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Comptabilité - Contrôle - Audit

2009/2 (Tome 15)


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Contrôle Interne Bancaire : Objectif Conformité, Béatrice Bon-Michel et Georges Chappotteau (2008), Éditions Editea, Paris, 296 p., 45, ISBN 978-2-3520-2002-8

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L’ouvrage de Béatrice BON-MICHEL et Georges CHAPOTTEAU interroge, fort opportunément, la notion de conformité et la forme qu’elle incarne au sein des établissements financiers. Il tente d’en retracer l’évolution, l’impact et cherche à établir un parallèle entre les risques auxquels sont confrontés les banques et les dispositifs de contrôle interne.

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La première partie revient sur les raisons soulignant la nécessité d’une réglementation de la conformité. Retracer l’évolution de ce contexte réglementaire (Loi SOX, Loi de Sécurité Financière et Loi Nouvelles Régulations Économiques) permet aux auteurs de mettre l’accent sur les notions de responsabilité, de responsabilisation et sur la volonté d’instaurer un climat de confiance et de transparence favorisant l’interaction entre les différents acteurs impliqués. Deux composantes sont particulièrement étudiées : la conformité aux dispositifs de prévention du blanchiment et du financement du terrorisme, et la conformité vis-à-vis de la déontologie.

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La seconde partie est consacrée à l’intégration effective de la notion de conformité au sein d’une organisation. Le lien entre dispositif de contrôle interne et conformité est alors mis en évidence. Après avoir précisé en quoi consiste un dispositif de contrôle interne, les auteurs démontrent qu’un tel dispositif prend justement sens au travers des exigences de conformité : la conformité responsabilise les acteurs et favorise l’autocontrôle ; ce qui est un aspect important au sein des banques que caractérise l’impératif de décentralisation.

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L’ouvrage offre une dernière partie qui éclaire les possibilités de mise en œuvre de la démarche devant permettre aux banques d’atteindre leur. Des outils répondant à ces exigences sont proposés : charte de la conformité, cartographie des risques, dispositifs de conformité pour une amélioration de la relation client, dispositifs de lutte et de prévention contre la fraude…

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Les auteurs insistent dans leur livre sur la nécessité d’intégrer les exigences de conformité aux dispositifs de contrôle. Ce serait, pour eux, le point de départ nécessaire à la construction d’une culture de la conformité ; celle-ci ne s’exprimant plus seulement en termes d’exigences et de crainte des conséquences mais en termes d’opportunité d’amélioration des dispositifs, en termes de changement des comportements. Une façon intéressante pour faire face au problème complexe du contrôle interne bancaire.

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Nazha Bourquia

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ATER, Université d’Orléans

Repenser la planète finance, Le Cercle Turgot (2009), Eyrolles-Les Échos, Paris, 287 p., 28, ISBN 978-2-212-54340-7

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La crise financière, puis économique, que le monde subit depuis 2007-2008 a connu une ampleur telle qu’elle est devenue la référence contextuelle de la plupart des débats de société, notamment dans le champ, directement concerné, de l’économie ; au point qu’un observateur facétieux pouvait dire : « le seul secteur qui ne connaisse pas la crise est celui des travaux sur la crise… ».

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Dans l’abondance des essais, colloques et débats qui ont été consacrés à cette crise mondiale – parfois pour faire oublier que la plupart des « prophètes de l’économie » ne l’avaient pas vu venir – l’ouvrage publié par le Cercle Turgot [1][1] Think Tank rassemblant des universitaires, des responsables...« Repenser la planète finance », co-édité par les Éditions d’Organisation (groupe Eyrolles) et par Les Échos, tranche par sa qualité globale et par sa diversité. L’équipe éditoriale, animée par Jean-Louis CHAMBON, fondateur du Club Turgot, s’est imposée une posture de « regards croisés » entre différentes disciplines concernées par cette crise contemporaine et entre les différents niveaux d’acteurs (les entreprises et leurs dirigeants, les institutions financières et les instances de régulation). Ainsi le lecteur peut, en fonction de sa spécialité et de ses centres d’intérêt, se pencher sur tel ou tel aspect des analyses présentées.

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Pour notre part, nous avons particulièrement apprécié les analyses critiques du main stream dominant la finance de marché, critiques convergentes provenant tant de la philosophie (A. Laurent), et de la psychologie, voire de la psychanalyse (V. Levy-Garboua et G. Maarek), que de l’histoire (P-N Giraud), et même des mathématiques dont les facilités de formalisation ont été trop souvent sollicitées (C. Walter n’hésite pas à parler de « la déroute des professionnels de la finance »). Après une telle salve, les chercheurs en finance ne devraient plus continuer à considérer celle-ci comme une discipline classique comparable à aux sciences physiques et dont l’analyse peut relever des mêmes paradigmes, mais ne soyons pas trop optimistes…

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Les témoignages des acteurs engagés dans le monde de la finance, confortent dans l’ensemble ces analyses critiques. Certes, certaines contributions relèvent du propos convenu, voire de l’oxymore, ainsi ces exhortations prônant une « déontologie financière » (D. Bacqueroët) ou un « capitalisme éthique » (J.-J. Pluchart, et F.-X. Simon). D’autres auteurs mettent l’accent sur des questions spécifiques ; ici la communication (W. Nahum [2][2] Président de l’Académie des sciences et techniques...), là l’intelligence économique (J.-M. Reynaud)

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La dernière partie de l’ouvrage est consacrée à des considérations plus générales, déjà plus prospectives, se plaçant dans une perspective de « sortie de crise ». À la question « Faut-il reconstruire le capitalisme ? », N. Bouzou répond plutôt par une demande de régulation, notamment vis-à-vis des nouveaux instruments nés de l’ingénierie financière. J.-L. Decornoy, patron d’un des quatre « big four » de l’audit, pointe la « nécessité de l’évolution des normes comptables ». O. Pastre va encore plus loin et plaide pour « reconstruire la gouvernance financière mondiale », pour laquelle, en écho, Ph. Desertine propose un renforcement de l’Union Européenne et du FMI.

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Comme on le voit, « Repenser la planète finance » ne se veut pas un simple cosmétique destiné à masquer quelques plaies superficielles, mais propose de revoir en profondeur, tant les paradigmes théoriques (« conceptual framework ») de la finance et ses outils d’analyse (notamment du risque), que les dispositifs institutionnels de gouvernance et de régulation. Il reste à savoir si de telles bonnes résolutions, prises au cœur de la crise, perdureront ou, au contraire, s’évanouiront dès que la conjoncture redeviendra positive. L’Histoire économique et financière ayant illustré maintes fois cette amnésie récurrente des opinions publiques et des volontés qui les expriment, on peut craindre que le « N’ayez pas peur… » repris par J.-H. David en conclusion de cet essai relève, lui aussi, de l’incantation rituelle.

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Roland Pérez

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Professeur Émérite Université Montpellier1

20 propositions pour réformer le capitalisme, Sous la direction de Gaël Giraud et Cécile Renouard. Préface de Pascal Lamy, Flammarion, France, 2009, 375 pages, 22, ISBN : 978-2-0812-2493-3

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Comme son nom l’indique, l’ouvrage met en avant 20 propositions pouvant contribuer à une évolution du capitalisme. Il s’agit d’un ouvrage collectif qui réunit 10 auteurs. Chaque chapitre de l’ouvrage est rédigé par un ou plusieurs auteurs et aboutit à une proposition (qui parfois recouvre plusieurs sous-propositions).

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L’ouvrage est introduit par une courte préface de Pascal Lamy et par une mise en perspective de l’apport de l’ouvrage dans le cadre de la crise financière actuelle. Comme le notent les deux coordinateurs de l’ouvrage :

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« La crise actuelle ne signe pas la fin du capitalisme libéral comme tel mais l’inaptitude d’un certain modèle capitaliste à assurer le développement des sociétés européennes : le modèle (d’origine anglo-saxonne) qui vise, à la faveur de la déréglementation, à centrer nos sociétés autour de marchés financiers prétendument autorégulés » (p. 15)

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« […] des marchés non régulés sont, au fond, incapables de jouer leur rôle – répartir des ressources rares et transmettre des prix qui aient du sens -, même de façon inefficace et inefficiente. » (p. 19).

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Deux grandes idées structurent le livre :

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Le capitalisme doit évoluer vers le développement durable et intégrer les attentes de l’ensemble des parties prenantes

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On retrouve les chapitres :

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La normalisation des opérations comptables et financières doit évoluer

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Chaque chapitre est structuré de la façon suivante : une présentation de la problématique et un développement des remèdes à apporter qui débouche sur la proposition (souvent située au milieu du chapitre).

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L’ouvrage est assez remarquable en tant qu’ouvrage collectif. En effet, il dispose d’un titre attractif, chaque chapitre est structuré sur le même modèle et on sent qu’il existe une proximité de réflexion entre les différents auteurs, ou tout au moins une affinité culturelle.

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Mais, pour un universitaire, l’ouvrage aurait mérité de mieux faire apparaître la diversité des opinions possibles sur un même sujet. Il s’agit sans doute d’un parti pris de l’ouvrage qui s’oriente résolument vers une dimension normative : préconiser ce qui devrait être pour que tout aille vers un mieux. Mais, en même temps, il me semble que le normatif n’interdit pas la mise en perspective d’opinions différentes voire divergentes. Or, la construction des chapitres ne fait pas apparaître cette possibilité de divergence.

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Pour prendre un exemple un peu extrême. La proposition 11 mentionne : « Favoriser les carrières des contrôleurs des risques qui feraient des allers-retours avec le front office » (p. 159). L’argumentation est cohérente mais elle néglige certains faits liés au contournement des procédures de contrôle qu’autorisent ces allers-retours. L’exemple le plus marquant est celui de l’affaire Kerviel où les opérations n’ont pu être réalisées qu’en raison de la connaissance par ce trader des procédures de contrôle mises en place. Il aurait donc été appréciable que certaines propositions soient sinon plus nuancées, du moins fassent apparaître les aspects contraires.

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Par ailleurs certaines opinions apparaissent comme très affirmées alors que des nuances seraient sans doute appréciables. Par exemple, dans le chapitre 13, l’idée qu’il faudrait transformer les marchés de gré à gré et « standardiser les produits financiers », « une telle standardisation serait hautement bénéfique à la vérité comptable des normes IFRS » (p. 188). Chaque auteur a ses opinions mais en même temps il me semble qu’il y a une contradiction entre une réforme du capitalisme et une évolution vers une standardisation toujours plus grande. Sur les normes IFRS, on peut adopter la position résolument inverse et estimer que les normes IFRS apportent une réelle valeur ajoutée par la possibilité de prendre en compte la complexité. Dans le cas des actifs financiers complexes, certes, certains produits devraient faire l’objet de marchés organisés. Mais, pour les autres actifs, il devrait être reconnu que les marchés sont incomplets et inefficients et que, par conséquent, il faut recourir à des méthodes alternatives de valorisation comptable.

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D’une manière générale, l’ouvrage souligne l’écart qui existe entre la recherche en gestion et les attentes d’un public plus large. Cet ouvrage répond à une attente du public sur des questions complexes mais qui touchent à des choix de société, mais en même temps les travaux menés en sciences de gestion sont totalement ignorés.

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Benoît Pigé,

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Professeur à l’Université de Franche-Comté, Besançon

Notes

[1]

Think Tank rassemblant des universitaires, des responsables d’entreprises et d’institutions publiques,

[2]

Président de l’Académie des sciences et techniques comptables er financières qui a été partenaire de la séance de présentation de cet ouvrage collectif, le 6 mai 2009, à l’université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne)

Titres recensés

  1. Contrôle Interne Bancaire : Objectif Conformité, Béatrice Bon-Michel et Georges Chappotteau (2008), Éditions Editea, Paris, 296 p., 45, ISBN 978-2-3520-2002-8
  2. Repenser la planète finance, Le Cercle Turgot (2009), Eyrolles-Les Échos, Paris, 287 p., 28, ISBN 978-2-212-54340-7
  3. 20 propositions pour réformer le capitalisme, Sous la direction de Gaël Giraud et Cécile Renouard. Préface de Pascal Lamy, Flammarion, France, 2009, 375 pages, 22, ISBN : 978-2-0812-2493-3

Pour citer cet article

« La revue des livres », Comptabilité - Contrôle - Audit, 2/2009 (Tome 15), p. 193-197.

URL : http://www.cairn.info/revue-comptabilite-controle-audit-2009-2-page-193.htm
DOI : 10.3917/cca.152.0193


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