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Comptabilité - Contrôle - Audit

2012/2 (Tome 18)


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Introduction

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Les dernières années ont été marquées par un renforcement de la réglementation en matière d’audit légal (Loi de Sécurité Financière – LSF, Normes d’Exercice Professionnel – NEP, Code de déontologie – CDI, Directive Européenne). Ces modifications, dont le but est de rassurer sur la fiabilité de l’information financière, soulignent l’importance accordée à la qualité de l’audit aussi bien réelle que perçue. Leur multiplication indique surtout que la voie choisie pour l’amélioration de cette qualité est celle de l’encadrement légal. À l’heure où l’Europe révise sa Directive sur l’audit, il semble opportun de s’interroger sur la perception des critères d’influence de la qualité de l’audit et, notamment, sur le rôle joué par la dimension réglementaire.

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Notre étude vise à comprendre quels sont les critères qui participent à la perception, par les préparateurs d’information financière, de la qualité d’un audit. Plus précisément, l’enjeu de cette recherche est triple : identifier les indicateurs influençant la qualité perçue de l’audit ; mesurer leur pertinence, leur importance relative ainsi que les facteurs principaux auxquels ils se rattachent dans le schéma cognitif des préparateurs d’information financière ; mettre en évidence des groupes de préparateurs aux perceptions différentes.

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Nous présentons dans une première partie le cadre théorique de cette étude (1.). Nous traitons ensuite de sa méthodologie (2.). Celle-ci est double : une première étape qualitative permet, par une analyse de la littérature et des réglementations, d’identifier les critères influençant la qualité de l’audit ; une seconde étape, quantitative, mesure, par le biais d’analyses factorielles, la pertinence et l’importance relative de ces critères et met en exergue, par une analyse typologique, des groupes de préparateurs aux perceptions différentes. Dans une troisième partie, les résultats relatifs à ces analyses sont exposés puis discutés (3.). Enfin, les limites, apports et perspectives de ces travaux sont présentés (4.).

1 - Revue de la littérature et problématique

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La richesse de la littérature en matière de qualité de l’audit souligne le rôle central joué par le commissaire aux comptes en tant que garant de la fiabilité de l’information financière. Depuis l’article pionnier de DeAngelo qui définit cette qualité comme « la probabilité conjointe […] qu’un auditeur donné découvre une infraction dans le système comptable du client et rende compte de cette infraction » (1981, p. 186), la plupart des recherches sur ce thème mobilisent cette définition comme cadre d’analyse. Par ailleurs, les dernières modifications réglementaires en matière d’audit légal ont souligné l’importance de ces caractéristiques intrinsèques à l’auditeur (compétence et indépendance), tout en renforçant aussi d’autres aspects auxquels cette définition ne fait pas explicitement référence (organisation de l’équipe d’audit, fonctionnement de la profession, etc.).

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Dans un premier temps, nous présentons la définition « classique » de la qualité de l’audit et un panorama de ses critères usuels. Puis, nous évoquons le rôle de la réglementation dans la qualité de l’audit. Enfin, nous formulons la problématique et justifions le choix d’étudier la perception de la qualité de l’audit par les préparateurs de l’information financière.

1.1 - La qualité de l’audit et ses critères usuels

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Les notions de compétence et d’indépendance de l’auditeur sont au cœur de l’axe de recherche traditionnel sur la qualité de l’audit. Face à la difficulté d’évaluer empiriquement le jugement des auditeurs, nombre de recherches mobilisent la définition de DeAngelo (1981) pour mesurer l’impact isolé de divers indicateurs sur le niveau de la qualité de l’audit.

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La compétence des auditeurs repose sur « des connaissances, une formation, une qualification et une expérience suffisantes pour mener à bien un audit financier » (Flint, 1988, p. 48). Cette dernière notion d’expérience est d’ailleurs souvent retenue comme mesure de la compétence (Libby et Frederick, 1990 ; Ismail et Trotman, 1995 ; Martinov-Bennie et Pflugrath, 2009). Bien que Richard (2000) explique que la compétence s’étudie aussi à travers la notion de compétences relationnelles, la compétence globale de l’auditeur est souvent réduite à une dimension technique de l’audit. Néanmoins, certaines études prennent également en compte des dimensions interrelationnelles (qualité de la délégation et de la supervision, motivation, attitude professionnelle, etc.) (Sutton, 1993 ; Herrbach, 2001). Ces recherches prennent notamment en considération la notion de « compétence collective » de l’audit, qui souligne que la compétence du seul auditeur « a les limites de tout travail en équipe et […] exige par ailleurs le concours de l’audité pour s’exprimer pleinement », (Colasse, 2003, p. 39). Elles reposent sur les dimensions propres à la relation auditeurs-audités (Richard, 2006 ; Guénin-Paracini, 2008), l’entreprise auditée étant appréhendée au travers de ses divers acteurs : directeur financier (Richard et Reix, 2002 ; Gibbins et al., 2007), audit interne (Schneider, 1985), management (Menon et Williams, 2008), personnel (Cohen, 1994) et comités d’audit (Citron et Taffler, 2004 ; Piot et Janin, 2007 ; Compernolle, 2009 ; Piot et Kermiche, 2009).

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L’indépendance de l’auditeur, quant à elle, est essentiellement analysée à travers la notion d’incompatibilité ou par le fait de cumuler une mission d’audit légal avec une mission de conseil (Francis, 2006 ; Robinson, 2008) [1][1] Le cumul de missions de certification et de conseil.... Elle est également appréhendée à travers l’étude des honoraires perçus, au titre de l’audit et/ou d’autres prestations (Wines, 1994). Une approche plus comportementaliste examine les relations entre le management et/ou les actionnaires de l’entreprise et l’auditeur. Cette vision identifie les risques de pression exercée sur l’auditeur ou de confusion dans son esprit quant à l’identité de son véritable client, puisqu’« une des questions obsessionnelles qui hante le public est de savoir comment l’auditeur peut être indépendant alors qu’il est rémunéré par l’entreprise qu’il doit auditer » (Prat Dit Hauret, 2000, p. 126).

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Ainsi, la littérature sur la qualité de l’audit, qui repose sur la définition bidimensionnelle de DeAngelo (1981), met en évidence un ensemble de critères influençant la compétence et l’indépendance [2][2] Pour une synthèse détaillée portant sur la qualité.... Pourtant, celle-ci est bien souvent mesurée par des ’proxys’ consensuels telle que la taille du cabinet (Watkins et al., 2004 ; Blokdijk et al., 2006a ; Francis et Yu, 2009), les grandes structures présentant des garanties supposées supérieures, tant au plan de l’indépendance qu’en termes de compétence.

1.2 - Influence de la réglementation sur la qualité de l’audit

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La littérature intègre également des éléments externes à la mission, questionnant plus généralement l’impact du système de réglementation sur la qualité de l’audit. Au plan théorique, deux visions s’opposent sur la nécessité d’une forte réglementation. La première privilégie au cadre légal fort (et coûteux) des « garde-fous de la sphère privée » : si les coûts implicites de non qualité sont importants pour l’auditeur et son cabinet, notamment en termes de litiges ou de perte de réputation, son incitation à fournir une prestation de qualité sera importante sans recours nécessaire à un cadre réglementaire fort. La seconde vision envisage au contraire une forte réglementation comme une barrière à l’entrée susceptible de préserver la qualité générale de l’audit et la perception de son indépendance. Dans cette optique, la réglementation permet de protéger la réputation de la profession, de définir précisément les normes professionnelles, de produire des informations pertinentes pour le fonctionnement des marchés et de garantir le respect des règles (Arrunada, 2000).

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Bien qu’il soit régulièrement mentionné (Grant et Bricker, 1996 ; Colbert et Murray, 1999), le lien entre la qualité de l’audit et les éléments de réglementation n’est pas directement mesuré dans la littérature du fait de la difficulté à mettre en œuvre une méthode de recherche adaptée. Certaines études traitent de la réglementation au sens large (Arrunada, 2000) et analysent son impact par le biais des sanctions prononcées (Palmrose, 1997) ou de la nature de la responsabilité de l’auditeur (Chan et Pae, 1998 ; Latham et Linville, 1998). D’autres travaux portent sur le mode de fixation des honoraires (Francis et Bin, 2006 ; Higgs et Skantz, 2006) ou sur l’influence des organismes de supervision de la profession, soit d’une manière générale (Shafer et al., 1999) soit dans le cadre d’un contexte précis (comme en France avec le H3C, [Hazgui et al., 2010]). D’autres travaux, enfin, portent sur des éléments spécifiques comme, par exemple, le co-commissariat aux comptes (Piot, 2003 ; Bennecib, 2004 ; Marmousez, 2008), la concentration du marché de l’audit et sa spécialisation sectorielle (Piot, 2005) ou la durée du mandat (Wilson et al., 1988 ; DeFond, 1992).

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Le système légal encadrant les auditeurs apparaît donc comme un véritable levier susceptible d’améliorer la qualité de l’audit. La littérature envisage essentiellement la réglementation comme un outil de préservation de l’indépendance des auditeurs, son rôle dans la garantie de la compétence étant moins souvent évoqué. Cependant, un certain nombre de travaux vise conjointement ces deux dimensions, notamment les études relatives aux organismes de régulation dont les objectifs portent également sur la définition et le respect des normes.

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D’ailleurs, depuis toujours, et notamment depuis les lois SOX (aux États-Unis) et LSF (en France), les législateurs ont renforcé les règles d’indépendance (rotation des auditeurs, rôle des comités d’audit, incompatibilités, etc.) mais aussi de compétence (force réglementaire accordée aux normes d’exercice professionnel, renforcement des obligations de formation, renforcement du processus de contrôle qualité au sein de la profession, etc.).

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L’objet de cette recherche est d’évaluer l’impact sur la qualité de l’audit d’un ensemble de critères, dans le contexte particulier des renforcements récents de la réglementation.

1.3 - Problématique et particularités liées aux préparateurs de l’information financière

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La revue de littérature sur la qualité de l’audit révèle de nombreux critères de perception, organisés autour des deux concepts-clés de DeAngelo (1981) : compétence et indépendance, et souligne l’influence des indicateurs liés à la réglementation, qui portent sur ces deux dimensions. Les derniers textes réglementaires (SOX, LSF, Nouvelle Directive Européenne, renforcement du CDI, etc.) constituent, quant à eux, un ensemble de plus en plus contraignant, tant au plan des règles d’indépendance qu’à celui des normes de travail. Ils font l’objet de débats importants dans la plupart des pays, en vue d’une harmonisation internationale et d’éventuels ajustements suite à une période de forte turbulence législative. Mais la réelle capacité de ce corpus réglementaire à garantir la qualité réelle et perçue de l’audit – n’a pas été démontrée et soulève parfois un certain scepticisme de la part des professionnels.

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Dans un contexte qui témoigne, par l’émergence continue de nouvelles réglementations, de l’enjeu lié à la réalisation d’un audit de bonne qualité, cet article a pour objet de répondre à l’interrogation suivante : Quels sont les critères influençant la qualité perçue de l’audit ?

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L’approche méthodologique développée est de type « comportemental » selon la typologie de Schroeder et al. (1986 [3][3] Par opposition aux mesures de la qualité de l’audit...). Elle consiste, sur la voie ouverte par Mock et Samet (1982 [4][4] Nous n’avons pas été en mesure d’obtenir cet artic...), Sutton et Lampe (1991) ou Carcello et al. (1992), à mesurer la pertinence de différents facteurs d’influence.

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L’audit étant « destiné à un groupe hétérogène de parties prenantes aux intérêts divergents » (Warming-Rasmussen, 1998, p. 65), plusieurs auteurs soulignent l’intérêt de réaliser des études sur d’autres parties prenantes que les auditeurs eux-mêmes. Ainsi ont déjà été étudiées les perceptions des utilisateurs externes (Warming-Rasmussen, 1998), des gestionnaires de crédits et analystes financiers (Shockley, 1981, 1982), des actionnaires (Carey et al., 1996 [5][5] Nous n’avons pas été en mesure d’obtenir cet artic...) et des comités d’audit (Schroeder et al., 1986). Notre étude s’inscrit dans ce champ de recherche. Nous choisissons de nous focaliser sur les préparateurs de l’information financière, qui font partie des « trois groupes principaux du processus de l’élaboration des états financiers (préparateurs – auditeurs – utilisateurs) » (Carcello et al., 1992, p. 3), et participent à l’établissement des états financiers, au choix du commissaire aux comptes et au bon déroulement d’une mission.

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Cette étude vise ainsi à (1) identifier les critères influençant la qualité de l’audit, (2) mesurer leur pertinence et leur importance relative auprès des préparateurs et (3) mettre en exergue des groupes de préparateurs aux perceptions différentes.

2 - Méthodologie

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Afin d’atteindre les trois objectifs de cette recherche, nous mettons en œuvre une démarche comparable à celle utilisée par Carcello et al. (1992) et déployée en deux phases : la première est qualitative et la seconde quantitative. La Figure 1 illustre les grandes phases de cette approche méthodologique.

Figure 1 - Méthodologie de la rechercheFigure 1

2.1 - Phase qualitative : identification et validation des critères d’influence

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Cette première phase se déroule en deux étapes successives. La première permet d’identifier les critères d’influence de la qualité de l’audit. Elle se fait à partir d’une revue de la littérature académique complétée par une analyse des derniers éléments de réglementation en matière d’audit légal : dispositions de la loi LSF de 2003, articles du CDI homologué le 16 novembre 2005, Normes d’Exercice Professionnel mises en œuvre depuis 2003 et transcription en droit français de la 8e Directive Européenne (Ordonnance du 8 décembre 2008). La deuxième étape consiste à mener des entretiens individuels, en face à face, auprès de préparateurs présentant des profils variés (en termes d’années d’expérience, de taille d’entreprise, etc.). Ces entretiens, d’une durée moyenne d’une heure, permettent de valider la pertinence des critères recensés et de supprimer ou intégrer de nouveaux indicateurs sur la base des commentaires formulés par les répondants.

2.2 - Phase quantitative : identification des axes, mise en évidence et caractérisation de groupes de préparateurs

2.2.1 - Élaboration et diffusion d’un questionnaire

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Les critères ainsi obtenus sont intégrés à un questionnaire, dans lequel des variables signalétiques permettant de décrire l’échantillon ont également été insérées. Dans le but d’isoler la dimension réglementaire et compte tenu du caractère transversal de nombreux critères, cette liste n’a pas été organisée autour des habituelles « compétence indépendance » mais autour de trois familles d’indicateurs : celle liée au déroulement spécifique d’une mission et portant sur l’interaction entre auditeurs et audités (personnel, comité d’audit, gouvernement d’entreprise), celle qualifiant de manière plus générale les membres de l’équipe d’audit et du cabinet et enfin celle qui souligne l’influence de la réglementation. Ainsi, notre classification s’apparente à celle proposée par Prat dit Hauret (2003).

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L’influence perçue de ces critères sur la qualité de l’audit se mesure dans la plupart des cas sur une échelle de 1 (aucune influence) à 7 (influence très forte). Néanmoins, les entretiens ayant démontré que la polarisation de certains critères n’était pas évidente, certaines échelles sont formulées de –3 (influence négative forte) à + 3 (influence positive forte). Le lien permettant d’accéder au questionnaire est ensuite adressé par voie électronique en utilisant le logiciel Survey Monkey. La liste de diffusion est formée de préparateurs d’information financière. La collecte s’est déroulée entre janvier et juillet 2009.

2.2.2 - Traitement des réponses

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L’étude quantitative se déroule en deux étapes.

  • Tout d’abord, une série d’analyses factorielles en composantes principales (ACP) est conduite pour mettre à jour la structure sous-jacente des principales familles de critères d’influence de la qualité de l’audit [6][6] Pour précision, ces analyses factorielles sont, à l’origine,.... Ensuite, des analyses statistiques univariées (fréquence, moyenne et écart-type) sont menées sur les critères, structurés autour des axes factoriels, afin de percevoir leur importance relative dans la perception de qualité de l’audit.

  • La deuxième étape a pour objectif d’identifier des éventuelles différences de perception au sein de la population des préparateurs. À ce titre, une typologie par nuées dynamiques (ou K-means) est effectuée à partir des facteurs, préalablement centrés et réduits pour intégrer des variables isolées non restituées dans les ACP. Une analyse discriminante menée en complément permet de valider le nombre de groupes obtenus et de les qualifier. Enfin, pour caractériser les individus composant chacun des groupes, une série de tests du Khi-Deux est lancée à partir des variables sociodémographiques présentes dans la fiche signalétique du questionnaire. La Figure 2 illustre l’enchaînement des analyses réalisées.

Figure 2 - Étapes de l’étude quantitativeFigure 2

3 - Résultats

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Les résultats portent sur l’identification des critères de perception de la qualité, puis la mesure de leur pertinence auprès des préparateurs d’information financière. Différents groupes d’utilisateurs se distinguent sur la base de ces perceptions, qu’il est possible de caractériser en fonction de leur expérience professionnelle.

3.1 - Identification des critères de perception de la qualité de l’audit

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Les synthèses de la littérature et de la réglementation conduisent à établir une liste de 55 indicateurs susceptibles d’influencer la qualité de l’audit [7][7] Les entretiens confirmatoires se sont déroulés auprès.... L’Annexe 1 (tableaux 1a, 1b et 1c) présente les 55 critères, ventilés dans chacun des trois thèmes (mission, équipe/cabinet et réglementation), ainsi que l’origine de leur identification (littérature et auteurs de référence [8][8] Nous nous sommes en premier lieu appuyés sur les travaux..., textes réglementaires et/ou entretiens de la phase qualitative).

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Parmi l’ensemble de ces critères, 19 se rattachent au premier thème, la mission d’audit. Parmi eux, 9 sont issus exclusivement de l’analyse de la littérature (le grand nombre d’années d’expérience du commissaire aux comptes, la bonne maîtrise du dossier par ce dernier, etc.) et seulement 1 se dégage de la seule analyse de la réglementation (le respect strict du secret professionnel). 6 critères ressortent conjointement de ces deux analyses (la rigueur et la documentation du travail d’audit, la qualité de la communication entre l’équipe d’audit et l’entreprise – management et comité d’audit –, la qualité de la communication entre le commissaire aux comptes et son équipe, etc.). Enfin, les entretiens ont permis de faire émerger 3 critères supplémentaires (le fait que l’auditeur et l’audité ont les mêmes valeurs professionnelles, la présence du cabinet comme auditeur de toutes les sociétés du groupe de l’entreprise auditée et la courtoisie des membres de l’équipe d’audit envers le personnel de l’entreprise auditée).

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Le second thème, intitulé « équipe/cabinet », est constitué de 21 indicateurs. Il forme ainsi le thème au nombre d’indicateurs le plus élevé. Ces derniers sont principalement issus de l’analyse de la littérature (14 critères dont le niveau de connaissance du domaine d’activité de l’entreprise auditée par le commissaire aux comptes). Seulement 2 indicateurs ont émergé exclusivement de l’analyse de la réglementation (le fait que le cabinet d’audit appartienne à un réseau et le recours à une publicité discrète par le cabinet) et 3 sont traités à la fois par la littérature académique et par la réglementation (le niveau de compétence technique du commissaire aux comptes et de l’équipe, ainsi que le contrôle qualité externe du cabinet). Enfin, les entretiens conduits ont permis de faire émerger 2 critères rattachés à ce thème (le fait que ni les membres de l’équipe d’audit ni le commissaire aux comptes ne rencontrent de problèmes personnels pendant la mission).

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Enfin, le dernier thème, nommé « réglementation », regroupe 15 indicateurs qui sont logiquement tous issus de l’analyse de la réglementation. 9 d’entre eux sont également traités dans la littérature et portent essentiellement sur les honoraires, le co-commissariat aux comptes et les incompatibilités.

3.2 - Pertinence des critères de perception auprès des préparateurs de l’information financière

3.2.1 - Description des répondants

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Le questionnaire a été transmis via le réseau personnel des auteurs et auprès de membres de différentes associations en lien avec le sujet de l’étude : ainsi, 600 questionnaires ont été envoyés à des adhérents de l’APDC (Association des Professionnels et Directeurs Comptabilité et Gestion), 678 aux anciens de l’Université Paris Dauphine (MSTCF) et de l’ESCP Europe et, enfin, 1 112 aux diplômés de l’IAE de Grenoble exerçant dans des fonctions financières. Nous avons par ailleurs proposé aux personnes ainsi contactées de diffuser elles-mêmes le questionnaire auprès de leurs connaissances professionnelles susceptibles d’être concernées. Le nombre de questionnaires mis en circulation ne peut donc pas être déterminé de manière précise. Les réponses de 131 préparateurs ont in fine été collectées, dont 12 émanant de directeurs généraux, 23 de directeurs financiers, 3 de directeurs administratifs et 6 appartenant à la catégorie « autres » (principalement des directeurs comptables, des responsables du contrôle interne et des responsables financiers [9][9] 47 répondants n’ont pas souhaité indiquer la fonction...). La constitution de cet échantillon, qui n’est pas aléatoire par son mode de diffusion « boule de neige », a prioritairement été guidée par la volonté de couvrir un large spectre de la population des préparateurs d’information financière. Ainsi, même si le taux de non-réponse aux questions signalétiques est plus fort que sur l’ensemble du questionnaire, trois types de critères permettent de décrire les répondants. Les préparateurs représentés exercent majoritairement dans des entreprises françaises non cotées de taille variable ; leur expérience dans leur fonction actuelle se situe plutôt entre 5 et 10 ans [10][10] Notons quand même que la majorité des préparateurs... ; enfin, les cabinets en charge de l’audit de leur société se révèlent être diversifiés tant en termes de taille, que de renommée ou d’antériorité de la relation avec la société. Les caractéristiques des 131 préparateurs ayant répondu au questionnaire sont détaillées de manière plus précise dans l’Annexe 2.

3.2.2 - Analyses factorielles

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Les ACP effectuées sur chacun des trois grands thèmes identifiés dans le questionnaire (mission, équipe/cabinet et réglementation) permettent d’identifier les facteurs sous-jacents à partir desquels les préparateurs estiment la qualité d’un audit. Leurs résultats sont présentés dans l’Annexe 3. En prenant précisément pour cadre de présentation les axes factoriels retenus, l’analyse de la moyenne de chaque critère et de chaque facteur met en évidence leur importance relative dans la perception de la qualité de l’audit (Tableaux 3a, 3b et 3c).

Résultats portant sur le thème mission

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Ce thème obtient le score moyen le plus élevé (5,79). Sept facteurs émergent de l’ACP ; ils expliquent 69,49 % de la variance (Tableau 3a) et chacune de leur moyenne est supérieure à 5.

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Bien que le Facteur 1, lié à la qualité des procédures de travail d’audit et de documentation, explique la plus grande part de variance, il n’est pas pour autant celui qui influence le plus la perception de qualité d’un audit. En termes d’importance, la connaissance du dossier par le cabinet, représenté par le Facteur 4, a le plus fort impact (6,08 [11][11] Figure entre parenthèses la moyenne des moyennes de...).

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Viennent ensuite deux catégories de facteurs. La première se rattache à la relation entre l’équipe d’audit et l’entreprise auditée, peu étudiée dans la littérature. Elle est constituée de deux facteurs d’importances très proches. Le premier (Facteur 7) porte sur la qualité de la communication de l’équipe avec le gouvernement d’entreprise (6,00), le second (facteur 2) est lié au respect des engagements vis-à-vis de l’entreprise (5,80). Un troisième, de moindre importance, se rattache également à ce thème : le Facteur 5 portant sur la qualité de la relation de l’équipe avec le personnel de l’entreprise (5,60). La seconde catégorie, également formée de 3 facteurs, porte sur l’organisation du travail d’audit mené sous la supervision du commissaire aux comptes. Le premier (Facteur 3) traite de l’implication du commissaire aux comptes signataire (5,80). Le second (Facteur 1) est relatif à la qualité des procédures de travail d’audit et de documentation (5,73). Le troisième, d’importance relative moins grande, est le Facteur 6 relatif à la gestion du temps de l’équipe d’audit (5,38).

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L’ensemble des facteurs liés au thème mission a des moyennes proches et plutôt élevées.

Résultats portant sur le thème équipe/cabinet

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Avec 6 facteurs, l’ACP explique 68,56 % de la variance totale (Tableau 3b). Deux critères présentant des mauvaises communautés ont dû être extraits de l’ACP et sont traités de manière indépendante : le fait que le cabinet ne procède qu’à une publicité discrète et le fait qu’il participe au fonctionnement des instances professionnelles. L’analyse de cette ACP fait apparaître deux grandes catégories.

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La première est formée de trois facteurs ayant tous une moyenne supérieure à 5 et qui peuvent ainsi être considérés comme importants. Elle regroupe essentiellement des facteurs rattachés au niveau de compétence du commissaire aux comptes et des membres de l’équipe d’audit. Ainsi, le Facteur 3, jugé le plus important, est lié à la maîtrise technique du commissaire aux comptes (moyenne de 5,91). Viennent ensuite les caractéristiques propres aux membres de l’équipe d’audit, tant au plan strictement technique qu’au niveau de leurs valeurs professionnelles (Facteur 4 – 5,81). Le Facteur 5, représentant la taille du cabinet (5,26) qui est souvent associée dans la littérature à la compétence de l’auditeur, fait également partie de cette première famille. Il influence bien la qualité perçue de l’audit dans le sens annoncé par la littérature. Enfin, dans une moindre mesure apparaît le Facteur 6 lié au management des équipes d’audit (4,64).

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La seconde catégorie est formée de trois facteurs aux moyennes plutôt faibles (inférieures à 5, deux d’entre elles ne dépassant pas 4,5 : 3,57 et 4,20). Elle regroupe des facteurs éloignés du déroulement concret de la mission, qui apparaissent comme moins significatifs pour les préparateurs : le Facteur 1, correspondant au respect des règles en dehors du cadre strict de la mission (4,20), et le Facteur 2 traitant de l’absence de difficulté personnelle (3,57) qui favorise pourtant la sérénité du commissaire aux comptes et des membres de l’équipe.

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Enfin, les deux critères isolés ne sont pas non plus jugés comme ayant un fort impact sur la qualité de l’audit : le fait que le cabinet ne procède qu’à une publicité discrète et qu’il participe au fonctionnement des instances professionnelles obtiennent respectivement des moyennes de 4,2 et 3,69.

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Au final, parmi les trois grands thèmes analysés dans le questionnaire, le thème équipe/cabinet est celui qui obtient le score moyen global le plus faible (4,62).

Résultats portant sur le thème réglementation

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Concernant ce dernier thème, l’ACP conduit à retenir 4 facteurs. En raison de sa faible communauté, la variable liée à la rotation obligatoire tous les 6 ans des commissaires aux comptes des sociétés cotées est traitée à part. Le Tableau 3c (Annexe 3) restitue les résultats obtenus.

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L’ACP explique 70,42 % de la variance totale, avec un poids prédominant pour le Facteur 1, la limitation des liens financiers et personnels, qui restitue à lui seul 40,83 % de la variance totale. Ce facteur, dont aucun des critères n’est dispersé, présente également la moyenne la plus forte (5,97) et s’avère donc essentiel dans le jugement de la qualité d’un audit. Une influence importante est également associée à la variable isolée représentative de l’obligation de rotation des commissaires aux comptes personnes physiques tous les 6 ans pour les sociétés cotées (5,4), ainsi qu’au Facteur 4, associé au principe de l’encadrement des honoraires et du co-commissaire aux comptes (5,24), et au Facteur 2, qui concerne le renforcement des instances de contrôle de la profession (5,15). Le Facteur 3 lié à la séparation de l’audit et du conseil, obtient la moyenne la plus faible de ce thème, même si elle reste cependant importante (4,85).

43

Au regard des scores obtenus, le thème réglementation occupe une place intermédiaire avec une moyenne somme toute élevée (5,34) : les préparateurs accordent ainsi un crédit raisonnable à la plupart des dispositifs développés, précisés ou renforcés lors des dernières réglementations.

3.2.3 - Synthèse

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Une analyse transversale sur l’ensemble des trois thèmes conduit à trois conclusions majeures.

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Avec la moyenne la plus élevée (5,79), les indicateurs liés au thème mission sont ceux qui influencent le plus le jugement porté par les préparateurs sur la qualité de l’audit. Le thème réglementation tient aussi une place essentielle (5,34), avec un intérêt particulier porté à la limitation des liens financiers et personnels. L’influence des critères relatifs au thème équipe/cabinet est plus disparate (4,62), les préparateurs concentrant alors leur attention sur les critères liés à la maîtrise technique du commissaire aux comptes et des membres de l’équipe ainsi qu’à l’importance du cabinet, au détriment d’indicateurs plus éloignés du déroulement strict des missions comme la participation aux instances professionnelles, le respect des règles ou les difficultés personnelles des professionnels.

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Par ailleurs, cette analyse conduit à souligner l’importance accordée aux deux dimensions classiques de la qualité de l’audit (compétence et indépendance). En effet, le facteur lié à la compétence présente la moyenne la plus forte (Facteur 4 du thème mission : maîtrise du dossier ; 6,08) et le facteur lié à l’indépendance figure au troisième rang (facteur 1 du thème réglementation : limitation des liens financiers et personnels ; 5,97). Notons que si la littérature et la réglementation semblent accorder une place prépondérante à la notion d’indépendance, ces résultats indiquent que les préparateurs privilégient, quant à eux, la compétence des commissaires aux comptes. L’analyse transversale des résultats fait également émerger l’importance de la communication entre l’équipe d’audit et le gouvernement d’entreprise (Facteur 7 du thème mission, moyenne de 6 et second facteur par ordre d’importance aux yeux des préparateurs). Cette notion n’est pourtant pas liée aux deux dimensions classiques de la qualité de l’audit que sont la compétence et l’indépendance de l’auditeur.

3.3 - Identification de groupes de préparateurs selon leurs critères de perception

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Les réponses des préparateurs sont globalement homogènes [12][12] Seulement 6 items sur 55 présentent un degré de dispersion.... Cette faible disparité n’exclut pas pour autant l’existence de groupes d’individus développant des modes de perception distincts. En effet, diverses combinaisons de ces critères peuvent caractériser des groupes d’individus aux structures de jugement différentes. La typologie, conduite sur la base de l’ensemble des facteurs issus des ACP ainsi que sur les 3 critères isolés, fait effectivement émerger 2 groupes de préparateurs présentant des constructions de jugement différentes. Les résultats (moyenne des scores factoriels par groupe) sont fournis dans l’Annexe 3 (deux dernières colonnes du tableau) et illustrés dans la Figure 3.

48

Comprendre précisément la manière dont chaque groupe de préparateurs fonde son jugement découle de l’analyse du poids relatif de chacun des facteurs sur la qualité perçue de l’audit. Pour faciliter cette interprétation, les résultats de l’analyse typologique sont complétés par une analyse discriminante effectuée sur les scores factoriels, qui met en exergue les 8 facteurs qui différencient le mieux les 2 groupes de préparateurs (Annexe 4). Ces facteurs discriminants appartiennent principalement au thème mission (5 facteurs). Les 3 autres facteurs trouvent un écho assez consensuel parmi les préparateurs (2 pour les aspects réglementaires et 1 seul concernant l’équipe et le cabinet, ce dernier thème étant d’ailleurs intimement lié à un élément de réglementation : la limitation du recours à la publicité pour les auditeurs).

49

Un premier niveau d’analyse de la Figure 3 permet de souligner que les deux groupes de préparateurs se distinguent dans la manière de fonder leur perception de la qualité de l’audit. Le premier groupe, qui constitue le groupe dominant (90 individus), construit sa perception en privilégiant un faible nombre de facteurs. À l’inverse, le second groupe (41 individus) considère que la qualité de l’audit est influencée par un grand nombre de facteurs et résulte des effets conjugués des différents paramètres liés à la mission, la réglementation ainsi que, dans une certaine mesure, l’équipe ou le cabinet.

 - Figure 3Figure 3

Positionnement des groupes sur les facteurs appartenant aux thèmes mission, équipe/cabinet et réglementation

En gras figurent les facteurs discriminants

50

Un examen détaillé par groupe permet d’affiner cette analyse. Le Groupe 1 ne prête pas d’attention particulière à la majorité des facteurs. Parmi les facteurs retenus pour l’analyse discriminante (les 17 facteurs issus de l’ACP et les 3 variables isolées), 2 facteurs seulement sont survalorisés par ce groupe dans sa perception de la qualité : la taille du cabinet et la gestion du temps par l’équipe d’audit. Ces deux facteurs s’inscrivent respectivement dans le thème équipe/cabinet et le thème mission ; aucun facteur en lien avec la réglementation n’est spécifiquement considéré par ces préparateurs.

51

À l’inverse, 3 facteurs et 2 variables isolées s’avèrent relativement sous-représentés dans leur processus cognitif. Parmi eux, 3 sont issus du thème réglementation : la rotation obligatoire des commissaires aux comptes, la séparation audit-conseil et le recours discret à la publicité. Les deux autres portent sur la mission (la qualité des procédures de travail d’audit et de documentation) et sur l’ équipe/le cabinet (l’absence de difficulté personnelle). Ce dernier facteur est également peu pris en compte par le second groupe de préparateurs. Il ne permet donc pas de différencier les deux groupes.

52

Sur l’ensemble des autres facteurs, ce groupe présente une position moyenne et homogène, légèrement en retrait par rapport aux positions de l’ensemble de la population. Sur ces 13 facteurs d’importance plus modérée, 3 seulement présentent une influence légèrement supérieure à la moyenne de l’échantillon, tous issus du thème mission : la prise en compte des engagements vis-à-vis de l’entreprise, l’implication du commissaire aux comptes signataire et la connaissance du dossier par le cabinet.

53

À l’inverse, le Groupe 2 construit sa perception de la qualité de l’audit sur un grand nombre de facteurs.

54

Les schémas cognitifs de ces professionnels sont complètement opposés à ceux des membres du premier groupe puisque les 2 seuls facteurs se révélant avoir un impact moindre dans leur jugement sont précisément les 2 seuls facteurs pris en compte par leurs homologues du Groupe 1 : la taille du cabinet et la capacité de l’équipe d’audit à gérer son temps. À ces 2 facteurs devrait être ajoutée l’absence de difficulté personnelle, mais, comme nous l’avons évoqué précédemment, celui-ci n’est pas réellement différenciant et peut ainsi être écarté de cette analyse.

55

Par ailleurs, ce groupe ne fait apparaître que 5 facteurs [13][13] Il s’agit de 4 facteurs et d’une variable isolée. de niveau d’importance se situant dans la moyenne de l’échantillon. Parmi ces facteurs pouvant être qualifiés de « neutres » et répartis entre les trois grands thèmes, 4 sont communs avec le précédent groupe et n’ont donc pas de pouvoir discriminant très significatif : la connaissance du dossier par le cabinet, le fait que le cabinet participe aux instances professionnelles, la maîtrise technique du commissaire aux comptes et la qualité de la relation de l’équipe d’audit avec le personnel de l’entreprise.

56

Au final, il reste donc 12 facteurs sur lesquels ces préparateurs fondent plus singulièrement leur jugement de la qualité d’un audit. Certains d’entre eux font d’ailleurs apparaître des positions nettement au-dessus de la moyenne, ce qui témoigne d’un poids relatif très significatif. Ces facteurs se répartissent de manière assez égalitaire entre les trois thèmes de notre analyse (4 concernent la mission, 3 l’ équipe/le cabinet et 5 la réglementation). Contrairement au groupe précédent, ces professionnels accordent plus du crédit à toutes les dimensions de réglementation présentées, hormis la séparation audit-conseil et la représentation dans les instances professionnelles auxquelles ils ne sont pourtant pas indifférents. Ces professionnels valorisent donc le respect des règles, en général, et un certain sens éthique, comme l’indiquent les 5 facteurs [14][14] Il s’agit de 3 facteurs et de deux variables isolé... les plus influents dans leur jugement et qui présentent des scores très importants : la limitation de la publicité, le principe de la rotation des commissaires aux comptes, le renforcement des instances de contrôle, le respect des règles en dehors de la mission et la prise en compte des engagements vis-à-vis de l’entreprise. Viennent ensuite la qualité des procédures de travail d’audit et de documentation, facteur plus directement lié au déroulement de la mission, puis un ensemble d’autres facteurs d’importance secondaire.

3.4 - Caractérisation des groupes de préparateurs

57

La détermination de ces deux groupes de préparateurs aux perceptions différentes prend tout son sens si les individus composant chacun des groupes peuvent être caractérisés afin d’expliquer leur processus de perception et de les identifier plus précisément.

58

L’ensemble des tests du Khi-Deux effectués entre les variables caractérisant notre échantillon et la classification issue de l’analyse typologique montre que les critères distinctifs ne relèvent pas du préparateur en tant que tel (expérience, âge, poste) ni de son cabinet d’audit, mais de la taille de la société dans laquelle il travaille. Cette taille s’apprécie à partir de deux variables significatives : le chiffre d’affaires et la présence ou non d’un expert-comptable dans l’entreprise [15][15] La présence d’un expert-comptable ne se retrouvant....

59

Ainsi, dans le Groupe 1 se retrouvent plutôt des sociétés de grande taille (chiffre d’affaires consolidé supérieur à 20 000 m€) alors que le Groupe 2 rassemble des entreprises de taille intermédiaire. Les sociétés les plus petites (moins de 100 m€ de CA) sont partagées entre les deux perceptions de la qualité de l’audit. Les sociétés qui n’ont pas d’expert-comptable appartiennent majoritairement au Groupe 1 alors que celles qui en ont un se répartissent entre les deux groupes. Le Tableau 1 permet de caractériser de manière synthétique les sociétés appartenant à chacun des groupes.

Tableau 1 - Caractérisation des groupes en fonction de la société à laquelle appartient le préparateur(*),(**)Tableau 1

(*) test du Khi-deux significatif à 5 %.

(**) test du Khi-deux significatif à 10 %

60

Ainsi, même si la population des préparateurs présente une grande convergence d’opinion concernant la qualité de l’audit, la typologie fait ressortir deux groupes au processus perceptuel se différenciant à la fois en termes de complexité et de nature des facteurs valorisés.

61

Le premier groupe, dominant en nombre, présente un processus cognitif simple, centré autour d’une vision « grand cabinet » de la qualité de l’audit. Il construit sa perception sur deux facteurs principaux : la taille du cabinet et la qualité du management de l’équipe d’audit. D’une manière générale, les seuls autres éléments qui exercent une influence relativement forte sur sa perception sont liés au déroulement de la mission, alors que les caractéristiques des équipes ou du cabinet, ainsi que les éléments de réglementation comptent peu : pour fonder leur appréciation de la qualité de l’audit, ces préparateurs, qui exercent plutôt dans des grandes entreprises, survalorisent les facteurs simples et observables que constituent la taille du cabinet et la qualité du déroulement de la mission dans les locaux de leur entreprise, sans entrer dans le détail des caractéristiques intrinsèques du travail mené. Logiquement, la réglementation ne joue qu’un rôle secondaire, l’image du cabinet constituant pour eux un gage de qualité plus fort qu’un cadre légal contraignant.

62

Le second groupe de préparateurs, qui représente un peu moins d’un tiers de l’échantillon, perçoit la qualité de l’audit de manière totalement différente, selon un schéma cognitif élaboré intégrant de nombreuses dimensions intrinsèques. Il accorde une importance significative à de nombreux facteurs répartis dans les trois thèmes de l’étude. Par ailleurs, les seuls critères que ces professionnels délaissent relativement sont ceux qui sont les éléments phares du processus de jugement de leurs confrères du premier groupe, c’est-à-dire la taille du cabinet et la gestion du temps par l’équipe d’audit. À l’inverse, ils favorisent dans leur perception les éléments de rigueur, voire d’éthique, qui sont liés à la réglementation ou à la respectabilité du commissaire aux comptes et de son cabinet. Ces préparateurs exercent plutôt dans des entreprises de taille intermédiaire pour lesquelles la réputation du cabinet joue moins que la mise en œuvre scrupuleuse de l’audit. Ainsi, ils sont davantage rassurés par un cadre réglementaire précis.

4 - Apports, limites et perspectives

4.1 - Apports et discussion

63

Nous avons répertorié les indicateurs susceptibles d’influencer la qualité de l’audit par une démarche originale intégrant à la littérature académique les récentes évolutions réglementaires en matière d’audit. L’étude empirique révèle que les préparateurs prennent en considération l’ensemble des 55 critères présentés. Les critères traditionnels comme la compétence et l’indépendance mis en évidence par DeAngelo (1981) sont réaffirmés, la compétence se révélant être le critère jugé le plus influent par les préparateurs. Notre étude souligne ainsi la nécessité de s’intéresser à la compétence de l’auditeur, souvent délaissée par la recherche qui porte plus souvent sur l’indépendance. Mais les résultats confirment également la pertinence, dans le contexte français, des variables portant sur l’équipe d’audit dans son ensemble (Sutton, 1993) et sur les caractéristiques de l’entreprise auditée (Carcello et Neal, 2000 ; DeZoort et Salterio, 2001 ; Richard et Reix, 2002 ; Chen et Jian, 2007 ; Ettredge et al., 2009). Ils soulignent notamment l’importante accordée par les préparateurs à la qualité de la communication entre l’équipe d’audit et le gouvernement d’entreprise, second facteur par ordre d’influence à leurs yeux, devant l’indépendance. Cette étude confirme que les préparateurs intègrent également, dans leur jugement, des dimensions humaines et comportementales et sont donc très directement influencés par l’attitude des équipes d’audit dans leurs locaux (Richard, 2006 ; Guénin-Paracini, 2008).

64

Conformément aux suggestions de plusieurs auteurs (Sutton, 1993 ; Colasse, 2003), l’intérêt des recherches utilisant une vision multidimensionnelle de la qualité de l’audit est donc souligné. Au plan professionnel, cette étude éclaire également la tendance progressive de la réglementation à viser, au-delà de la compétence et de l’indépendance des auditeurs, les modalités du déroulement concret des missions d’audit et l’organisation des cabinets, ainsi que la qualité de la relation auditeurs-audités.

65

Si les indicateurs liés au déroulement de la mission sont les plus influents aux yeux des préparateurs, ils accordent également une importance significative aux éléments de réglementation de l’audit légal. Cette dimension est même jugée plus décisive que les caractéristiques propres à l’équipe d’audit. Bien que le rôle de la profession et du CDI en tant que garant de la fiabilité de la qualité de l’audit ait été critiqué dans des travaux antérieurs (Parker, 1994), ces résultats suggèrent que les préparateurs jugent favorablement les renforcements réglementaires. Cependant, leur importance perçue diffère selon le type de critères envisagés : une place importante est accordée aux indicateurs se rattachant à la limitation des liens financiers et professionnels et à certains aspects liés à l’organisation de la profession, tandis que la séparation entre l’audit et le conseil est jugée moins pertinente.

66

Enfin, les résultats indiquent que, malgré l’homogénéité des réponses obtenues, il est possible d’identifier deux groupes de préparateurs qui se distinguent par la taille de la société dans laquelle ils exercent. Ainsi, les préparateurs des plus petites sociétés forment leur évaluation de la qualité de l’audit sur un schéma cognitif étendu accordant une large place aux caractéristiques intrinsèques de la mission d’audit, aux éléments de réglementation et au respect des règles. Mais la majorité des préparateurs de notre échantillon, qui exercent plutôt dans des sociétés de grande taille, limitent leur jugement à deux indicateurs simplificateurs facilement observables : la qualité du temps passé par les équipes d’audit dans les locaux de leur entreprise et, surtout, la grande taille du cabinet d’audit. L’étude confirme ainsi que, compte tenu du caractère difficilement mesurable de la qualité de l’audit, la majorité des préparateurs développent des raccourcis accessibles pour l’estimer, notamment la grande taille du cabinet d’audit qui est un des proxy le plus souvent repris dans la littérature (DeAngelo, 1981 ; Emby et Etherington, 1996). Ces résultats soulignent également que, dans cette vision, la réglementation des métiers de l’audit semble apporter moins d’assurance aux préparateurs, en termes de qualité, que l’effet de la réputation du cabinet impliqué.

4.2 - Limites et Perspectives

67

Ces résultats doivent être mis en perspective d’un certain nombre de limites inhérentes à l’approche méthodologique retenue. Le caractère déclaratif de la collecte par questionnaire ne peut exclure un biais des résultats, les répondants étant nécessairement artificiellement incités à entrer dans un processus cognitif imposé, alors que leur perception intime repose sur des schémas perceptuels plus ou moins inconscients et difficiles à appréhender.

68

De plus, le mode de diffusion des questionnaires ne permet pas de connaître le taux de réponse précis obtenu ni de qualifier l’échantillon d’« aléatoire », ce qui conduit à la prudence dans la généralisation des résultats obtenus.

69

En outre, cette étude centrée sur les préparateurs pourrait être utilement complétée à des fins comparatives par une étude similaire, menée à l’instar de Carcello et al. (1992) auprès d’auditeurs et/ ou d’utilisateurs d’information financière. Un tel prolongement permettrait la mise en évidence des perceptions de l’ensemble des parties prenantes en lien direct avec la qualité de l’audit afin de mieux appréhender, notamment, l’impact perçu des nouvelles réglementations sur la qualité de l’audit.

70

Enfin, bien que notre étude conduise à mettre en exergue deux groupes qualifiés de « groupe au processus cognitif réduit autour d’une vision grand cabinet » et de « groupe au schéma cognitif élaboré intégrant de nombreuses dimensions intrinsèques », elle pourrait être approfondie grâce à l’identification plus exhaustive des caractéristiques individuelles décrivant les membres de chaque groupe en élargissant la recherche sur une population plus étendue. L’étude gagnerait ainsi une visée managériale qui permettrait, à partir des caractéristiques signalétiques d’un préparateur, d’anticiper la manière dont il forme son jugement de la qualité de l’audit.

71

Remerciements

Les auteurs remercient les réviseurs et le rédacteur en chef pour leurs remarques ainsi que les discutants et participants à l’AFC (2009 et 2011) pour leurs commentaires. Ils remercient également l’Association des Diplômés de l’IAE de Grenoble Bernard Mirailles, président de l’Association des Professionnels et Directeurs Comptabilité et Gestion – APDC – pour leur aide dans la diffusion du questionnaire.


Annexe

Annexe 1 - Origine des 55 critères retenus dans le questionnaire

Tableau 1a - Critères rattachés au thème missionTableau 1a
Tableau 1b - Critères rattachés au thème équipe/cabinetTableau 1b
Tableau 1c - Critères rattachés au thème réglementationTableau 1c

Annexe 2 - Description de l’échantillon

Caractéristiques des répondants
Caractéristiques de la société des répondants
Caractéristiques du cabinet en charge de l’audit de la société

Annexe 3 - Facteurs issus de l’analyse factorielle, statistiques descriptives et analyse typologique

Tableau 3a - Résultats du thème missionTableau 3a
Tableau 3b - Résultats du thème équipe/cabinetTableau 3b
Tableau 3c - Résultats du thème réglementationTableau 3c

Les facteurs et les variables ont, préalablement à l’analyse typologique, été centrés et réduits, d’où des moyennes sur scores factoriels variant entre –1,5 et 1. En gras, apparaissent les 8 variables discriminantes. Méthode QM utilisée pour l’estimation des valeurs manquantes.

Annexe 4 - Résultats de l’analyse discriminante effectuée entre les groupes et les facteurs

Taux de reclassement des observations originales : 98,5 %.


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Notes

[1]

Le cumul de missions de certification et de conseil est interdit en France.

[2]

Pour une synthèse détaillée portant sur la qualité de l’audit, se référer à Watkins et al. (2004).

[3]

Par opposition aux mesures de la qualité de l’audit fondées sur des analyses d’honoraires ou de caractéristiques propres aux différents cabinets (litiges, etc.).

[4]

Nous n’avons pas été en mesure d’obtenir cet article.

[5]

Nous n’avons pas été en mesure d’obtenir cet article.

[6]

Pour précision, ces analyses factorielles sont, à l’origine, menées sur un échantillon plus large de répondants incluant également des auditeurs. Les structures émergentes sont ensuite validées par une analyse confirmatoire sur la seule population des préparateurs.

[7]

Les entretiens confirmatoires se sont déroulés auprès de directeurs financiers faisant partie des préparateurs de l’information financière. Ils ont permis de valider la pertinence de 50 critères et d’en inclure 5 nouveaux. Ils n’ont pas conduit à la suppression de critères mais ont permis la reformulation de certaines questions.

[8]

Nous nous sommes en premier lieu appuyés sur les travaux de Sutton et Lampe (1991) ainsi que sur les travaux de Carcello et al. (1991 ; 1992).

[9]

47 répondants n’ont pas souhaité indiquer la fonction qu’ils occupaient. Dans le but de minimiser le nombre d’abandons dans les réponses au questionnaire, nous n’avons en effet pas rendu obligatoire les réponses aux questions signalétiques (ainsi l’effectif des personnes ayant répondu peut varier d’une question à une autre, en fonction du nombre d’abstentions constatées). L’Annexe 2 mentionne le nombre d’abandons pour chacune des questions.

[10]

Notons quand même que la majorité des préparateurs est âgée de plus de 34 ans, ce qui se retrouve logiquement dans l’importance de l’expérience antérieure cumulée avant la prise de fonction actuelle (supérieure à 5 ans).

[11]

Figure entre parenthèses la moyenne des moyennes de l’ensemble des critères constituant le facteur cité.

[12]

Seulement 6 items sur 55 présentent un degré de dispersion significatif. C’est d’ailleurs sur les critères liés au thème équipe/cabinet que les préparateurs se comportent de la manière la moins homogène, les dispersions se concentrant principalement sur les variables relevant plus de l’éthique de l’auditeur que de la mission à proprement parler. Ces critères figurent d’ailleurs parmi ceux dont les moyennes sont les plus faibles (de 3,01 à 3,69) de ce thème.

[13]

Il s’agit de 4 facteurs et d’une variable isolée.

[14]

Il s’agit de 3 facteurs et de deux variables isolées.

[15]

La présence d’un expert-comptable ne se retrouvant que rarement dans les plus grandes entreprises, ces deux variables sont d’ailleurs très fortement corrélées.

Résumé

Français

Cette étude analyse les critères d’influence de la qualité de l’audit sur la base d’un cadre théorique articulé autour de trois familles : la mission, l’équipe/le cabinet et la réglementation. L’objectif est d’évaluer la perception de 55 critères influençant la qualité de l’audit auprès de 131 préparateurs de l’information financière. Les résultats révèlent que les préparateurs prennent en considération l’ensemble des critères présentés en accordant une place significative à ceux liés à la mission et à la réglementation. Cette étude identifie également deux groupes de préparateurs aux perceptions différentes : ceux qui exercent dans des grandes sociétés basent leur perception sur un nombre limité d’indicateurs (essentiellement la taille du cabinet et le management de l’équipe d’audit) alors que ceux qui exercent dans de petites structures développent un schéma cognitif étendu intégrant toutes les dimensions de l’audit.

Mots-clés

  • qualité de l’audit
  • réglementation
  • perception de l’audit
  • préparateur de l’information financière

English

Audit Quality Attributes : The Preparers’ PerceptionThis study analyses the attributes that influence audit quality. It uses a theoretical framework that takes three aspects of the audit process into account : the mission, the team/audit firm, and the regulation. 55 audit quality attributes have thus been evaluated by 131 French preparers of financial information. The results reveal that preparers take all those attributes into consideration, but with particular significance for the audit mission’s and the audit regulation’s attributes. Our study also identifies two groups of preparers with different perceptions : those who practice in large companies base their perception on a limited number of attributes (essentially the size of the audit firm and the management of the audit team), while those who practice in smaller companies develop a wide cognitive scheme which integrates all aspects of the audit quality.

Keywords

  • audit quality
  • audit regulation
  • audit perception
  • preparers of financial information

Plan de l'article

  1. Introduction
  2. 1 - Revue de la littérature et problématique
    1. 1.1 - La qualité de l’audit et ses critères usuels
    2. 1.2 - Influence de la réglementation sur la qualité de l’audit
    3. 1.3 - Problématique et particularités liées aux préparateurs de l’information financière
  3. 2 - Méthodologie
    1. 2.1 - Phase qualitative : identification et validation des critères d’influence
    2. 2.2 - Phase quantitative : identification des axes, mise en évidence et caractérisation de groupes de préparateurs
      1. 2.2.1 - Élaboration et diffusion d’un questionnaire
      2. 2.2.2 - Traitement des réponses
  4. 3 - Résultats
    1. 3.1 - Identification des critères de perception de la qualité de l’audit
    2. 3.2 - Pertinence des critères de perception auprès des préparateurs de l’information financière
      1. 3.2.1 - Description des répondants
      2. 3.2.2 - Analyses factorielles
        1. Résultats portant sur le thème mission
        2. Résultats portant sur le thème équipe/cabinet
        3. Résultats portant sur le thème réglementation
      3. 3.2.3 - Synthèse
    3. 3.3 - Identification de groupes de préparateurs selon leurs critères de perception
    4. 3.4 - Caractérisation des groupes de préparateurs
  5. 4 - Apports, limites et perspectives
    1. 4.1 - Apports et discussion
    2. 4.2 - Limites et Perspectives

Pour citer cet article

Gonthier-Besacier Nathalie, Hottegindre Géraldine, Fine-Falcy Sandrine, « Les facteurs d'influence de la qualité de l'audit : Perception des préparateurs de l'information financière », Comptabilité - Contrôle - Audit, 2/2012 (Tome 18), p. 33-72.

URL : http://www.cairn.info/revue-comptabilite-controle-audit-2012-2-page-33.htm
DOI : 10.3917/cca.182.0033


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