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Comptabilité - Contrôle - Audit

2006/2 (Tome 12)


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Introduction

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L’étude des publications volontaires d’informations financières a suscité l’intérêt de plusieurs chercheurs durant ces dernières années. La communication financière couvre un champ d’informations très large. Plus particulièrement, les publications volontaires, définies comme l’émission d’informations non prévues par la loi et la réglementation comptables [1]  Pourtier (2004) définit les publications volontaires... [1] , revêtent plusieurs composantes dont les résultats comptables. Face aux insuffisances des publications de résultats réglementées, le recours par les dirigeants français aux publications volontaires est devenu une condition sine qua non pour une évaluation régulière et constamment réactualisée de la valeur de l’entreprise. Les dirigeants français peuvent annoncer volontairement leurs résultats selon les deux modalités suivantes :

  • Les publications trimestrielles de résultats

  • Les publications prévisionnelles de résultats, incluant les prévisions des dirigeants et les annonces provisoires de résultats (profit warnings).

En France, les entreprises cotées sont dans l’obligation de diffuser leurs comptes annuels et semestriels. Cependant, les comptes trimestriels ne sont pas requis par la réglementation comptable. Les entreprises cotées doivent communiquer uniquement leurs chiffres d’affaires trimestriels. Les annonces provisoires de résultats et les prévisions managériales représentent des estimations des performances futures de l’entreprise, et donc, de résultats non encore réalisés (Kothari 2001). Les prévisions de résultats sont souvent publiées avant la fin de l’année fiscale tandis que les annonces provisoires sont généralement publiées après la clôture de l’exercice fiscal et avant que les résultats ne soient formellement publiés.

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Les premiers travaux ayant étudié la question de la publication volontaire en France, initiés par Depoers (2000), se sont focalisés sur l’offre d’informations volontaires incluses dans des supports obligatoires (les rapports annuels). Nous proposons ici de revisiter le thème de la publication volontaire en choisissant d’étudier le cas particulier des annonces volontaires des résultats comptables. La publication des résultats constitue une faible proportion de l’information financière globale fournie par les entreprises cotées. Elle contribue néanmoins à enrichir l’information financière, essentiellement composée d’éléments comptables. La composante « résultat » est un élément indispensable permettant aux différentes parties prenantes de juger la performance financière de l’entreprise. Par opposition aux conclusions auxquelles a abouti Pourtier (2001) relatives à un contenu informationnel faible des informations comptables, les résultats comptables ont un contenu informationnel significatif. Ils sont considérés comme étant l’assise sur laquelle repose les prévisions des analystes financiers et les anticipations des investisseurs (Gajewski et Quéré, 2001).

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Le cas français nous a paru un terrain d’investigation intéressant en raison de son environnement de gouvernement d’entreprise et de l’étendue des publications volontaires des résultats. La structure de propriété de la majorité des entreprises françaises est concentrée. Alors que la séparation de la propriété et du contrôle caractérise la majorité des entreprises américaines et anglaises, les entreprises françaises cotées sont pour la plupart contrôlées par des familles ou des individus. L’étude du contexte français nous permet d’étudier le thème de la publication volontaire dans un cadre différent de celui des États-Unis. En effet, la France fait partie des pays de droit codifié dans lesquels la protection des intérêts des minoritaires est faible (La Porta et al., 1999). En conséquence, la séparation de la propriété et du contrôle des droits de vote fait naître des conflits d’agence entre actionnaires minoritaires et majoritaires. Cette forme de conflits est beaucoup moins présente dans les pays anglo-saxons.

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La théorie positive de l’agence de Jensen et Meckling (1976) présente un cadre qui associe la décision de publication au gouvernement d’entreprise. Elle souligne, de ce fait, l’intérêt de l’étude des relations entre les publications volontaires des résultats comptables et les mécanismes de contrôle des dirigeants. Nous retenons ici les mécanismes disciplinaires qui résultent d’une volonté affichée des actionnaires pour contrôler les dirigeants. Nous citons : la structure de propriété (McKinnon et Dalimunthe, 1993 ; Chau et Gray, 2002 ; Ho et Wong, 2001 ; Raffournier, 1995) ; la proportion des investisseurs institutionnels dans le capital (Bushee et Noe, 2000 ; Elgazzar, 1998 ; Healy et al. 1999 ; Chen et Jaggi, 2000) ; la proportion des administrateurs externes dans le conseil (Mak et Li, 2001 ; Forker, 1992 ; Chen et Jaggi, 2000 ; Eng et Mak, 2003), la présence d’une structure de dualité dans le conseil (Ho et Wong, 2001) ; la taille du conseil et la rémunération des dirigeants par stock-options (Klassen et Mawani, 2000 ; Nagar et al. 2003; Miller et Piotroski, 2000).

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L’objectif de cette étude est de montrer l’existence de relations entre les mécanismes de contrôle des dirigeants et la décision de la publication volontaire sur un marché caractérisé par une forte concentration de l’actionnariat. Les résultats de l’étude montrent que les entreprises françaises contrôlées par un actionnaire majoritaire ne sont pas enclines à publier volontairement leurs résultats. Cet argument tend à s’atténuer lorsque des investisseurs institutionnels étrangers détiennent une partie du capital. Les résultats montrent également que les publications trimestrielles sont principalement liées à la cotation sur les marchés américains sur lesquels elle devient obligatoire. Les annonces prévisionnelles sont associées positivement à la rémunération des dirigeants par stock-options et à l’appartenance au secteur des hautes technologies. Enfin, il apparaît que les dirigeants ont occasionnellement recours à la publication volontaire afin d’informer le marché de leurs bonnes performances et de bénéficier de l’amélioration des cours boursiers.

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Cet article est organisé comme suit : la deuxième section illustre la littérature reliant la publication volontaire aux mécanismes de gouvernement d’entreprise. La littérature relative aux caractéristiques des entreprises émettrices d’informations volontaires est présentée dans la troisième section. La quatrième section présente l’échantillon et la méthodologie utilisée, suivis des résultats et discussions. La dernière section conclut l’étude.

2 - Les publications volontaires et les mécanismes de gouvernement d’entreprise

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Défini par Charreaux comme « l’ensemble des mécanismes organisationnels qui ont pour effet de délimiter les pouvoirs et d’influencer les décisions des dirigeants, autrement dit, qui « gouvernent » leur conduite et définissent leur espace discrétionnaire », le gouvernement des entreprises a pour principal objectif la maximisation de la création de valeur en réduisant les conflits d’agence, notamment grâce à une meilleure surveillance.

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En théorie, l’impact des mécanismes de contrôle internes sur les publications d’informations financières peut être complémentaire ou substitutif. Si l’impact est complémentaire, la théorie d’agence prédit implicitement que l’introduction de mécanismes de contrôle supplémentaires devra consolider le contrôle interne des dirigeants et améliorer le niveau et la qualité des informations publiées. Si la relation est substitutive, les entreprises auront tendance à limiter la publication d’informations additionnelles. Les mécanismes préalablement mis en place devront assurer le contrôle efficace des dirigeants. La présente étude reposera sur l’hypothèse de complémentarité. Les dirigeants et propriétaires des entreprises françaises sont susceptibles de transmettre volontairement au marché des informations financières, même en présence de mécanismes de contrôle efficaces, afin de renforcer la crédibilité de leur système de gouvernance sur le marché.

2.1 - Publication volontaire et structure de propriété

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Le développement des entreprises modernes s’est traduit par une dissociation entre les détenteurs du capital (les actionnaires) et les dirigeants, et a abouti, par conséquent, à une séparation entre les fonctions de propriété et de décision. Jensen et Meckling (1976) considèrent que le contrat qui lie les actionnaires aux dirigeants est à l’origine de la théorie de l’agence. Puisque les actionnaires n’ont pas de contrôle direct sur la gestion de l’entreprise, il est facile aux dirigeants de prendre des mesures pour favoriser leurs propres intérêts au détriment de ceux des actionnaires. Ce comportement opportuniste du dirigeant se traduit pour les actionnaires par des coûts d’agence.

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La théorie de l’agence tente de proposer des explications aux comportements observés en présence d’une relation d’agence. La diffusion d’informations financières est un moyen particulièrement important et efficace pour protéger les actionnaires de la latitude des dirigeants, et les actionnaires minoritaires du risque d’expropriation par les actionnaires majoritaires. Cette pratique de publication caractérise les entreprises à capital diffus et dans lesquelles il existe une proportion importante d’investisseurs institutionnels parmi les actionnaires.

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Les entreprises dont le capital est dispersé dans le public n’ont pas la capacité de contrôler la performance du dirigeant ; l’information est distribuée de façon asymétrique. En effet, les dirigeants raisonnent en court terme et sont susceptibles d’exploiter à leur profit les bénéfices privés. Afin de contrôler ce comportement opportuniste, les actionnaires exigeront une information régulière de la part du dirigeant. Chau et Gray (2002) montrent que les publications volontaires sont positivement liées à la dispersion de l’actionnariat. Plus le capital devient dispersé dans le public, plus la demande en information sera considérable. Ceci se traduit par une information additionnelle sur le marché. Toutefois, la concentration du capital peut représenter une menace d’expropriation de l’intérêt des actionnaires minoritaires par les majoritaires. D’après ces auteurs, les entreprises à Hong Kong et à Singapour sont souvent contrôlées par un groupe familial, ce qui peut induire une demande assez faible d’information, l’actionnaire principal possédant déjà l’information.

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Lorsque le capital est concentré dans les mains de quelques actionnaires, les coûts d’agence résultent de la présence de conflits d’intérêts entre les actionnaires majoritaires et minoritaires. Les intérêts de ces derniers seront lésés, et les dirigeants seront amenés à publier moins d’informations facultatives (Ho et Wong 2001). Dans la plupart des entreprises françaises, les actions donnent un droit de vote double lorsqu’elles sont détenues plus de deux ans. Ce droit accroît la séparation entre la propriété et le vote, et accentue par conséquent le problème d’agence émergeant du risque d’expropriation des actionnaires minoritaires (La Porta et al., 1999). Ceci conduit les dirigeants des entreprises familiales, ou contrôlées majoritairement par un actionnaire, à dissimuler toute information relative aux performances de l’entreprise. Ils peuvent être amenés à utiliser ces informations pour l’exploitation des bénéfices privés au détriment des intérêts des actionnaires minoritaires. Nous émettons ainsi notre première hypothèse :

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H1 : Il existe une relation négative entre la concentration de la propriété et du vote et la publication volontaire des résultats [2]  Le terme publication volontaire des résultats recouvre... [2] .

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Par ailleurs, le secteur des investisseurs institutionnels est en très forte expansion. L’accroissement des actifs que détiennent ces investisseurs les conduit à devenir des acteurs à part entière au sein des systèmes de gouvernance d’entreprise. Force est de constater que ceci est dû au développement de nouveaux moyens de financement et d’investissement tels que les financements de retraites, la croissance de l’économie américaine et l’augmentation de l’endettement des ménages américains. L’étude réalisée par El-Gazzar (1998) sur un échantillon de 1262 firmes de 1987 à 1990, montre que la présence de plus en plus dominante des investisseurs institutionnels est associée positivement à la publication prématurée des résultats. Healy et al. (1999) et Bushee et Noe (2000) considèrent les investisseurs institutionnels comme les agents les plus exigeants en termes d’informations financières régulières et publiées en temps opportun.

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Les investisseurs institutionnels occupent une place primordiale dans le développement de la communication financière en France parce qu’ils sont habitués à une information régulière et rapide aux États-Unis. Ils exigent en permanence la création de valeur des titres, et le respect des principes de gouvernement d’entreprise (tel que la protection des intérêts des actionnaires minoritaires).

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Sur le marché français, la distinction entre investisseurs étrangers et investisseurs français est pertinente. Les institutionnels étrangers sont en effet, peu présents sur les marchés à propriété concentrée. Par ailleurs, il a été démontré que les investisseurs institutionnels étrangers sont plus vigilants que les locaux à l’égard de l’utilisation des mécanismes de gouvernement visant à protéger leurs intérêts. Ginglinger et l’Her (2002) ont montré que la présence des investisseurs étrangers est positivement corrélée aux fluctuations des prix à l’annonce des programmes de rachat en France. Ces investisseurs contribuent à l’adoption de standards internationaux de gouvernance. Ils offrent par ailleurs, une garantie de protection des actionnaires minoritaires en cas de concentration de l’actionnariat. Notre seconde hypothèse s’énonce donc comme suit :

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H2 : Il existe une relation positive entre la présence des investisseurs institutionnels étrangers et la publication volontaire des résultats.

2.2 - Publication volontaire et caractéristiques du conseil d’administration

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Le gouvernement d’entreprise recouvre l’ensemble des mécanismes qui ont pour effet de délimiter les pouvoirs et d’influencer les décisions des dirigeants. Parmi ces mécanismes, nous retrouvons les caractéristiques du conseil d’administration à savoir : la taille, la composition et la présence d’une structure moniste dans le conseil. Plusieurs études, dont celle de Fama (1980), convergent pour dire que certaines caractéristiques du conseil d’administration constituent des mécanismes efficaces de contrôle interne des dirigeants. La question qui se pose est de savoir comment ces caractéristiques peuvent contraindre les dirigeants à agir conformément aux attentes des actionnaires en émettant régulièrement des informations financières.

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La proportion des administrateurs externes :

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Leftwich et al. (1981) affirment que la présence de plus en plus renforcée des administrateurs externes conduit à un contrôle plus efficace des dirigeants. Forker (1992) a montré qu’une grande proportion d’administrateurs externes dans le conseil améliore le contrôle et augmente la qualité des publications de l’entreprise. Fama et Jensen (1983) préconisent « l’externalité » pour réduire la probabilité d’entente avec les dirigeants, d’où une protection plus efficace des intérêts des actionnaires.

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Par ailleurs, Baysinger et Butler (1985) ont émis la prédiction selon laquelle la présence d’administrateurs externes dans le conseil permet de mieux répondre aux objectifs des actionnaires. Les administrateurs externes pèsent plus favorablement sur les décisions des dirigeants que les administrateurs internes. Nous pouvons affirmer par conséquent que les dirigeants seraient plus contraints à informer régulièrement le marché.

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H3 : Il existe une relation positive entre la proportion des administrateurs externes et la publication volontaire des résultats.

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La structure moniste dans le conseil :

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Les entreprises dans lesquelles une même personne cumule les fonctions de directeur général et de président du conseil d’administration sont considérées comme ayant des structures monistes dans le conseil. Forker (1992) montre que cette personne présente une menace pour la qualité des informations publiées. D’après Fama et Jensen (1983), lorsqu’un seul individu cumule les fonctions de direction générale et de présidence du conseil, le contrôle managérial est menacé. Elle est, en effet, plus alignée avec la direction qu’avec les actionnaires.

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En France, la loi du 15 mai 2001 a permis d’apporter une meilleure dissociation des rôles dans les SA classiques à conseil de surveillance. Suite aux recommandations du rapport Viénot (1999) [3]  Viénot (1999), Rapport du comité sur le gouvernement... [3] , et inspirées du modèle anglo-saxon, les fonctions de président de conseil d’administration et de directeur général sont dissociées. La présidence de la direction générale d’une société peut être assumée soit par le président du conseil d’administration, soit par une personne nommée par ce dernier. Cette dualité de structure dans le conseil est de nature à améliorer le contrôle interne des dirigeants et la protection des intérêts des actionnaires. Elle aura, de ce fait, des conséquences favorables sur la décision d’information du marché.

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H4 : Il existe une relation négative entre la présence d’une structure moniste et la publication volontaire des résultats.

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La taille du conseil :

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À notre connaissance, la relation entre la taille du conseil d’administration et la décision de publication volontaire n’a été étudiée en littérature que par Ho et Wong (2001). Les auteurs trouvent, cependant, une relation non significative entre la taille du conseil et la publication volontaire. L’étude réalisée par Zahra et Stanton (1988) a prouvé l’existence d’une relation négative entre la taille du conseil et la performance de l’entreprise. Les auteurs déduisent qu’un nombre important d’administrateurs perturbe le dirigeant et réduit son pouvoir. Plusieurs autres études montrent que la taille du conseil influence négativement le contrôle des dirigeants. Le conseil de grande taille est à l’origine d’un risque de désaccord et d’un manque de cohésion. En outre, Ginglinger (2002) suggère que la présence de nombreux administrateurs dans le conseil amplifie les conflits entre les administrateurs et accroît l’existence de passagers clandestins.

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Nous déduisons que dans la mesure où la taille est faible, le contrôle est plus efficace, et les dirigeants agissent dans l’intérêt des actionnaires. L’effet favorable sur le contrôle des dirigeants entraîne une influence positive sur la politique informationnelle de l’entreprise.

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H5 : Il existe une relation négative entre la taille du conseil d’administration et la publication volontaire des résultats.

2.3 - Publication volontaire et présence de plans de stock-options

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La mise en place de plans de stock-options visant à orienter les actions du dirigeant vers un objectif conforme à l’impératif de création de valeur, est considéré comme l’un des moyens de contrer les conflits d’agence et de faire converger les intérêts des dirigeants avec ceux des actionnaires (Desbrières, 1999). Sur le plan empirique, la relation entre la publication volontaire et la distribution de stock-options aux dirigeants a fait l’objet de nombreuses études. Nagar et al. (2001) ont réalisé une étude sur 1129 entreprises américaines. Ils montrent que la publication volontaire est liée à l’existence de plans d’intéressements basés sur les prix d’actions. La rémunération par l’attribution de stock-options permet aux actionnaires d’atteindre le niveau de publication souhaité sur le marché.

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Miller et Piotroski (2000) confirment ce résultat sur la base d’un échantillon de 200 entreprises américaines. La distribution de stock-options influence favorablement la publication d’informations prévisionnelles. Le même résultat est observé dans une étude réalisée par Klassen et Mawani (2000) au Canada. Sur la base d’un échantillon de 327 sociétés de 1993 à 1995, leurs résultats soutiennent l’idée que les contrats d’incitation des dirigeants influencent la décision de publier des informations additionnelles au Canada. Par conséquent, notre dernière hypothèse est :

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H6 : Il existe une relation positive entre la rémunération des dirigeants sous forme de stock-options et la publication volontaire des résultats.

3 - Les publications volontaires et les caractéristiques des entreprises

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De nombreuses études ont associé la publication volontaire aux caractéristiques des entreprises ; nous citons : Debreceny et al. (2002), dans un contexte international ; Lang et Lundholm (1993), Miller et Piotroski (2000) parmi d’autres, aux États-Unis ; Xiao et al. (2004) en Chine ; Firth (1979) en Grande-Bretagne ; Wallace et al. (1994) en Espagne ; et Raffournier (1995) en Suisse. Ces caractéristiques englobent : la performance, la taille de la firme, le secteur d’activité, l’endettement et la cotation sur le marché américain. Celles-ci seront introduites dans nos modèles en tant que variables de contrôle.

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La performance de l’entreprise :

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La nature favorable des informations publiées est le premier facteur retenu pour justifier les publications volontaires. Cette hypothèse est avancée en théorie dans les modèles analytiques de Verrechia (1983) et Dye (1985). Elle a été testée par plusieurs recherches empiriques. L’étude réalisée par Miller (2002) sur un échantillon de 80 entreprises a permis d’identifier l’influence de la performance des entreprises sur le choix de la publication des informations prévisionnelles. L’auteur montre que la publication des prévisions et le niveau de performance sont positivement associés. Ce constat a été justifié également par Miller et Piotroski (2000). Les entreprises ayant enregistré une croissance de leurs résultats offrent volontairement des informations prévisionnelles. En effet, l’amélioration de la performance fait émerger une nouvelle demande d’informations de la part des investisseurs (Kasznik et al. 2001).

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La taille de l’entreprise :

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Les études antérieures attestent unanimement l’existence d’une relation positive et significative entre la taille et l’étendue des publications de l’entreprise. Elles ont montré en effet l’influence primordiale de la taille de l’entreprise sur la publication volontaire d’informations financières (Debreceny et al. 2002 ; Kasznik et Lev, 1995 ; Raffournier, 1995 ; Lang et Lundholm, 1993 ; Miller et Piotroski, 2000; Kasznik et al. 2001; Soffer et al. 1999; Firth, 1979). Les entreprises de grande taille ont le plus souvent des structures dispersées avec des proportions importantes en investisseurs institutionnels. Par ailleurs, la diffusion régulière d’informations peut s’avérer coûteuse pour les entreprises de petite taille.

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Le secteur d’activité :

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De nombreuses études, dont Dye et Sridhar (1995), Haven et al. (2002) et Kasznik et Lev (1995), ont montré que la fréquence des publications volontaires est associée à l’appartenance sectorielle. Les entreprises appartenant aux secteurs sujets à une volatilité de prix et à une fluctuation importante des bénéfices, tel que le secteur des hautes technologies, sont amenées à publier leurs résultats plus fréquemment que les entreprises faisant partie de secteurs assez stables. D’après, Wallace et al. (1994), le niveau de publication diffère selon les industries. Les auteurs montrent toutefois que l’appartenance sectorielle n’a pas d’effet sur la décision de publication d’informations additionnelles. Les variables industrielles correspondent à des variables dichotomiques et sont introduites dans nos analyses pour contrôler les effets d’appartenance sectorielle.

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L’endettement :

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La relation entre le niveau d’endettement et l’offre volontaire d’informations est assez controversée en littérature. Les études empiriques aboutissent à des résultats assez divergents. Alors que certains auteurs ont montré que les publications volontaires sont associées positivement au niveau d’endettement (Xiao et al. 2004; Lang et Lundholm, 1993 ; et Raffournier 1995), d’autres prônent une relation négative entre les publications volontaires et l’endettement de l’entreprise (Wallace et al., 1994 ; Eng et Mak, 2003).

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Les publications volontaires augmentent avec le levier financier. Selon le problème des free cash flow de Jensen (1986), les dirigeants ont tendance à investir dans des projets à faible performance. Afin de réduire les bénéfices privés à la disposition du dirigeant, les actionnaires vont obliger les entrepreneurs à accumuler les dettes en leur fournissant des informations additionnelles. Ils améliorent ainsi la transparence de l’entreprise sur le marché. Cependant, d’après Eng et Mak (2003), les entreprises ont souvent recours au financement par les dettes afin de réduire les bénéfices privés restant à la disposition des dirigeants (le rôle disciplinaire de la dette). L’endettement est ainsi considéré comme un substitut à la publication volontaire. Les études antérieures n’aboutissant pas à des résultats convergents, nous n’avons pas anticipé le signe de cette variable.

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La cotation sur le marché américain :

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La cotation sur les places étrangères, et plus particulièrement, sur les marchés américains, est considérée comme l’une des caractéristiques essentielles susceptibles d’influencer la décision de publication. Lorsqu’une entreprise est cotée sur les marchés américains, elle doit se conformer aux exigences de ces marchés et publier ses comptes selon les US GAAP [4]  US GAAP General Accepted Accounting Principles [4] . Joos (2000), Raffournier (1995) et El-Gazzar et al. (1999) affirment que la cotation sur plus d’un marché figure parmi les raisons susceptibles de motiver les dirigeants à devenir plus enclins à informer le marché.

4 - Échantillon et méthodologies

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L’échantillon est constitué de l’ensemble des entreprises industrielles et commerciales appartenant à l’indice SBF 250 à l’exception des entreprises financières qui sont soumises à une réglementation spécifique en matière de publication (43 entreprises). La période d’étude s’étale de début 1998 à fin 2001. Nous avons choisi une période récente du fait que les annonces volontaires des résultats comptables sont en train de connaître une apogée sur les marchés français.

4.1 - Collecte des données

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Nous avons collecté toutes les informations relatives aux annonces volontaires des résultats faites par les 207 entreprises présélectionnées. Les annonces ont été repérées dans les communiqués de presse. La méthode d’investigation repose sur l’examen des communiqués de presse dans différentes revues financières quotidiennes, telles que « Les Échos » et « La Tribune » d’une part, et des sites Internet comme www.prline.com, www.euronext.com et www.europresse.com d’autre part. Nous avons en outre, consulté les sites officiels des entreprises pour compléter les données. Nous avons repéré au total 406 annonces volontaires de résultats faites par un échantillon de 117 entreprises, ayant au moins une fois annoncé volontairement leurs résultats. Quatre vingt dix entreprises n’ont procédé à aucune annonce facultative sur la période étudiée.

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Les informations comptables et financières ont été puisées dans la base de données Worldscope. Le dépouillement des rapports annuels de l’échantillon de 207 entreprises nous a permis de récupérer les données relatives à la structure de propriété et de vote ainsi que les caractéristiques du conseil d’administration. Nous avons également examiné la base de données Worldshare (ou selon la dénomination actuelle Thomson One-banker) pour compléter les données manquantes et les informations relatives aux investisseurs institutionnels, que nous avons classées en deux catégories : les investisseurs étrangers et les investisseurs français.

4.2 - Mesure des variables et méthodologie

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Le tableau n° 1 illustre la définition et la mesure des variables qui feront l’objet de tests empiriques dans le cas des entreprises françaises cotées. Trois modèles ont été testés afin d’expliquer la décision, la fréquence et la diversité des annonces volontaires des résultats. Dans le premier, la variable dépendante : DISCDEC est égale à 1 si l’entreprise a au moins émis une annonce volontaire de ses résultats pendant la période étudiée et 0 sinon. Dans le second modèle, DISCFREQ prend 3 valeurs selon la fréquence des publications de l’entreprise. Elle est égale à 1 si la publication des résultats est fréquente [5]  La publication est fréquente lorsque l’annonce volontaire... [5] , 2 si la publication est occasionnelle et 0 en cas d’absence de publications. Le dernier modèle tient compte de la diversité des modes de publications volontaires des résultats. La variable dépendante DISCFORM prend ainsi 4 valeurs : 1 si l’entreprise publie des annonces prévisionnelles, 2 si elle publie des annonces trimestrielles, 3 si elle opte pour les deux formes à la fois et 0 en cas d’absence de publication volontaire.

Tableau 1 - Définition et mesure des variablesTableau 1
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Nous avons opté pour deux mesures de la concentration du capital, étant donné qu’il existe une divergence entre la propriété et le vote en France. L’indice de Herfindahl de Demsetz et Lehn (1985) mesure ainsi la propriété ; les votes du premier et du second actionnaire mesurent le droit de vote. Pour les variables de contrôle, la performance est mesurée par la rentabilité des capitaux investis (ROI), la taille de l’entreprise par le logarithme du total actif, le levier par le ratio des dettes sur le total actif. USQUOT représente la cotation sur les marchés américains. Nous soulignons que l’estimation de nos modèles a inclus toutes les variables binaires sectorielles comme des variables de contrôle additionnelles. Tous les coefficients, à l’exception de celui du secteur des hautes technologies, sont statistiquement non significatifs.

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La méthodologie utilisée repose sur les modèles Logit et Logit multinomial. Nous avons estimé une équation logit pour montrer dans quelle mesure les variables explicatives permettent d’influencer la probabilité qu’une entreprise choisisse de publier des annonces volontaires de résultats (modèle de la décision de publication volontaire). Nous avons en outre modélisé la fréquence et la diversité des publications volontaires. Pour vérifier l’application des régressions multinomiales logit, nous avons procédé au test de l’hypothèse IIA (Independance of Irrelevant Alternatives) [6]  Cette hypothèse stipule que les termes aléatoires εj... [6] . Le test utilisé dans cette étude est celui de Hausman (1978) [7]  Hausman (1978) in Greene (2000) : GREENE, William H.,... [7] , comparant un estimateur convergent mais non efficace (less efficient), à un estimateur convergent et efficace (more efficient). Les résultats du test non reportés en annexes valident la propriété IIA et justifient l’application des modèles Logit multinomiaux.

5 - Analyse et discussion des résultats

5.1 - Analyse descriptive

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Le tableau 2 présente quelques statistiques descriptives relatives aux caractéristiques de notre échantillon. Nous constatons que 56,5 % des entreprises étudiées font appel aux publications volontaires de leurs résultats. Nous notons, par ailleurs, que 51,69 % émettent des annonces prévisionnelles, 16,42 % publient trimestriellement leurs résultats et uniquement 13,52 % utilisent les deux formes d’annonces. Il est à noter, de plus, que 36,23 % ont fréquemment recours aux annonces volontaires et sont susceptibles d’avoir une stratégie de communication de leurs résultats alors que 20,29 % le font occasionnellement. L’échantillon inclut 81,2 % d’entreprises contrôlées par une famille ou par un actionnaire majoritaire [8]  En droit français, une majorité de deux tiers est requise... [8] dont 63,8 % contrôlées par des familles.

Tableau 2 - Caractéristiques de l’échantillonTableau 2

Les statistiques descriptives sont fondées sur un échantillon de 207 entreprises cotées à l’indice SBF250, les fréquences et les proportions des variables nominales sont illustrées dans ce tableau. DISCDEC est égale à 1 si l’entreprise décide de publier une annonce volontaire des résultats et 0 sinon. DISCFREQ représente la fréquence des publications volontaires, et DISCFORM représente les différentes formes d’annonces volontaires de résultats, CONTROL prend la valeur 1 si l’entreprise est contrôlée et 0 sinon.

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L’analyse descriptive qui suit résulte d’une comparaison entre les entreprises émettrices et non émettrices d’annonces volontaires, afin de mettre en relief les facteurs susceptibles de les différencier. Le Panel A du tableau 3 illustre les statistiques des entreprises ayant recours aux publications volontaires. Les statistiques relatives à l’échantillon de contrôle sont notées dans le panel B. Des tests de différences de moyennes entre les deux groupes y sont également rapportés. En moyenne, l’indice de concentration est plus important pour les entreprises du panel B (31,19 %) que celles du panel A (18,62 %). En outre, les droits de vote de l’actionnaire majoritaire sont en moyenne plus élevés pour les entreprises non émettrices d’informations volontaires. Le tableau 3 indique également que la proportion moyenne des investisseurs institutionnels étrangers dans le capital est de l’ordre de 20 % dans les entreprises émettrices d’informations, contre une proportion de 8,1 % dans les entreprises du panel B. Les différences sont significatives au seuil de 1 %. Les dirigeants des entreprises contrôlées ne semblent pas ainsi motivés par la publication volontaire de leurs résultats. Nous notons qu’en moyenne les entreprises émettrices ont plus d’administrateurs externes dans le conseil, tandis que la taille du conseil est plus faible pour les entreprises non émettrices. Ce résultat s’oppose au sens de notre hypothèse selon laquelle il existe une relation négative entre les publications volontaires et la taille du conseil. Concernant les variables de contrôle, la taille de l’entreprise est plus grande en moyenne dans les entreprises ayant décidé de publier volontairement leurs résultats que dans l’échantillon de contrôle. Il existe par ailleurs des différences significatives entre les deux groupes de firmes en ce qui a trait au secteur des hautes technologies et à la cotation sur le marché américain. Enfin, il ne semble pas évident que les entreprises émettrices d’informations sont les plus performantes et les plus endettées. Nous vérifions ces résultats préliminaires à l’aide des modèles de régressions afin de confirmer ou infirmer nos hypothèses.

Tableau 3 - Statistiques descriptives(***),(**),(*)Tableau 3

Ce tableau présente les statistiques descriptives des variables quantitatives pour un échantillon de 207 entreprises cotées. AH est l’indice de concentration, VR1 est le vote de l’actionnaire majoritaire, VR2 est le vote du second actionnaire, FRII est le pourcentage d’actions détenues par les investisseurs institutionnels français, FORII est le pourcentage d’actions détenues par les investisseurs étrangers, CEO prend la valeur 1 au cas où une structure moniste de leadership est présente, BSIZE est la taille du conseil, OUTDIR est la proportion des administrateurs externes dans le conseil, SO est la variable indicatrice de la présence de plans de stock-options, LOGTA est le log du total actif, LEV est le total dettes sur total actif, ROI est la rentabilité des investissements, USQUOT égale à 1 si l’entreprise est cotée sur le marché américain et HIGHTEC est égale à 1 si l’entreprise appartient au secteur des high-tech.

(***), (**), (*) les valeurs sont significatives aux seuils respectifs de 1 %, 5 % et 10 %.

54

Une analyse bi variée a été conduite pour tester l’éventuelle présence d’un problème de multi colinéarité entre les variables explicatives. Certaines variables explicatives apparaissent significativement corrélées entre elles (tableau 4) [9]  Une deuxième mesure de la multicolinéarité est utilisée.... [9] . La taille de l’entreprise est corrélée positivement au vote du premier actionnaire, à la proportion des investisseurs institutionnels étrangers, à la distribution de stock-options aux dirigeants, à la cotation sur le marché américain et à la proportion des directeurs externes dans le conseil. Les coefficients de corrélation entre la concentration de la propriété et du vote et la proportion des investisseurs institutionnels étrangers valent respectivement – 0,283 et – 0,323 et sont statistiquement différents de 0 au seuil de 1 %. Enfin, la distribution de stock-options aux dirigeants est liée positivement et de façon significative à toutes les caractéristiques du conseil d’administration. Dès lors, nous utilisons deux équations différentes. L’estimation des paramètres par le biais de deux équations, réduit le risque que les résultats soient biaisés par l’existence de variables fortement corrélées entre elles.

Tableau 4 - Matrice des corrélations(***),(**),(*)Tableau 4

Ce tableau présente les résultats des analyses de corrélations partielles entre les différentes variables indépendantes pour un échantillon de 207 entreprises françaises cotées. AH est l’indice de concentration, VR1 est le vote de l’actionnaire majoritaire, VR2 est le vote du second actionnaire, FRII est le pourcentage d’actions détenues par les investisseurs institutionnels français, FORII est le pourcentage d’actions détenues par les investisseurs étrangers, CEO est une variable binaire prenant la valeur 1 au cas où une structure moniste de leadership est présente et 0 sinon, BSIZE est la taille du conseil, OUTDIR est la proportion des administrateurs externes dans le conseil, SO est la variable indicatrice de la présence de plans de stock-options, LOGTA est le log du total actif, LEVERAGE est le total dettes sur total actif, ROI est la rentabilité des investissements, HIGHTEC est égale à 1 si l’entreprise appartient au secteur des high-tech et USQUOT égale à 1 si l’entreprise est cotée sur le marché américain.

(***), (**), (*) : Les valeurs sont significatives aux seuils respectifs de 1 %, 5 % et 10 %.

5.2 - Résultats et discussions

55

Étude de la décision de publication volontaire

56

Les résultats des analyses de régression sont présentés dans les tableaux 5, 6 et 7. Le premier modèle étudie la décision d’émettre ou pas des annonces volontaires de résultats. Les coefficients et les statistiques correspondantes sont présentés dans le tableau 5. Les entreprises contrôlées par un actionnaire majoritaire (VR1) n’ont pas tendance à émettre volontairement leurs résultats sur le marché. En outre, la concentration de la propriété, telle que mesurée par l’indice de Herfindahl, est également statistiquement et négativement associée à la décision de publication volontaire. Les actionnaires majoritaires peuvent agir au détriment de l’intérêt des actionnaires minoritaires en limitant la diffusion de l’information sur le marché. Ces résultats confortent notre première hypothèse : il existe une relation négative et significative entre la concentration de la propriété et du contrôle et la décision d’offre volontaire des résultats. Eng et Mak (2003), Ho et Wong (2001) et Chau et Gray (2002) ont abouti à des résultats similaires aux nôtres. Par ailleurs, il existe une relation positive et significative entre la proportion des investisseurs institutionnels étrangers dans le capital et la décision de publication. Ce résultat nous rappelle que les investisseurs étrangers sont des acteurs à part entière dans les structures de gouvernement d’entreprise ; ils sont exigeants en termes d’informations. Comme le notent Ginglinger et L’her (2002), ces investisseurs présentent, pour le marché, une garantie de protection des intérêts des minoritaires lorsque l’actionnariat est concentré. Ce résultat corrobore notre seconde hypothèse.

57

Il est important de souligner la présence d’un second sens de la relation entre la propriété des investisseurs institutionnels et la décision de publication. Les investisseurs institutionnels influencent la décision des dirigeants, et leur choix d’investissement peut être lui-même influencé par la communication financière de l’entreprise. Un problème d’endogéneité peut être de ce fait décelé, nécessitant le recours à des méthodes d’équations simultanées afin de montrer que la stratégie de publication peut influencer et être influencée par le choix d’investissement.

58

La seconde équation englobe les mécanismes de contrôle internes des dirigeants, dont les caractéristiques du conseil d’administration. Nous avons supposé l’existence de liens entre ces caractéristiques et la décision de publication. La proportion des administrateurs indépendants ainsi que la taille du conseil ne semblent pas avoir de liens avec la décision de publication. Les résultats montrent des relations non significatives entre la décision de publication et ces deux caractéristiques du conseil. Par ailleurs, les résultats montrent que la probabilité de publication augmente en présence d’une structure de dualité dans le conseil. Ce résultat confirme notre troisième hypothèse et rejoint celui trouvé par Ho et Wong (2001) ayant abouti à une relation négative mais non significative entre les deux variables. Nous pouvons conclure que l’utilisation d’une structure de contrôle interne, qui dissocie les fonctions de président de conseil et de PDG, est plus efficace, autrement la transparence de l’information serait menacée.

59

Notre dernière hypothèse suppose que la publication volontaire est positivement associée à la distribution de stock-options aux dirigeants. Nos résultats confortent cette hypothèse et montrent que l’existence de cette forme de rémunération influence positivement la probabilité de publication volontaire des résultats. Ce résultat soutient ceux des travaux antérieurs réalisés principalement aux États-Unis (Nagar et al. 2003 ; Miller et Piotroski, 2000). Ils montrent que les stock-options sont utilisées par les actionnaires comme l’une des mesures de contrôle du comportement des dirigeants pour aligner leurs intérêts avec ceux des actionnaires. Toutefois, les dirigeants français qui détiennent des stock-options ont surtout intérêt à publier les informations favorables susceptibles d’améliorer les cours boursiers lorsque leurs stock-options sont exerçables.

Tableau 5 - Régression Logit portant sur la décision de publier des annonces volontaires des résultats(***),(**),(*)Tableau 5

L’échantillon utilisé regroupe 207 entreprises appartenant à l’indice SBF 250, les coefficients sont estimés à partir d’une régression logit, la variable dépendante, DISCDEC prend la valeur 1 si l’entreprise a annoncé volontairement au moins une fois ses résultats et 0 sinon. VR1 est le pourcentage de vote détenu par l’actionnaire majoritaire, VR2 est le vote du second actionnaire, AH est l’indice de concentration de Herfindahl, FORII est le pourcentage d’actions détenues par les investisseurs étrangers, FRII est le pourcentage d’actions détenues par les investisseurs institutionnels français, CEO est une variable binaire prenant la valeur 1 en présence d’une structure moniste de leadership et 0 sinon, BSIZE est la taille du conseil, OUTDIR est la proportion des administrateurs externes dans le conseil, SO est égale à 1 si les dirigeants sont rémunérés en stock options et 0 sinon, LOGTA est le log du total actif, ROI est la rentabilité des capitaux investis, LEV est le total dettes sur total actif, USQUOT égale à 1 si l’entreprise est cotée sur les marchés américains et 0 sinon, et HIGHTEC est égale à 1 si l’entreprise fait partie du secteur des hautes technologies.

(***), (**), (*) : les statistiques sont significatives aux seuils respectifs de 1 %, 5 % et 10 %.

60

Étude de la fréquence des publications volontaires

61

Le second modèle étudie les facteurs liés à la fréquence des publications volontaires. Les résultats de la régression logistique multinomiale présentés dans le tableau 6 montrent que les entreprises de grande taille sont plus susceptibles d’émettre fréquemment leurs résultats. Ces entreprises ont tendance à avoir des stratégies de publications ex ante et à être cotées sur les marchés américains. Ceci est de nature à accroître les exigences en matière de régularité, dès lors que l’entreprise se trouve en compétition internationale. La publication fréquente des résultats est associée également à la rémunération des dirigeants par des stock-options et à la présence d’une structure de dualité dans le conseil. L’introduction de mécanismes de contrôle efficaces rend en effet, l’information plus régulière sur le marché. Il est à noter enfin qu’une communication régulière des résultats attire les investisseurs institutionnels étrangers, pour lesquels la transparence financière est un atout majeur d’investissement. Les publications sont plus fréquentes dans les entreprises du secteur des hautes technologies pour lesquels les résultats fluctuent à une amplitude supérieure que les entreprises appartenant à des secteurs plus stables. Les publications occasionnelles semblent être subordonnées, quant à elles, à des résultats favorables. Ce résultat indique que les entreprises peuvent avoir recours occasionnellement à ce type de publications pour informer le marché des bonnes performances de l’entreprise [10]  En plus du ratio ROI, nous avons mesuré la variable... [10] . Il faut souligner par ailleurs que les publications occasionnelles peuvent menacer la crédibilité de la communication financière de l’entreprise, puisque l’information est diffusée de façon irrégulière sur le marché. Par ailleurs, l’espacement des annonces a un effet négatif sur les choix d’investissement. La continuité est un critère primordial pour la bonne évaluation de l’entreprise et pour la satisfaction des attentes du marché. (Tableau 6 page 18).

Tableau 6 - Régression logistique multinomiale portant sur la fréquence des publications volontaires des résultatsTableau 6

L’échantillon utilisé regroupe 207 entreprises appartenant à l’indice SBF 250, les coefficients sont estimés à partir d’une régression logistique multinomiale en utilisant le logiciel STATA, la variable dépendante, DISCFREQ prend la valeur 1 si l’entreprise a publié fréquemment des annonces volontaires de résultats, 2 si la publication est occasionnelle, et 0 si aucune annonce n’est émise sur la période d’étude. VR1 est le pourcentage de vote détenu par l’actionnaire majoritaire, VR2 est le vote du second actionnaire, AH est l’indice de concentration de Herfindahl, FORII est le pourcentage d’actions détenues par les investisseurs étrangers, FRII est le pourcentage d’actions détenues par les investisseurs institutionnels français, CEO est une variable binaire prenant la valeur 1 en présence d’une structure moniste de leadership et 0 sinon, BSIZE est la taille du conseil, OUTDIR est la proportion des administrateurs externes dans le conseil, SO est égale à 1 si les dirigeants sont rémunérés en stock options et 0 sinon, LOGTA est le log du total actif, ROI est la rentabilité des capitaux investis, LEV est le total dettes sur total actif, USQUOT égale à 1 si l’entreprise est cotée sur les marchés américains et 0 sinon, et HIGHTEC est égale à 1 si l’entreprise fait partie du secteur des hautes technologies.

62

Étude des formes de publications volontaires

63

Le troisième modèle détermine les facteurs liés à la publication des prévisions d’une part, et aux annonces trimestrielles d’autre part (Tableau 7). Les dirigeants peuvent utiliser les prévisions de résultats pour manipuler les croyances des investisseurs quant à la performance future de l’entreprise. Les annonces trimestrielles correspondent, quant à elles, à la publication de résultats réels. La différence entre ces deux formes de publications devra créer des différences dans les facteurs pouvant expliquer le recours à l’une ou l’autre forme de publication volontaire. Les résultats de l’étude montrent que les dirigeants peuvent utiliser les prévisions pour augmenter les cours boursiers et bénéficier de ce fait de l’exercice de leurs options. La publication prévisionnelle est en effet, corrélée positivement à la distribution de stock-options aux dirigeants. Elle est également associée à la propriété des investisseurs institutionnels étrangers qui ont besoin d’ajuster leurs anticipations avec celles des dirigeants, et des analystes financiers pour pouvoir décider de leurs choix d’investissements. Ces résultats supportent ceux trouvés sur le marché américain par Miller et Piotroski (2000). La publication d’annonces prévisionnelles est enfin liée à l’appartenance au secteur des hautes technologies. Ces secteurs sont caractérisés par une incertitude et une forte volatilité des résultats, ce qui amène les entreprises à raccourcir la période sur laquelle elles s’expriment en ajustant régulièrement leurs prévisions.

Tableau 7 - Régression logistique multinomiale portant sur la diversité des formes de publicationsTableau 7

L’échantillon utilisé regroupe 207 entreprises appartenant à l’indice SBF 250, les coefficients sont estimés à partir d’une régression logistique multinomiale en utilisant le logiciel STATA, la variable dépendante, DISCFORM prend la valeur 1 si l’entreprise a publié des annonces prévisionnelles (annonces provisoires ou prévisions de résultats), 2 en cas de publication d’annonces trimestrielles, 3 lorsque les deux formes d’annonces volontaires sont présentes et 0 si aucune annonce n’est émise sur la période d’étude. VR1 est le pourcentage de vote détenu par l’actionnaire majoritaire, VR2 est le vote du second actionnaire, AH est l’indice de concentration de Herfindahl, FORII est le pourcentage d’actions détenues par les investisseurs étrangers, FRII est le pourcentage d’actions détenues par les investisseurs institutionnels français, CEO est une variable binaire prenant la valeur 1 en présence d’une structure moniste de leadership et 0 sinon, BSIZE est la taille du conseil, OUTDIR est la proportion des administrateurs externes dans le conseil, SO est égale à 1 si les dirigeants sont rémunérés en stock options et 0 sinon, LOGTA est le log du total actif, ROI est la rentabilité des capitaux investis, LEV est le total dettes sur total actif, USQUOT égale à 1 si l’entreprise est cotée sur les marchés américains et 0 sinon, et HIGHTEC est égale à 1 si l’entreprise fait partie du secteur des hautes technologies.

64

Les entreprises cotées sur le marché américain sont plus susceptibles de publier des annonces de résultats trimestriels. Ce résultat est évident, les entreprises diffusant ce type d’annonces devant se conformer aux normes US GAAP qui obligent les sociétés à diffuser trimestriellement leurs résultats. Nous constatons également que les entreprises à capital diffus, ou qui ont une propriété importante d’investisseurs institutionnels étrangers, sont plus amenées à opter pour la publication des résultats trimestriels afin de préserver une bonne réputation de leur communication financière. La propriété des investisseurs français est, quant à elle, associée à une baisse de la probabilité de publication des résultats. Ce résultat implique que les entreprises englobant de larges proportions d’institutionnels français ont tendance à avoir des structures concentrées, ce qui rend les conflits actionnaires majoritaires – minoritaires plus importants. Les premiers ont tendance à retenir les informations aux dépens des intérêts des minoritaires. (Tableau 7 page 19).

6 - Conclusion

65

La complexité et la variété des événements qui rythment la vie de l’entreprise rendent délicate la maîtrise des processus d’information. Les dirigeants, conscients de la nécessité de fournir une information régulière au plus grand nombre, se trouvent souvent confrontés au problème de la nature et de la forme des informations à communiquer. Cette étude a pour objectifs d’une part, de montrer l’existence de liens entre les publications volontaires des résultats et les mécanismes de gouvernement d’entreprise et d’autre part, de mettre en évidence les raisons liées à une publication fréquente et au choix entre les publications prévisionnelles et trimestrielles. Les résultats de l’étude montrent que les entreprises sont moins enclines à publier volontairement leurs résultats en raison de la présence d’un actionnariat concentré. Les publications volontaires sont positivement associées, cependant, à la présence d’investisseurs institutionnels étrangers, à la présence d’une structure de dualité dans le conseil et à la rémunération des dirigeants par des plans de stock-options. Ces résultats sont convergents avec les études antérieures et ont permis de corroborer nos hypothèses (tableau 8).

Tableau 8 - Sommaire des résultats empiriques des déterminants de la publication volontaire des résultatsTableau 8

n.s : signifie que le résultat est statistiquement non significatif aux seuils usuels

66

Les publications fréquentes caractérisent les entreprises de grande taille, cotées aux États-Unis et ayant des structures d’actionnariat dispersées. Ces entreprises adoptent des stratégies de communication financière qui leur permettent de tirer le meilleur parti des annonces volontaires de leurs résultats. Cependant, certains dirigeants peuvent occasionnellement publier leurs résultats pour bénéficier des améliorations des cours boursiers et pour exercer leurs stock-options.

67

Il reste à noter enfin que les entreprises françaises, de par leurs structures d’actionnariat assez concentrées, doivent renforcer la crédibilité de leur système de gouvernance en émettant une information régulière et précise sur leurs performances. Elles peuvent, ainsi, répondre aux attentes du marché et fidéliser les actionnaires. La transparence du marché français doit passer par la mise en place de plus de contraintes sur les mécanismes de gouvernement d’entreprise, dont les annonces volontaires des résultats, afin de réduire les conflits entre les actionnaires majoritaires et minoritaires.


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Notes

[1]

Pourtier (2004) définit les publications volontaires comme étant un écart à la norme.

[2]

Le terme publication volontaire des résultats recouvre ici les différents aspects de la publication, à savoir, la décision, la fréquence et la diversité des formes de publication.

[3]

Viénot (1999), Rapport du comité sur le gouvernement d’entreprise.

[4]

US GAAP General Accepted Accounting Principles

[5]

La publication est fréquente lorsque l’annonce volontaire est présente sur toutes les années de la période d’étude.

[6]

Cette hypothèse stipule que les termes aléatoires εj sont indépendamment et identiquement distribués. Ces termes d’erreurs doivent être indépendants entre les différentes valeurs ou modalités que peut prendre la variable dépendante. En d’autres termes, la propriété que possède le modèle Multinomial Logit énonce que le rapport des probabilités associées au choix entre deux modalités (publication fréquente ou occasionnelle) est indépendant des autres modalités.

[7]

Hausman (1978) in Greene (2000) : GREENE, William H., (2000), Econometric analysis, Upper Sadle River : Prentice Hall, 4e édition, 1004 p.

[8]

En droit français, une majorité de deux tiers est requise pour pouvoir prendre une décision à l’assemblée générale extraordinaire. Les actionnaires qui détiennent le tiers du capital peuvent bloquer ces décisions. Nous avons considéré sous cet angle qu’une entreprise est contrôlée si le premier actionnaire détient plus du tiers du capital sous la condition qu’aucun autre actionnaire ne détienne le tiers du capital.

[9]

Une deuxième mesure de la multicolinéarité est utilisée. Il s’agit du VIF (Variance Inflation Factor). Toutes les valeurs du VIF sont inférieures à 2,5. L’indépendance linéaire implique un VIF égal à 1 ; la colinéarité indique un VIF supérieur à 10.

[10]

En plus du ratio ROI, nous avons mesuré la variable performance de l’entreprise par la rentabilité des actifs mais aussi par le ratio du résultat net par le total actif. Les coefficients de cette variable restent significatifs pour les publications occasionnelles, et ce au seuil de 10 %.

Résumé

Français

Cet article étudie les relations entre les mécanismes de gouvernement d’entreprise et la communication volontaire des résultats sur un marché où l’actionnariat est concentré. Les résultats montrent que la publication volontaire est liée à la dispersion de la structure d’actionnariat marquée par la présence d’investisseurs institutionnels étrangers, à l’existence d’une structure de dualité dans le conseil et à la distribution de stocks-options aux dirigeants. Les dirigeants français peuvent occasionnellement annoncer leurs résultats afin d’informer le marché de leurs bonnes performances. Enfin, les annonces trimestrielles sont rattachées essentiellement à la cotation sur le marché américain alors que la publication prévisionnelle est liée à la rémunération des dirigeants par stock-options.

Mots-clés

  • gouvernement d’entreprise
  • publication volontaire
  • structure de propriété
  • stock-options
  • conseil d’administration

English

The purpose of this paper is to study corporate governance mechanisms likely to be associated with manager’s choice to voluntarily announce their earnings in case of concentrated ownership market. The findings show that firms releasing frequently their earnings are more inclined to have large ownership structure, to enclose institutional investors in their capitals, to have dual leadership structure and to offer management stock-option plans. They also show that managers occasionally release their earnings in order to inform the market that they are doing well. Lastly, quarterly earnings announcements are associated with US listing where forecast disclosures with executive stock-option plans.

Keywords

  • corporate governance
  • voluntary disclosure
  • ownership structure
  • stock options
  • board

Plan de l'article

  1. Introduction
  2. Les publications volontaires et les mécanismes de gouvernement d’entreprise
    1. Publication volontaire et structure de propriété
    2. Publication volontaire et caractéristiques du conseil d’administration
    3. Publication volontaire et présence de plans de stock-options
  3. Les publications volontaires et les caractéristiques des entreprises
  4. Échantillon et méthodologies
    1. Collecte des données
    2. Mesure des variables et méthodologie
  5. Analyse et discussion des résultats
    1. Analyse descriptive
    2. Résultats et discussions
  6. Conclusion

Pour citer cet article

Lakhal Faten, « Les mécanismes de gouvernement d'entreprise et la publication volontaire des résultats en France », Comptabilité - Contrôle - Audit, 2/2006 (Tome 12), p. 69-92.

URL : http://www.cairn.info/revue-comptabilite-controle-audit-2006-2-page-69.htm
DOI : 10.3917/cca.122.0069


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