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Comptabilité - Contrôle - Audit

2009/1 (Tome 15)


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ILS ONT SOUTENU :

Sophie Audousset-Coulier, LA PUBLICATION DES HONORAIRES D’AUDIT PAR LES SOCIÉTES COTÉES FRANÇAISES : DEUX ÉTUDES DE DÉTERMINANTS, Les déterminants du caractère volontaire de la publication des honoraires d’audit et les déterminants du montant des honoraires d’audits publiés, HEC Paris, GREGHEC, mai 2008, Direction Hervé Stolowy, saudouss@jmsb.concordia.ca

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Cette thèse analyse la publication des honoraires d’audit par les grandes entreprises cotées françaises, publication considérée – conformément au cadre conceptuel de la théorie de l’agence – comme un mécanisme de renforcement du contrôle de l’activité des auditeurs légaux inclus dans un ensemble plus large de dispositifs de gouvernement d’entreprise.

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L’analyse de la publication des honoraires d’audit est réalisée à partir de deux études empiriques. Comme cette publication n’est pas obligatoire pour l’ensemble des sociétés cotées durant la période étudiée (années 2002 et 2003), les déterminants de la publication volontaire des honoraires d’audit ont tout d’abord été recherchés. Il apparaît que la publication volontaire des honoraires d’audit intervient plus fréquemment lorsque les coûts d’agence sont élevés et que les entreprises sont auditées par de grands cabinets d’audit internationaux (BIG 4) qui signalent ainsi leur qualité. Les déterminants du montant des honoraires d’audit publiés ont ensuite été recherchés. On observe que dans le contexte spécifique du co-commissariat aux comptes, le choix d’un deuxième auditeur BIG 4 n’augmente pas significativement les honoraires d’audit (par rapport au choix d’un seul BIG 4 et d’un auditeur « local ») toutes choses égales par ailleurs. En effet, les entreprises sélectionnent les auditeurs qui correspondent à leurs besoins. On constate également que la présence d’un comité d’audit entraîne une augmentation de la demande d’audit. Les résultats des deux études sont finalement mis en perspective : les honoraires d’audit ne peuvent (au mieux) être considérés que comme un indicateur très partiel de l’indépendance des auditeurs et donc de la qualité réelle de l’audit réalisé.

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Mots-clés : Honoraires d’audit, publication volontaire, BIG 4, gouvernement d’entreprise, co-commissariat aux comptes, qualité de l’audit

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Pierre Gensse

Olivier Vidal, GESTION DU RÉSULTAT ET SEUILS COMPTABLES : impact des choix méthodologiques et proposition d’un instrument de mesure des irrégularités, HEC Paris, décembre 2008, Direction : Hervé STOLOWY, ovidal@ifrance.com

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L’objet de ce travail doctoral est d’étudier l’influence des seuils comptables dans les pratiques de gestion du résultat. Ses contributions sont sémantique, méthodologique et empirique.

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La thèse clarifie la terminologie, dresse une typologie des seuils, propose un cadre d’analyse qui complète le modèle politico-contractuel par des explications psychologiques et met en relief le rôle clef des anticipations des dirigeants. Les mesures non paramétriques habituellement utilisées pour étudier les irrégularités de distribution des résultats publiés sont examinées. Trois limites sont identifiées : le choix d’un instrument de mesure, de la largeur d’intervalle et de la variable de mise à l’échelle. Leur impact est évalué par une étude empirique des entreprises cotées françaises. Pour dépasser ces limites, la thèse propose une démarche paramétrique qui permet de mesurer le nombre total d’entreprises manipulatrices et les montants manipulés.

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La démarche paramétrique est mise en œuvre pour étudier les résultats des entreprises françaises cotées de 1992 à 2004. Elle révèle que 5 à 10 % des firmes manipulent chaque année leur résultat pour éviter de publier une perte. Les montants annuels manipulés sont évalués à 8,5 milliards d’euros et diminuent au cours de la période. En remettant en cause le postulat de manipulation marginale (ou évitement des petites pertes), la thèse souligne l’importance de la recherche sur les seuils, et ce résultat, observé en France, dépasse le cadre national.

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Mots-clés : Gestion du résultat, seuils comptables, théorie politico-contractuelle, distribution des résultats, modèle paramétrique, irrégularité de distribution, manipulation marginale

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Pierre Gensse

Oussama Ben Hmiden, CONTRIBUTION À LA CONNAISSANCE DU RÔLE DES AGENCES DE NOTATION DANS L’INFORMATION COMPTABLE ET FINANCIÈRE, Université Montesquieu Bordeaux IV, IRGO, CRECCI, novembre 2008, Direction : Jean-Guy DEGOS, oussama.ben-hmiden@u-bordeaux4.fr

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L’objectif de cette recherche est de décrypter la méthodologie des agences de notation dans un contexte de tensions entre les différents intervenants lors d’une opération de rating ; à cette fin est menée une analyse de l’influence des agences sur les informations comptables et financières diffusées par les entreprises industrielles et commerciales françaises. Une analyse empirique est destinée à étudier l’importance des informations comptables et financières ajustées dans la méthodologie des agences de notation. Une évaluation du pouvoir explicatif des variables comptables et financières ajustées permet de mieux comprendre la relation entre les ajustements des agences de notation financière et le niveau de la note attribuée. En mettant en exergue le poids des ajustements de l’information comptable et financière effectués par les agences de notation, cette recherche permet de cerner les déterminants des ratings ; elle montre que des ajustements de l’information comptable et financière peuvent changer le pouvoir informationnel des modèles de détermination des notes.

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Pierre Gensse

Nhu Tuyên Lê, ÉVOLUTION DES FORMES COMPTABLES EN CONTEXTE DE TRANSITION ÉCONOMIQUE : le cas du Viêt Nam, HEC Paris, GREGHEC, juillet 2008, Direction : Ève CHIAPELLO, Nhu-Tuyen.LE@grenoble-em.com

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Sombart (1916) au début du siècle dernier évoquait une « indissociabilité » entre les systèmes économiques, notamment le capitalisme, et la comptabilité. Cette thèse est une contribution à cette perspective séminale soulignant l’importance de la comptabilité dans la construction institutionnelle des systèmes économiques.

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Après la chute du mur de Berlin, les anciennes économies communistes sont entrées dans un processus dit de « transition économique ». Ce contexte conduisant à l’émergence d’une économie de type capitaliste, se présente comme un terrain idéal pour enquêter sur les relations consubstantielles entre comptabilité et économie. Le processus de transition économique au Viêtnam a été retenu comme terrain d’enquête. Un travail de collecte étalé sur quatre ans a permis de rassembler un très grand nombre de sources documentaires et des archives d’entreprise. Des entretiens ont été menés avec des témoins vivants de l’histoire comptable vietnamienne et un questionnaire a été administré à une centaine de répondants. L’ensemble a été traité selon la méthode historique.

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Des idéaux-types, d’une part, des systèmes économiques de type communiste et capitaliste, d’autre part, des systèmes comptables qui leur sont associés ont été construits. Ils ont servi de guide pour une revue de littérature consacrée aux écrits académiques portant sur la transition comptable ; ils ont également permis le décryptage du matériel documentaire et d’instrument d’interprétation des données.

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Une analyse du processus de la transition économique au Viêtnam entre 1975 et 2003 est finalement livrée sous forme de récit historique. Cette thèse essaie de montrer comment différentes formes comptables traduisent, au gré des réformes, le passage d’une économie centralisée et planifiée (de type communiste) vers une économie de marché (de type capitaliste).

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Mots clés : transition économique, réforme comptable, communisme, capitalisme, idéal-type, méthodologie historique

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Pierre Gensse

Samuel Jubé, DROIT SOCIAL ET NORMALISATION COMPTABLE, Université de Nantes, LEMNA et Droit et changement social, novembre 2008, Codirection : Yannick Lemarchand et Alain Supiot, Samuel.Jube@univ-rennes1.fr

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Dès 1945, l’image comptable de l’entreprise est introduite au cœur des relations collectives de travail pour y référer le dialogue social. On attend de la normalisation comptable qu’elle produise une « vérité comptable », une information objective permettant d’établir le dialogue sur la base d’une « commune certitude ». Les syndicats, comme de nombreux politiques, en assurent la promotion et facilitent son essor. La normalisation comptable a-t-elle produit les effets escomptés dans les relations de travail ?

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Une analyse juridique du processus de normalisation comptable permet d’éclairer les raisons des déceptions qui ont suivi. La normalisation comptable constitue une véritable rupture dans l’histoire de la comptabilité et de ses fonctions sociales. La comptabilité était jusque-là un moyen de responsabiliser l’entrepreneur, c’est-à-dire de l’obliger à répondre devant un tiers et de référer l’activité au cadre légal dans lequel elle s’insère. La normalisation, en faisant de la comptabilité un instrument de comparaison inter-entreprises, la transforme progressivement en un moyen de pression sur l’organisation de la firme ; elle institue l’urgence dans le temps de la décision et la nécessité de se réorganiser en permanence pour réagir aux évolutions de son environnement et conserver des ratios de performance satisfaisant les exigences des investisseurs. Qui plus est, l’image comptable manque de fidélité dans la représentation qu’elle donne des relations de travail. La valeur de la créance de l’employeur sur les forces de travail de son personnel ne ressort pas à l’actif de son bilan. Ses engagements de retraite sont présentés comme des obligations actuelles dépourvues de contrepartie future alors que ce n’est souvent pas le cas. Les obligations d’adaptation et de formation sont occultées. La recherche se conclut par des propositions visant à réconcilier l’exigence de fidélité de l’image comptable et celle du respect par l’employeur des obligations qu’il tient du droit social.

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Pierre Gensse

Jennifer Boutant, POLITIQUE COMPTABLE DES DIRIGEANTS ET DÉTERMINATION DE LA PARITÉ D’ÉCHANGE DANS LES FUSIONS-ABSORPTIONS FRANÇAISES : le cas des sociétés absorbantes, IAE, Université de Toulouse I Sciences Sociales, Centre de Recherche en Gestion, novembre 2008, Direction : Michèle SABOLY, jennifer.boutant@univ-tlse1.fr

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Depuis la fin des années 1980, la question de la détermination de la parité d’échange dans les fusions-absorptions françaises suscite de vives controverses. Cette parité, qui repose en partie sur l’information comptable et financière transmise par les dirigeants des sociétés participantes, influence la répartition des richesses et des pouvoirs des actionnaires et des dirigeants après l’opération. Source de conflits d’intérêts, elle est donc au cœur des stratégies de ces acteurs. L’objectif de cette thèse consiste à vérifier l’existence d’une politique comptable de la part des dirigeants des sociétés absorbantes puis à en identifier les déterminants.

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Un modèle explicatif des pratiques comptables des dirigeants inspiré du cadre théorique général de la Théorie Politico-Contractuelle et adapté au contexte spécifique des fusions françaises, est proposé puis testé. Deux études empiriques sont réalisées, et ce à partir d’un échantillon de 107 fusions-absorptions visées par la COB/AMF entre 1997 et 2006.

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Les résultats montrent que les fusions-absorptions constituent un contexte propice à la politique comptable des dirigeants. Celle-ci s’exerce lors de la mise en œuvre pratique de l’approche multicritères recommandée par les autorités financières pour fixer la parité. Elle se manifeste également par une gestion des résultats l’année précédant l’opération. Cette gestion des résultats est influencée par des facteurs-contextuels (la taille de l’opération, les effets dilutifs attendus, l’initiative, la nature de l’opération et le choix des critères d’évaluation) et politico-contractuels (le niveau des résultats, la structure d’actionnariat et du conseil d’administration, l’intéressement des dirigeants, l’endettement et la taille de l’entreprise).

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Pierre Gensse

Henri Guénin, LE TRAVAIL RÉEL DES AUDITEURS LÉGAUX, HEC Paris, GREGHEC – UMR 2959, septembre 2008, Direction : Michel FIOL, henri.guenin-paracini@fsa.ulaval.ca

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Cette thèse étudie en quoi consiste le travail réel des auditeurs légaux, par opposition à celui qui leur est prescrit. Le cadre conceptuel et la démarche clinique adoptés sont ceux de l’ergonomie de l’activité ; sept équipes d’audit de la branche française d’un « Big four » ont été accompagnées chez leurs clients. Les auditeurs suivis ont été interviewés à l’issue de chacune de leurs missions respectives. Vingt-six d’entre eux, sur quarante-quatre, ont accepté de se prêter à l’exercice. Des entrevues ont également été menées auprès de trois hauts dirigeants du cabinet : le directeur des ressources humaines, le directeur de la formation et le directeur de la qualité.

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Les comptes à certifier ne constituent pas, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le principal objet du travail des auditeurs. Celui-ci porte essentiellement sur diverses formes de peur, consiste à gérer de multiples contradictions, et à ne rien laisser paraître de tout cela. Ce qu’il cache est plus important que ce qu’il révèle. Dans une perspective girardienne, l’audit légal tient ainsi davantage du rite que de la science, et les auditeurs peuvent être vus comme des pharmakoi modernes, des boucs émissaires.

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Mots clés : Audit légal, transparence, travail prescrit, travail réel, démarche clinique, ergonomie de l’activité, peur, contradictions, rituel, bouc émissaire

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Pierre Gensse

Farah BELKHIR-MAYER, LA DÉCISION D’OCTROI DE CRÉDIT DANS LES BANQUES : une étude typologique, Conservatoire National des Arts et Métiers, Centre de Recherche en Comptabilité, 26 mai 2008, Direction : Didier LECLERE, belkhirfarah@yahoo.fr

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Les établissements de crédit offrent un cadre idéal pour observer le comportement décisionnel à différents niveaux hiérarchiques et pour établir les liens avec la maîtrise des risques. Ils font face à un environnement réglementaire changeant et un contexte organisationnel où la délégation de la décision est omniprésente. Dans ces conditions, les banques arrivent-elles à assurer un équilibre entre l’optimisation de la gestion du risque et l’atteinte des objectifs commerciaux en termes de chiffre d’affaires ? La thèse étudie les moyens de diffusion des contraintes réglementaires et la nécessité de maîtrise des risques jusqu’au niveau du décisionnaire. Le cadre théorique fait appel à l’hypothèse de rationalité limitée décrite par Simon, Cyert et March, associée à la théorie des conventions et à la théorie positive de l’agence. L’auteur en déduit les facteurs de contingence de la décision que sont l’environnement socioculturel du décideur, la taille de la banque, le montant du crédit et la présence d’outils contraignants d’aide à la décision. Grâce à plusieurs études participatives au sein de cinq établissements financiers français et à l’administration d’un questionnaire auprès de plusieurs décideurs dans quatre pays (France, Tunisie, Suisse et Canada), l’auteur enrichit les facteurs de contingence par le temps consacré à la décision, la concurrence et l’environnement socioculturel du client. La méthodologie adoptée consiste après la réalisation d’interviews semi-directifs, à homogénéiser les données collectées et numérisées par la création de classes d’équivalence. Cette transformation en données comparables permet leur exploitation statistique. Il en ressort une typologie qui projette le processus de décision sur deux axes : la centralisation du processus de décision et le degré d’objectivité des critères d’octroi.

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Mots clés : Banques, Décision, Crédit, Contingence, Culture, Décentralisation, Objectivité

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Dominique Bessire

Marion Lecomte épouse Brivot, UNE AUTORATIONALISATION DOUCE DU TRAVAIL PAR LE KNOWLEDGE MANAGEMENT DANS LES FIRMES DE SERVICES PROFESSIONNELS : le cas d’un cabinet d’avocats français, HEC Paris, 9 décembre 2008, Direction : Véronique MALLERET, mbrivot@jmsb.concordia.ca

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La thèse porte sur l’utilisation de systèmes de Knowledge Management (KMS) de première génération dans les firmes de services professionnels et analyse les implications de cette utilisation pour le travail professionnel d’une part, et pour le contrôle organisationnel du travail d’autre part. L’étude socio-ethnographique menée dans le bureau parisien d’un cabinet d’avocats d’affaires français entre 2005 et 2008 dévoile que l’utilisation d’un KMS de première génération rend possible la mass-customisation et la standardisation de la production de certains services juridiques et fiscaux. Elle montre que cette rationalisation du travail s’opère simultanément sur les plans formel, substantif, pratique et théorique. Cependant, au lieu de constater un renforcement du contrôle administratif qui irait logiquement de pair avec cette rationalisation plurielle du travail, l’auteur observe l’émergence d’un fantasme de contrôle administratif portant sur l’utilisation efficiente des ressources de production et sur l’uniformisation des outputs. Elle relève aussi que le contrôle social et l’autocontrôle du travail se trouvent renforcés – et non affaiblis – par l’utilisation du KMS. Ceci la conduit à conclure à une « autorationalisation douce » du travail à la fois consentie et subie par les membres de l’organisation étudiée. Ces résultats empiriques ont des implications théoriques dans le domaine, encore peu exploré, de l’influence croisée entre le Knowledge Management et le contrôle du travail professionnel. La recherche s’inscrit dans la lignée des travaux initiés par Morris et Empson (1998), Ditillo (2004) et Turner et Makhija (2006) sur ce thème.

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Mots clés : Knowledge management, Services, Contrôle organisationnel, Contrôle administratif, Contrôle social, Auto-contrôle, Rationalisation

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Dominique Bessire

André Fayaud, MANAGEMENT PAR LA QUALITÉ ET ORGANISATIONS PUBLIQUES : étude sur les facteurs de longévité des démarches qualité engagées par les collectivités territoriales, Université de Poitiers, IAE – CEREGE, 27 mars 2008, Direction : Évelyne LANDE, afayaud1987@hotmail.com

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On observe depuis quelques années une multiplication des démarches qualité organisée de type certification ISO 9000. Cet engouement résulte prioritairement de la constellation d’intérêts qui s’est progressivement formée et a contraint le secteur public à améliorer ses pratiques. Eu égard à ce constat, l’auteur a choisi de s’interroger sur les facteurs de succès des démarches qualité. Pour fonder son analyse, il élabore un cadre conceptuel de la qualité fondé sur un panier de clés de contingence, apte à fournir une superstructure de déploiement des démarches qualité de manière à en assurer la pérennité. La construction de ce cadre se réfère à la théorie des conventions (convention de reconnaissance), à la théorie des systèmes (une démarche qualité nécessite d’appréhender une organisation dans une perspective holiste) et au New Public Management, paradigme fondateur du mouvement de réforme de la sphère publique. Ce cadre est testé sur un échantillon de cinq collectivités territoriales (Elancourt, le Pecq sur Seine, Rambouillet, Marly le Roi et Sartrouville). Dix hypothèses sont formulées, chacune correspondant à un facteur clé de succès d’une démarche qualité (place centrale de l’usager, engagement du management, implication du personnel…). La présence de ces facteurs est testée selon deux protocoles complémentaires, une étude à caractère qualitatif tout d’abord (une étude longitudinale d’une durée de deux ans destinée à observer in situ les démarches qualité). L’étude est complétée par une étude à caractère quantitatif (diffusion d’un questionnaire exploité via une AFCM). L’étude aboutit à formuler plusieurs conclusions. Un premier a trait au rôle structurant des démarches qualité organisées, de type certification ISO 9000 : une démarche apparaît d’autant plus efficace qu’elle est organisée et pilotée. Une seconde conclusion a trait aux clés de contingence : elles apparaissent fortement dépendantes du contexte de leur utilisation : certaines clés sont centrales pour certaines communes et secondaires pour d’autres. Un troisième élément a trait au rôle essentiel du maire en matière d’impulsion d’une dynamique qualité : la qualité semble donc ne pouvoir naître et perdurer qu’imposée. Enfin, la recherche montre que la qualité a progressivement changé d’objet au sein de la sphère publique : d’outil d’amélioration des pratiques, elle est devenue outil du management, avant de devenir un outil de légitimation de l’action publique.

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Mots clés : Qualité, Collectivités territoriales, Management public, Collectivités territoriales

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Dominique Bessire

Anne-Catherine Sautereau-Moquet, LES SYSTÈMES DE CONTRÔLE D’UNE STRATÉGIE DE RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE : les cas Lafarge et Danone, Université Paris IX – Dauphine, Centre de recherche européen en finance et gestion (CREFIGE), 2 décembre 2008, Direction : Henri BOUQUIN

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Les questions majeures de la recherche sont ainsi formulées : pourquoi et comment les systèmes de contrôle des entreprises multinationales sont-ils modifiés par la mise en œuvre d’une stratégie de responsabilité sociétale, quelles sont les caractéristiques des systèmes de contrôle sociétaux, comment comprendre et expliquer l’émergence de la responsabilité sociétale issue du projet de développement durable ? La première partie de la thèse est consacrée à l’élaboration d’un cadre conceptuel permettant d’analyser les systèmes de contrôle des entreprises multinationales qui s’engagent à mettre en œuvre une stratégie de responsabilité sociétale. Dans une perspective néo-institutionnaliste, les technologies managériales sont considérées au niveau micro en tant que composante d’une « méta-organisation » dans laquelle il est possible de les relier aux idéaux, discours et programmes énoncés au niveau macro et méso. L’étude exploratoire amène l’auteur à analyser les systèmes de contrôle au sein d’un processus d’institutionnalisation des paradigmes financier et sociétal conduisant à une modification des instruments de gestion ainsi qu’à une évolution des rôles organisationnels. La phase d’approfondissement repose sur deux études de cas multisites dans les groupes Lafarge et Danone. Les données empiriques proviennent de vingt-sept entretiens individuels ou collectifs menés à différents niveaux hiérarchiques dans trois et quatre entités différentes de chacun des deux groupes et complétés de documents internes remis ou consultés sur place, de documents publics publiés sur internet et d’observations lors de déplacements sur sites. L’observation des technologies managériales montre que les systèmes de contrôle sociétaux émergents s’opposent à la rationalité dominante des systèmes de contrôle financiers entraînant une transformation progressive de l’organisation. Les systèmes de contrôle sociétaux intègrent les stakeholders dans leurs routines, revendiquent le respect des valeurs du développement durable, portent leur regard sur le long terme ; ceux du contrôle financier se recentrent sur les relations actionnariales, accordent une importance prépondérante aux résultats opérationnels, se concentrent sur le court terme. Au cours d’un lent processus de transformation, l’organisation construit progressivement des managers responsables qui explorent et expérimentent des ensembles technologiques qui font progresser l’organisation. La recherche enrichit la compréhension théorique du concept de responsabilité sociétale en dévoilant les processus internes qui sont à l’origine de son institutionnalisation. Elle en donne une représentation managériale car sa mise en œuvre effective est dépendante, d’une part, de la volonté des dirigeants d’engager leur organisation dans une démarche responsable, bien que celle-ci soit incontestablement instrumentalisée, afin de la préparer à ses enjeux à moyen et long terme et d’autre part, de l’implication morale des managers au niveau micro, dans les projets sociétaux.

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Mots clés : Responsabilité sociale de l’entreprise, Technologies managériales, Institutionnalisation, Parties prenantes, Managers

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Dominique Bessire

Lionel Signolet, LA RELATION DYNAMIQUE ENTRE SYSTÈME D’INFORMATION ET SYSTÈME DE PILOTAGE À L’HÔPITAL, Université Robert Schuman, CESAG, 10 novembre 2008, Direction : Thierry NOBRE, lionelsignolet@yahoo.fr

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La thèse étudie les relations entretenues par le Système de Pilotage Hospitalier (SPH) avec le Système d’Information Hospitalier (SIH). Le cadre théorique adopté est celui du changement organisationnel adapté au contexte hospitalier. La question centrale de la recherche est la suivante : quelles sont les relations entre l’évolution du SIH et la transformation du SPH ? Deux champs d’investigation sont mobilisés. Le premier se concentre sur un hôpital en particulier : à travers une recherche intervention, l’auteur étudie la dynamique de la relation entre SIH et SPH au niveau d’un hôpital en particulier. Le second englobe l’ensemble de la population des hôpitaux de court séjour français : une enquête par questionnaire permet d’étudier cette relation de manière générale et statique. La recherche met en évidence le caractère problématique de la relation entre SIH et SPH : les contrôleurs de gestion considèrent en effet que trop souvent le SIH ne répond pas à leurs attentes et est un frein à la transformation du SPH. Une recherche intervention menée pendant près de trois ans a permis à l’auteur d’étudier six projets d’introduction d’outils de pilotage et un projet d’évolution du SIH, d’identifier les raisons de l’animation problématique entre SIH et SPH et de proposer des pistes capables d’éviter les problèmes rencontrés. Les prescriptions sont formulées à deux niveaux, au niveau spécifique de l’établissement faisant l’objet de l’étude approfondie et au niveau général de l’ensemble des hôpitaux. Deux implications importantes émergent : les projets entrepris gagnent à rester autonomes entre eux, mais le schéma général de déploiement de ces projets doit concerner des problèmes communs.

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Mots clés : Hôpital, Système d’information, Pilotage

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Dominique Bessire

Éric-Alain Zoukoua, QUELLE GOUVERNANCE POUR LES ORGANISATIONS DU TIERS SECTEUR ? le cas des associations, Université d’Orléans, Laboratoire Orléanais de Gestion (LOG) – Fédération Gaston Berger, 24 novembre 2008, Direction : Dominique BESSIRE, zouk_2@yahoo.fr

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Avec plus d’un million d’organisations et un budget global de 59 milliards d’euros, les associations sont des acteurs majeurs de la société contemporaine. Toutefois leurs spécificités, de même que leur évolution récente soulèvent un certain nombre d’interrogations relatives à leur gouvernance. La thèse a pour objectif d’éclairer cette thématique, encore peu explorée, et s’appuie pour ce faire sur quatre vagues d’études de terrain couplant des entretiens semi-directifs et des missions d’audit réalisées pour le compte d’un financeurs public auprès de certains de ses satellites associatifs. Les études de terrain ont mis particulièrement en évidence la nécessité d’une forte implication des dirigeants bénévoles dans la gouvernance de leurs associations ainsi que l’activisme des financeurs publics. Ces derniers déploient une grande diversité de mécanismes afin de contrôler l’action et le comportement des dirigeants de ces organisations. Les mécanismes privilégiés par les financeurs publics sont perçus par les dirigeants d’associations comme lourds, contraignants, inadaptés et peu en cohérence avec leurs attentes et les spécificités du monde associatif. En opposition avec la perception dominante chez les dirigeants d’associations, la recherche montre que l’action des financeurs publics n’occulte pas le projet associatif ainsi que les voies et moyens de le développer. Cette dissonance cognitive s’explique par la nouvelle donne de fonctionnement des relations entre associations et pouvoirs publics, caractérisée par la généralisation des financements par projets et l’institutionnalisation d’une logique de prestation et de concurrence entre associations. D’un point de vue théorique, la thèse montre que les approches disciplinaires de la gouvernance ne parviennent pas à rendre pleinement compte de la gouvernance des associations car elles n’appréhendent qu’un volet de cette problématique. Aussi, pour mieux saisir les questions liées à la gouvernance des associations, des approches théoriques alternatives (théorie de l’intendance, approches cognitives…) doivent être mobilisées.

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Mots clés : Gouvernance, Associations, Projet associatif, Management public, Collectivités territoriales, Contrôle, Audit

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Stéphane Onnée

Titres recensés

  1. Sophie Audousset-Coulier, LA PUBLICATION DES HONORAIRES D’AUDIT PAR LES SOCIÉTES COTÉES FRANÇAISES : DEUX ÉTUDES DE DÉTERMINANTS, Les déterminants du caractère volontaire de la publication des honoraires d’audit et les déterminants du montant des honoraires d’audits publiés, HEC Paris, GREGHEC, mai 2008, Direction Hervé Stolowy, saudouss@jmsb.concordia.ca
  2. Olivier Vidal, GESTION DU RÉSULTAT ET SEUILS COMPTABLES : impact des choix méthodologiques et proposition d’un instrument de mesure des irrégularités, HEC Paris, décembre 2008, Direction : Hervé STOLOWY, ovidal@ifrance.com
  3. Oussama Ben Hmiden, CONTRIBUTION À LA CONNAISSANCE DU RÔLE DES AGENCES DE NOTATION DANS L’INFORMATION COMPTABLE ET FINANCIÈRE, Université Montesquieu Bordeaux IV, IRGO, CRECCI, novembre 2008, Direction : Jean-Guy DEGOS, oussama.ben-hmiden@u-bordeaux4.fr
  4. Nhu Tuyên Lê, ÉVOLUTION DES FORMES COMPTABLES EN CONTEXTE DE TRANSITION ÉCONOMIQUE : le cas du Viêt Nam, HEC Paris, GREGHEC, juillet 2008, Direction : Ève CHIAPELLO, Nhu-Tuyen.LE@grenoble-em.com
  5. Samuel Jubé, DROIT SOCIAL ET NORMALISATION COMPTABLE, Université de Nantes, LEMNA et Droit et changement social, novembre 2008, Codirection : Yannick Lemarchand et Alain Supiot, Samuel.Jube@univ-rennes1.fr
  6. Jennifer Boutant, POLITIQUE COMPTABLE DES DIRIGEANTS ET DÉTERMINATION DE LA PARITÉ D’ÉCHANGE DANS LES FUSIONS-ABSORPTIONS FRANÇAISES : le cas des sociétés absorbantes, IAE, Université de Toulouse I Sciences Sociales, Centre de Recherche en Gestion, novembre 2008, Direction : Michèle SABOLY, jennifer.boutant@univ-tlse1.fr
  7. Henri Guénin, LE TRAVAIL RÉEL DES AUDITEURS LÉGAUX, HEC Paris, GREGHEC – UMR 2959, septembre 2008, Direction : Michel FIOL, henri.guenin-paracini@fsa.ulaval.ca
  8. Farah BELKHIR-MAYER, LA DÉCISION D’OCTROI DE CRÉDIT DANS LES BANQUES : une étude typologique, Conservatoire National des Arts et Métiers, Centre de Recherche en Comptabilité, 26 mai 2008, Direction : Didier LECLERE, belkhirfarah@yahoo.fr
  9. Marion Lecomte épouse Brivot, UNE AUTORATIONALISATION DOUCE DU TRAVAIL PAR LE KNOWLEDGE MANAGEMENT DANS LES FIRMES DE SERVICES PROFESSIONNELS : le cas d’un cabinet d’avocats français, HEC Paris, 9 décembre 2008, Direction : Véronique MALLERET, mbrivot@jmsb.concordia.ca
  10. André Fayaud, MANAGEMENT PAR LA QUALITÉ ET ORGANISATIONS PUBLIQUES : étude sur les facteurs de longévité des démarches qualité engagées par les collectivités territoriales, Université de Poitiers, IAE – CEREGE, 27 mars 2008, Direction : Évelyne LANDE, afayaud1987@hotmail.com
  11. Anne-Catherine Sautereau-Moquet, LES SYSTÈMES DE CONTRÔLE D’UNE STRATÉGIE DE RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE : les cas Lafarge et Danone, Université Paris IX – Dauphine, Centre de recherche européen en finance et gestion (CREFIGE), 2 décembre 2008, Direction : Henri BOUQUIN
  12. Lionel Signolet, LA RELATION DYNAMIQUE ENTRE SYSTÈME D’INFORMATION ET SYSTÈME DE PILOTAGE À L’HÔPITAL, Université Robert Schuman, CESAG, 10 novembre 2008, Direction : Thierry NOBRE, lionelsignolet@yahoo.fr
  13. Éric-Alain Zoukoua, QUELLE GOUVERNANCE POUR LES ORGANISATIONS DU TIERS SECTEUR ? le cas des associations, Université d’Orléans, Laboratoire Orléanais de Gestion (LOG) – Fédération Gaston Berger, 24 novembre 2008, Direction : Dominique BESSIRE, zouk_2@yahoo.fr

Pour citer cet article

« La revue des thèses », Comptabilité - Contrôle - Audit, 1/2009 (Tome 15), p. 259-266.

URL : http://www.cairn.info/revue-comptabilite-controle-audit-2009-1-page-259.htm
DOI : 10.3917/cca.151.0259


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