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Comptabilité - Contrôle - Audit

2012/1 (Tome 18)


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Introduction

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Le rapport 2009 du Sommet du Microcrédit (Daley-Harris, 2009) révèle que les objectifs fixés en 1997 ont été atteints. Les institutions de microfinance (IMF) ont permis à plus de 100 millions de personnes d’accéder au crédit. Ce résultat traduit une croissance soutenue de l’activité des IMF au cours de ces dix dernières années. D’après le rapport sur le marché de la notation des IMF, cette intensification de l’activité d’intermédiation financière s’est accompagnée d’un accroissement des besoins d’investissement et de la nécessité pour les IMF d’ajuster leur structure financière afin de soutenir leur croissance. Pour répondre à cette contrainte financière, certaines IMF africaines sollicitent une notation auprès des agences spécialisées telles que Planet rating, Microrate Microfinanza rating. Ces agences détiennent respectivement 73 %, 20 % et 7 % des parts de marché en Afrique. Planet rating définit la notation comme l’attribution d’une note à une IMF afin de synthétiser ses principales caractéristiques et de réaliser des comparaisons entre les IMF du même secteur d’activité. Les agences de notation évaluent le niveau de risque des IMF et permettent à celles-ci d’adresser un signal aux investisseurs. La notation des IMF permet ainsi de réduire les asymétries d’information entre les IMF et les investisseurs potentiels. La note obtenue par l’IMF a donc une valeur informationnelle pour les investisseurs (Czarnitzki et Kraft, 2007). Elle cristallise des informations relatives entre autres à la qualité du système de gouvernance des IMF.

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Plusieurs études ont examiné l’efficacité des mécanismes de gouvernance en estimant leur contribution à l’efficacité financière, sociale et organisationnelle des IMF (Hartarska 2005, 2009 ; Hartarska et Nadolnyak 2007 ; Mersland et Strøm 2009). Ces travaux analysent l’efficacité de la gouvernance du point de vue des propriétaires (actionnaires, coopérateurs ou bailleurs de fonds). La décision de notation y est considérée comme un mécanisme externe de gouvernance susceptible d’expliquer la performance financière et sociale des IMF (Hartarska 2005, 2009). En revanche, il existe assez peu de travaux traitant de la notation des IMF et de ses déterminants. Deux recherches ont abordé cette question. Hartarska et Nadolnyak (2008) examinent d’une part, les déterminants de la décision de notation, et, d’autre part, l’influence du choix de l’agence de notation et de la décision de notation sur la structure financière des IMF. À partir de l’étude d’un échantillon international constitué de 70 IMF notées par Planet rating entre 2000 et 2004, Gutierrez-Nieto et Serrano-Cinca (2007) tentent d’expliquer la note obtenue par la performance sociale, financière et organisationnelle, et par la solvabilité. Ils montrent que la profitabilité et la qualité de portefeuille sont déterminantes dans la notation des IMF. En revanche, ils ne trouvent pas d’influence significative de l’efficacité sociale des IMF sur la notation. Ces travaux semblent donc négliger l’influence des mécanismes de gouvernance sur la notation des IMF. Pourtant, les résultats des recherches menées sur la relation entre la gouvernance et la notation des organisations non financières, ainsi que la place occupée par la qualité du système de gouvernance parmi les critères de notation, laissent supposer que les mécanismes de gouvernance jouent un rôle important dans le niveau de la notation des IMF. D’après Bhojraj et Sengupta (2003) et Ashbaugh-Skaife et al. (2006), les mécanismes de gouvernance n’influencent la notation que dans la mesure où ils sont efficaces, c’est-à-dire lorsqu’ils minimisent les risques liés aux relations d’agence et améliorent la performance ou encore la préviennent de la destruction due aux comportements déviants et opportunistes des managers. Nous formulons donc l’hypothèse principale que les institutions de microfinance présentant un système de gouvernance efficace sont les mieux notées par les agences de notation. En d’autres termes, les IMF présentant un système de gouvernance efficace ont une probabilité élevée de faire l’objet d’une meilleure notation.

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L’objectif principal de cet article est de répondre à la question de savoir si les mécanismes de gouvernance sont déterminants dans la notation des IMF. Cinq principales variables de gouvernance sont étudiées, à savoir : la taille du conseil d’administration, la qualité de l’audit, la régulation et, enfin, le statut légal.

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Nous contribuons à la littérature sur la notation et la gouvernance des IMF sur d’un point de vue empirique et méthodologique. Sur le plan empirique, nous examinons l’efficacité des mécanismes de gouvernance en étudiant leur impact sur la notation des IMF. Dans ce sens, nous prolongeons le travail de Gutierrez-Nieto et Serrano-Cinca (2007). Sur le plan méthodologique, la relation entre la gouvernance et la notation est testée sur un échantillon composé de 112 IMF africaines notées entre 2002 et 2007 et de 59 IMF non notées à l’aide d’une régression logistique ordinale multiple. En outre, en raison d’un biais de sélection potentiel, la procédure en deux étapes du modèle de sélection de Heckman (1979) est utilisée pour évaluer la robustesse des résultats. Notre démarche est ainsi différente de celle de Gutierrez-Nieto et Serrano-Cinca (2007) qui effectuent autant de régressions logistiques ordinales simples qu’ils disposent de variables explicatives. Contrairement aux résultats obtenus dans les entreprises non financières, nos conclusions indiquent qu’à l’exception de la régulation, les autres mécanismes de gouvernance ne sont pas déterminants dans la notation des IMF. En revanche, la note obtenue est davantage expliquée par l’autosuffisance opérationnelle, c’està-dire la capacité d’une IMF à couvrir des charges d’exploitation et à dégager un résultat. Par ailleurs, le score de notation est positivement et significativement associé à l’efficacité sociale des IMF. Ces résultats nous amènent à conclure que c’est davantage la solidité financière et l’impact social mesuré par le nombre de crédits accordés qui sont prépondérants dans l’attribution d’une note par les agences de notation engagées dans le rating des IMF africaines.

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L’article est organisé en trois parties. La première décrit le cadre conceptuel. La deuxième est consacrée à l’exposition de la méthodologie de la recherche. Dans la troisième partie, les résultats de l’analyse économétrique sont présentés.

1 - Revue de la littérature

1.1 - La gouvernance dans le système de notation des IMF

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Les agences de notation engagées sur le marché africain adoptent des méthodologies d’évaluation différentes. Elles permettent d’évaluer la performance financière et organisationnelle des IMF et de favoriser leur refinancement. Planet rating recourt à la méthodologie GIRAFE (Gouvernance, Information, Risques, Activités, Financement et Liquidité, Efficacité et Rentabilité). Microrate adopte, quant à elle, une méthodologie de notation orientée « risques ». Ses domaines de notation sont essentiellement les opérations de microfinance, la stratégie et la gouvernance, l’organisation, la qualité du portefeuille et la situation financière. Microfinanza évalue la performance et les risques des IMF. Sa méthodologie d’évaluation est basée sur les points suivants : environnement externe et compétition, gouvernance et opérations de microfinance, produits financiers, structure et qualité des actifs, structure financière et gestion actif-passif, résultats opérationnels et financiers, stratégie. La gouvernance occupe ainsi une place importante dans les principaux axes de notation des IMF et est considérée par ces agences de notation comme un déterminant majeur dans le succès ou l’échec des institutions de microfinance.

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La littérature sur la relation entre les mécanismes de gouvernance et la notation s’enracine dans la théorie positive de l’agence (Jensen et Meckling 1976 ; Fama et Jensen 1983a, 1983b ; Jensen 1993). Selon cette théorie, les mécanismes de gouvernance permettent de minimiser les conflits d’agence, de contrôler la latitude managériale et d’éviter les comportements d’expropriation. La gouvernance permet donc de limiter les risques d’agence et, par conséquent, le risque de défaillance. Les IMF ayant un système de gouvernance jugé efficace par les agences de notation feraient donc l’objet d’une meilleure notation.

1.2 - Taille du conseil d’administration et notation des IMF

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Dans la microfinance, trois principales missions sont assignées au conseil d’administration (CA) : (i) une mission centrale consistant à contrôler la latitude managériale du dirigeant, (ii) une forte implication dans l’orientation stratégique et la définition des politiques institutionnelles et, enfin, (iii) une mission d’auto-évaluation (Rock et al. 2001). Pour exercer efficacement ces missions, les membres du conseil d’administration se doivent d’être compétents, motivés et indépendants. Par ailleurs, le conseil d’administration doit être actif et de taille optimale. D’après Jensen (1993), la taille du conseil d’administration (CA) joue un rôle important dans l’efficacité du système de gouvernance d’une organisation. Il estime que, pour un fonctionnement efficace, la taille optimale du conseil d’administration doit être de huit membres. En 2005, le Council of Microfinance Equity Funds (CMEF par la suite) recommandait que les conseils d’administration des IMF soient composés de sept à neuf membres.

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Les résultats des études empiriques sur l’efficacité des conseils d’administration tendent à conclure qu’il existe une relation négative entre la taille de ces derniers et la performance des entreprises (Yermack 1996 ; Hermalin et Weisback 2003). En microfinance, Hartarska (2005), dans son étude portant sur la gouvernance des IMF d’Europe de l’Est et d’Asie Centrale, montre que les IMF ayant un conseil de grande taille sont moins performantes. Mersland et Strøm (2009) trouvent une relation négative et non significative entre la taille du conseil d’administration et la performance financière et sociale sur un échantillon de 278 IMF à but lucratif. Les organisations ayant des conseils de petite taille sont plus performantes dans la mesure où les coûts de coordination au sein de ces conseils sont plus faibles que dans le cas de grands conseils. Les conseils d’administration de grande taille, s’ils permettent un meilleur contrôle de la latitude managériale, peuvent exacerber les risques d’agence. Ces grands conseils ouvrent des espaces favorables au comportement de passager clandestin observable chez certains administrateurs. La résolution des problèmes de coordination et de gouvernance du conseil d’administration peut éloigner cet organe de ses missions, et par conséquent faire décliner son efficacité. Le risque dans les IMF à grands conseils d’administration serait donc plus élevé. On peut s’attendre à ce que les IMF ayant un conseil d’administration de grande taille fassent l’objet d’une mauvaise notation.

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Toutefois, quelques travaux empiriques ont montré que le sens de la relation entre la taille du conseil d’administration et la performance des organisations dépend du secteur d’activité et de la complexité organisationnelle, relativisant ainsi la portée des conclusions des études précédentes. Adams et Mehran (2003) et Coles et al. (2008) établissent une influence positive et significative de la taille du conseil sur la performance des banques et des organisations dites complexes. D’après Cole et al. (2008), les conseils de grande taille n’améliorent la performance que dans la mesure où le nombre d’administrateurs indépendants est important. En microfinance, Hartarska (2005) estime qu’un conseil d’administration composé d’un nombre important d’administrateurs indépendants est associé à une meilleure rentabilité. Nous en déduisons que les conseils de grande taille peuvent être actifs dans le contrôle de la latitude managériale du dirigeant. Les risques d’agence seraient par conséquent plus faibles. Ceci nous amène à formuler l’hypothèse non directionnelle suivante.

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H1 : La taille du conseil d’administration n’est pas associée au niveau de la notation.

1.3 - Qualité de l’audit et notation des IMF

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Selon Piot et Janin (2007) et Piot et Kermiche (2009), la qualité de l’audit peut être appréhendée sous plusieurs dimensions : l’existence du comité d’audit, son indépendance, son expertise, sa taille, et la réputation de l’auditeur externe. Les comités d’audit et les auditeurs externes sont des organes de gouvernance dont le rôle principal est de minimiser les risques et les coûts d’agence en garantissant la fiabilité (exactitude) et la pertinence (utilité pour la prise de décision) de l’information comptable (Klein 2002 ; Piot 2004 ; Piot et Janin 2007). L’existence et l’efficacité des comités d’audit d’une part, et l’audit externe, d’autre part, peuvent donc contribuer, non seulement à lutter contre l’opportunisme managérial, mais aussi à minimiser le risque de manipulation de l’information comptable (Piot et Kermiche 2009).

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En microfinance, la mise en place de comités d’audit ne répond ni à une exigence réglementaire, ni à une obligation légale ; elle est volontaire. Les IMF qui mettent en place volontairement les comités d’audit et qui se font auditer par les grands cabinets d’audit seraient donc plus transparentes. Pour être efficace en tant que mécanisme de gouvernance, la seule existence du comité d’audit n’est pas suffisante. Cet organe doit être indépendant et les membres le composant, compétents et motivés. Or, d’après le contenu des rapports de notation, les conseils d’administration et les comités d’audit peinent à jouer leur rôle d’organe de gouvernance. Les membres de ces deux organes manquent sou-vent d’expertise financière et ne disposent pas toujours de prérequis cognitifs pour l’émission d’une opinion qualifiée. De Briey (2003) observe que, parfois, les membres de ces organes ont un niveau d’éducation et d’implication insuffisant pour appréhender les enjeux de l’institution dans leur globalité. Leur faible niveau de compétence fait décliner leur capacité de contrôle et accroît par conséquent la latitude managériale des dirigeants. Ces dysfonctionnements dans les organes de gouvernance peuvent ainsi contribuer à augmenter les risques d’agence.

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H2a : il existe une relation négative entre l’existence d’un comité d’audit et le niveau de la notation.

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D’autre part, l’audit externe des comptes effectué par des auditeurs externes compétents, indépendants et jouissant d’une bonne réputation, renforce la fiabilité et la pertinence de l’information comptable et, par conséquent, donne un signal de bonne gouvernance. Peu d’études se sont intéressées au rôle des auditeurs externes dans la gouvernance des IMF. Hartarska (2005) met au jour une influence positive et non significative de l’audit externe sur la performance des IMF. On peut donc s’attendre à ce que les risques d’agence dans les IMF auditées soient faibles. Ils sont encore plus faibles dans les IMF auditées par les cabinets jouissant d’une bonne réputation. Il en résulterait pour l’IMF une meilleure notation.

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H2b : Les IMF auditées par les grands cabinets d’audit obtiennent une meilleure notation.

1.4 - Régulation et notation des IMF

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L’existence d’un cadre réglementaire affecte les institutions de microfinance de deux manières. Elle influence la structure financière des IMF en facilitant l’accès aux sources externes de financement (White et Campion 2002 ; Fernando 2004). Elle est également considérée comme un mécanisme de gouvernance externe destiné à compenser les défaillances des systèmes internes de contrôle (Jensen 1993). Elle est spécifique aux organisations bancaires (Dewatripont et Tirole 1994 ; Ciancanelli et Reyes 2001 ; Caprio et Levine 2002 ; Macey et O’Hara 2003 ; Comité de Bâle 2006). L’objectif de la régulation des IMF est de protéger les déposants contre des comportements opportunistes des dirigeants. En raison de leur avantage informationnel, ils peuvent adopter des politiques managériales risquées du point de vue des déposants. Comme dans les banques, les déposants dans les IMF sont peu informés sur la gestion et peu incités à exercer le contrôle de la latitude managériale du dirigeant en raison de la faiblesse de leur dépôt. En outre, ils ne disposent pas non plus de compétences nécessaires pour collecter l’information et influencer la gestion de l’organisation. En raison de cet avantage informationnel des dirigeants, les déposants ont besoin d’être représentés et protégés par une force externe dont la mission est de promouvoir la gestion prudente et de contrôler les comportements de l’organisation (Dewatripont et Tirole 1994). Les IMF qui exercent leurs activités dans un environnement réglementé présenteraient donc un risque d’agence plus faible. La plupart des travaux de recherche menés jusqu’à présent (Hartarska 2005, 2009 ; Hartarska et Nadolnyak 2007 ; Mersland et Strøm 2009) établissent une relation positive bien que non significative entre l’existence d’un cadre réglementaire et la performance financière et sociale des IMF. Les risques d’agence étant plus faibles dans les IMF régulées, on peut s’attendre à ce qu’elles bénéficient d’une meilleure notation.

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H3 : Il existe une relation positive entre la régulation et le niveau de la notation.

1.5 - Statut juridique et performance des IMF

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Les IMF sont caractérisées par une diversité de formes institutionnelles et d’objectifs stratégiques. Les statuts juridiques de coopérative, de société privée par actions et d’association pour les organisations non gouvernementales (ONG) dominent l’exercice de l’activité de microfinance dans le monde. D’après Fama et Jensen (1983a, 1983b), les spécificités en matière de gouvernance expliqueraient les différences entre ces formes institutionnelles.

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La double qualité des membres, c’est-à-dire le fait que chacun ait le double statut de propriétaire et de créancier, caractérise les coopératives financières et influence leur système de gouvernance (Cuevas et Fischer 2006). Selon Valnek (1999) et Gurtner et al. (2002), cette double qualité permet d’éviter les coûts relatifs aux conflits d’agence entre propriétaires et créanciers. Cette forme institutionnelle contribue ainsi à éliminer ce type de conflit d’agence récurrent dans les sociétés par actions.

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Les organisations non gouvernementales (ONG) ou encore les organisations à but non lucratif sont des associations. Elles se caractérisent par une absence de propriétaire et par conséquent un moindre contrôle de la latitude managériale du dirigeant. Ce dernier bénéficie d’une plus grande latitude managériale et d’une plus grande autonomie dans la prise de décisions de gestion. Pour Peck et Rosenberg (2000), la faible implication des membres du conseil d’administration dans le contrôle de la gestion des ONG s’explique par le fait qu’ils n’ont pas la qualité d’investisseur. Ils ont de ce fait une attitude plus relâchée à l’égard de la viabilité de leur organisation. Ce déficit d’incitation au contrôle peut donc réduire l’efficacité du conseil d’administration et exposer l’organisation à l’expropriation par les gestionnaires.

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Notons que les coopératives et les ONG sont considérées par la littérature en microfinance comme des organisations à but à non lucratif. Leur mission est essentiellement à vocation sociale. Les IMF à but lucratif sont composées principalement de sociétés privées. Ces IMF à but lucratif optent davantage pour une orientation commerciale.

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Certains praticiens de la microfinance, à l’instar de White et Campion (2002), Fernando (2004), Ledgerwood et White (2006), soutiennent la thèse selon laquelle il y aurait intérêt à transformer les IMF à but non lucratif en IMF à but lucratif (sociétés privées). Cette thèse, construite autour de l’étude de quelques cas illustratifs de transformations réussies d’ONG en Amérique Latine [1][1] C’est le cas de Bancosol en 1992, Banco ADEMI en 1998,..., est fondée sur deux hypothèses principales. Selon la première, les sociétés privées auraient une meilleure structure financière du fait de la possibilité d’accéder aux financements externes. D’après la seconde, le système de gouvernance des IMF à but non lucratif serait moins efficace que celui des IMF à but lucratif. L’hypothèse selon laquelle les sociétés privées de microfinance auraient un meilleur système de gouvernance que les ONG ou les coopératives n’est validée empiriquement ni dans les IMF (Hartarska 2005 ; Mersland et Strøm 2008, 2009), ni dans les banques (Valnek 1999 ; Altunbas et al. 2001 ; Gurtner et al. 2002 ; Ory et al. 2006), et encore moins dans les sociétés d’assurance (Lamm-Tennat et Starks 1993). Ces études attestent que les organisations à but non lucratif sont au moins aussi performantes que les sociétés privées. Le système de gouvernance des organisations à but non lucratif serait donc au moins aussi efficace que celui des sociétés privées par actions. Les études empiriques sur l’influence du statut légal sur la notation des sociétés d’assurance et banques vont dans le même sens. Bouzouita et Young (1998) et Adams et al. (2003) montrent que les sociétés par actions tendent à être moins bien notées que les mutuelles d’assurance.

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H4 : Les IMF à but non lucratif seraient mieux notées que celles à but lucratif.

2 - Méthodologie

2.1 - Modèle

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L’économétrie des variables qualitatives est une démarche de recherche privilégiée par les études portant sur la notation. Les recherches sur les déterminants de la notation dans les sociétés d’assurance (Bouzouita et Young 1998 ; Poon et al. 1999 ; Pottier et Sommer 1999 ; Adams et al. 2003), dans les entreprises non-financières (Bhojraj et Sengupta 2003 ; Ashbaugh-Skaife et al. 2006) et dans la microfinance (Gutierrez-Nieto et Serrano-Cinca 2007) privilégient la régression logistique ordinale comme méthode d’estimation. La démarche d’analyse retenue se situe dans cette logique. En effet, notre variable dépendante « NOTE » étant catégorielle (non métrique) et mesurée sur une échelle ordinale, le modèle de régression logistique ordinale semble le plus approprié pour expliquer la notation des IMF africaines par les mécanismes de gouvernance et la performance.

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Seules les IMF qui sollicitent une notation sont évaluées par les agences spécialisées. La décision de demander une notation peut donc biaiser l’estimation de l’influence de la gouvernance sur la notation des IMF. Pour contrôler ce biais de sélection, la procédure en deux étapes du modèle de sélection de Heckman (1979) est retenue. Le modèle testé est le suivant :

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sachant que la note n’est observée que si l’IMF prend la décision d’être notée (DEC_NOT),

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2.2 - Échantillon

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Les données utilisées dans notre étude proviennent de deux sources. Les données financières sont extraites de la base du Microfinance Information Exchange (MIX). Cette base de données répertorie environ 250 IMF africaines. Les données institutionnelles ainsi que celles relatives aux mécanismes de gouvernance proviennent des rapports de notation disponibles sur la base de données du MIX et sur les sites internet du Ratingfund (www.ratingfund2.org) et de Planet rating (www.planetrating.com).

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D’après le rapport mondial sur le marché de la notation paru en 2008, l’Afrique reste une zone très peu couverte par la notation. Les régions Afrique, Europe de l’Est et Asie Centrale (EEAC) et Moyen-Orient représentent 22 % de parts de marché contre 78 % pour les régions Amérique Latine et Caraïbes (ALC) et l’Asie. En Afrique, 133 IMF ont été notées entre 1997 et 2007 ; seules 33 d’entre elles ont renouvelé leur notation au moins une fois au cours de cette période. L’échantillon est composé de 171 IMF appartenant à 34 pays. Parmi ces IMF, on en dénombre 112 ayant été soumises à la notation et notées (note d’évaluation disponible) une fois entre 2002 et 2007, et 59 non notées. Pour les IMF ayant renouvelé leur notation au cours de cette période, nous n’avons considéré que la note la plus récente.

2.3 - Variables

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L’annexe I décrit les différentes échelles de notation retenues par les agences de notation intervenant sur le marché africain. Étant donné que ces échelles diffèrent d’une agence de notation à une autre, nous les avons regroupées autour de quatre principales modalités : modalité 1 : insuffisante ; Modalité 2 : moyenne ; Modalité 3 : bonne ; Modalité 4 : excellente. Les statistiques descriptives relatives aux échelles de notation indiquent que seules deux IMF ont reçu une note excellente. Par conséquent, nous avons regroupé les modalités 3 et 4. Ainsi, la variable expliquée NOTE prend la valeur 1 si l’IMF reçoit une note insuffisante (32,7 % des IMF observées), la valeur 2 si sa note est moyenne (38,3 %), et la valeur 3 si sa note est au moins bonne (29 %).

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Le tableau 1 présente les variables explicatives et leur mode de calcul. Les variables relatives aux mécanismes de gouvernance sont évaluées par les variables suivantes : (i) la taille du conseil d’administration (TA_CA) ; (ii) la qualité de l’audit elle-même mesurée selon trois modalités [2][2] Seules ces trois dimensions apparaissent dans les rapports... : l’existence d’un comité d’audit (COM_AUD), l’audit externe mesuré par l’audit et la certification des comptes (AUD_EX), la réputation de l’auditeur (BIG), et (iii) la régulation/supervision (REG). D’après l’analyse des rapports de notation, la totalité des IMF optent pour une séparation des fonctions de directeur et de président du Conseil d’administration. Cette variable a donc été exclue. L’échantillon est caractérisé par une hétérogénéité des formes institutionnelles et, par conséquent, une hétérogénéité d’objectifs stratégiques poursuivis. L’orientation stratégique retenue par l’IMF est représentée par la variable FORM_JUR qui prend la valeur 1 si l’IMF est à but lucratif.

Tableau 1 - Description et opérationnalisation des variables explicativesTableau 1
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En analysant les différentes méthodologies utilisées par les agences de notation, il ressort que les autres points principaux de la notation concernent les risques, les activités (l’efficacité sociale), la solidité financière et l’efficacité financière des IMF. Par ailleurs, les études ayant examiné les déterminants de la notation montrent que la performance financière, les activités, le niveau d’adéquation en fonds propres jouent un rôle dans la notation des sociétés d’assurance (Pottier et Sommer 1999 ; Adams et al. 2003) et des IMF (Gutierrez-Nieto et Seranno-Cinca 2007). Les variables relatives à la qualité du portefeuille, à l’efficacité sociale, à la capacité de l’IMF à faire face à ses obligations financières, à son efficacité financière ont été introduites dans le modèle de régression.

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Dans la mesure où les IMF sont majoritairement des organisations non cotées, la performance financière est mesurée par des indicateurs comptables. Deux indicateurs sont retenus : la rentabilité et la pérennité (Lafourcade et al. 2006 ; Hartarska 2005 ; Cull et al. 2007 ; Gutierrez-Nieto et Serrano-Cinca 2007 ; Hartarska et Nadolnyak 2007, 2008 ; Mersland et Strøm 2008, 2009). Nous avons retenu le taux de rentabilité économique ou ROA (Return on asset) comme mesure de la rentabilité. Contrairement au Return on Equity (ROE), le ROA mesure la rentabilité quelle que soit la structure de financement sous-jacente de l’institution (Bruett 2005). La pérennité est mesurée par le ratio d’autosuffisance opérationnelle (AO). Le risque est mesuré par le portefeuille à risque à 30 jours (PAR).

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La performance organisationnelle est mesurée par deux ratios : le ratio des charges d’exploitation (RCE) et le coût par emprunteur (CPE) (Micro Banking Bulletin 2009).

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L’activité est mesurée par deux dimensions de la performance sociale : la portée (nombre d’emprunteurs actifs) et la taille des prêts (TA_CR).

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La solvabilité est mesurée par le ratio de capital (CAR). Ce ratio mesure la capacité des IMF à faire face aux risques imprévus. Lhériau (2009) estime qu’un niveau de capitalisation (CAR) compris entre 0,1 et 0,2 indique une capitalisation adéquate.

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Pour contrôler le biais de sélection, plusieurs variables ont été introduites dans l’équation de sélection. D’après Hartarska et Nadolnyak (2008), les variables AGE, AGE² et FOCUS sont déterminantes dans la décision de notation. Celle-ci est significativement influencée par la maturité et une forte concentration sur l’activité de crédit. Par ailleurs, Bouzouita et Young (1998), Pottier et Sommer (1999) et Adams et al. (2003) montrent que la décision de notation est positivement et significativement associée à la rentabilité. Vu que la décision de notation a un coût, on peut supposer que l’IMF ne décidera d’être notée que si elle est financièrement performante, c’est-à-dire, capable de financer cette décision. Pour ce faire, l’autosuffisance opérationnelle (AO) a été introduite dans l’équation de sélection.

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Dans la mesure où les IMF proviennent de 34 pays différents, nous avons contrôlé le modèle par un indicateur de gouvernance macroéconomique, à savoir la qualité de la réglementation (QR). Dans les annexes 3.1 et 3.2, nous présentons la liste des institutions de microfinance retenues dans l’étude.

3 - Analyse des données et résultats

3.1 - Résultats de l’analyse univariée

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Les statistiques descriptives (tableau 2) indiquent qu’en moyenne, les conseils d’administration sont composés de huit personnes. Les IMF africaines adhèrent donc aux recommandations du CMEF (2005). Les IMF africaines ne sont pas rentables. Le ROA moyen est de –0,01. En revanche, elles sont viables financièrement.

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L’autosuffisance opérationnelle moyenne est de 1,07. Le PAR moyen est de 0,06, inférieur au seuil de 0,1. Nous pouvons en conclure qu’en moyenne, le portefeuille de crédit de notre échantillon est sain. La taille moyenne des prêts est de 0,91 (inférieur à 1) indiquant que les IMF prêtent davantage aux pauvres. La portée est moyenne (26 897 emprunteurs actifs).

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Les IMF africaines dédient en moyenne 66 % de leurs actifs à l’octroi de crédit. Le tableau montre également que les IMF notées sont plus rentables, plus autonomes financièrement et plus efficientes que les IMF non notées. Par ailleurs, les CA sont de plus grandes tailles dans les IMF notées.

Tableau 2.1 - Statistiques descriptives : variables continuesTableau 2.1

*, **, *** significatifs respectivement à 10 %, 5 % et 1 %.

TA_CA : Taille du conseil d’administration ; ROA : Return on assets (mesure de la rentabilité) ; AO : Autosuffisance opérationnelle (mesure de la pérennité) ; PAR :

portefeuille à risque ; NEA : Nombre d’emprunteurs actifs ; TA_CR : Taille des prêts ; RCE : Ratio des charges d’exploitation ; CPE : Coût par emprunteur ; CAR : Ratio

de capital ; FOCUS : Encours de crédit brut/total actif ; QR : Qualité de la réglementation.

Tableau 2.2 - Statistiques descriptives : variables qualitativesTableau 2.2

NOTE : Niveau de la note obtenue après la notation ; COM_AUD : Comité d’audit ; AUD_EX : Audit externe ; BIG : Réputation de l’auditeur ; FORM_JUR : But (lucratif ou non) ; REG : Régulation/supervision.

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Le tableau 2.2 renseigne sur la fréquence des variables binaires. Il en ressort que 45,02 % des IMF disposent d’un comité d’audit. 94,74 % des IMF ont des comptes audités et certifiés par les cabinets d’audit. Seulement 27,49 % des IMF se font auditer par des cabinets jouissant d’une excellente réputation. Une bonne majorité des IMF est constituée sous la forme d’organisation à but non lucratif (56,73 %) et est régulée (61,99 %).

45

Par ailleurs, nous avons examiné la multicolinéarité des variables explicatives (annexe 2). Quelques fortes corrélations significatives sont observées. Il s’agit notamment de celles entre le ROA et l’AO (0,829), de celles entre la performance financière (ROA, AO) et la performance organisationnelle (RCE) et enfin, de la relation entre le montant moyen de crédit (TA_CR) et le coût par emprunteur (LN_CPE). Certes, l’évaluation de la multicolinéarité nous apprend que ces variables explicatives corrélées présentent, tout comme les autres variables explicatives, des VIF (Variance Inflation Factor) inférieurs à dix, le maximum étant de 3,91. Toutefois, pour éviter que la forte corrélation entre l’Autosuffisance Opérationnelle (AO) et le ROA perturbe le modèle et l’estimation des coefficients, nous avons testé le modèle (1) en omettant la variable « ROA » et le modèle (2) en omettant la variable « AO ».

3.2 - Principaux résultats de l’analyse multivariée

46

Le modèle de régression testé est le suivant :

47
48

sachant que la note n’est observée que si l’IMF décide d’être notée (DEC_NOT)

49
50

Le tableau 3 décrit les résultats de l’analyse économétrique. Cinq modèles sont testés. Les modèles 1 et 2 sont estimés à l’aide d’une régression logistique ordinale sans contrôle du biais de sélection. Le test du ratio de vraisemblance nous a permis d’évaluer la validité globale des modèles. Il indique que les modèles sont hautement significatifs dans l’ensemble. La statistique du Chi-Deux (70,66 pour le modèle 1 et 66,31 pour le modèle 2) est significative au seuil de 1 %. Le test de proportionnalité du rapport de vraisemblance et le test de Brant indiquent que les modèles respectent l’hypothèse des pentes égales. Par ailleurs le pouvoir explicatif de la variable hat-squared (carré de la prédiction) n’est pas statistiquement significatif dans les deux modèles. Ces résultats indiquent que les modèles sont bien spécifiés et qu’il n’existe pas de différence significative entre les valeurs prédites et les valeurs actuelles de la variable expliquée NOTE. L’ajustement du modèle semble acceptable.

Tableau 3 - Résultats du modèle explicatif de la notationTableau 3

*, **, *** significatifs respectivement à 10 %, 5 % et 1 %

NOTE : Niveau de la note obtenue par l’IMF ; DEC_NOT : Décision de notation ; LN_TCA : Logarithme népérien de la taille du conseil d’administration ; COM_AUD : Comité d’audit ; AUD_EX : Audit externe ; BIG : Réputation de l’auditeur ; REG : Régulation/supervision ; FORM_JUR : But (lucratif ou non) ; ROA : Return on assets (mesure de la rentabilité) ; AO : Autosuffisance opérationnelle ; PAR : Portefeuille à risque ; LN_NEA : Logarithme népérien du nombre d’emprunteurs actifs ; TA_CR : Taille des prêts ; RCE : Ratio des charges d’exploitation ; LN_CPE : Logarithme népérien du coût par Emprunteur ; CAR : Ratio de capital ; QR : Qualité de la réglementation ; FOCUS : Encours de crédit brut/total actif ; AGE : Nombre d’années depuis la création ; AGE² : Carré de l’âge ; IMR : Inverse du ratio de Mils dérivé du modèle 3.

51

Le signe du coefficient de la variable « taille du conseil d’administration » est positif et non significatif, indiquant que la taille du conseil ne semble pas influencer la notation. Par ailleurs, le coefficient de la variable relative au comité d’audit est négatif. Cette variable ne semble pas non plus suffisante pour influencer significativement la qualité de l’évaluation effectuée par les agences de notation. En outre, faire auditer et certifier ses comptes annuels par un cabinet d’audit de grande taille et jouissant d’une bonne réputation n’est pas déterminante dans la notation des IMF. La régulation est associée à une meilleure notation. Cette relation est significative à 10 % dans les deux modèles. L’hypothèse H3 est donc validée. Ainsi, l’existence d’un cadre légal et réglementaire de la microfinance est perçue par les agences de notation comme un dispositif permettant de promouvoir une gestion prudente et de gouverner le comportement des IMF vis-à-vis de leurs clients.

52

Nous trouvons que le statut de l’IMF (FORM_JUR) a une influence négative et significative sur la notation, indiquant que le statut IMF à but non lucratif est associé à une meilleure notation. Ce résultat va dans le sens de ceux obtenus dans les sociétés d’assurance (Bouzouita et Young 1998 ; Adams et al. 2003). En revanche, nous ne pouvons pas confirmer les résultats obtenus par Fischer et Mahfoudhi (2002) qui ne trouvent aucune influence du statut légal sur la notation des obligations des banques. Les agences de notation considèrent donc que les risques d’agence sont plus importants dans les IMF à but lucratif. Cette conclusion corrobore ceux de Hartarska (2005), Mersland et Strøm (2008, 2009) en microfinance, et Valnek (1999), Altunbas et al. (2001), Gurtner et al. (2002), Ory et al. (2006) qui montrent respectivement que le système de gouvernance des IMF à but non lucratif et des coopératives bancaires est tout aussi performant (sinon plus performant) que celui des IMF et des banques à forme de société anonyme.

53

Par ailleurs, nous trouvons que l’autosuffisance opérationnelle et la rentabilité économique ont une influence positive et très significative sur la notation des IMF. Ce résultat est proche de celui de Gutierrez-Nieto et Serrano-Cinca (2007). Nos résultats suggèrent que les IMF africaines économiquement rentables et capables de couvrir leurs charges d’exploitation par leurs revenus financiers sont les mieux notées. Nous ne trouvons aucune influence significative de la qualité de portefeuille sur la notation. La portée des IMF semble déterminante dans la notation. Nous trouvons une relation positive et significative entre la portée (nombre d’emprunteurs actifs) et la notation. Le nombre de crédits accordés est associé à une meilleure notation. Plus grand est le nombre de crédits accordés, meilleure est la notation de l’IMF. Ce résultat ne permet pas de corroborer les conclusions de Gutierrez-Nieto et Serrano-Cinca (2007). Le signe négatif de la variable mesurant les charges d’exploitation (RCE) indique que les IMF les moins efficientes sont mal notées.

54

La solvabilité financière, c’est-à-dire la capacité de l’IMF à absorber les pertes imprévues améliore la notation. Un bon niveau de capitalisation est apprécié et bien perçu par les agences de notation.

55

Les résultats permettent de conclure qu’à l’exception de la régulation, les mécanismes de gouvernance ne semblent pas déterminants dans la notation des IMF africaines. Les agences de notation semblent accorder une place prépondérante à la solidité financière, à l’impact social (portée) et à l’efficience des IMF. La note attribuée aux IMF africaines par les agences de notation dépend donc davantage des informations hard. Les mécanismes de gouvernance sont pris en compte mais ne semblent pas avoir la même importance que les informations hard dans l’attribution de la notation. Cette évaluation du risque fondée quasi exclusivement sur les informations hard peut être biaisée et, par conséquent, tronquer le signal adressé par les IMF aux preneurs de risque que sont les investisseurs sociaux et les banquiers. La note accordée ne résumant qu’un ensemble d’informations partielles, le niveau de risque évalué par les agences de notation peut donc être inférieur (situation de surévaluation de l’IMF) ou supérieur (situation de sous-évaluation) au niveau réel présenté par l’institution. Il existerait donc un écart entre le risque perçu par les agences de notation et le risque réel présenté par l’IMF. Cette insuffisance de précision dans l’évaluation du niveau de risque peut conduire les investisseurs à prendre de mauvaises décisions d’investissement [3][3] Les investisseurs souhaitant minimiser l’écart entre.... L’augmentation du poids des informations soft relatives à la qualité du système de gouvernance des IMF pourrait contribuer à une meilleure appréciation du profil de risque des IMF africaines.

56

Le modèle 3 estime les déterminants de la notation et permet de calculer l’inverse du ratio de Mills (IMR) qui est introduit ensuite dans les modèles 4 et 5 afin de contrôler le biais de sélection. Les résultats de l’estimation montrent une statistique du Chi-Deux (17,82) statistiquement significative au seuil de 1 % et un pseudo R² de 8,09 %. Les résultats indiquent que l’âge, le carré de l’âge, le poids des opérations crédit dans l’actif sont déterminants dans la décision de notation. La demande de notation augmente ainsi avec l’âge et ce jusqu’au seuil de 15 ans. Au-delà, l’IMF est moins encline à solliciter une notation. Par ailleurs, la demande de notation augmente avec le degré d’autonomie financière. Cette relation n’est cependant pas statistiquement significative, indiquant que la performance financière ne semble pas jouer un rôle dans la décision de notation.

57

Les modèles 4 et 5 nous ont permis de prendre en compte les effets de sélection. La statistique du Chi-deux est statistiquement significative au seuil de 1 %. L’ajout de la variable « IMR » dans les modèles 4 et 5 n’a pas une influence qualitative sur les résultats obtenus à partir des modèles 1 et 2. La non-significativité de l’IMR nous amène à conclure que les modèles ne semblent pas souffrir des problèmes de sélectivité.

58

Le tableau 4 présente les effets marginaux obtenus après l’estimation des modèles 1 et 2. Les IMF régulées ont plus de chance d’obtenir une bonne note (14,1 % pour le modèle 1 et 16,1 % pour le modèle 2). Avoir une vocation commerciale (FORM_JUR) accroît la probabilité qu’une IMF soit mal notée d’environ 16,7 % (modèle 1) et 18,6 % (Modèle 2).

Tableau 4 - Résultat des effets marginauxTableau 4

LN_TCA : Logarithme népérien de la taille du conseil d’administration ; COM_AUD : Comité d’audit ; AUD_EX : Audit externe ; BIG : Réputation de l’auditeur ; REG : Régulation/supervision ; FORM_JUR : But (lucratif ou non) ; ROA : Return on assets (mesure de la rentabilité) ; AO : Autosuffisance opérationnelle ; PAR : Portefeuille à risque ; LN_NEA : Logarithme népérien du nombre d’emprunteurs actifs ; TA_CR : Taille des prêts ; RCE : Ratio des charges d’exploitation ; LN_CPE : Logarithme népérien du coût par Emprunteur ; CAR : Ratio de capital ; QR : Qualité de la réglementation.

59

En ce qui concerne la performance financière (AO et ROA), les effets marginaux sont négatifs, indiquant qu’une augmentation de l’autosuffisance opérationnelle d’un point (1 %) diminue sensiblement la probabilité d’avoir une mauvaise note (NOTE = 1). Une augmentation d’un point de pourcentage du nombre de crédits accordés accroît significativement la probabilité d’être bien noté de 18,6 %. L’effet marginal est négatif en ce qui concerne la variable mesurant les charges d’exploitation (RCE). Une augmentation d’un point de pourcentage accroît de 41,8 % les chances d’être mal noté. Les coefficients marginaux montrent qu’une augmentation d’un point du ratio de capital accroît de 42,2 % les chances d’avoir une bonne note. Le tableau 5 ci-dessous synthétise les résultats obtenus.

Tableau 5 - Synthèse des résultats obtenusTableau 5

Conclusion

60

Bien que le lien entre la gouvernance et la notation n’ait pas fait l’objet d’investigation scientifique en microfinance, la gouvernance apparaît au regard des différentes méthodologies employées par les agences de notation comme un point essentiel de l’évaluation. Fort de ce constat, cette recherche contribue à la littérature sur la notation des IMF en examinant le pouvoir explicatif des mécanismes de gouvernance sur la notation des IMF du continent africain. Pour ce faire, une hypothèse principale a été formulée, à savoir que les IMF présentant un système de gouvernance efficace ont une probabilité élevée de faire l’objet d’une meilleure notation. Les résultats obtenus ne semblent pas valider cette hypothèse.

61

En effet, à partir d’une régression logistique ordinale, un échantillon de 112 IMF notées entre 2002 et 2007 par Planet rating, Microrate et Microfinanza Rating a été étudié. Les résultats montrent, qu’en dehors de la régulation qui joue un rôle décisif, les autres mécanismes de gouvernance ne sont pas déterminants dans la notation des IMF africaines. En revanche, il apparaît qu’une meilleure notation est davantage associée à une meilleure autosuffisance opérationnelle et à une meilleure portée. De surcroît, être une IMF à but non lucratif a une influence positive et significative sur la notation.

62

Cette recherche a mis en évidence les déterminants de la notation en analysant le rôle joué par les mécanismes de gouvernance dans les IMF africaines. Cependant, quelques limites nous amènent à relativiser la portée de nos conclusions. L’étude est axée principalement sur la taille du conseil d’administration, la présence d’un comité d’audit, l’audit, la régulation et le statut légal. Certaines variables relatives à la composition du conseil d’administration et au comité d’audit – dont la prise en compte aurait pu apporter davantage de pertinence et de robustesse à nos conclusions – ont été omises en raison de leur difficile accessibilité, voire de leur indisponibilité. En outre, bien que le modèle de sélection (modèle 3) soit significatif, la faiblesse du pseudo R² limite la portée des conclusions relatives à la nonsignificativité de l’IMR. Par ailleurs, les résultats de notre étude sont spécifiques à l’Afrique. De futurs travaux de recherches permettront d’étudier les déterminants de la notation des IMF d’Amérique Latine et des Caraïbes, et celles d’Asie réputées plus matures qu’en Afrique et de répondre, ainsi à la question de la stabilité des déterminants de la notation d’une zone géographique à une autre.

63

L’objectif de la notation pour les IMF étant de transmettre un signal aux investisseurs et aux organisations bancaires, il serait intéressant de prolonger cette étude en examinant son influence sur l’évolution de la structure financière des IMF.

Remerciements

64

L’auteur remercie très sincèrement les deux rapporteurs anonymes pour leurs critiques et suggestions, et dit toute sa gratitude à Hervé Stolowy pour tous les conseils apportés tout au long du processus de révision. Toutes les orientations suggérées ainsi que les commentaires formulés ont permis au papier de gagner en qualité et en précision.


Annexe

Annexe 1 - Description et mesure de la variable expliquée : NOTE

Source : Élaboré par nos soins à partir des annexes des rapports de notation des trois agences suivantes : Planet rating, Microrate, et Microfinanza.

Annexe 2 - Matrice de corrélation de Pearson et VIF

*, **, *** significatifs respectivement à 10 %, 5 % et 1 %

LN_TCA : Logarithme népérien de la taille du conseil d’administration ; COM_AUD : Comité d’audit ; AUD_EX : Audit externe ; BIG : Réputation de l’auditeur ; REG : Régulation/supervision ; FORM_JUR : But (Lucratif ou non) ; ROA : Return on assets (mesure de la rentabilité) ; AO : Autosuffisance opérationnelle ; PAR : Portefeuille à risque ; LN_NEA : Logarithme népérien du nombre d’emprunteurs actifs ; TA_CR : Taille des prêts ; RCE : Ratio des charges d’exploitation ; LN_CPE : Logarithme népérien du coût par Emprunteur ; CAR : Ratio de capital ; QR : Qualité de la réglementation ; FOCUS : Encours de crédit brut/total actif ; AGE : Nombre d’années depuis la création ; VIF : Variance inflation factor

Annexe 3.1 - Liste des IMF notées et considérées dans l’étude

Annexe 3.2 - Liste des IMF non notées et considérées dans l’étude


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Notes

[1]

C’est le cas de Bancosol en 1992, Banco ADEMI en 1998, MIBANCO en 1998, etc.

[2]

Seules ces trois dimensions apparaissent dans les rapports de notation.

[3]

Les investisseurs souhaitant minimiser l’écart entre le risque perçu par les agences de notation et le risque réel de l’institution, afin de prendre une décision d’investissement, doivent donc collecter des informations complémentaires, d’où des coûts de transaction additionnels.

Résumé

Français

L’objectif de l’article est de tester la relation entre les mécanismes de gouvernance et la notation des institutions de microfinance africaines. Nous étudions l’influence de la taille du conseil d’administration, de la qualité de l’audit, de la régulation et du statut légal à l’aide d’une régression logistique ordinale multiple sur un échantillon de 112 institutions de microfinance notées entre 2002 et 2007. En raison d’un biais de sélection potentiel, le modèle de sélection de Heckman (1979) avec une procédure en deux étapes est également utilisé. Les résultats montrent qu’à l’exception de la régulation, les autres mécanismes de gouvernance ne sont pas déterminants dans la notation des IMF. En revanche, la note obtenue est davantage expliquée par l’autosuffisance opérationnelle, c’est-à-dire la capacité d’une IMF à couvrir ses charges d’exploitation par ses revenus financiers, et par sa rentabilité. Par ailleurs, plus le nombre de crédits accordés par l’IMF est important, meilleure est sa probabilité d’être bien notée.

Mots-clés

  • gouvernance
  • microfinance
  • notation
  • Afrique

English

Governance and ratings of microfinance institutions : Evidence from African microfinance institutionsThe aim of the paper is to empirically test the relationship between governance mechanisms and the rating of microfinance institutions in Africa. We study the in?uence of the board size, audit quality, regulation and legal status using multiple ordinal logistic regressions on a sample of 112 microfinance institutions rated between 2002 and 2007. Due to a potential selection bias, the two-step Heckman (1979) selection model procedure is used to test the robustness of our findings. The results show that, all governance mechanisms, except for regulation, are not relevant in the rating of MFIs. However, the rating score is explained by greater operational self-sufficiency, that is to say, the ability of MFIs to cover operating expenses by its financial revenues, and by its profitability. Furthermore, our findings suggest that the ratings are significantly associated with higher outreach of MFIs.

Keywords

  • governance
  • microfinance
  • ratings
  • Africa

Plan de l'article

  1. Introduction
  2. 1 - Revue de la littérature
    1. 1.1 - La gouvernance dans le système de notation des IMF
    2. 1.2 - Taille du conseil d’administration et notation des IMF
    3. 1.3 - Qualité de l’audit et notation des IMF
    4. 1.4 - Régulation et notation des IMF
    5. 1.5 - Statut juridique et performance des IMF
  3. 2 - Méthodologie
    1. 2.1 - Modèle
    2. 2.2 - Échantillon
    3. 2.3 - Variables
  4. 3 - Analyse des données et résultats
    1. 3.1 - Résultats de l’analyse univariée
    2. 3.2 - Principaux résultats de l’analyse multivariée
  5. Conclusion
  6. Remerciements

Pour citer cet article

Tchakoute Tchuigoua Hubert, « Gouvernance et notation des institutions de microfinance : Une étude empirique des institutions de microfinance africaines », Comptabilité - Contrôle - Audit, 1/2012 (Tome 18), p. 153-182.

URL : http://www.cairn.info/revue-comptabilite-controle-audit-2012-1-page-153.htm
DOI : 10.3917/cca.181.0153


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