Penser le groupe : une difficulté à surmonter dans la formation des enseignants
Jean-Pierre Vidal
Les effets préjudiciables d’un refoulé relatif à
la dimension irrémédiablement groupale de la
relation pédagogique.
L’école est en crise. La relation pédagogique
ne va pas bien. En dépit de tous les dénis et
démentis institutionnels, les conditions de
l’exercice du métier d’enseignant sont de plus
en plus difficiles. Désormais, l’école n’est
plus seulement la cible de critiques que le lieu
d’attaques et de violences multiples qui en
minent progressivement les fondements.
Sans doute est-ce un problème de société qui
dépasse largement le cadre de l’univers scolaire. Les remèdes ne sont pas tous entre les
mains des enseignants. Mais dans la mesure
où l’école est le champ au sein duquel se
déroulent les affrontements, où se vivent quotidiennement les problèmes et les conflits, il
importe d’assurer une formation des enseignants qui tienne compte de la nature particulière de leurs difficultés.
Il est singulier que la relation pédagogique
soit toujours conçue comme une relation à
deux dans ce qu’il est convenu d’appeler :
« La relation maître-élève. » Il semble qu’on
n’ait jamais pu s’affranchir du modèle du préceptorat, qu’il soit impossible de considérer
que la classe est un groupe et que l’enseignant
en fait partie.
Personne ne se préoccupe de la manière dont
un enseignant se défend contre les effets et
phénomènes de groupe, les divisions et les
morcellements qu’il opère pour éviter les
manifestations de celui-ci, ni comment les
élèves luttent contre ce démantèlement et procèdent à la recréation du groupe par la récréation.
Personne ne semble imaginer que le désordre
d’une classe puisse aussi résulter du désordre
qui règne dans la tête de l’enseignant, voire
dans sa groupalité interne.
Personne n’envisage (cf. les divers plans de
formation) d’introduire la psychologie des
groupes dans la formation (et pas simplement
dans l’information) des futurs enseignants... !
Le groupe s’avère un véritable impensé pédagogique, voire un impensable épistémologique. Reste à en comprendre les raisons dès
lors qu’on en mesure les conséquences désastreuses.
• « Vous avez dit : “Impossible” ? »
• « Faut-il en finir avec la classe ? »
• La groupalité, un impensable épistémologique
• La formation des enseignants et
la prise en compte de la dimension groupale
• Une psyché qui se spécifie d’être groupale
• Une formation nécessairement groupale
• Références bibliographiques