Confluences Méditerranée 2001/1
Confluences Méditerranée
2001/1 (N° 36)
212 pages
Editeur
I.S.B.N. 2747503674
DOI 10.3917/come.036.0205
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Glossaire de l'espace yougoslave Ivan Djuric L'esprit des péninsules, Paris, 1999, 303 pages, 140 FF

Regards sur les ambitions turques Hasan Basri Elmas (dir.) Syllepse, Paris, 1999, 149 pages, 80 FF


Les autorités serbes massacrent leurs Albanais, l'OTAN bombarde. Les autorités turques massacrent leurs Kurdes, l'OTAN bichonne Ankara, un de ses plus fidèles membres.

2 Deux ouvrages viennent d'être publiés parallèlement à Paris sur le sombre visage de la Yougoslavie et de la Turquie. Slobodan Milosevic est enfin inculpé par le Tribunal pénal international ; les généraux turcs condamnent à mort Abdullah Oçalan.

3 Le premier ouvrage, Glossaire de l'espace yougoslave, est un recueil posthume de l'historien serbe Ivan Djuric. Byzantinologue internationalement réputé, Ivan Djuric était aussi un amoureux de la démocratie. Enseignant au Collège de France à Paris en 1986-87, il s'insurge rapidement contre le démantèlement de la Yougoslavie et la montée des nationalismes et des chauvinismes. En 1990, il se présente aux élections présidentielles contre Milosevic. Un an plus tard, il s'exile à Paris, craignant pour sa vie. Mais l'homme est mort dans la fleur de l'âge, le 23 novembre 1997, des suites d'un cancer foudroyant. Le destin venait de priver la Serbie démocratique d'un homme qui aujourd'hui aurait pu jouer un rôle fondamental dans l'espace civil contestataire qui se développe contre l'ogre de Belgrade.

4 En dépit de milliers d'images, d'innombrables articles et de plusieurs dizaines d'ouvrages sur le sujet, certains faits historiques, références et concepts fondamentaux relatifs aux conflits yougoslaves passés et présents demeurent méconnus, voire tout à fait ignorés du grand public. Ce Glossaire de l'espace yougoslave se propose de remédier à cette lacune sous une forme claire et accessible. Celle d'un précieux dictionnaire où une soixantaine d'entrées renvoient à autant de mots clés de l'histoire et de la géographie yougoslaves d'hier et d'aujourd'hui. Au hasard des entrées : Bosnie, Draskovic, Goranci, Kosovo, Neretva, Politika, Tito, Voïvodine…

5 A la fin du dictionnaire, l'éditeur a ajouté quatre articles d'Ivan Djuric, dont le prémonitoire "Kosovo : malgré tout, le dialogue est nécessaire entre Albanais et Serbes" qui est un texte établi à l'occasion d'une rencontre d'intellectuels albanais et serbes organisée à l'initiative de l'auteur, au Monténégro, du 23 au 25 juin 1996.

6 Enfin, l'éditeur a eu la riche idée de conclure ce livre nécessaire par une chronologie précise allant de 518 à 1997. Le deuxième ouvrage, Regards sur les ambitions turques, décortique la complexité turque. Tout comme la Yougoslavie, la Turquie n'est pas une dictature comme on en a connu dans l'Europe de l'entre-deux-guerres ou dans le tiers monde après 1945. Mais, tout comme la Yougoslavie, elle est loin d'être une démocratie. Or si la Serbie est aujourd'hui montrée du doigt, il n'en est rien pour la Turquie qui veut résoudre le problème kurde par la violence et par la condamnation à mort il y a peu du chef du Parti des travailleurs du Kurdistan, kidnappé dans le jardin de l'ambassade de Grèce au Kenya. Bref, certains peuvent violer en toute impunité les droits de l'homme et les lois internationales, d'autres se font bombarder. Dans la stratégie du "deux poids, deux mesures", il n'y a qu'un juge tout-puissant : Washington, qui distribue les bons points et les bonnets d'âne, uniquement en fonction de ses propres intérêts économico-politiques.

7 Ce livre collectif dirigé par Hasan Basri Elmas, enseignant à l'Université Paris 8 Saint-Denis et directeur du cetob (Centre d'études sur la Turquie, le Moyen-Orient et les Balkans), est le fruit d'un colloque organisé en 1997 au sein de l'Université Paris-8.

8 Hasan B. Elmas introduit l'ouvrage par un très intéressant chapitre sur la réalité des rapports entre la Turquie et l'Union Européenne. L'Italien Stefano Squarcina traite du même sujet, mais à l'envers, se penchant sur la politique de l'ue envers la Turquie. Yves Lacoste, directeur de la revue de géopolitique Hérodote, parle du rôle de puissance régionale de la Turquie. Kemal Burkay, secrétaire général du Parti socialiste du Kurdistan, analyse en finesse les obstacles à la démocratisation en Turquie. Rarement le PSK peut s'exprimer. Ce petit parti, foncièrement démocrate, est la cible de l'armée et des services turcs tout comme du Parti des travailleurs du Kurdistan d'Oçalan. Kendal Nezan, directeur de l'Institut kurde de Paris, un démocrate proche de Danièle Mitterrand, analyse la question kurde dans le contexte régional, y voyant un facteur de déstabilisation. Quant à Françoise Germain Robin, elle met le doigt là où "cela fait mal" dans un article intitulé : "Qui dirige la Turquie ?". En effet, derrière le président Demirel et les Premiers ministres qui changent tous les six mois, les vrais dirigeants de la Turquie sont les membres du Conseil de sécurité nationale, composé du chef d'état-major de l'armée et des commandants des armées de terre, de l'air, de la marine et de la gendarmerie. Ce sont ces hommes qui ont fait un coup d'Etat à blanc en chassant il y a deux ans le Premier ministre islamiste, Necmetin Erbakan. A noter d'ailleurs que, lors des dernières élections législatives au printemps dernier, les candidats de l'armée (nationalistes de gauche et d'extrême droite) l'ont emporté. Sur les islamistes turcs, c'est le professeur Mohamed Harbi qui a fait un petit rapport.

9 La deuxième partie de cet excellent ouvrage s'intéresse aux relations entre la Turquie et ses voisins. Hasan B. Elmas fait une synthèse sur la douloureuse affaire de Chypre qui fait partie du lourd contentieux contemporain gréco-turc, vieux de 44 ans. Gilles Bertrand, un jeune chercheur français, analyse les retombées de ce conflit sur les Balkans. L'auteur suivant reprend le même thème, mais à l'envers : "La Turquie et les Balkans". En effet, dans la crise balkanique qui a débuté en 1991, la Turquie joue un jeu particulier, anti-grec et anti-serbe, prenant comme appui l'Albanie, la Macédoine, voire la Croatie.

10 Pour terminer cet ouvrage Hasan Basri Elmas a intégré un glossaire fort utile pour traduire les sigles et les termes utilisés dans cet ouvrage collectif, outil indispensable. On regrettera simplement l'absence d'index.

11 Christophe Chiclet

Shalom ! Shalom ! Un combat pour la paix au Proche-Orient Sara Alexander Ed. Salvator, Paris, 1999

12 Je me souviens de Sara Alexander dans les années 1970, chantant en hébreu, en arabe, en français et en anglais pour la paix. Depuis près de trente ans, Sara Alexander poursuit à travers ses récitals son combat pour le dialogue israélo-arabe et la paix au Moyen-Orient.

13 Dans ce livre, elle se raconte : son père moitié juif, moitié tzigane, sa mère polyglotte et analphabète, sa jeunesse israélienne au kibboutz, ses exils, ses combats.

14 Ce n’est pas le style qui fait l’intérêt de ce livre. C’est cet itinéraire exceptionnel qui, au travers de ses recherches musicales, la conduit à essayer de réunir des communautés tentées par la haine et le refus. C’est aussi cette passion si rare et donc si précieuse, sans illusions mais sans désespoirs qui rend ce livre d’une vie aussi émouvant.

15 Tous ceux qui participent à ce combat admirent en elle cette volonté, traversée de cynisme.

16 Ce récit est aussi celui de cinquante ans de guerres, d’incompréhensions, d’espoirs et de recommencements. Il donne du courage à ceux qui, lassés, seraient tentés d’abandonner la lutte.

Islam, Modernism and the West publié par Gema Martin Muñoz I.B. Tauris Publishers, Londres, New York, 1999

17 Il s’agit d’un recueil de textes qui ont leur origine dans un séminaire organisé à Tolède par la Fondation Jose Ortega y Gasset, pour le compte de la Fondation Eleni Nakou. Des universitaires de diverses disciplines , venant de pays occidentaux ou musulmans, ont participé à ce débat sur les interactions actuelles entre ces deux mondes. L’un des intérêts de cet ouvrage - et non le moindre - est d’éviter de faire de l’Histoire une arme idéologique servant à opposer les deux mondes. Il faut alors reconstruire une image positive de l’autre, en établissant des frontières entre les visions imaginaires et les réalités historiques.

18 Seize auteurs (M. Abed al Jabri, F. Adelkhah, M. Arkoun, M. Borrmans, J. Césari, J.L. Esposito, A. Filali-Ansari, B. Khader, G. Kramer, G. Martin Munoz, A.E. Mayer, M.A. Moratinos, J.S. Nielson, T. Ramadan, M. Tozi, et F. Zabbal) ont participé à cet ouvrage en quatre parties : 1) Une réinterprétation des relations entre l’Europe et le monde musulman ; 2) Le concept de civilisation en Islam et en Occident ; 3) La dialectique de la raison et de la foi : sécularisation et islamisme ; 4) L’islam en Europe, l’islam et l’Europe.

19 Mohamed Arkoun ouvre la première partie : “L’Histoire comme idéologie de légitimation : une approche comparative dans les contextes islamiques et européens”. Il pose d’emblée la question fondamentale du vocabulaire. Il conteste la légitimité de la juxtaposition des termes Islam et Europe ou Islam et Ouest. Un terme religieux est d’une part abusivement utilisé pour analyser des sociétés extrêmement variées sur le plan culturel et historique et d’autre part « Europe » et « Ouest » se réfèrent à des sociétés qui ont été façonnées par la modernité depuis le XVIe siècle. Il est nécessaire d’étudier - nous dit-il - les nombreuses différences historiques qui se sont approfondies ces quarante dernières années entre des sociétés arbitrairement appelées islamiques et des sociétés occidentales. Dans chaque cas, il sera nécessaire d’évaluer comment l’islam et la modernité coexistent et évoluent. Il définit ensuite les termes : par le terme “contexte islamique”, il faut entendre toutes les aires historiques marquées plus ou moins par le “phénomène coranique”. Le contexte occidental est, lui, marqué par la modernité , c’est-à-dire par cet effort continu pour assurer l’indépendance des sphères religieuse, politique, législative et judiciaire. Il ajoute : “L’échec pour séparer ces sphères est lié à un stade de raisonnement où la connaissance mythique prédomine sur la connaissance historique critique”. Cette approche ne permet pas de nouer le dialogue . C’est ainsi que l’on risque de juger l’islam au travers des catégorisations introduites par les Lumières et le positivisme, oubliant que la plupart des inventions culturelles de l’islam appartiennent à une période mentalement moyen-âgeuse (610-14OO).

20 Les autres articles n’évitent pas toujours cet écueil de vocabulaire et c’est dommage. Ils soulignent avec un bel enthousiasme la nécessité de respecter l’autre dans sa communauté et sa culture, dans un monde ou l’interdépendance devient la norme. Il faut que les Occidentaux soient plus humbles et veuillent à apprendre d’autres cultures. La contribution de Mohamed Abed Al-Jabri donne un éclairage intéressant par l’intermédiaire de l’apport d’Averroès aux règles du dialogue entre les cultures. Premier principe : comprendre l’autre dans son propre système de références. Deuxième principe : reconnaître le droit à la différence, auquel Averroès arrive, par l’intermédiaire de sa critique du syncrétisme d’Avicenne incorporant les principes de la religion dans ceux de la philosophie. Troisième principe : être juste consiste à chercher des arguments en faveur de ses adversaires comme on le fait pour soi-même.

21 Ces principes certes évidents ne sont pas vraiment appliqués dans la relation à l’autre (quel qu’il soit !). Beaucoup d’auteurs insistent sur la nécessité absolue dans un monde ou l’isolationnisme n’est plus possible (est-il souhaitable ?) de s’accommoder des différence et de la diversité et de refuser la pureté ethnique.

22 Cette apologie du dialogue serait plus convaincante encore si l’on voyait plus nettement une approche démocratique dans les pays d’Islam, qui permettrait d’envisager à terme une séparation sinon radicale du moins ouverte entre la religion et l’Etat. L’article de Fariba Adelkhah intitulé “Les restructurations de la famille dans les pays musulmans : le cas de l’Iran” est intéressant à cet égard : alors que c’est à peu près le seul lieu où sont évoquées les femmes dans tout le livre en liaison étroite avec la famille, l’auteur conclut sur l’incompréhensible opposition au port du voile en Occident. On comprend qu’il soit important de porter plus d’attention aux évolutions, compromis, négociations qui font évoluer la famille en pays d’Islam, mais on aimerait que la compréhension sur les raisons de refuser le voile pour les femmes ne soit pas absente du débat voire d’un éventuel dialogue entre les deux rives .

23 Quoi qu’il en soit, ce livre, par la diversité de ses approches, de ses auteurs, fait partie des ouvrages de référence pour tous ceux qui ne partagent pas les thèses de S. Huntington, ou tout au moins souhaitent ardemment que le clash annoncé par lui ne se produise pas. Dans ce contexte, l’éducation fondée sur des approches historiques scientifiques, opportunément étudiées par M. Arkoun, est fondamentale et urgente.

24 Régine Dhoquois-Cohen

La paix du monde. Une utopie réaliste Jean Cot Castells éditions, Paris, 2000, 96 p.

25 Partant du postulat fondamental selon lequel la guerre n'est pas "inscrite dans les gènes de l'humanité", l'auteur entend reprendre à la racine l'incontournable et plus que jamais dramatique débat sur la guerre et la paix, à un moment où l'Europe avec la guerre contre la Serbie vient de connaître sa première guerre depuis 1945. Non sans audace, Jean Cot s'en prend au mythe Clausewitz, le grand théoricien de la guerre considérée comme "consubstantielle à la politique" en rejoignant Raymond Aron - et d'autres - pour considérer le général prussien et son livre De la guerre comme un “dangereux". Car "la guerre inter ou intraétatique n'est pas une fatalité mais un mode aberrant de résolution de tensions existantes et inévitables"…

26 Puis s'appuyant sur Mars ou la guerre jugée d'Alain, il en retient une idée cruciale : "Si la masse des citoyens n'exerce pas une pression continue et fortement orientée contre la préparation à la guerre et contre l'idée même de la guerre, la guerre s'organisera d'elle-même" (Alain, Mars ou la guerre jugée, "Propos 28 : De la frivolité", Gallimard, Paris, 1995, p.108), anticipant ainsi le rôle central de la société civile internationale pour imposer la paix…

27 Mais pour dépasser l'impossible dialogue entre ces deux courants de pensée sur la guerre, le général Cot choisit Emmanuel Kant et sa paix perpétuelle comme "utopie réaliste". "Nous devons agir comme si cette chose [la paix] existait, qui peut-être n'existe pas, en œuvrant à sa fondation", a écrit le philosophe allemand à la fin du XVIIIe siècle (Emmanuel Kant, Métaphysique des mœurs. Doctrine du droit, GF Flammarion, Paris). Et l'auteur reprend à son compte une conception de la paix par le droit. On regrettera seulement qu'il n'ait pas analysé l'évolution de la culture de paix intégrant depuis Hiroshima le facteur nucléaire…

28 À partir de ces prémisses, l'auteur aborde les problèmes concrets posés pour l'avenir de la paix en Europe et dans le monde. Sa critique de la politique américaine post-guerre froide est percutante. Le bilan de l'intervention américaine en Irak est sans appel. Celui de la politique des États-Unis en ex-Yougoslavie ne l'est pas moins. Il juge ainsi la guerre pour le Kosovo : "Certes, les Albanais kosovars sont rentrés d'exil, mais le résultat politique global est exactement à l'inverse du but politique initialement affiché : le fossé entre Kosovars albanais et Serbes est définitif, alors qu'il pouvait encore être comblé avant la guerre de l'OTAN. Il n'y aura pas "d'autonomie substantielle" du Kosovo, mais bien une indépendance dont on mesure encore mal les conséquences. Le spectre d'une Grande Albanie se rapproche et le risque correspondant d'une déflagration sans commune mesure avec celles qu'on a enregistrées dans les Balkans depuis 1991".

29 De cet ensemble l'auteur tire logiquement deux conclusions. La première porte sur l'OTAN refondée à l'occasion de cette guerre en avril 1999 : “La réflexion devrait pourtant s'imposer à nous sur l'utilité d'une Alliance qui ne répond plus à nos intérêts et s'éloigne aussi délibérément des principes de la charte de l'ONU".

30 La seconde porte sur le rapport États-Unis/ONU : "Les États-Unis ne veulent pas d'une ONU qui pourrait entraver en quoi que ce soit leur liberté d'action".

31 À ce moment, la réflexion se porte tout naturellement sur l'avenir de l'ONU et sur la force du droit. "Comment l'ONU pourrait-elle être plus efficace que aujourd'hui pour établir la paix dans le monde ?"

32 Ayant déjà réfléchi sur la question à travers deux rapports établis pour le ministère de la Défense, l'auteur aborde plusieurs aspects de la nécessaire réforme des Nations unies en posant d'abord la question de la composition et du rôle du Conseil de sécurité, remettant même en cause le sacro-saint droit de veto…

33 Surtout il propose de doter les Nations unies d'une autonomie militaire à partir de la mise en place d'un "Comité militaire consultatif" qui se substituerait au mort-né "Comité des chefs d'état-major" prévu par la Charte, projet auquel s'opposent les États-Unis. Mais à côté de ce renforcement militaire, l'auteur évoque - mais insuffisamment - la nécessaire dimension politique que doit être la démocratisation citoyenne de l'ONU. Mais la conclusion est nette : "Il faut que l'ONU vive parce qu'elle est la chance de la paix par le droit".

34 Ce livre paraît d'autant plus opportun qu'à l'occasion du Millénium de l’ONU, Kofi Annan, sponsorisé en son temps comme secrétaire général par les États-Unis, s'incline devant la logique du monde unipolaire en invitant explicitement les États-Unis à prendre résolument en main la direction des opérations militaires pour "sauver le monde". Ce faisant, Kofi Annan ne prend pas en compte le résultat tragique d'une décennie de guerres "humanitaires" faites pour "arrêter la guerre" et guidées par les États-Unis, mais qui ont contribué en même temps à annuler précisément le rôle des Nations unies. Que dit ou propose Kofi Annan pour faire avancer l'idée d'une force d'interposition ONU pour protéger les Palestiniens ? Plutôt que de jouer au "petit soldat" et d'aider à la relégitimation de la guerre, Kofi Annan devrait plutôt se préoccuper des principes mêmes de l'Organisation qu'il représente et s'inspirer des leçons du vrai soldat qu'est le général Cot…

35 Face à cette démission, Jean Cot considère que l'Europe unie a un rôle déterminant à jouer pour changer le cours - américain et guerrier - des choses. Mais cela suppose une interrogation sur la notion et la spécificité de la politique de sécurité de l'Europe de demain… Rien aujourd'hui ne laisse augurer en Europe une évolution favorable aux objectifs proclamés dans le livre, tant pour ce qui concerne le rapport à l'OTAN que - et c'est lié - le rapport à l'ONU…

36 Finalement, l'auteur invoque ainsi l'esprit de Fernand Braudel : "Par quel jugement définitif de l'histoire le Bassin méditerranéen cesserait-il d'être Mare Nostrum pour devenir américain ?"

37 Bernard Ravenel

 

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