation est de les satisfaire en incitant les entreprises à communiquer dans ce sens.

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Ce résultat reste toutefois à nuancer dans la mesure où les institutions de normalisation ne constituent qu’une partie d’un groupe plus large mis en évidence par l’analyse factorielle comprenant aussi d’autres institutions telles que les pouvoirs publics, la société civile et les collectivités locales (voir facteur 1 ci-dessous).

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Des corrélations fortes et significatives existent entre ces différentes cibles. Une analyse factorielle en composantes principales a été conduite sur toutes ces variables afin de synthétiser l’information et de pouvoir mieux identifier des corrélations significatives [9][9] Les différentes analyses factorielles ont été faites.... Cette analyse factorielle significative aboutit dans le tableau 4 à distinguer cinq populations types (ou groupes de variables, qui expliquent 75 % des valeurs propres) [10][10] Indice KMO et test de Bartlett : Mesure de précision... :

  • Facteur n° 1 : l’environnement réglementaire (les comités de normalisation, les pouvoirs publics, la société civile et les collectivités locales). La moyenne des quatre variables composant ce facteur s’établit à 3,15 et le situe en cinquième position selon ce critère.

  • Facteur n° 2 : les partenaires directs de l’entreprise (les employés et les clients). La moyenne des deux variables composant ce facteur s’établit à 3,31 et le situe en quatrième position selon ce critère.

  • Facteur n° 3 : les actionnaires prédominants (les actionnaires majoritaires et le conseil d’administration). La moyenne des deux variables composant ce facteur s’établit à 3,98 et le situe en deuxième position selon ce critère.

  • Facteur n° 4 : les investisseurs potentiels (actionnaires potentiels et médias). La moyenne des deux variables composant ce facteur s’établit à 4,02 et le situe en première position selon ce critère.

  • Facteur n° 5 : les actionnaires individuels. La moyenne des cette variable composant ce facteur s’établit à 3,57 et le situe en troisième position selon ce critère.

Ce constat est conforme aux résultats d’autres recherches sur le sujet. Par exemple, Carroll (2000) distingue deux classes de groupes, il s’agit des groupes primaires (l’environnement réglementaire, les partenaires directs de l’entreprise et les actionnaires prédominants) et des groupes secondaires (les médias et les partenaires sociétaux). De même, l’étude de Henriques et Sadorsky (1999) montre des résultats similaires avec un groupe concernant les actionnaires individuels.

37

Dans cette étude, il s’avère donc que le rôle des institutions publiques dans la diffusion des informations non financières est moins important qu’envisagé. En revanche, le groupe des actionnaires potentiels et des médias influence en premier cette communication.

2.2 - Les thèmes de la communication non financière

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Les thèmes de la communication non financière ont été sélectionnés précédemment (cf. tableau 1). Le tableau 5 ci-dessous indique, selon les mêmes principes (échelle de Likert à 5 points), l’ordre d’importance, pour les répondants, des différents types d’informations diffusées [11][11] Les différents tests sur ces variables figurent en....

Tableau 5 - Les thèmes de la communication financière (moyenne des notes de 1 à 5 et corrélations entre thèmes et facteurs)Tableau 5
39

Les thèmes d’actualité se retrouvent en tête de ce classement, sauf en ce qui concerne le développement durable. Les relations avec les actionnaires et la stratégie semblent des thèmes importants, de même que celui du mode de gouvernance. Cette liste semble trouver une légitimité, puisque la ligne concernant les autres thèmes possibles n’a pas été renseignée par aucun des 51 répondants.

40

Une analyse factorielle conduite sur ces variables aboutit à distinguer trois thèmes principaux (ou groupes de variables, qui expliquent 56,8 % des valeurs propres) [12][12] Indice KMO et test de Bartlett : Mesure de précision... :

  • Facteur 1 : l’activité (les clients, les produits, les concurrents et les parts de marché) ;

  • Facteur 2 : le mode de management (la gouvernance, la stratégie, la R&D et le management des risques) ;

  • Facteur 3 : les partenaires du développement (les actionnaires et les ressources humaines).

La moyenne des variables composant chaque facteur est sensiblement la même, ce qui signifie que chaque facteur a la même importance selon ce critère (voir bas du tableau 5). Nous pouvons observer des résultats similaires dans les travaux français de Pelle-Culpin (1998) et européens de Roberts (1991). D’autres recherches anglo-saxonnes vont dans le même sens (Gray et al., 1995; Hackston et Milnes, 1996).

41

Pour répondre à la proposition P1 (P1 : Il existe une relation entre les différentes catégories de parties prenantes et les sujets abordés dans la communication financière des entreprises cotées), nous avons étudié avec le tableau 6 les corrélations entre les différents groupes des parties prenantes identifiées dans le tableau 4 et les groupes de thèmes de la communication non financière du tableau 5.

Tableau 6 - Relations entre les groupes des parties prenantes et groupes des thèmes[13][13] Le détail des résultats et tests se trouve en annexe... (Corrélation bivariée de Pearson et niveau de signification)(**),(*)Tableau 6

(**) : La corrélation est significative au niveau p < 0.01.

(*) : La corrélation est significative au niveau p < 0.05.

42

D’après ce tableau 6, les thèmes qui subissent l’influence des parties prenantes sont :

  • le thème de l’activité (clients, produits et part de marché), qui est influencé par l’environnement réglementaire (les comités de normalisation, les pouvoirs publics, la société civile et les collectivités locales) et par les partenaires directs de l’entreprise (employés et clients) ;

  • le thème du mode de management (la gouvernance, la stratégie, la R&D et le management des risques), qui est influencé par les actionnaires individuels ;

  • le thème des partenaires du développement (les actionnaires et les ressources humaines), qui est influencé par l’environnement réglementaire (les comités de normalisation, les pouvoirs publics, la société civile et les collectivités locales) et les actionnaires individuels.

Cela laisse conclure que les thèmes mis en évidence dans cette étude sont influencés par certains groupes spécifiques de parties prenantes. Par conséquent, la proposition 1 se trouve confortée pour les trois groupes de thèmes (l’activité, le mode de management et les partenaires de développement) car ils sont influencés par trois parties prenantes : les partenaires directs de l’entreprise, les actionnaires individuels et l’environnement réglementaire. Ces résultats confortent ceux observés dans d’autres études, notamment anglo-saxonnes, qui mettent en évidence différentes catégories de parties prenantes. Par exemple, Epstein et Freedmann (1994) soulignent l’importance de l’influence des actionnaires individuels. Cette catégorie d’acteurs est réputée avoir des revendications en matière de diffusion d’informations (Zampa et McCormick, 1994). De même, les travaux de Marx (1992) mettent en évidence que les employés sont les cibles de diffusion d’informations. Enfin, Hassel et al. (2005) mentionnent également le rôle des institutions de normalisation.

43

Cependant, nos résultats ne montrent pas de corrélation significative entre d’une part les investisseurs potentiels et les actionnaires prédominants, et d’autre part les différents thèmes de la communication. Ce dernier constat peut surprendre. En fait, il faut considérer que les actionnaires prédominants n’ont pas ici d’influence, car nous nous intéressons au contenu de la communication externe. Il n’en reste pas moins que leur influence est sans doute très importante en amont au niveau du contenu des informations à diffuser. Par ailleurs, leurs sources d’information spécifiques empruntent sans doute d’autres canaux que la communication externe. Mais notre étude n’est pas en mesure de mesurer ce type d’influence ou ce type de lien privilégié avec les sources d’informations de l’entreprise.

2.3 - L’effet de mimétisme

44

Le troisième aspect abordé est celui de l’effet de mimétisme. L’isomorphisme mimétique peut provenir de l’incertitude qui encourage l’imitation. Quand les technologies industrielles et les objectifs sont peu compris, ou que l’environnement est incertain, les organisations peuvent prendre modèle sur les autres organisations, qui constituent elles-mêmes d’autres groupes de parties prenantes. Cet effet de mimétisme s’inscrit plus largement dans le cadre d’une recherche de légitimité. Ce thème est largement abordé dans la littérature (Oliver, 1991 ; Lindblom, 1994 ; Suchman, 1995 ; Quairel, 2004). Comme le mentionnent d’ailleurs Capron et Quairel-Lanoizelé (2004), si les entreprises sont en quête de confiance et de légitimité, la diffusion d’information peut relever du mimétisme. Christophe (2000) souligne également que les stratégies de mimétisme, en matière la diffusion d’informations, sont largement présentes et qu’il reste difficile pour les entreprises de ne pas imiter celles qui innovent en la matière.

45

D’après la même liste de thèmes (cf. tableau 1) et selon le même principe de notation, nous avons interrogé les répondants sur les thèmes utilisés principalement par les entreprises concurrentes de leur secteur d’activité afin de répondre à la proposition 3 (P3 : Les entreprises cotées fondent leur communication sur des sujets identiques à ceux abordés par les autres concurrents du même secteur).

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Le tableau 7 ci-dessous montre le classement obtenu pour les thèmes abordés par les entreprises concurrentes de celles des répondants, avec également les corrélations et les seuils de signification. Le classement obtenu est sensiblement le même que celui du tableau 5 précédent, ce qui peut déjà laisser supposer l’existence de liens entre la communication financière d’une entreprise et celle de ses concurrents.

Tableau 7 - Classement des thèmes utilisés par les concurrents et corrélations entre thèmes utilisés par les entreprises des répondants et leurs concurrents[14][14] Le détail des résultats et tests se trouve en annexe... (Corrélation bivariée de Pearson et niveau de signification)(**),(*)Tableau 7

(**) : La corrélation est significative au niveau p < 0,01 (bilatérale).

(*) : La corrélation est significative au niveau p < 0,05 (bilatérale).

47

Selon les résultats du tableau 7, il existe bien un effet de mimétisme entre les entreprises, attesté par les corrélations significatives entre les thèmes traités par les répondants et leurs concurrents. Il est intéressant de constater que quel que soit le thème diffusé, un effet de mimétisme s’opère en matière de diffusion d’informations. Nos résultats confirment les travaux de Gibbins et al. (1990), qui évoquent les motivations pour une entreprise à adopter un comportement isomorphe aux autres. Cela renforce sa légitimité auprès des différentes parties prenantes, évite les désapprobations des clients, des fournisseurs, du public, etc. Les facteurs conduisant au mimétisme montrent donc la congruence des valeurs de l’entreprise avec celles des autres (Dowling et Pfeffer, 1975 ; Richardson, 1987 ; Oliver, 1991; Lindblom, 1994).

Conclusion

48

La perception des entreprises cotées en bourse en matière de diffusion d’informations non financières présente une variété importante de cibles et de thèmes que nous avons essayé d’identifier avec une enquête portant sur les entreprises du SBF 250. Nous avons pu mettre en évidence des cibles de communication multiples, mais avec des priorités aux actionnaires et aux comités de normalisation. Les thèmes de communication sont surtout orientés vers la stratégie, les actionnaires, la gouvernance et les produits. Cependant, d’autres travaux qualitatifs pourraient être menés sur la nature des influences des parties prenantes. D’une part des études cliniques approfondies pourraient fournir des renseignements complémentaires. D’autre part, d’autres champs théoriques, comme ceux de la communication, pourraient être mobilisés pour apporter d’autres éclairages. Ainsi, Pourtier (2004) souligne les différents facteurs interférant dans la publication d’informations volontaires dont les informations non financières. De même, Quairel (2004) indique comment certaines informations, notamment sociales et environnementales, s’inscrivent dans une stratégie de communication.

49

Les réponses de notre échantillon ont pu aussi permettre d’appuyer pleinement notre proposition P3 sur l’effet de mimétisme. Nous avons ainsi montré que les thèmes de la communication sur les informations non financières sont liés à ceux des concurrents. Ce résultat est conforme aux principes de la théorie de la légitimité. Les entreprises se développent en imitant d’autres entreprises : les managers et les organisations tendent à se conformer aux croyances et aux cultures socialement reconnues (DiMaggio et Powell, 1983 ; Meyer et Rowan, 1991). En outre, nos résultats sont conformes aux conclusions de l’étude récente de Cormier et al. (2005). Ces auteurs soulignent en effet que pour une organisation, le moyen le plus sûr permettant de justifier ses actions et ses pratiques, est d’imiter les pratiques des autres organisations concurrentes dominantes. Nous avons pu également apporter des réponses à notre proposition P1. Les trois groupes de thèmes (l’activité, le mode de management et les partenaires de développement) sont influencés par trois parties prenantes (l’environnement réglementaire, les partenaires directs de l’entreprise et les actionnaires individuels). Il convient néanmoins de noter que le thème du développement durable n’est pas retenu. Ce résultat contrarie ceux de Neu et al. (1998) qui concernent l’Amérique du Nord. Enfin, nos résultats n’abondent pas complètement dans le sens de la proposition 2. Certes, les comités de normalisation comptable influencent la diffusion des informations non financières dans les entreprises françaises, mais de manière moins importante que les actionnaires potentiels et les médias. Ces résultats sont conformes à ceux de Hassel et al. (2005) qui soutiennent que les investisseurs s’intéressent aux informations non financières et que le rôle des instituts de normalisation est de les satisfaire en incitant les entreprises à communiquer dans ce sens.

50

Il reste que nos résultats s’appuient sur un échantillon de 51 entreprises. Des études complémentaires sur un nombre plus important d’entreprises ou concernant des entreprises étrangères seraient riches d’enseignements supplémentaires. L’introduction d’autres concepts pouvant expliquer la communication financière serait aussi pertinente, comme la distinction utile entre obligation légale ou offre volontaire d’informations (Depoers, 2000). Également, des facteurs comme le contexte historique, la taille ou le type d’actionnariat mériteraient des investigations supplémentaires (Owusu Ansah, 1997). Enfin, nous devons souligner que notre recherche vise avant tout à défricher un terrain relativement vierge en France sur les informations non financières contenues dans la communication des entreprises. D’autres travaux qualitatifs pourraient également être menés sur la nature des influences des parties prenantes. Cette enquête constitue un premier pas vers une meilleure appréhension de la nature de ces informations et des facteurs qui peuvent la justifier, à un moment où la demande des diverses parties prenantes à cet égard est de plus en plus forte.


Annexe

Annexe 1 - QUESTIONNAIRE

51

1 – Votre entreprise est :

La maison mère d’un groupe

_

La filiale d’un groupe

_

52

2 – La répartition de votre actionnariat est environ la suivante (en pourcentage) :

Actionnariat familial ……………………………………..%

Actionnariat institutionnel ……………………………..%

Actionnariat individuel ………………………………….%

Autre…………………………………………………………..%

53

3 – Votre fonction est :

54

4 – Votre secteur d’activité est :

55

5 – Votre chiffre d’affaires est d’ environ ……………………. millions d’euros

56

6 – L’effectif de votre entité cotée en bourse est de environ ……………………… salariés

57

7 – Quelles sont les cibles de votre communication financière ? (entourez les réponses qui conviennent – une réponse par ligne)

58

8 – Dans le cadre de votre communication financière, quelle importance attribue votre entreprise aux thèmes suivants :

59

9 – En matière de communication financière, quels sont les principaux thèmes utilisés par les entreprises de votre secteur d’activité ?

Annexe 2 - Statistiques descriptives et tests sur les variables concernant les cibles de la communication financière (cf. tableau 4)

Annexe 3 - Statistiques descriptives et tests sur les variables concernant les thèmes de la communication financière (cf. tableau 5)

Annexe 4 - Corrélations bivariées de Pearson et tests sur les facteurs concernant les relations entre les groupes des parties prenantes et les groupes des thèmes de la communication financière (cf. tableau 6)

Annexe 5 - Statistiques descriptives et tests sur les variables concernant les thèmes de la communication financière des concurrents (cf. tableau 7)


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Notes

[*]

Cette étude a bénéficié du soutien financier de la société SAS pour l’administration des questionnaires.

[1]

Dans un rapport spécial, le FASB fournit d’autres définitions complémentaires : « la communication d’informations et d’indicateurs non financiers inclut des indices, des ratios, des comptes et d’autres informations qui ne figurent pas dans les états financiers de base. Le reporting financier inclut les états financiers de base et les commentaires les concernant. Le reporting de gestion englobe des informations générales fournies par les différents services de l’entreprise, ces informations incluent des données sur la gestion, des données fournies par les rapports annuels, des présentations pour les analystes, des données comptables et des données de gestion fournies par les sites web des entreprises ».

[2]

51 questionnaires ont été retournés complets sur 247 entreprises contactées (taux de réponse : 20,65 %).

[3]

Cité par Freeman (1984, p. 31).

[4]

Il y a dépendance lorsque les « fournisseurs de ressources » sont concentrés, ont la capacité d’exercer une forme de contrôle, ne sont pas mobiles, ne sont pas substituables, ou lorsque la relation est indispensable.

[5]

Rappelons que l’Europe a délégué son système de normalisation comptable avec tout ce que cela peut comprendre comme limites (Colasse, 2003).

[6]

Nous pouvons considérer les questionnaires reçus comme représentatifs, dans la mesure où les plus grandes entreprises du SBF 250 ont répondu. Les données sur l’échantillon montrent que les entreprises répondantes identifiables (50 entreprises sur 51 au total) représentent :

  • une capitalisation boursière de 43,6 % par rapport à toutes les entreprises de SBF 250 (au cours du 13 juin 2006) ;

  • un chiffre d’affaires représentant 48,1 % du chiffre d’affaires total des entreprises du SBF 250 pour l’année 2005.

Pour des raisons de confidentialité et pour assurer un bon taux de réponse, nous nous sommes engagés à ne pas divulguer le nom des entreprises ayant répondu.

[7]

Les différents traitements statistiques ont été effectués sur SPSS Version 11.5.1.

[8]

Les différents tests sur ces variables figurent en annexe 2.

[9]

Les différentes analyses factorielles ont été faites en composantes principales, avec analyse par matrice des corrélations, par extraction pour les valeurs propres supérieures à 1, avec un maximum de 25 itérations pour converger, une rotation par Varimax, avec des valeurs manquantes remplacées par la moyenne.

[10]

Indice KMO et test de Bartlett : Mesure de précision de l’échantillonnage de Kaiser-Meyer-Olkin = 0,694 (supérieur au seuil d’utilité de l’analyse factorielle de 0,5) ; Test de sphéricité de Bartlett (Khi-deux approximé = 204,295 ; ddl = 66; Signification de Bartlett = 0,000 – seuil de signification inférieur à 0,05 justifiant la pertinence de l’analyse factorielle).

[11]

Les différents tests sur ces variables figurent en annexe 3.

[12]

Indice KMO et test de Bartlett : Mesure de précision de l’échantillonnage de Kaiser-Meyer-Olkin = 0,637 (supérieur au seuil d’utilité de l’analyse factorielle de 0,5) ; Test de sphéricité de Bartlett (Khi-deux approximé = 143,340 ; ddl = 55; Signification de Bartlett = 0,000 – seuil de signification inférieur à 0,05 justifiant la pertinence de l’analyse factorielle).

[13]

Le détail des résultats et tests se trouve en annexe 4. Nous avons choisi la corrélation de Pearson afin d’être cohérent avec la nature des données initiales (échelles de Likert sur données quantitatives) et avec le choix de l’utilisation de l’analyse en composantes principales.

[14]

Le détail des résultats et tests se trouve en annexe 5. Nous avons choisi la corrélation de Pearson afin d’être cohérent avec la nature des données initiales (échelles de Likert sur données quantitatives) et avec le choix de l’utilisation de l’analyse en composantes principales.

Résumé

Français

L’information diffusée dans les rapports d’activité devient un enjeu de communication de plus en plus important. Les recherches conduites sur le sujet soulignent notamment que les informations non financières diffusées par les entreprises cotées en bourse sont utiles pour prévoir les performances financières futures. À partir d’une enquête par questionnaire auprès des entreprises françaises cotées au SBF 250, cet article analyse d’abord dans quelle mesure les partenaires des entreprises influencent la nature des informations non financières qu’elles communiquent. Ensuite, les résultats montrent que parmi les partenaires des entreprises, les actionnaires potentiels, les médias, les normalisateurs comptables, mais aussi les pouvoirs publics, la société civile et les collectivités locales, sont les groupes ayant une influence importante sur le choix des informations diffusées. Enfin, s’agissant des informations non financières choisis d’être diffusées, un effet de mimétisme entre les entreprises est observé.

Mots-clés

  • information non financière
  • bourse
  • parties prenantes

English

Information disclosed in the financial statements seems to become more important. Academic studies support that non-financial performance measures are interesting in predicting future financial performance. Based on the results of a postal survey, this paper firstly investigates to what extent stakeholders influence the choice of non-financial information disclosed by companies. Secondly, results show that shareholders, media and regulatory stakeholders (standard-setting bodies, the regulatory and local authorities) are the main groups influencing non-financial disclosure. Finally, a mimetic effect is demonstrated between the companies which base their financial communication on identical topics.

Keywords

  • non financial information
  • stock exchange
  • stakeholders

Plan de l'article

  1. Introduction
  2. 1 - Revue de la littérature
    1. 1.1 - Les principaux thèmes de la communication d’informations non financières
    2. 1.2 - Les parties prenantes pouvant influencer la diffusion d’informations non financières
    3. 1.3 - La position des instituts normalisateurs en matière d’informations non financières
    4. 1.4 - La recherche de légitimité à travers la diffusion d’informations non financières
  3. 2 - Méthodologie et principaux résultats
    1. 2.1 - Les cibles de la communication financière : les parties prenantes
    2. 2.2 - Les thèmes de la communication non financière
    3. 2.3 - L’effet de mimétisme
  4. Conclusion

Pour citer cet article

Cauvin Éric, Decock-Good Christel, Bescos Pierre-Laurent, « La perception des entreprises françaises en matière de diffusion d'informations non financières : une enquête par questionnaire », Comptabilité - Contrôle - Audit, 2/2006 (Tome 12), p. 117-142.

URL : http://www.cairn.info/revue-comptabilite-controle-audit-2006-2-page-117.htm
DOI : 10.3917/cca.122.0117


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