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Comptabilité - Contrôle - Audit

2010/2 (Tome 16)


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1 - Introduction

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Les scandales financiers des dernières années (par exemple, Enron, Worldcom, Vivendi et Parmalat) ainsi que l’adoption de lois telles que Sarbanes-Oxley et la loi relative aux nouvelles régulations économiques (NRE) ont mis de l’avant le rôle de la gouvernance dans la qualité de l’information financière communiquée par les entreprises. Dans ce contexte, plusieurs chercheurs ont tenté de formaliser les liens pouvant exister entre les attributs de gouvernance d’une entreprise et la qualité des résultats comptables (ex. Klein, 2002 ; Peasnell et al., 2003 ; Niu, 2006). Globalement, les constats émanant de ces recherches sont ambigus, le lien entre un attribut de gouvernance tel que la taille du conseil d’administration et la qualité des résultats pouvant être soit positif, neutre ou négatif selon le contexte.

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Notre étude se propose d’analyser le lien entre la gouvernance et la qualité des résultats comptables en adoptant une perspective élargie. D’une part, nous considérons que la gouvernance va au-delà des attributs du conseil d’administration, dont la divulgation est obligatoire, et qu’elle s’inscrit dans une stratégie organisationnelle de transparence qui se manifeste par une divulgation d’informations complémentaires qui permet aux investisseurs de mieux comprendre les processus sous-jacents à la gouvernance (Craighead et al., 2004). Une telle transparence est susceptible de réduire l’asymétrie informationnelle entre l’entreprise et les investisseurs. D’autre part, l’arrivée de l’internet, il y maintenant une trentaine d’années, a considérablement modifié les stratégies en matière de communication organisationnelle. Le Web offre une plus grande flexibilité que les formes traditionnelles de communication financière et non financière. Les échanges entre les dirigeants d’entreprise et les investisseurs sont maintenant directs, dynamiques et interactifs. Dès lors, nous pouvons nous attendre à ce que les entreprises se servent du Web pour structurer la communication à propos de leurs pratiques de gouvernance en fonction de leurs intérêts et ceux de leurs actionnaires.

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Notre étude s’appuie sur la théorie des coûts d’informations, laquelle suppose que la communication volontaire réduit l’asymétrie informationnelle entre les dirigeants d’entreprises et les investisseurs. La recherche en économie de l’information s’intéresse aux relations entre les investisseurs (le principal) et les dirigeants d’entreprises (l’agent), plus précisément à l’écart informationnel existant entre le principal et l’agent et qui, le plus souvent, favorise l’agent (Jensen et Meckling, 1976). Dans ce contexte, l’asymétrie informationnelle entre les dirigeants et les investisseurs ou même entre les investisseurs crée une demande accrue de transparence en matière de communication organisationnelle. La décision de la part d’une direction d’entreprise de combler ce besoin d’informations, soit par la publication d’un résultat de meilleure qualité ou par une plus grande transparence à propos des pratiques de gouvernance, est fonction des coûts et bénéfices économiques pour la firme.

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Dans la présente étude, nous analysons les effets simultanés du reporting de gouvernance, des caractéristiques du conseil d’administration, et de la qualité des résultats publiés sur l’asymétrie informationnelle dans les marchés boursiers. Notre échantillon comprend 136 grandes entreprises canadiennes. Des études antérieures ont examiné le lien entre le reporting volontaire sur le Web et les marchés boursiers. Ces études ont porté sur l’information à propos de la performance organisationnelle dans son ensemble (e.g. Cormier et al., 2009), sur la communication touchant les relations avec les investisseurs (e.g. Chang et al., 2008) et sur la communication sociale ou environnementale (e.g. Aerts et al., 2008). Il en découle que l’information communiquée sur le Web a, à différents degrés, un impact sur l’asymétrie informationnelle (par exemple, la dispersion dans les consensus d’analystes financiers, la volatilité des titres boursiers, le coefficient de Tobin) ou sur la capacité d’attirer les analystes financiers. À notre connaissance, il s’agit de la première étude à analyser l’aspect de complémentarité du reporting de gouvernance sur le Web et des attributs du conseil d’administration, quant à leur effet sur la qualité des résultats comptables et l’asymétrie informationnelle sur les marchés boursiers.

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Plusieurs constats se dégagent de nos analyses. Premièrement, le reporting de gouvernance réduit l’ampleur de la gestion des résultats comptables au-delà de la prise en compte des attributs du conseil d’administration. Par ailleurs, nos résultats montrent que le suivi des analystes financiers et le travail du comité d’audit amènent les entreprises à moins gérer leurs résultats comptables. Troisièmement, le reporting de gouvernance réduit l’asymétrie informationnelle sur les marchés boursiers au-delà de la prise en compte des attributs du conseil d’administration. Quatrièmement, la gestion des résultats comptables augmente l’asymétrie informationnelle. Enfin, nos résultats mettent en exergue le caractère de complémentarité entre les attributs du conseil et la communication organisationnelle relative à la gouvernance quant à leur effet sur la qualité des résultats comptables et l’asymétrie informationnelle sur les marchés boursiers.

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L’étude s’articule comme suit. La section 2 présente le cadre théorique et les hypothèses. La méthodologie et les résultats empiriques font l’objet des sections 3 et 4 alors que la section 5 tient lieu de conclusion.

2 - Cadre théorique et développement des hypothèses

2.1 - Gouvernance et qualité des résultats comptables

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La littérature antérieure démontre une relation entre l’asymétrie informationnelle et la qualité des résultats comptables (Dye, 1988 ; Trueman et Titman, 1988). Pour ces auteurs, la gestion des résultats n’a de sens que dans un contexte d’asymétrie de l’information. En outre, il ressort des études antérieures que le reporting volontaire réduit l’asymétrie informationnelle entre les investisseurs et les dirigeants d’entreprises (Welker, 1995 ; Lang et Lundholm, 1996). Lang et Lundholm (1996) montrent que le reporting volontaire attire les analystes financiers et génère des prévisions de résultats plus précises et une réduction dans la volatilité des révisions de prévisions. L’étude de Welker (1995) va dans le même sens, montrant que l’asymétrie informationnelle, mesurée par l’écart offre/demande, est réduite alors que la liquidité des titres augmente en fonction du niveau de reporting volontaire.

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Lobo et Zhou (2001) se fondent sur un indice de qualité de reporting établi par l’organisme américain Association for Investment Management and Research (AIMR) et sur les variables comptables de régularisation (VCR [1][1] Également appelé Accruals anormaux ou discrétionna...) anormales calculées à l’aide du modèle de Jones modifié pour mesurer la qualité des résultats comptables. Leurs résultats montrent une relation négative et significative entre la qualité du reporting et la gestion des résultats. Les firmes moins transparentes en matière de reporting tendent à s’engager dans la gestion des résultats et vice versa.

2.1.1 - Attributs de gouvernance et gestion des résultats

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La plupart des études qui ont analysé l’impact de la gouvernance sur la qualité des résultats se sont concentrées sur les attributs du conseil d’administration, qu’il s’agisse de l’indépendance du conseil, de sa taille, et de l’efficacité du comité d’audit.

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À cet égard, Beasley (1996) trouve une relation positive et significative entre la taille du conseil d’administration et la probabilité de fraude dans les états financiers alors qu’Abbott et al. (2000) ne trouvent aucun lien entre les deux phénomènes. En outre, Bédard et al. (2004) montrent une association entre ces deux variables, mais uniquement dans le cas d’une gestion des résultats à la baisse. Peasnell et al. (2003) et Klein (2002) montrent que la présence d’administrateurs externes et indépendants a tendance à limiter la latitude managériale dans la gestion des politiques comptables. Enfin, une relation négative entre le pourcentage d’administrateurs externes et les fraudes liées à l’information comptable et financière est mise en évidence par Dechow et al. (1996).

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Niu (2006) a étudié l’effet de la qualité de la gouvernance d’entreprise sur la qualité des résultats comptables pour un échantillon de firmes canadiennes. Les mécanismes de gouvernance étudiés sont : la composition du conseil d’administration, la part de propriété détenue par les dirigeants, les droits des actionnaires et le niveau de publication des pratiques au sujet de la gouvernance d’entreprise. La qualité des résultats est mesurée par le pouvoir informationnel (multiple de résultat) et le niveau de gestion des résultats. Leurs résultats montrent que la qualité des mécanismes de gouvernance mis en place permet de limiter le niveau des VCR anormales et d’améliorer le pouvoir informationnel des résultats comptables. La gouvernance serait un moyen permettant de garantir la crédibilité et la fiabilité des informations comptables.

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Plus récemment, Chang et Sun (2009) se sont intéressés à l’impact de l’adoption de la loi Sarbanes-Oxley Act (SOX) sur la qualité des résultats. SOX a resserré les règles de reporting en ce qui concerne la composition du comité d’audit et les autres informations de gouvernance. Les auteurs mesurent la qualité des résultats par son contenu informationnel sur les marchés boursiers (multiple du résultat) et par le niveau de gestion des résultats (VCR anormales). Leurs résultats montrent une relation positive et significative entre le contenu informationnel du résultat comptable publié et l’indépendance du conseil d’administration et du comité d’audit suivant l’adoption de SOX alors que l’information quant à l’indépendance du comité d’audit communiquée avant l’adoption de SOX ne semble par reliée au contenu informationnel des résultats publiés. En outre, les auteurs montrent une relation négative entre la gestion des résultats et l’indépendance du comité d’audit suivant l’adoption de SOX alors que cette relation n’est pas observée pour la période précédant l’adoption de SOX. Ce même constat est observé à propos de la dualité entre la direction générale et la présidence du conseil.

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Dans le contexte français, l’étude de Cormier et Martinez (2006) conduite à partir d’introductions en bourse met en évidence le rôle de la gouvernance jouée par la qualité de l’audit externe et le contrôle de l’actionnariat. En effet, la gestion du résultat dans le but d’atteindre la prévision de résultats annoncée est fortement réduite en présence d’un actionnariat concentré et quasi nulle en présence d’un auditeur de grande taille (big four). En revanche, l’indépendance de conseil d’administration et le fait d’utiliser les normes IFRS comme référentiel comptable n’ont pas d’impact sur la propension des entreprises à gérer leur résultat dans le but d’atteindre les prévisions annoncées.

2.1.2 - Reporting au sujet de la gouvernance et gestion des résultats

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Nous postulons que la gouvernance va au-delà des attributs du conseil d’administration et qu’elle s’inscrit dans une stratégie de transparence organisationnelle qui inclut la communication au sujet des pratiques de gouvernance.

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Niu (2006) ne trouve aucune relation significative entre le reporting au sujet de la gouvernance et les VCR anormales. L’absence d’une association statistique entre le reporting au sujet de la gouvernance et la qualité des résultats comptables est peut-être due au fait que l’auteure n’a pas pris en compte le caractère de simultanéité entre les mécanismes de gouvernance, le reporting au sujet de la gouvernance et l’asymétrie informationnelle, ce à quoi notre étude s’attardera.

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Enfin, Chang et Sun (2009) observent une relation positive entre la qualité des résultats et un score de qualité de la gouvernance, autant avant qu’après l’adoption de SOX. Les résultats de cette étude mettent en exergue l’importance de l’information au sujet de la gouvernance pour les acteurs financiers.

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En suivant le raisonnement de Dye (1988) et de Trueman et Titman (1988), dans la mesure où le reporting volontaire au sujet des pratiques de gouvernance peut réduire l’asymétrie informationnelle, nous pouvons prévoir qu’une meilleure qualité dans le reporting des pratiques de gouvernance mènera à la publication de résultats comptables de meilleure qualité. Dans la présente étude, nous mesurons la qualité des résultats comptables en estimant un modèle de gestion des résultats.

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Dès lors, nous anticipons la publication de résultats comptables de meilleure qualité pour les firmes plus transparentes dans leurs pratiques de reporting au sujet de la gouvernance. D’où notre première hypothèse :

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Hypothèse 1) Le reporting au sujet de la gouvernance augmente la qualité des résultats comptables publiés au-delà des attributs conseil d’administration.

2.2 - Qualité des résultats comptables et asymétrie informationnelle

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Les recherches empiriques révèlent que dans un marché boursier très liquide où les investisseurs sont dits sophistiqués tels que le marché boursier américain, les VCR sont plus pertinentes que les flux de trésorerie d’exploitation pour évaluer la performance future des entreprises (Wilson, 1986 ; Sloan, 1996), ou, à tout le moins, sont complémentaires aux flux de trésorerie d’exploitation (e.g. Bowen et al., 1987). Toutefois, dans un marché boursier sophistiqué, on peut aussi s’attendre à ce que les investisseurs ne soient pas dupés par les manipulations comptables, les VCR anormales.

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Par ailleurs, une valorisation par les marchés boursiers des VCR anormales permet d’envisager deux scénarios possibles (Subramanyam, 1996) : (1) la latitude managériale améliore la capacité des résultats comptables à refléter la valeur économique de la firme ; (2) le marché est inefficient vis-à-vis des VCR anormales, utilisées de manière opportuniste par les dirigeants. Dans le premier scénario, la pertinence des résultats s’accroît avec la gestion des résultats comptables par les dirigeants, ces derniers communiquant, par le biais des VCR anormales, les informations privées qu’ils détiennent au sujet de la rentabilité future de leur entreprise. Dans l’autre scénario, les investisseurs sont non avertis et incapables de modifier leur processus décisionnel en présence d’une gestion opportuniste des résultats (hypothèse de la fixation fonctionnelle). Conformément à ce deuxième scénario, Teoh et Rao (1998), puis Balsam et al. (2002) mettent en exergue une relation négative entre les VCR anormales et les rendements boursiers suivant l’émission de titres, ce qui laisserait supposer que les investisseurs ont été dupés par les résultats manipulés lors de l’introduction en bourse.

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Dans un marché efficient, on peut toutefois s’attendre à ce que les manipulations comptables augmentent l’incertitude dans le marché boursier par rapport à une information comptable de meilleure qualité. D’où notre deuxième hypothèse :

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Hypothèse 2) La qualité des résultats comptables publiés réduit l’asymétrie informationnelle sur les marchés boursiers.

2.3 - Gouvernance et asymétrie informationnelle

2.3.1 - Attributs de gouvernance et asymétrie informationnelle

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Quelques études antérieures montrent une relation entre la gouvernance et les rendements boursiers ou le prix des titres (e.g. Gompers et al., 2003 ; Chen et al., 2003 ; Beiner et al., 2006). En particulier, Chen et al. (2003) montrent que le fait d’investir dans une firme bénéficiant d’une haute cote de gouvernance génère en moyenne 8,5 % de rendement anormal.

2.3.2 - Reporting au sujet de la gouvernance et asymétrie informationnelle

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En ce qui concerne le reporting au sujet de la gouvernance, Chen et al. (2003) montrent qu’il réduit, en moyenne, le coût des capitaux propres de 0,47 % alors qu’une haute cote de gouvernance (attributs de gouvernance) le réduit, en moyenne, de 1,26 %. Selon les auteurs, l’apparente supériorité des mécanismes de gouvernance au-delà du reporting au sujet de la gouvernance dans la réduction de l’asymétrie d’information est tributaire de l’environnement légal de protection des investisseurs et du niveau global de réglementation des pratiques de gouvernance. Chen et al. (2003) trouvent que le reporting au sujet de la gouvernance joue un rôle mineur dans la réduction de l’asymétrie informationnelle dans les marchés émergents tels que l’Asie. Selon les auteurs, cela est dû à la faiblesse des mécanismes de gouvernance en place.

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Les études antérieures montrent que la communication volontaire réduit l’asymétrie informationnelle sur les marchés boursiers, qu’il s’agisse de communication financière (e.g. Scott, 1994) ou non financière. Les études s’intéressant à la communication non financière ont porté sur la performance organisationnelle en général (e.g. Healy et al., 1999 [2][2] L’étude de Healy et al. (1999) utilise un score de... ; Aerts et al., 2007), ou sur des éléments plus spécifiques, tels que la satisfaction de la clientèle (e.g. Ittner et Larcker, 1998 ; Banker et al., 2000), la gouvernance (e.g. Niu, 2006), la responsabilité sociale et environnementale (e.g. Richardson et Welker, 2001 ; Aerts et al., 2008).

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En ce qui a trait au reporting sur le Web, Chang et al. (2008), à partir d’un échantillon de firmes australiennes testent la relation entre le reporting touchant les relations avec les investisseurs et l’asymétrie informationnelle. Les résultats de l’étude montrent qu’un reporting de qualité attire les analystes financiers et les investisseurs institutionnels et augmente le volume de titres traités en bourse. Par ailleurs, l’écart offre/demande (bid-ask spread) diminue en fonction de la qualité du reporting.

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Dans une étude de comparaison internationale (Europe continentale et Amérique du Nord), Aerts et al. (2007) montrent que le reporting sur le Web à propos de la performance organisationnelle est associé à une réduction de la dispersion dans les consensus des analystes financiers en Amérique du Nord. Ce résultat est particulièrement robuste pour le reporting portant sur le capital humain et intellectuel. En ce qui concerne l’Europe continentale, aucune relation significative n’est observée entre le reporting sur le Web et la dispersion dans les consensus des analystes financiers. Les auteurs concluent qu’en Europe continentale, la communication organisationnelle sur le Web est moins tributaire des marchés financiers qu’elle ne l’est en Amérique du Nord. En Europe continentale, la gouvernance organisationnelle en matière de communication volontaire s’étend à plusieurs parties prenantes.

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Dans ce contexte, nous croyons que le reporting au sujet de la gouvernance peut servir de complément aux mécanismes de gouvernance de la firme dans la réduction de l’asymétrie informationnelle sur les marchés boursiers, en particulier au Canada où la protection des investisseurs est élevée de même que le niveau de reporting au sujet de la gouvernance [3][3] Comme l’illustre l’extrait suivant de la firme Bell....

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Dès lors, le reporting au sujet de la gouvernance est susceptible d’être jugée crédible par les investisseurs. Ainsi, notre troisième hypothèse se présente comme suit :

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Hypothèse 3) Le reporting au sujet de la gouvernance réduit l’asymétrie informationnelle sur les marchés boursiers au-delà des attributs conseil d’administration.

3 - Méthodologie

3.1 - Échantillon

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L’échantillon débute par 155 observations de firmes pour lesquelles nous avons codé l’information au sujet de la gouvernance sur leur site Web en 2005. Initialement, nous avons collecté cette information en 2002 pour un échantillon de 189 observations pour une étude portant sur les indicateurs de performance communiqués sur le Web (Cormier et al., 2007). Toutes les firmes non financières du Toronto Stock Exchange S&P/TSX Index ont alors été identifiées (l’indice boursier regroupait 220 firmes au total à l’été 2002 dont 189 firmes non financières). Les fusions et acquisitions et les faillites ont réduit l’échantillon à 155 firmes en 2005. L’échantillon final est de 136 observations car il y 19 données manquantes en ce qui concerne l’indépendance, la taille du conseil et du comité d’audit. Notre échantillon représente plus de 44 % de la capitalisation boursière des firmes cotées à la bourse de Toronto et 80 % des sociétés non financières cotées.

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Les données financières proviennent de la base de données Stock Guide et les données sur les attributs de gouvernance proviennent des circulaires d’information des firmes (disponible dans la base de données SEDAR).

3.2 - Modèles

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Pour analyser les effets simultanés des caractéristiques du conseil d’administration, du reporting au sujet de la gouvernance et de la qualité des résultats publiés sur l’asymétrie informationnelle dans les marchés boursiers, nous avons recours à des équations simultanées de type triple moindres carrés (3SLS). Cette approche vise à tenir compte de l’endogénéité entre la gestion des résultats, le reporting au sujet de la gouvernance et l’asymétrie d’information. Deux séries d’équations sont estimées car nous utilisons deux variables distinctes pour mesurer le niveau d’asymétrie informationnelle : la volatilité des titres et le Tobin Q. Pour chaque série d’équations, les régressions sont estimées pour le score total de reporting au sujet de la gouvernance ainsi que pour les cinq composantes du score.

Nous utilisons les données sur les attributs de gouvernance provenant des circulaires d’informations pour l’exercice 2004 car au moment de procéder au codage du reporting au sujet de la gouvernance sur les sites Web au printemps 2005, les circulaires d’information de 2004 étaient celles disponibles aux investisseurs.

3.3 - Mesure des variables

3.3.1 - Modèle de VCR anormales

Variable expliquée

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Nous mesurons la gestion des résultats à partir des variables comptables de régularisation (VCR) (accruals) expliquant la différence entre le résultat net et le flux de trésorerie d’exploitation. Pour une firme i et une période t données, les VCR totales sont calculées de la manière suivante :

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L’équation (1) indique que le montant des VCR est fonction de la variation du chiffre d’affaires (?CA), du flux de trésorerie généré par l’exploitation en t-1 (FTEit-1) et des immobilisations en t (IMMOit). Le modèle de VCR anormales est estimé par une régression temporelle de coupe instantanée sur une période de trois ans précédant l’année 2004 (155 observations par année, soit 465 observations-années), année où nous calculons la partie normale des VCR. Le résultat de 2004 est celui disponible au moment de la collecte de données des sites Internet. Étant donné qu’environ 28 % des entreprises de notre échantillon ont subi des pertes d’exploitation au cours des trois années d’estimation des VCR anormales (2001 à 2003), nous ajoutons une variable dichotomique pour prendre en compte ce phénomène [4][4] Les résultats sont quasi-similaires lorsqu’on estime.... Le terme résiduel représente la partie des ajustements discrétionnaires, qui sont par essence manipulables.

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Les coefficients de l’équation (2) (variables normalisées par l’actif total en début de période à l’exception de la variable dichotomique) servent ensuite à calculer les VCR normales (VCRND) :

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Pour dégager la partie anormale du résultat de 2004, nous déduisons du montant total des VCR les VCRN.

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Pour les variables explicatives des VCR anormales, notre intérêt est d’analyser dans quelle mesure les attributs de gouvernance (indépendance du conseil, taille du conseil et du comité d’audit) et la dynamique informationnelle, telle que captée par le suivi des analystes financiers et le reporting au sujet de la gouvernance affecte la qualité des résultats. Le travail des analystes financiers a un impact sur les politiques comptables des entreprises. Burgstahler et Eames (2006) et Phillips et al. (2003) observent un niveau élevé de VCR anormales lorsque l’erreur de prévision des analystes est nulle ou faiblement positive.

Variables explicatives

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Suivi des analystes. Le suivi des analystes financiers par son rôle de monitoring peut améliorer la qualité de l’information comptable publiée. DeGeorge et al. (2005) montrent que l’influence des analystes financiers pour assurer la publication de résultats de meilleure qualité se manifeste davantage sentir dans les pays où la réglementation des marchés financiers est efficace. Par ailleurs, les auteurs observent que dans ces pays, les firmes ont tendance à recourir à une gestion des résultats à court terme afin d’atteindre les prévisions des analystes financiers. Dès lors, comme le signe de la relation entre le suivi des analystes et la qualité des résultats publiés est ambigu, nous ne faisons aucune prédiction.

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Indépendance et taille du conseil d’administration. Les études antérieures (Niu, 2006 ; Bédard et al., 2004) montrent que la qualité des attributs de gouvernance, dont l’indépendance et la taille du conseil d’administration, permet de limiter le niveau des VCR anormales. Nous anticipons une relation négative entre l’indépendance et la taille du conseil d’administration et les VCR anormales. Par ailleurs, des études antérieures (e.g. Golden et Zajac, 2001 ; Vafeas, 1999) montrent que la relation entre la taille du conseil d’administration et son efficacité, telle que mesurée par son impact sur l’asymétrie informationnelle, prend une forme curvilinéaire. Afin de tenir compte de ce phénomène de curvilinéarité, nous incluons dans nos modèles les variables Taille du conseil et Taille du conseil au carré.

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Taille du comité d’audit. L’efficacité d’un comité d’audit est importante pour assurer la publication de résultats comptables de qualité (Vafeas, 2005). Au Canada, la taille minimale du comité d’audit est de trois membres et ils doivent tous être indépendants. Dès lors, nous prévoyons que le comité d’audit sera plus efficace dans son rôle d’assurer des états financiers de qualité si sa taille excède trois.

3.3.2 - Modèle d’asymétrie informationnelle

Variables expliquées

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Dans la littérature, plusieurs variables ont été proposées afin de capter le phénomène d’asymétrie informationnelle dans les marchés boursiers. Les résultats des études de Francis et al. (2005), Leuz et Verrecchia (2000), Healy et al. (1999) et Welker (1995) montrent que le niveau d’asymétrie informationnelle est relié négativement à la qualité de la communication organisationnelle. Dans ces études, les variables utilisées sont soit l’écart offre/demande, la volatilité des titres boursiers ou le volume de titres traités sur une bourse. D’autres études ont recours au ratio Valeur de marché/Valeur comptable des fonds propres ou au Tobin Q (e.g. Aerts et al., 2007 ; Clarkson et al., 2008). Dans la présente étude, nous utilisons les deux variables suivantes : volatilité des titres boursiers et Tobin Q.

Variables explicatives – Volatilité des titres

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Nous nous appuyons sur l’étude de Leuz and Verrecchia (2000) dans le choix des variables explicatives de l’asymétrie informationnelle.

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Suivi des analystes. Atiase et Bamber (1994), Imhoff et Lobo (1992), Marquardt et Wiedman (1998) avancent que le suivi des analystes est une variable de substitution pour l’information disponible aux investisseurs. Les résultats de l’étude de Roulstone (2003) montrent que la présence d’analystes financiers réduit l’asymétrie informationnelle. Nous anticipons une relation négative entre le suivi des analystes et la volatilité des titres.

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Risque systématique. Plus le risque systématique est élevé, plus il devient difficile pour les investisseurs d’évaluer la valeur d’un titre boursier. Cette plus grande incertitude augmente les coûts d’information et, dès lors, le coût du capital (Leuz et Verrecchia, 2000 ; Hail et Leuz, 2006 ; Botosan et Plumlee, 2005 ; Mikhail et al., 2004 ; Gebhardt et al., 2001 ; Botosan, 1997). Nous attendons une relation positive entre le risque systématique et la volatilité des titres.

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Actionnariat dispersé. Plus l’actionnariat est dispersé, moins il y a de blocs de contrôle ayant déjà accès à l’information privée (Leuz and Verrecchia, 2000). Nous anticipons une relation négative entre la variable Actionnariat dispersé et la volatilité des titres.

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Indépendance du conseil. En accord avec les résultats de l’étude Rechner and Dalton (1991), nous anticipons une relation négative entre la volatilité des titres et l’indépendance du conseil, mesurée par la proportion des administrateurs indépendants ainsi que par la séparation des fonctions de direction générale et de présidence du conseil. La variable est de (0) si la majorité des administrateurs ne sont pas indépendants, de (1) si la majorité des administrateurs sont indépendants et de (2) si la majorité des administrateurs sont indépendants et que les fonctions de directeur général et de président du conseil sont occupées par des personnes différentes.

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Taille du conseil d’administration et taille du comité d’audit. En accord avec les travaux de Beasley (1996), Bédard et al. (2004), Gompers et al. (2003), Chen et al. (2003) et Beiner et al. (2006), nous anticipons une relation négative entre la taille du conseil d’administration et la taille du comité d’audit et la volatilité des titres.

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Pour tenir compte d’une relation curvilinéaire entre la taille du conseil et son impact sur l’asymétrie informationnelle, nous ajoutons au modèle la variable Taille du conseil au carré.

Variables explicatives – Tobin Q

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Pour le modèle de Tobin Q, nous anticipons un signe contraire au modèle de volatilité des titres pour les variables de gouvernance et la variable VRC anormales. En effet, une réduction dans la volatilité d’un titre est susceptible d’avoir un impact positif sur le Tobin Q.

3.3.3 - Modèle de reporting au sujet de la gouvernance

Variable expliquée

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Notre variable de reporting au sujet de la gouvernance se fonde sur les indicateurs suggérés dans le rapport des Nations Unis publié en 2002 et mis à jour en 2005 Guidance on Good Practices in Corporate Governance Disclosure (United Nations, 2006 [5][5] Dans ce document des Nations Unis, l’information non...). Notre grille de codage présentée à l’annexe 1 comprend 17 éléments regroupés sous 5 composantes : gestion stratégique ; dirigeants ; administrateurs ; comité d’audit ; et actionnariat. L’information est collectée à partir des sites Web des entreprises [6][6] Au Canada, en juin 2005, l’Ontario Securities Commission.... Le contenu Web est codé en fonction de l’aspect indicatif (1 point), descriptif/qualitatif (2 points) et quantitatif/monétaire (3 points). Cette approche a initialement été utilisée par Wiseman (1982), Cormier and Magnan (2003), Aerts et al. (2007) et Cormier et al. (2009).

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Les sites Web sont codés en ligne et sauvegardés sur CD-Rom. Afin d’assurer la cohérence dans le codage et la validité interne, deux personnes procèdent au codage de toutes les entreprises. Tout écart entre les deux codeurs est subséquemment analysé par un des cochercheurs [7][7] Chaque codeur a appliqué la procédure suivante : (1)....

Variables explicatives

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VCR anormales. Dans la mesure où le reporting au sujet des pratiques de gouvernance est susceptible de mener à la publication de résultats comptables de meilleure qualité, nous introduisons la variable VRC anormales en valeur absolue. Nous prévoyons une relation négative entre les VCR anormales et le reporting au sujet de la gouvernance.

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Indépendance du conseil d’administration. Taille du conseil d’administration. Taille du comité d’audit. Nous prévoyons un lien positif entre la qualité des mécanismes de gouvernance mis en place par une entreprise et le niveau de reporting au sujet de la gouvernance. À titre d’exemple, Ben-Amar et Boujenoui (2008) montrent une relation négative entre le reporting au sujet de la gouvernance et l’actionnariat détenu par les dirigeants et les membres du conseil d’administration. Pour tenir compte de la relation curvilinéaire entre la taille du conseil et son impact sur la transparence en matière de reporting de la gouvernance, nous ajoutons au modèle la variable Taille du conseil au carré.

59

Actionnariat dispersé. La structure de propriété détermine le niveau de monitoring et, dès lors, la qualité de la communication (Eng and Mak, 2003). Les firmes à actionnariat dispersé sont plus proactives dans leur communication de l’information aux investisseurs car il n’y a pas d’actionnaire dominant ayant un accès direct à l’information (Hope, 2003). Dans le contexte canadien, Ben-Amar et Boujenoui (2008) montrent une relation négative entre le reporting de la gouvernance et l’actionnariat détenu par les dirigeants et les membres du conseil d’administration.

60

Secteur d’activité. Le niveau de reporting au sujet de la gouvernance est susceptible de varier en fonction du secteur d’activité. À titre d’exemple, le niveau de concurrence ou de barrières à l’entrée varie d’un secteur d’activité à l’autre. Ainsi, la concurrence, le suivi des analystes financiers et la demande d’informations volontaires varient d’un secteur à l’autre (Wagenhofer, 1990). Dès lors, des variables dichotomiques sont utilisées pour tenir compte du secteur d’activité.

Mesure des variables

4 - Résultats

4.1 - Statistiques descriptives

61

Le tableau 1 présente les statistiques descriptives des variables financières et des attributs de gouvernance. Le niveau des VCR anormales totaux se compare aux études antérieures (par exemple Cormier et Martinez, 2006 dans le contexte français). En moyenne les VCR totales représentent 5,9 % de l’actif et les VCR anormales 1,4 %. Les entreprises sont dans une forte dynamique informationnelle puisqu’elles sont en moyenne suivies par près de sept analystes financiers. La variable Indépendance du conseil avec une moyenne de 0,909 nous indique que dans la plupart des cas, les membres sont indépendants mais les fonctions de directeur général et de président du conseil sont occupées par la même personne. Enfin, les conseils sont d’assez grande taille (moyenne de 10 membres) et les comités d’audit dépassent de façon significative le chiffre obligatoire de trois (moyenne de 3,98).

Tableau 1 - Statistiques descriptiveTableau 1
62

La matrice de corrélation présentée au tableau 2 n’indique aucun problème de multicolinéarité, les seules variables hautement corrélées étant les scores de reporting de gouvernance. Les variables Suivi des analystes (-0,15), Risque systématique (-0,14) et Taille du conseil (-0,19) sont significativement associées à la qualité des résultats comptables tel qu’estimé par les VCR anormales. En accord avec notre hypothèse 1, le reporting de gouvernance est relié à une réduction de l’ampleur de la gestion des résultats comptables (-0,12 pour le score total de reporting et –0,14 pour le reporting au sujet des administrateurs). Par rapport à la volatilité des titres boursiers, nous observons une corrélation avec la taille du conseil d’administration (-0,37) et celle du comité d’audit (-0,33). En conformité avec l’hypothèse 2, nous observons une corrélation négative entre les VCR anormales et la volatilité des titres (0,27). En outre, l’indépendance du conseil d’administration serait associée à une prime boursière telle que captée par le Tobin Q (0,17). Enfin, le reporting de gouvernance est relié aux variables Taille du conseil (0,13) et Actionnariat dispersé (0,24).

Tableau 2 - Corrélations(*)Tableau 2

(*) significatif au seuil de 10 %

63

Au tableau 3, nous retrouvons les scores de reporting de gouvernance sur le Web. Le score total est en moyenne de 17,94. Par rapport aux différentes composantes, les variables Reporting Gestion stratégique (6,18) et Reporting Administrateurs (6,69) montrent les scores les plus élevés. Les tests Alpha de Cronbach qui mesurent la cohérence interne montrent une variance systématique (alpha = 0,75 pour le score total et varie de 0,68 to 0,81 pour les différentes composantes). Cela est plus élevé que l’Alpha de 0,64 obtenu par Botosan (1997) à partir d’une grille de codage qui regroupait cinq composantes de reporting dans le rapport annuel. Selon Nunnaly (1978), un score Alpha de 0,70 est acceptable.

Tableau 3 - Reporting au sujet de la gouvernance. Scores moyens par composantesTableau 3

4.2 - Analyses multivariées

64

Comme nous supposons que la dynamique d’informations financières et de gouvernance affecte l’asymétrie informationnelle et la qualité des résultats comptables simultanément, nous appliquons le test de Hausman afin de déterminer s’il existe de l’interaction entre ces variables. Nos analyses nous permettent de rejeter l’hypothèse nulle d’absence d’endogénéité entre l’asymétrie informationnelle et le reporting au sujet de la gouvernance (statistique t pour le lien entre les variables Volatilité des titres et Reporting de gouvernance [score total] = 2,10 ; p < 0,038 ; statistique t de Student pour le lien entre le Tobin Q et le Reporting de gouvernance [score total] = 2,39 ; p < 0,018), et entre la qualité des résultats comptables et le Reporting de gouvernance [score total] (statistique t de Student = 2,04 ; p < 0,044).

65

Ces résultats nous confortent dans la décision de recourir à des modèles d’équations simultanées. Nous recourons au modèle des triples moindres carrés (three-stage least squares – 3SLS) avec estimation SURE (seemingly unrelated regression estimation). La méthode 3SLS permet d’endogénéiser les variables explicatives qui ne sont pas orthogonales au terme d’erreur de l’équation (x), soit les variables Reporting de gouvernance et VCR anormales.

66

Pour sa part, la méthode SURE permet d’améliorer l’efficience des paramètres estimés lorsqu’il y a corrélation entre les résidus des équations du modèle. En l’absence de corrélations entre les résidus des différentes régressions (Binkley, 1982), la procédure SURE générera des résultats identiques à ceux de la méthode OLS. Dans notre modèle d’équations simultanées, nous constatons une corrélation de 8 % entre les résidus de la régression du score total de gouvernance et ceux de la régression des VCR anormales. Enfin, dans notre modèle, les variables Taille du conseil et Taille du conseil au carré sont corrélées à 95 % et les variables Taille du conseil et Taille du comité d’audit, à 55 %. Par conséquent, comme il pourrait se présenter ici un problème de multicolinéarité, la méthode SURE générera également des estimateurs plus efficients dans ce cas (Binkley 1982).

67

En ce qui concerne les déterminants de la qualité des résultats comptables, mesurée par les VCR anormales, en accord avec l’hypothèse 1, le tableau 4 montre que le coefficient de la variable Reporting de gouvernance (score total) est relié de façon négative et significative aux VCR anormales (-0.002 ; p < 0.01). Le reporting au sujet de la gouvernance réduit la gestion des résultats comptables au-delà des attributs du conseil d’administration. De plus, nous constatons que tel est le cas pour l’information portant sur les dirigeants, les administrateurs et le comité d’audit. Quand aux variables liées aux attributs du conseil d’administration, la taille du conseil (-0,037 ; p < 0.10) et la taille du comité d’audit (-0.027 ; p < 0,05) semblent avoir un impact favorable sur la qualité des résultats comptables publiés. Par ailleurs, le coefficient de la variable Taille du conseil au carré est positif et significatif, ce qui montre le caractère curvilinéaire de la relation (0,002 ; p < 0,10). Enfin, nous observons une relation négative et significative entre le suivi des analystes financiers et la gestion des résultats. Ce résultat va dans le sens des conclusions de l’étude de DeGeorge et al. (2005).

68

Dans le modèle de la volatilité des titres présenté au tableau 4, en accord avec l’hypothèse 2, les résultats montrent une relation positive et significative entre le niveau de gestion des résultats et la volatilité des titres (coefficient de la variable VCR anormales pour la régression de Reporting de gouvernance [score total] = 1,797 ; p < 0,01). La gestion des résultats comptables augmente l’asymétrie informationnelle sur les marchés boursiers. De plus, en accord avec l’hypothèse 3, les résultats montrent une relation positive et significative entre le reporting au sujet de la gouvernance et la volatilité des titres (coefficient de la variable score total de reporting de gouvernance = –0,016 ; p < 0,10). Le reporting au sujet de la gouvernance réduit l’asymétrie informationnelle sur les marchés boursiers au-delà des attributs du conseil d’administration. Les variables Taille du conseil et Taille du comité d’audit sont négativement reliées à la volatilité des titres alors que nous observons un phénomène de curvilinéarité pour la taille du conseil puisque le coefficient de la variable Taille du conseil au carré est positivement relié à l’asymétrie informationnelle.

Tableau 4 - Régressions en équations simultanées (3SLS) des déterminants de la volatilité des titres, de la qualité des résultats et du reporting au sujet de la gouvernance(*),(**),(***)Tableau 4

Unidirectionnel s’il y a prédiction de signe, bidirectionnel autrement. Les coefficients pour les variables dichotomiques relatives aux secteurs d’activités ne sont pas présentés.

(*) : p < 0.10 ;

(**) : p < 0.05 ;

(***) : p < 0.01.

69

Nous ne formulons pas d’hypothèses formelles quant aux déterminants du reporting au sujet de la gouvernance. Toutefois, il ressort de nos résultats qu’un actionnariat dispersé et, dans une moindre mesure, la taille du conseil favorise la communication de l’information alors que les firmes qui s’adonnent à la gestion de leurs résultats adoptent une attitude de prudence dans la communication organisationnelle touchant la gouvernance.

70

Au tableau 5, nous retrouvons les mêmes analyses, mais en substituant la variable Tobin Q à la variable Volatilité du titre. Les résultats sont relativement similaires à ceux présentés au tableau 4. La seule différence notable concerne la variable Indépendance du conseil. Nous n’observons aucune relation significative entre l’indépendance du conseil et la volatilité des titres alors qu’il semble qu’un conseil indépendant créerait une prime boursière (Tobin Q). Ce résultat est quelque peu surprenant et nécessitera d’autres études pour éluder cette question.

Tableau 5 - Régressions en équations simultanées (3SLS) des déterminants de Tobin Q, de la qualité des résultats et du reporting au sujet de la gouvernance(*),(**),(***)Tableau 5

Unidirectionnel s’il y a prédiction de signe, bidirectionnel autrement. Les coefficients pour les variables dichotomiques relatives aux secteurs d’activités ne sont pas présentés.

(*) : p < 0.10 ;

(**) : p < 0.05 ;

(***) : p < 0.01.

4.2.1 - Analyses de sensibilité

71

Comme première analyse de sensibilité, nous avons réestimé notre modèle 1 (VCR anormales, volatilité des titres, Reporting de gouvernance) en intégrant simultanément les cinq composantes du score de gouvernance. Le modèle se présente comme suit :

72
73

Les résultats non présentés confirment, dans une large mesure, ceux exposés au tableau 4. Une plus grande transparence en Reporting Gestion stratégique (-0.028 ; p < 0,10) et Reporting Comité d’audit (-0.071 ; p < 0,055) réduit l’asymétrie informationnelle telle que mesurée par la volatilité des titres. En revanche, bien que le coefficient de la variable Reporting Administrateurs demeure significatif pour expliquer la qualité des résultats comptables (-0.005 ; p < 0,062), le coefficient de la variable Reporting Comité d’audit n’est plus significatif. Ce résultat peut s’expliquer par le fait que les deux variables sont corrélées à 68 %.

74

Les analyses qui suivent portent uniquement sur le modèle de score total de gouvernance. Comme deuxième analyse, nous substituons à la variable suivi des analystes financiers en nombre brut la variable ln (1+ nombre d’analystes). Les résultats sont similaires à ceux présentés au tableau 4. Le coefficient de la variable ln (1+ nombre d’analystes) est négatif et significatif dans les régressions des VCR anormales (-0.035 ; p < 0,05) et Volatilité des titres (-0.405 ; p < 0,01). Ce résultat n’est pas surprenant dans la mesure où les variables Nombre d’analystes et Ln (1+ nombre d’analystes) sont corrélées à 88 %.

75

Troisièmement, nous remplaçons la variable multi nominale Indépendance du conseil par deux variables séparées : % des administrateurs indépendants et Absence de dualité dans la direction générale et la présidence du conseil. Les résultats sont identiques à ceux présentés au tableau 4. Les coefficients des deux variables ne sont pas significatifs.

76

Les recherches antérieures montrent une relation positive entre le reporting volontaire et la taille de la firme (e.g. Scott, 1994 ; Neu et al., 1998). Comme quatrième analyse, nous ajoutons la variable taille de l’actif (ln actif) à l’équation de Reporting de gouvernance. Le coefficient de la variable Taille est positif et significatif (7,690 ; p < 0,01). Toutefois, le coefficient de la variable VCR anormales demeure négatif et significatif (-10,315 ; p < 0,05). Ce résultat signifie que la relation entre la qualité des résultats et le reporting de gouvernance n’est pas simplement un phénomène de taille.

77

Comme dernière analyse, nous réestimons les régressions pour tenir compte d’une éventuelle relation curvilinéaire entre le niveau de reporting de gouvernance et son impact sur l’asymétrie informationnelle. Nous ajoutons à l’équation de volatilité des titres la variable Reporting de gouvernance au carré. Les résultats (non présentés) montrent que le coefficient de cette variable n’est pas significatif. Cela n’est pas surprenant dans la mesure où les scores de reporting au sujet de la gouvernance sont relativement peu élevés.

5 - Discussion et conclusion

78

S’appuyant sur les écrits en reporting volontaire et sur la théorie des coûts d’informations, notre étude revisite le lien entre la gouvernance organisationnelle et la gestion des résultats comptables. Par rapport aux études antérieures, nous élargissons le concept de gouvernance pour y intégrer la communication d’informations complémentaires disponibles sur le Web. S’inscrivant dans une stratégie de transparence, la communication de ces informations est susceptible d’être associée à une amélioration de la qualité des résultats comptables et de réduire l’asymétrie informationnelle entre les dirigeants et les investisseurs. Notre analyse porte sur un échantillon d’entreprises canadiennes de grande taille et repose sur une approche méthodologique qui tient compte de la simultanéité entre les différents construits étudiés.

79

Nos résultats montrent que la transparence dans le reporting de gouvernance est associée à des résultats comptables de meilleure qualité alors qu’elle réduit l’asymétrie informationnelle entre la firme et les investisseurs. Le fait que la gestion des résultats comptables augmente l’asymétrie informationnelle indiquerait que les investisseurs canadiens tiennent compte d’éventuelles manipulations opportunistes des résultats comptables pour fixer la cote boursière.

80

D’autres constats se dégagent de notre étude. Le suivi des analystes financiers et le travail du comité d’audit amènent les entreprises à moins gérer leurs résultats comptables. Nos résultats mettent également en exergue le caractère de complémentarité entre les attributs du conseil d’administration et le reporting de gouvernance quant à leur effet sur la qualité des résultats comptables et l’asymétrie informationnelle sur les marchés boursiers. Ce caractère de complémentarité s’observe dans un contexte où la protection des investisseurs est élevée. En ce sens, nos résultats ajoutent à la littérature antérieure (e.g. Chen et al. (2003) qui trouve que le reporting de gouvernance joue un rôle mineur dans la réduction de l’asymétrie informationnelle dans les marchés où les mécanismes de gouvernance sont faibles. Par ailleurs, notre étude contribue à la littérature en analysant l’impact de l’information au sujet de la gouvernance communiquée sur le Web plutôt que de s’appuyer sur des cotes de gouvernance publiées par des organismes externes. Ce faisant, nous croyons être mieux à même d’appréhender la stratégie de la firme en matière de communication organisationnelle.

81

Le fait que le reporting de gouvernance affecte l’asymétrie informationnelle sur les marchés boursiers laisse à penser que la communication volontaire n’est pas purement symbolique. Toutefois, le fait que le reporting de gouvernance est fonction de la qualité des résultats comptables et des attributs de gouvernance nous montre que la stratégie de communication n’est pas entièrement exempte de souci de gestion des impressions. Ce résultat nous conforte dans notre choix d’analyser les effets simultanés des attributs du conseil d’administration, du reporting au sujet de la gouvernance et de la qualité des résultats comptables publiés sur l’asymétrie informationnelle.

82

Comme dans toutes les recherches portant sur la gestion des résultats, la présente étude repose sur une mesure spécifique des VCR anormales qui ne peut en saisir tout le phénomène sous-jacent. Toutefois, dans la présente étude, l’erreur d’estimation des VCR anormales s’avère moins cruciale que dans d’autres études portant sur les déterminants politico-contractuels car nous utilisons une mesure relative (valeur absolue des VCR anormales). Par ailleurs, il serait intéressant, dans une prochaine étude, de confronter notre variable de reporting de gouvernance à un score de qualité de la gouvernance que l’on retrouve dans des bases de données externes.

83

Les résultats de la présente étude pourraient présenter un intérêt pour les auditeurs externes et les organismes de normalisation de la comptabilité et des marchés financiers. Le fait de montrer qu’une communication médiocre au sujet de la gouvernance est associée à une mauvaise qualité des résultats comptables publiés peut offrir un indice intéressant aux auditeurs externes. Par ailleurs, il serait intéressant d’étendre cette étude à des pays, comme la France, qui ont adopté le référentiel IFRS. Le caractère de reconnaissance international du référentiel IFRS devrait théoriquement produire des états financiers de meilleure « qualité ». Si tel est le cas, les mécanismes de gouvernance et les pratiques de reporting au sujet de la gouvernance devraient avoir un impact plus faible sur la qualité des données comptables publiées et sur l’asymétrie informationnelle dans les marchés boursiers.

84

Remerciements

Cette recherche a été réalisée grâce au soutien financier du Fonds pour l’éducation et la saine gouvernance de l’Autorité des marchés financiers (« l’Autorité »), le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH), le Fonds Québécois de recherche sur la société et la culture, PricewaterhouseCoopers et KPMG. Les informations, renseignements, opinions et avis exprimés au présent article n’engagent que la responsabilité des auteurs.


Annexe

Grille de reporting de gouvernance

Échelle de codage :

3 : Élément quantitatif ; 2 : Élément descriptif/qualitative ; 1 : Élément indicatif/général


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Notes

[1]

Également appelé Accruals anormaux ou discrétionnaires

[2]

L’étude de Healy et al. (1999) utilise un score de transparence touchant autant le reporting financier que non financier. Ce score de transparence est calculé par l’organisme américain Association for Investment Management and Research (AIMR), An Annual Review of Corporate Reporting Practices.

[3]

Comme l’illustre l’extrait suivant de la firme Bell Canada qui fait partie de notre échantillon, l’information de la gouvernance que l’on retrouve sur le Web est complémentaire à ce qu’on peut retrouver dans les circulaires d’information : « Voici les principales mesures en matière de gouvernance adoptées par BCE qui reflètent notre engagement à appliquer des normes élevées en matière de gouvernance : adopté des versions révisées des chartes pour les comités du conseil de BCE ; adopté des critères d’indépendance des administrateurs ; adopté une nouvelle politique en matière de traitement des plaintes relatives à la comptabilité et à la vérification ; lancé un outil en ligne innovateur qui permet à tous les employés de BCE et de ses filiales de signaler en toute confiance des pratiques douteuses en matière de comptabilité et de vérification (cet outil s’ajoute aux autres moyens de communication dont disposent nos employés) ; limité les types de services que nous obtiendrions de notre vérificateur externe aux services de vérification, à certains services liés à la vérification et à certains services fiscaux (les types de services permis sont plus restrictifs que ce que prévoient les exigences légales actuelles qui s’appliquent à nous) ; supprimé le régime d’options d’achat d’actions des administrateurs et augmenté l’exigence minimale relative à la propriété d’actions des administrateurs afin de rapprocher davantage leurs intérêts de ceux des actionnaires de BCE ; adopté une politique sur l’indépendance des vérificateurs qui régit l’embauche du vérificateur externe pour fournir des services de vérification et des services non liés à la vérification ; nommé un responsable de la vérification interne et de la gestion des risques qui relève directement du président du comité de vérification ; créé et mis sur pied une équipe pour le projet de contrôles internes afin de mettre en œuvre la règle connexe de la SEC sur le contrôle interne à l’égard de l’information financière ; adopté un Code de conduite de Bell Canada Entreprises, y compris les règles proposées en matière d’éthique pour le président et chef de la direction, le chef des affaires financières et d’autres directeurs financiers commencé à passer en charges les options d’achat d’actions séparé les postes de président du Conseil et de chef de la direction ; créé le comité de la caisse de retraite qui a la responsabilité de traiter toutes les questions de retraite ».

[4]

Les résultats sont quasi-similaires lorsqu’on estime les VCR normales sur les quatre années d’observations, soit de 2001 à 2004.

[5]

Dans ce document des Nations Unis, l’information non financière relative à la gouvernance est regroupée en neuf composantes : objectifs ; actionnariat et droits des actionnaires ; structure et politiques de gouvernance ; membres du conseil d’administration et dirigeants ; parties prenantes et responsabilité sociale et environnementale ; facteurs de risque ; auditeurs externes ; fonction d’audit interne.

[6]

Au Canada, en juin 2005, l’Ontario Securities Commission a publié le National Policy 58-201 Corporate Governance Guidelines rendant obligatoire la communication de certaines pratiques de gouvernance (composition du conseil d’administration, compétence, rémunération, éthique, description des comités du conseil et leur travail). Au moment de coder l’information au sujet de la gouvernance communiquée sur le Web, les firmes n’étaient pas encore liées par cette directive. Dès lors, nous pouvons supposer que le reporting de gouvernance sur le Web se fait de façon volontaire pour la période étudiée.

[7]

Chaque codeur a appliqué la procédure suivante : (1) identification de l’élément faisant partie d’une composante de reporting ; (2) codage en fonction du niveau de qualité du contenu et (3) conciliation et compilation du sous-échantillon analysé. Les codeurs étaient formés afin de bien appliquer les instructions relatives au codage et dans l’utilisation des feuilles de codage. Ils ignoraient les hypothèses de la recherche. Les écarts initiaux dans le codage avoisinaient en moyenne 7 % du score par entreprise. En ce qui concerne l’échelle de mesure de la qualité (1, 2, 3), moins de 10 % des éléments ont nécessité une conciliation entre codeurs. Les désaccords se sont produits en début de processus de codage, essentiellement pour les 5 premières firmes par secteur d’activité. Un cochercheur s’est chargé de concilier tout écart supérieur à 5 % du score le plus élevé entre les deux codeurs. Les écarts inférieurs à 5 % ont été résolus par les deux codeurs eux-mêmes.

Résumé

Français

Dans la présente étude, nous analysons les relations simultanées entre la gouvernance d’entreprise, la qualité des résultats comptables et l’asymétrie informationnelle sur les marchés boursiers. Nous considérons que la gouvernance englobe tant les attributs du conseil d’administration que l’information relative aux pratiques de gouvernance communiquée par une entreprise sur son site Web. Une plus grande transparence en matière de gouvernance devrait se traduire par une meilleure qualité des résultats comptables et par une réduction de l’asymétrie informationnelle. Nos résultats sont conformes à ces attentes. De plus, ils dénotent une complémentarité entre les attributs du conseil et le reporting de gouvernance quant à leur effet sur la qualité des résultats comptables et l’asymétrie informationnelle entre les dirigeants et les investisseurs.

Mots-clés

  • gouvernance
  • asymétrie informationnelle
  • gestion des résultats

English

Governance Disclosure, Board Characteristics, and Earnings Quality: Impact on stock marketsIn this study, we analyze the simultaneous relations between corporate governance, earnings quality and information asymmetry between managers and investors. We consider that governance encompasses both specific attributes such as board size as well as complementary information about underlying governance processes that is disclosed on corporate Web sites. We argue that enhanced transparency resulting from such disclosure enhances earnings quality and translates into reduced levels of information asymmetry between managers and investors. Our findings are consistent with these expectations. Moreover, it appears that governance disclosure complements a firm’s governance attributes in improving earnings quality and reducing stock market asymmetry.

Keywords

  • earnings management
  • corporate governance
  • information asymmetry

Plan de l'article

  1. 1 - Introduction
  2. 2 - Cadre théorique et développement des hypothèses
    1. 2.1 - Gouvernance et qualité des résultats comptables
      1. 2.1.1 - Attributs de gouvernance et gestion des résultats
      2. 2.1.2 - Reporting au sujet de la gouvernance et gestion des résultats
    2. 2.2 - Qualité des résultats comptables et asymétrie informationnelle
    3. 2.3 - Gouvernance et asymétrie informationnelle
      1. 2.3.1 - Attributs de gouvernance et asymétrie informationnelle
      2. 2.3.2 - Reporting au sujet de la gouvernance et asymétrie informationnelle
  3. 3 - Méthodologie
    1. 3.1 - Échantillon
    2. 3.2 - Modèles
    3. 3.3 - Mesure des variables
      1. 3.3.1 - Modèle de VCR anormales
        1. Variable expliquée
        2. Variables explicatives
      2. 3.3.2 - Modèle d’asymétrie informationnelle
        1. Variables expliquées
        2. Variables explicatives – Volatilité des titres
        3. Variables explicatives – Tobin Q
      3. 3.3.3 - Modèle de reporting au sujet de la gouvernance
        1. Variable expliquée
        2. Variables explicatives
  4. 4 - Résultats
    1. 4.1 - Statistiques descriptives
    2. 4.2 - Analyses multivariées
      1. 4.2.1 - Analyses de sensibilité
  5. 5 - Discussion et conclusion

Pour citer cet article

Cormier Denis, Ledoux Marie-Josée, Magnan Michel, « Le reporting de gouvernance, les attributs du conseil et la qualité des résultats comptables : Incidence sur les marchés boursiers », Comptabilité - Contrôle - Audit, 2/2010 (Tome 16), p. 69-96.

URL : http://www.cairn.info/revue-comptabilite-controle-audit-2010-2-page-69.htm
DOI : 10.3917/cca.162.0069


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