Confluences Méditerranée 2007/2
Confluences Méditerranée
2007/2 (N°61)
104 pages
Editeur
I.S.B.N. 2296018114
DOI 10.3917/come.061.0133
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Dossier

Vous consultezLes Balkans dans l’impasse

AuteurChristophe Chiclet du même auteur


Problèmes en suspens


Avec la chute du communisme et l’éclatement de la Yougoslavie, le paysage balkanique a été totalement bouleversé. Ces changements fondamentaux ont généré une multitude de problèmes qui n’ont toujours pas été réglés, loin s’en faut. La région reste donc potentiellement explosive. Les questions nationales, après avoir été à l’origine des guerres les plus sanglantes et sauvages en Europe depuis 1945, ne sont toujours pas résolues et peuvent à tout moment replonger la région dans le chaos. Le passage à la démocratie s’est soldé par une paupérisation extrême de ces pays et l’émergence de mafias qui contrôlent des pans entiers des secteurs économique et politique. Les rancoeurs ethniques mises en sommeil depuis 1945 se sont réveillées et toutes les minorités en ont fait les frais, en ex-Yougoslavie, mais aussi en Albanie, Bulgarie et Roumanie. Dans un tel contexte les partis politiques nationalistes, poujadistes, d’extrême droite, font toujours des scores importants à chaque élection (présidentielle, législatives, municipales). Dans ce monde tourmenté, la Grèce fait figure de havre de paix, de prospérité et de démocratie. Athènes est le premier investisseur étranger en Albanie et en Macédoine et aux deuxième et troisième rangs en Bulgarie et en Serbie. Les grandes sociétés grecques (banques, assurances, télécoms...) s’implantent aussi durablement en Roumanie, Bosnie, Croatie. La Grèce, entrée dans la Communauté européenne en 1981, soutient la Bulgarie et la Roumanie dans leurs premiers pas au sein de l’Union européenne depuis leur adhésion le 1er janvier 2007.

2 C’est la question albanaise qui reste la plus critique, d’autant qu’elle touche le Kosovo, la Macédoine, la Serbie et le Monténégro. En novembre 1995, quand les Américains ont imposé la paix grâce aux accords de Dayton, ils ont oublié ce problème. Le but de l’administration Clinton était de régler le problème entre la Serbie, la Croatie et la Bosnie. Belgrade a accepté de reconnaître l’intégrité territoriale de la Croatie dans ses frontières de 1945 et de valider avec Zagreb, l’existence d’une Bosnie indépendante. Mais cette Bosnie est une usine à gaz qui ne fonctionne pas. Il s’agit d’une fédération : à l’est la Republika Srbska, à l’ouest la Fédération Croato-musulmane.

3 Les Albanais kosovars pensaient être invités à cette conférence de paix. Mais Washington, ne connaissant pas grand chose à la question albanaise et ayant d’autres priorités, a refusé d’inviter le président autoproclamé du Kosovo, le nationaliste-pacifiste Ibrahim Rugova. De ce fait, ce dernier a été doublé par son aile dure : l’UÇK (Armée de libération du Kosovo). Ces adeptes de la lutte armée ne sont pas des tendres : idéologie marxiste-léniniste à la sauce enveriste-maoïste, organisation clanique et dérives mafieuses. En 1998, l’UÇK adepte de la théorie des focos, décide de libérer des territoires kosovars de moyenne altitude. Le régime national-communiste de Slobodan Milosévic en profite pour lancer une répression à grande échelle contre les guérilleros et les civils.

4 Les Etats Unis qui ont fait volte face et qui ne considèrent plus le maître de Belgrade comme un homme de paix, saisissent l’occasion pour s’en débarrasser, et lancent l’OTAN dans une campagne de bombardement de mars à juin 1999. Le 10 juin, les forces serbes quittent le Kosovo qui passe sous la direction de l’UÇK qui chasse systématiquement les minorités serbe, rrom et ashkali, goran-torbës[1] [1] Les Ashkalis sont des Tziganes musulmans albanisés, les...
suite
. Plus de 300000 Serbes et 170000 Rroms sont victimes d’une épuration ethnique à l’envers et se réfugient en Serbie et en Macédoine. Le Kosovo est désormais indépendant de facto, dirigé par la Minuk (Mission des Nations Unies au Kosovo) protégée par la KFOR (Kosovo force). Les Occidentaux mettent en place le même système qu’en Bosnie depuis 1995 : un protectorat international qui fige le statu quo sans prendre de mesures fortes pour trouver une solution viable et durable. Les diplomates occidentaux s’accrochent aux frontières de 1945 et rêvent de construction d’Etats multiethniques. Les négociations sur le futur statut du Kosovo, dite négociations de Vienne, devaient s’ouvrir au printemps 2005 pour aboutir en septembre 2005. La position des Kosovars est claire : indépendance totale et de jure. Celle des Serbes aussi : large autonomie politique et économique d’un Kosovo qui reste dans le cadre de la République de Serbie. Il faut pourtant faire une différence entre les dirigeants serbes et la population. Aujourd’hui n’importe quel politicien serbe qui se prononcerait pour l’indépendance du Kosovo serait politiquement mort, voire physiquement, alors que l’opinion publique a fait une croix sur le berceau médiéval de la Serbie et se préoccupe plus de sa situation économique et sociale. Finalement les négociations s’ouvrent le 25 janvier 2006. Ce n’est que le 28 janvier 2007 que le médiateur de l’ONU, le Finlandais Martti Ahtisaari dévoile son plan. Comme on pouvait s’y attendre, il s’agit d’un plan frileux qui veut ménager la chèvre et le chou, rejeté autant à Prishtina qu’à Belgrade. Le Kosovo ne sera pas indépendant de jure, mais pourra entrer à la Banque mondiale et au FMI, alors que la porte de l’ONU lui reste fermée ! Il s’agit donc d’une souveraineté limitée et progressive dans laquelle la minorité serbe essentiellement concentrée dans le nord-est du Kosovo bénéficiera d’une large autonomie locale.

Le serpent de mer albanais

5 Même Martti Ahtisaari a déclaré : « Je ne suis pas terriblement optimiste ». L’avenir allait lui donner raison. Douze jours après la présentation du plan, le mouvement Vetëvendosja (Autodétermination) organise une manifestation devant le siège de la Minuk à Prishtina. Les protestataires, nombreux et violents se heurtent à la police internationale. Bilan : 2 morts et 80 blessés. Albin Kurti, ancien activiste étudiant contre le régime Milosevic, dirigeant et fondateur de Vetëvendosja est arrêté et le ministre de l’Intérieur, Fatmir Rexhepi est obligé de démissionner. Le 19 février, trois véhicules de la Minuk sont détruits par des anciens de l’UÇK. Le spectre des violences interethniques de mars 2004 quand les Albanais avaient attaqué l’enclave serbe de Mitrovica (19 morts), réapparaît. Par ailleurs le problème des criminels de guerre albanais n’a toujours pas été réglé. Le TPIY de La Haye n’a condamné que des lampistes de l’UÇK. L’ancien Premier ministre Ramush Haradinaj (décembre 2004 à mars 2005) a fini par être inculpé par le tribunal pénal international. Mais il a été rapidement libéré et renvoyé au Kosovo. Son procès a débuté le 5 mars 2007. Il a peu de chance d’être condamné car les témoins à charge ont « disparu ». Quant à son successeur comme le Premier ministre, Agim Çeku, ancien chef de l’UÇK, il s’est rendu coupable de crimes de guerre en 1995 quand il était officier dans l’armée croate. Bien qu’il ait un dossier à La Haye, il n’a pas été inculpé. Depuis début février, c’est l’Allemand Joachim Rücker qui est le chef de la Minuk. Avant, il s’occupait des privatisations au Kosovo, sans aucun résultat probant !

6 Par ailleurs, le Kosovo ne vit que grâce aux envois d’argent des émigrés et de toute sorte de trafics. Finalement l’ONU ne propose qu’une indépendance formelle (sans jamais citer le terme « indépendance ») sous une lourde tutelle internationale. Plus l’indépendance se fera attendre, plus les frustrations seront grandes et plus les tentations de reprendre les armes se feront jour. Quant à cette « lourde tutelle internationale », elle a déjà été appliquée en Bosnie sans aucun résultat. Cette tutelle ne fait qu’aggraver la corruption. L’ancien Haut représentant en Bosnie-Herzégovine, l’Anglais Pady Ashdom, se comportait comme un véritable proconsul, démissionnant fonctionnaires, ministres, députés des deux entités bosniaques. Son successeur, l’Allemand Christian Schwarz-Schilling a fait l’inverse. En réalité, pendant un an il n’a rien fait du tout, à tel point qu’il a été remercié sèchement fin janvier 2007 pour « passivité ». Aujourd’hui, la situation de la Bosnie après douze ans de protectorat international, n’est guère reluisante. Ses institutions sont une véritable usine à gaz ingérable. Il existe trois gouvernements et trois parlements qui ne collaborent pas ensemble, le fédéral, le serbe de Banja Luka et le croato-musulman de Sarajevo. Sur les centaines de milliers de déplacés des trois groupes de population, seuls quelques milliers sont revenus dans leurs foyers. L’économie grise ronge le pays. Par ailleurs, les hauts commissaires et les autorités locales n’ont toujours pas pu réaliser une réforme de la constitution, ni même une réforme de la police. A tel point que l’accord de stabilisation et d’association (ASA) entre l’UE et la Bosnie, qui aurait été une bulle d’air, a été reporté sine die.

7 La Macédoine est aussi touchée par la question albanaise et par l’incurie de ses élites politiques, de droite comme de gauche. Skopje n’a pas eu de chance, ses deux premiers présidents qui avaient une vision d’ensemble de la région ont disparu. Le premier, Kiro Gligorov a été victime d’un grave attentat en octobre 1995. Son âge et sa condition physique ne lui ont pas permis de se représenter aux élections de 1999. Il a été remplacé par le jeune et compétent Boris Trajkovski. Mais ce dernier est mort dans un accident d’avion le 26 février 2004.

8 La Macédoine est le pays de la région qui protège et reconnaît le mieux ses minorités. Pourtant les 24 % d’Albanais-Macédoniens dont toutes les élites ont été formées dans le Kosovo autonome titiste (1974- 1989), se radicalisent face à l’indépendance de facto du Kosovo. D’autonomistes, ils deviennent irrédentistes et séparatistes. De janvier à août 2001, deux groupes armés (UÇKM : Armée de libération nationale de Macédoine et AKSh : Armée nationale albanaise) « libèrent » près de 20 % du territoire, dans le nord-ouest de la Macédoine. Mais contrairement à l’UÇK du Kosovo, ces guérilleros sont en lutte contre une démocratie. Les Occidentaux imposent un cessez-le-feu. Le 8 août 2001, les autorités macédoniennes et l’UÇKM signent les accords d’Ohrid donnant une large autonomie aux zones albanophones. Les maquisards se transforment en politiciens en créant le BDI (Union pour l’intégration démocratique) en juin 2002, avec à sa tête Ali Ahmeti[2] [2] Ali Ahmeti, alias Abaz Xhuka, né en 1961 à Zajas, district...
suite
. Le BDI participera à la coalition gouvernementale avec les socialistes de 2002 à 2006, ayant même six postes ministériels stratégiques : vice-Premier ministre, vice-ministre de l’Intérieur, Justice, Santé, Education et Transports. Bref, des anciens adeptes de la lutte armée contre la seule démocratie pluriethnique des Balkans ont participé aux rênes du pouvoir grâce à la faiblesse des politiciens macédoniens. En juillet 2006, les conservateurs de la VMRO reportent les élections pour une énième alternance. Les nouveaux dirigeants ne sont guère plus capables que les sortants. En janvier 2007, le ministère de la Défense est pris la main dans le sac pour trafic d’armes avec la Bulgarie. Seuls deux lampistes ont trinqué. Un mois plus tard, un groupe de terroristes-mafieux albanais qui avaient occupé, les armes à la main, le village de Kondovo dans la grande banlieue de Skopje de novembre 2004 à août 2005, sont finalement acquittés. Cela alors que le BDI qui n’est plus membre de la coalition, décide de boycotter le parlement. Dégoûtés, les citoyens macédoniens demandent et obtiennent de plus en plus la nationalité bulgare (plus de 40000 aujourd’hui) devenant ainsi citoyens de l’UE.

Les angoisses de la petite Serbie

9 En octobre 2000, le régime Milosévic est renversé par une révolte populaire, doublée d’une révolution de palais. Six mois plus tard, il est envoyé au TPIY à La Haye où il va mourir le 11 mars 2006, emportant ses secrets dans la tombe. Pourtant la voie serbe vers la démocratie est sinueuse. Le Premier ministre réformateur Zoran Djindjic est assassiné en mars 2003. Un mois plus tôt, la République fédérale de Yougoslavie ne regroupant plus que la Serbie (moins le Kosovo, de facto) et le Monténégro, se transforme en Union Serbie-Monténégro, prélude d’un divorce annoncé.

10 Les adeptes de la grande Serbie (ex-communistes, fascistes, royalistes, mafieux) vont voir leur « rêve » fondre comme peau de chagrin : pertes des Slavonie et des Krajina en Croatie, d’une partie des terres serbisantes de Bosnie, du Kosovo et enfin du Monténégro. Politiquement, les démocrates qui ont renversé Milosévic sont divisés sur la question nationale. Vojislav Kostunica qui a remplacé le tyran au poste de président de la Fédération, devenu Premier ministre de la Serbie en mars 2004, se rapproche des nationalistes qui ont coopéré avec l’ancien régime : le SRS (Parti radical serbe) de Vojislav Sesejl (emprisonné à La Haye pour crime de guerre) et le SPO (Parti du renouveau serbe) du monarchiste Vuk Draskovic. Aux élections de décembre 2003, le SRS arrive en tête avec 28 % et 82 députés, suivi du DSS (Parti démocratique serbe) de Kostunica avec 18 % et 53 sièges, du DS (Parti démocratique) de feu le Premier ministre Djindjic, remplacé par Boris Tadic qui deviendra président de la Serbie en juin 2004, avec 13 % et 37 députés, du G17 (groupe d’économistes libéraux) avec 11 % et 34 sièges, du SPO avec 8 % et 22 députés et enfin du SPS (Parti socialiste serbe) de Milosévic désormais dirigé par Ivica Dacic avec 8 % et 21 députés.

11 La Serbie est ingouvernable et le poids des nationalistes qui refusent de coopérer avec le TPIY empêche le pays de se rapprocher de l’UE. L’économie n’arrive toujours pas à décoller à tel point que la signature de l’ASA avec l’UE est suspendue en mai 2006. C’est durant ce même mois que les électeurs monténégrins se prononcent pour la séparation d’avec la Serbie et pour l’indépendance (55,4 % des voix). Le 3 juin, le pays proclame officiellement son indépendance et devient le 192e membre de l’ONU, enterrant définitivement la « Troisième Yougoslavie ». Le 10 septembre, la coalition du Premier ministre, Milo Djukanovic, remporte les élections avec 49,5 % des voix. Mais ce dernier est toujours sous le cas d’un mandat d’arrêt international italien pour trafic de cigarettes. En effet, les Européens craignent à raison que cette petite République adriatique d’un peu plus de 600000 habitants devienne un Etat mafieux.

12 Le 30 septembre 2006, le parlement serbe adopte une nouvelle constitution remplaçant la constitution milosévicienne de 1990. Mais en préambule, elle rappelle que « la province du Kosovo est une partie intégrante du territoire de la Serbie, avec une autonomie substantielle dans le cadre de l’Etat souverain de Serbie ». Cette constitution est validée par un referendum (53 % pour) le 29 octobre. Cela a été fait pour bloquer toute indépendance de jure du Kosovo.

13 Pourtant aux élections législatives du 21 janvier 2007, les démocrates serbes relèvent la tête avec une augmentation de plus de 3% par rapport aux dernières élections (62 % au lieu de 59 %). Le SRS reste le premier parti avec 29 % mais perd un député (81). Le SPO n’atteint pas la barre des 5 % et n’a plus de député. Le SPS perd 6 députés (16). Les nationalo-démocrates du DSS perdent 6 députés (47). Les libéraux du G17 perdent eux aussi 15 députés (19). Les grands vainqueurs sont les démocrates pro-européens du président Tadic qui gagne 10 % et 27 députés (64). Et le nouveau Parti libéral démocrate du jeune Cedomir Jovanovic, qui se veut l’héritier de Zoran Djindjic fait son entrée au parlement avec 15 députés. Mais aucun des camps n’est capable de former une coalition stable et le gouvernement tarde à être constitué.

14 Autre lueur d’espoir, trois des quatre partis albanais des vallées de Présévo, Medvedja, Bujanovac (trois districts frontaliers du Kosovo et majoritairement peuplés d’Albanais) : le PDD (Parti pour l’action démocratique de Riza Halimi), le PDP (Mouvement pour le progrès démocratique de Jonuz Musliu) et le DUD (Union démocratique de la vallée de Skender Destani), ont participé aux élections. En effet cette région a été l’objet d’une déstabilisation de la part de l’UÇK voisine, de février 2000 à mars 2001 avec l’apparition d’une guérilla nommée UÇPMB, demandant le rattachement des vallées au Kosovo. Mais comme dans le cas de l’UÇKM en Macédoine, les Occidentaux n’ont pas permis aux irrédentistes albanais de déstabiliser la jeune démocratie serbe.

15 Enfin, aux dernières législatives serbes, les minorités sont représentées au parlement : trois députés hongrois de Voïvodine, deux Sandjakis (Serbes islamisés du Sandjak de Novi Pazar), deux Rroms et un Albanais.

16 Même si aujourd’hui les Balkans ne sont plus en guerre, ils restent potentiellement explosifs. Tous les pays sont minés par l’économie grise et la corruption (sauf la Grèce), les forces démocratiques sont jeunes et instables et les populations n’ont qu’un seul désir : rejoindre la partie occidentale (et grecque) de l’UE ou le nouveau monde. Tous ces pays ont perdu entre 10 à 20 % de leur population : la jeunesse et les élites. Enfin, le statut du Kosovo reste le talon d’Achille régional. S’il devient totalement indépendant, l’enclave serbe de Mitrovica voudra se rattacher à la Serbie, entraînant la Republika sbrska dans la même voie. Les Albanais de Présévo et de la Macédoine occidentale voudront alors se rattacher au Kosovo. Mais si ce dernier ne devient pas totalement indépendant, la frustration des populations les feront à nouveau basculer dans l’extrémisme et la violence. Il s’agit donc de résoudre cette impossible équation. Le fragile équilibre de Dayton est menacé tout en étant devenu caduc. ■

 

Notes

[ 1] Les Ashkalis sont des Tziganes musulmans albanisés, les Gorans ou Torbës sont des Macédoniens islamisés.Retour

[ 2] Ali Ahmeti, alias Abaz Xhuka, né en 1961 à Zajas, district de Kicevo, étudiant en philosophie à Prishtina où il participe à la révolte étudiante du printemps 1981. En prison en 1981-82. Membre de groupes clandestins indépendantistes albanais de Yougoslavie (LRSHJ, LPK). Il organise clandestinement à Prishtina en 1985 le Sous-comité pour les territoires albanais de Macédoine du LRSHJ. Installé à Lucerne en Suisse en 1986. Membre de l’UCK. S’installe à Vitina à la frontière kosovaro-macédonienne en décembre 2000 pour organiser l’insurrection de l’UCKM. Représentant politique de l’UCKM. Interdit de séjour en Suisse en juillet 2001. Amnistié par les accords d’Ohrid. Fonde le BDI en juin 2002.Retour

Résumé

En août 2001, le dernier coup de feu de la dernière des guerres yougoslaves a été tiré dans le nord-ouest de la République de Macédoine. Pourtant le processus de désintégration de la Yougoslavie titiste, débuté en 1989, accéléré en 1991, officialisé en 1995 avec les accords de Dayton, n’est pas encore terminé. En 1999, le Kosovo a obtenu son indépendance de facto, la Macédoine a failli éclater en 2001, la Fédération yougoslave s’est transformée en une Union Serbie-Monténégro en 2003 qui s’est terminée par un divorce en 2006. Cet émiettement fragilise une région où l’équilibre actuel menace de s’écrouler au moindre séisme politico-nationaliste.


PLAN DE L'ARTICLE


POUR CITER CET ARTICLE

Christophe Chiclet « Les Balkans dans l'impasse », Confluences Méditerranée 2/2007 (N°61), p. 133-140.
URL :
www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2007-2-page-133.htm.
DOI : 10.3917/come.061.0133.