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I.S.B.N.2-8658-6887-7
216 pages

p. 29 à 51
doi: en cours

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no75 2001/1

Penser le groupe : une difficulté à surmonter dans la formation des enseignants

Jean-Pierre Vidal
Les effets préjudiciables d’un refoulé relatif à la dimension irrémédiablement groupale de la relation pédagogique. L’école est en crise. La relation pédagogique ne va pas bien. En dépit de tous les dénis et démentis institutionnels, les conditions de l’exercice du métier d’enseignant sont de plus en plus difficiles. Désormais, l’école n’est plus seulement la cible de critiques que le lieu d’attaques et de violences multiples qui en minent progressivement les fondements. Sans doute est-ce un problème de société qui dépasse largement le cadre de l’univers scolaire. Les remèdes ne sont pas tous entre les mains des enseignants. Mais dans la mesure où l’école est le champ au sein duquel se déroulent les affrontements, où se vivent quotidiennement les problèmes et les conflits, il importe d’assurer une formation des enseignants qui tienne compte de la nature particulière de leurs difficultés. Il est singulier que la relation pédagogique soit toujours conçue comme une relation à deux dans ce qu’il est convenu d’appeler : « La relation maître-élève. » Il semble qu’on n’ait jamais pu s’affranchir du modèle du préceptorat, qu’il soit impossible de considérer que la classe est un groupe et que l’enseignant en fait partie. Personne ne se préoccupe de la manière dont un enseignant se défend contre les effets et phénomènes de groupe, les divisions et les morcellements qu’il opère pour éviter les manifestations de celui-ci, ni comment les élèves luttent contre ce démantèlement et procèdent à la recréation du groupe par la récréation. Personne ne semble imaginer que le désordre d’une classe puisse aussi résulter du désordre qui règne dans la tête de l’enseignant, voire dans sa groupalité interne. Personne n’envisage (cf. les divers plans de formation) d’introduire la psychologie des groupes dans la formation (et pas simplement dans l’information) des futurs enseignants... ! Le groupe s’avère un véritable impensé pédagogique, voire un impensable épistémologique. Reste à en comprendre les raisons dès lors qu’on en mesure les conséquences désastreuses.
• « Vous avez dit : “Impossible” ? »
• « Faut-il en finir avec la classe ? »
• La groupalité, un impensable épistémologique
• La formation des enseignants et la prise en compte de la dimension groupale
• Une psyché qui se spécifie d’être groupale
• Une formation nécessairement groupale
• Références bibliographiques


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